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Un vote confessionnel lors des législatives ?

L’appartenance confessionnelle influence-t-elle les comportements électoraux et si oui, pour qui ont voté ces différents électorats ? Et question subsidiaire, si un vote confessionnel existe bien est-il attiré par des candidats mettant en avant leur identité religieuse ?

Profession de foi

Publié le - Mis à jour le 29 Juin 2017
Un vote confessionnel lors des législatives ?

Investitures des Républicains attribuées à des membres de Sens commun, courant issu de la Manif pour tous, candidatures du Parti-Chrétien Démocrate dans 91 circonscriptions, présence de candidats se revendiquant musulmans ou investis par le parti Egalité et Justice, émanation de l’AKP turque, victoire de Meyer Habib, candidat soutenu par des rabbins dans la 8ème circonscription des Français de l’étranger…  La question du poids de la religion dans les urnes et celle des votes confessionnels ont une nouvelle fois été posées durant les législatives.

L’appartenance confessionnelle influence-t-elle les comportements électoraux et si oui, pour qui ont voté ces différents électorats ? Et question subsidiaire, si un vote confessionnel existe bien est-il attiré par des candidats mettant en avant leur identité religieuse ? 

1- Des catholiques toujours ancrés à droite mais très peu attirés par les candidatures chrétiennes

Dans un climat fortement abstentionniste (50% des Français ayant boudé les urnes), les catholiques pratiquants se mobilisèrent, comme à l’accoutumé, davantage que la moyenne mais leur civisme fut également mis à l’épreuve puisque seulement 57% d’entre eux votèrent au premier tour des législatives d’après une enquête de l’Ifop pour le Cecop et la Fondapol . 

45% d’entre eux choisirent un candidat des Républicains ou de l’UDI (38%) ou Divers droite (7%) soit un étiage équivalent à celui de François Fillon au premier tour de la présidentielle (46%), un mois et demi plus tôt (avec une participation il est vrai autrement plus importante). 14% optèrent pour des candidats frontistes et 27% pour des représentants de la République en marche. Une nouvelle fois, le vote des catholiques pratiquants apparaissait divers avec néanmoins une nette prévalence pour les candidats de la droite classique. Cette dernière parvenait à maintenir sa domination dans cet électorat et la percée macronienne (22% à la présidentielle puis 27% au premier tour des législatives) s’opérait principalement auprès de la frange centriste et parmi les « cathos de gauche ». Au premier tour des législatives, les catholiques pratiquants ne furent en effet que 10% à voter pour des candidats de gauche soit un niveau très faible, le poids de ces « cathos de gauche » étant estimé entre 25% et 30% lors des derniers scrutins.

Dans un contexte très particulier, marqué par une très forte abstention, mais aussi par une vague macronienne mordant sur une partie de l’électorat de droite (en témoignent les scores très importants obtenus par les candidats de la République en Marche dans l’Ouest parisien et francilien ou bien encore dans des fiefs de droite comme Arcachon, La Baule ou le littoral varois au premier tour), ces chiffres indiquent que l’orientation droitière des catholiques pratiquants ne fut pas remise en cause, la droite maintenant ses positions de la présidentielle dans cet électorat. De la même façon, alors que le FN passait de 21,5% à la présidentielle à 13,2% aux législatives dans l’ensemble de la population, le parti lepéniste demeurait quasiment stable parmi les catholiques pratiquants : 15% à la présidentielle contre 14% aux législatives.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 28/06/2017 - 13:24 - Signaler un abus Et les athées de confession

    Ils votent pour qui?

  • Par Paulquiroulenamassepasmousse - 28/06/2017 - 14:42 - Signaler un abus La réalité pourrait bientôt dépasser la fiction !

    ....a partir de ces chiffres on comprend mieux les conseils de "Terra Nova" à la gauche : " abandonnez les ouvriers qui de toute façon votent aujourd'hui FN, et tournez vous vers le nouveau prolétariat musulman.." La tactique de Mélanchon et d'Hamon l'a pris en compte et a porté ses fruits, avec au sein de l'électorat musulman 2 fois plus de voix que dans le reste de la population pour Mélanchouille, et 3 fois plus pour Hamon.......Encore un tout petit effort et grâce à l'un, à l'autre ou aux deux, notre prochain président s'appellera Ben Abès.... comme prévu par Houellebecq dans "Soumission".

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Sylvain Manternach

Sylvain Manternach est géographe-cartographe, formé à l’Institut français de géopolitique, et auteur d'une note sur les résultats du second tour des élections départementales co-écrite avec Jérome Fourquet, Directeur du département Opinion et stratégie d'entreprises de l'Ifop. Parmi ses publications, on retrouve notamment : Perpignan, une ville avant le Front (avec Jérôme Fourquet et Nicolas Lebourg, Fondation Jean Jaurè), Karim vote à gauche et son voisin vote FN (collectif sous la direction de Jérôme Fourquet, éditions de l'Aube), L'an prochain à Jérusalem (avec Jérôme Fourquet, éditions de l'Aube). Prochainement, une double note de Sylvain Manternach (avec Jérôme Fourquet) sur la crise migratoire à Calais et la très nette augmentation du vote FN, paraîtra à la Fondapol. 

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