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La vie est remplie d'injustices : petits conseils pour y faire face

Chaque étape de la vie apporte son lot d'épreuves et de désillusions. Marie Andersen donne quelques conseils pour ne pas se laisser anéantir. Extrait de "L'art de se gâcher la vie" (1/2).

Calimero

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La vie est remplie d'injustices : petits conseils pour y faire face

La vie est remplie d'injustices, mais il est possible d'y faire face ! Crédit DR

Contrairement au célèbre jeu télévisé, la Roue de la fortune est une allégorie représentant une femme (souvent Fortuna, déesse de la Chance) qui actionne une manivelle entraînant une roue sur laquelle sont accrochés des êtres humains qui, au fil de la rotation, ont tantôt la tête en haut, fiers et heureux, tantôt la tête en bas, dans la souffrance et la détresse. Le caractère aléatoire des événements de la vie est aussi représenté par une femme aux yeux bandés qui distribue au hasard, du haut de son nuage, les chances et les malchances qui s’abattent sur les hommes.

Est-ce à dire que nous sommes abonnés à un cycle de bonheurs et de malheurs ? On le sait, la vie ne nous épargne pas. Elle est souvent belle et joyeuse, mais parfois elle nous fait mal et nous frustre. Elle est témoin de nos succès et de nos joies, mais aussi de nos ambitions déçues et de nos amours mortes. On a des années de vaches grasses et des années de vaches maigres. On connaît la maladie, la fatigue et l’échec, on goûte à la rage et au chagrin et puis à des années plus douces, plus tranquilles et plus prospères. C’est normal. La roue tourne et distribue les plaisirs et les peines, c’est le cycle de l’existence.

N’y aurait-il pas là une vision bien judéo-chrétienne dans son acception la plus auto-flagellante ? Un inéluctable chemin de croix nourrissant dignement tous les pessimismes qui nous engluent ?

Chaque étape de la vie, chaque tranche d’âge apporte quelques épreuves, quelques désillusions et quelques deuils. Les premiers gros obstacles nous paraissent inacceptables, on en veut au monde entier, on se révolte ou on cherche un coupable.

La maturité, l’habitude oserais-je dire, nous apprend que c’est la vie comme elle est, avec ses inégalités, ses injustices et son absurdité mais heureusement, à chaque étape de la vie, ce non-sens devient un peu moins dur à avaler. On apprend, on comprend et on a moins besoin d’attribuer nos difficultés à une cause extérieure, pas plus qu’à nous-même. Parfois, il n’y a pas de cause. C’est la vie, hasardeuse et surprenante.

L’accepter nous la rend déjà un peu plus légère, mais dans une société où on apprend à ne pas montrer qu’on a mal, on finit par se demander si on n’est pas anormal de se sentir seul, triste ou moins heureux que les autres. On ne tient pas à se faire remarquer, à gâcher la fête en révélant ces sentiments honteux, alors on cache sa peine derrière un masque de bienséance ou de joie feinte. On devient complice de la mascarade généralisée, en niant ce qu’il y a d’humain chez les humains.

La vie n’est pas juste. C’est une frustration immense. Le petit Calimero s’en est fait l’adorable étendard et son succès démontre combien les enfants ressentent cette injustice dès leur plus jeune âge. Ils ont besoin de repères et, parmi eux, le sens de la justice est une balise rassurante. Ils se sentent exister à part entière quand le partage entre frères et soeurs leur paraît équitable, une part de gâteau identique pour chacun, pas plus pour l’un que pour l’autre.

[…]

Prenez un moment pour réfléchir à tout ce qui, dans votre vie, se résume par la phrase : « C’est pas juste ! » Il est probable que déjà dans l’enfance vous ayez ressenti quelque injustice. Aujourd’hui encore, vous vivez peut-être des situations frustrantes sur ce plan.

• Qu’avez-vous déjà essayé pour obtenir justice ?

• Cela a-t-il été efficace ?

• En quoi cette situation vous gâche la vie ?

• Sur le plan affectif, ressentez-vous de l’injustice ?

• Pensez-vous ne pas avoir été reconnu à votre juste valeur ?

• Vous sentez-vous incompris, rejeté, négligé ou utilisé ?

• Pensez-vous vraiment qu’il soit encore possible de faire ou d’exprimer quelque chose qui vous rendra justice ?

• Si oui, osez, soyez efficace.

• Si non, laissez tomber, cessez de vous épuiser en vain et accordez-vous la médaille vous-même ! Vous savez ce que vous valez. C’est essentiel.

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Extrait de "L'art de se gâcher la vie" Ixelles éditions (septembre 2012)

 
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Marie Andersen

Marie Andersen est psychologue clinicienne et psychothérapeute depuis plus de quarante ans. Elle est l'auteur des best-sellers La Manipulation ordinaire et L'Emprise familiale et du livre l'Art de se gâcher la vie. http://marieandersen.net/ 

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