Nouveau féminisme (3/5)
Victimiser les femmes, stigmatiser les hommes : l'impasse
Faire évoluer le féminisme pour l'extirper de sa caricature. C'est notre feuilleton de la semaine. Troisième épisode : vers un Féminisme républicain.

Faire évoluer le féminisme pour l'extirper de sa caricature. Crédit Reuters
En 2011 et 2012 nous disposons d’une formidable opportunité pour trouver l’écho et obtenir des résultats pour la parité et l’équité dans le monde des entreprises et dans la vie politique.
En premier lieu, il faut rapidement insuffler un souffle nouveau dans le rapport homme‐femme dans les écoles maternelles et primaires. La clef d’entrée majeure se situe dans les programmes scolaires. Comme toute valeur républicaine, celle‐ci doit faire l’objet d’un apprentissage culturel. Dans les écoles, et ce, dès le plus jeune âge, l’accent doit être mis sur la parité par le biais d’enseignements spécifiques, afin de préparer les enfants d’aujourd’hui à devenir les citoyens libres et éclairés et de demain. Le combat féministe retrouvera ainsi l’écho originel qu’il recherchait à sa création.
Trop peu de textes de femmes sont enseignés à l'école
Comment expliquer qu’au collège et au lycée soit si peu étudiées les œuvres de femmes qui ont fait l’histoire de France et participé à son rayonnement ? En littérature combien de textes de femmes sont étudiés ? Est‐ce parce que les auteurs sont trop rares ou que la qualité de leurs œuvres n’est pas assez reconnue ? La quasi‐totalité des textes présentés pour l’épreuve du bac français en classe de première sont des œuvres d’hommes. Quel collégien connait Olympe de Gouges, Germaine Poinso‐Chapuis, les suffragettes, ou Louise Michel ? Pourtant, elles aussi, ont permis à la société française de faire de grands pas vers la modernité et la justice, au prix de combats et de risques pour leur vie. Ces femmes courageuses et éclairées ont permis de faire avancer la situation des femmes et la France. Pourtant, aujourd’hui, elles sont oubliées et méconnues de la majorité des collégiens et lycéens.
Oublier ces femmes ‐ qui ont contribué au rayonnement culturel et intellectuel de notre pays ‐ c’est pérenniser dans les esprits les idées reçues. Or ces idées véhiculent l’image d’une femme moins compétente que l’homme dans les lettres, les arts et la politique. Finalement, ces idées reçues placent toujours les femmes comme spectatrices de l’Histoire. Or, elles ont fait et feront l’histoire. Aujourd’hui, il faut le faire savoir.
Évidemment, il ne s’agit pas d’imposer un quota de femmes, auteurs ou personnalités politiques, à étudier dans les programmes, pour imposer une parité stricte. Il s’agit de justice, de reconnaissance et de déconstruire les stéréotypes et les idées reçues qui composent le terreau fertile des inégalités homme‐femme et des discriminations.
Promouvoir les parcours de réussite au féminin.
Ces dernières années de nombreuses femmes se sont distinguées au niveau international et national par leur parcours et les résultats qu’elles ont obtenus dans leurs fonctions. On peut citer par exemple : Christine Lagarde à la tête du Fond Monétaire International ; Angela Merkel, la chancelière allemande qui fait face aux crises financières, avec brio et sang‐froid ; Mercedes Erra qui dirige la plus grosse agence de communication au monde et qui s’engage malgré son emploi du temps pour les femmes à travers de nombreuses associations… la liste est tellement longue…
Ces femmes d’exception, qui réussissent à force de travail et de pugnacité, inspirent les jeunes femmes du monde entier. Christine Lagarde a été la première femme à diriger un grand cabinet d’avocats d’affaires américain, la première femme ministre de l’Économie et des Finances. Elle détient d’ailleurs, le record de longévité à ce poste. Aujourd’hui, elle est la première femme à diriger le Fonds Monétaire International. Le parcours de Christine Lagarde nous démontre que l’avenir – dans tous les domaines – est aussi au féminin.
Pour les plus jeunes générations et les plus âgées également, il est important de tourner les projecteurs vers les parcours de réussite des femmes. Il ne s’agit pas de promouvoir le modèle de la « wonder women » mais de susciter – par l’exemple – un effet d’entrainement positif et de marquer les esprits. Le mouvement féministe et les médias devraient s’engager dans cette voie.
Affaire DSK : éviter le spectre du clivage homme-femme
Les observateurs que nous sommes se sont inquiétés des conséquences de l’affaire DSK sur les relations hommes-femmes et de la crédibilité du mouvement féministe auprès des hommes et des jeunes. Il est indispensable de ne pas céder devant les discours de ceux qui souhaitent une société clivée, suspicieuse et angoissée.
Ainsi, la modernisation du mouvement féministe permettra de construire une société qui avance vers l’avènement d’une société plus juste et plus équitable. Cette modernisation passera aussi et surtout par l’investissement des hommes pour cette cause. Il est urgent de sortir de la rhétorique de victimisation des femmes et de stigmatisation des hommes. Toutes les filles ne portent pas du rose et tous les garçons ne jouent pas à la guerre !
Construire l’avenir du féminisme avec les hommes
Pourquoi vouloir faire des hommes de « pouvoir » des féministes ? Parce qu’ils sont majoritaires dans nos hémicycles, aux postes de direction des entreprises publiques et privées, et dans les rédactions. Ils sont les détenteurs du pouvoir et doivent agir pour poursuivre et intensifier le changement et le rééquilibrage auquel nous aspirons. Nous ne voulons pas d’une guerre des sexes, nous voulons un féminisme avec les hommes.
Pour nous, le changement des comportements au sein des partis, des circonscriptions, des entreprises, se fera avec les hommes.
Quelques chiffres : 81.5 % d’hommes à l’Assemblée Nationale ; 79 % d’hommes au Sénat ; 100 % des dirigeants des entreprises du CAC40
Ils ont le pouvoir. Ils ont la capacité d’action et le devoir – au nom de la démocratie et de la République – d’améliorer concrètement ces situations de sous représentation pour briser le plafond de verre.
Des femmes sous représentées… c’est une démocratie affaiblie et une République fragilisée. La pyramide des âges de nos parlements appelle au renouvellement des générations et à la féminisation ! Sur 577 Députés, 418 ont plus de 50 ans soit un âge moyen de 55 ans. Plus de vingt parlementaires vont fêter cette année leur 40ème anniversaire au Parlement. Un renouvellement des générations doit se mettre en place. Des mesures concrètes doivent être prises rapidement.
Ces mesures et cette évolution démographique doit d’abord profiter aux femmes et à la jeunesse. Il s’agit d’une opportunité pour que les femmes s’expriment et participent à la vie politique. Il s’agit aussi pour la vie politique française de retrouver un dynamisme et un ancrage au sein de la société civile pour parvenir à plus de justice sociale et au « mieux vivre ensemble » que nous appelons de nos vœux.
NB : Cet article a été co-écrit avec Jacques Touzard, Secrétaire général de l'association Future au féminin.
Épisodes précédents de notre feuilleton sur un nouveau féminisme :
1er épisode : "Le féminisme doit être considéré comme une politique publique comme les autres"
2ème épisode: "Pour moderniser le féminisme, cessons de le diluer dans d'autres messages politiques"
Lydia Guirous
Future, au Féminin est un club de réflexion et d’actions qui œuvre pour la promotion des femmes dans le monde politique et le monde de l’entreprise.


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Très archaïque et très hystérique ce débat . Et vraiment sans aucun humour! Pour ma part, j'accepte d'être battu par une femme, seulement si elle utilise un fouet à plumes! Promis, je ne porterai pas plainte ensuite. Mais qu'elle ne se plaigne pas après de m'avoir excité...
Dans le débat qui nous occupe, les hommes (sans distinction de couleur) ont été 100 000 en 2009 à porter plainte contre leur compagne pour violence conjugale. Le seul problème est que ces chiffres ne sont pas connus, un aveuglement idéologique des associations féministes focalisées par une vision victimaire règne. Le site de SOS hommes battus donne beaucoup d'informations sur cela.
Mais s'ils n'engagent jamais de procédure, c'est probablement parce qu'ils ont peur de cette justice, ces institutions, ce pouvoir blanc ethnomasochiste qui leur est systématiquement défavorable. :-))
Ces mâles blancs maltraîtés, battus, violés, contrôlés au faciès et insultés, fouillés, arrêtés arbitrairement et emmenés au poste sans motif légal, parfois tabassés voire tués suite à des bavures policières me font vraiment pitié. Dommage pour eux qu'il n'y ait aucune trace écrite de cette terrible oppression qui pèse sur leurs épaules fragiles.
Des affaires relatant les meutres de noirs abattus par des policiers dans des circonstances obscures sont des faits absolument sûrs et confirmés parfois par des blancs eux mêmes. Alors je dis, mes pauvres hommes blancs, si vous êtes si malheureux, utilisez toutes les procédures judiciaires pour défendre vos droits contre ces femmes castratrices et ces noirs envahisseurs.
...monde, aucune enquête, aucune institution indépendante, aucune source fiable que la presse papier poubelle ne montre l'existence des discriminations vécues par ces pauvres blancs. Quel est le taux de crime racial de haine comptabilisé par les instances judiciaires et dont les victimes sont blanches? 0.
Ces points de vue sont la plupart du temps ceux de gens de convictions d'extrême droite et nul besoin de les pousser dans leurs retranchements pour s'en rendre compte. Leurs maigres arguments suffisent.
En revanche, si les organisations humanitaires, les associations, les plus hautes institutions mondiales rapportent les violences exercées à l'égard des populations d'origine Africaine dans le....
De la même manière, la théorie du racisme à l'envers est à la mode, sauf que les seuls éléments de preuve de ce "racisme anti-blancs" sont des ragots du figaro, marianne et minute, avec à l'appui des soi-disant témoins cités uniquement par leurs prénoms (comme ça aucun risque de savoir si ces témoins existent réellement) ou de vrais témoins qui viennent en parler de leurs points de vue subjectifs.
"un féminisme lucide peut-il être aussi court sur la stigmatisation des hommes. Votre article n'apporte aucun élément sur cette question"
Et pour cause, aucune étude ne vient étayer ces faits de misandrie, donc Guirous supute, mais elle n'a pas de preuve. C'est le procédé utilisé fréquemment de nos jours de rejeter l'accusation sur l'opprimé.
cette presse qui façonne l'esprit des adolescentes, elle dit quoi des hommes ? Des horreurs, du vulgaire, de l'obsessionnel, rien qui élève, rien qui donne envie de construire avec des hommes. Rabaissés à leur sexe ou bien à leur argent, les hommes sont chosifiés, un produit de consommation comme tout le reste, femmes comprises. La presse féminine façonne un système où tout le monde perd...
Les hommes battus (SOS hommes battus), des pères a qui des mères font la guerre et la justice sexiste contre des pères (SOS papa), le suicide des hommes deux fois plus important, le chômage qui touche plus les hommes, l'espérance de vie des hommes qui est moindre, les maladies professionnelles qui touchent plus les hommes. Ils ont bon dos les hommes. La dialectique féministe victimaire est abusive
un féminisme lucide peut-il être aussi court sur la stigmatisation des hommes. Votre article n'apporte aucun élément sur cette question et pourtant il y aurait tant de choses à dire. Le sexisme a deux faces, l'une misogyne, l'autre misandre. Or aujourd'hui parler de la misandrie c'est tabou alors que sur les hommes ont entend des choses bêtes et navrantes tous les jours.
revendications. Dénonciations, critiques et accusations sont les seuls moyens de se faire entendre.
...suffit d'avoir confiance en leur bonne foi et leur bonne volonté pour que les choses s'arrangent? Si c'était possible, ça fait bien longtemps qu'on ne débattrait plus de cette question car il n'y aurait plus de discrimination. Si on en parle, manifeste, crie haut et fort, c'est bien parce que ces hommes avec qui on peut soi-disant dialoguer ne nous écoutent pas et n'ont que faire de nos.....
Demander aux hommes de pouvoir symbolisant l'oppression absolue de cesser d'opprimer les femmes est l'équivalent d'une demande à un sataniste de croire en Jésus Christ. C'est une perte de temps. Si les femmes son opprimées, c'est bien à cause des hommes et en particulier de ces hommes qui nous gouvernent et cautionnent par diverses lois cette oppression. Guirous pense-t-elle vraiment qu'il.....
Faire appel au « devoir » des hommes de "pouvoir" ne me paraît pas des plus pragmatique. Vous me faites penser à une petite Bisounours. Le « volontarisme » politique
http://www.slate.fr/story/45891/femmes-travaillent-gratuitement
n'est pas le « devoir » politique 3 p'tits points
"Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour la pensée." William James
"Toutes les filles ne portent pas du rose et tous les garçons ne jouent pas à la guerre!"
.
"Tu dis qu'il ne faut pas philosopher, mais il te faudra cependant philosopher pour le dire." Un Grec
Féminisme de droite ou sous-marin sarkoziste ?
Humm: les exemples Lagarde et Merkel , très fortes pour accéder aux hautes investitures , c'est sûr . Des bons résulats une fois qu'elles y sont : humm; humm , hummm...
PS Ceci n'a rien à voir avec leur sexe: on peut en dire autant de Sarkozy, Berlusconi , Papandréou, Barroso et plein d'hommes.
Pour voter, on s'en moque que ce soit une femme ou un homme:seule comptent compétence et honéteté
Voici le lien pour regarder la vidéo à 3mn : http://www.dailymotion.com/video/xli9v8_martine-aubry-a-l-entrepot-apres-le-3e-debat-televise_news.
C'est en opposant les hommes et les femmes que l'on accentue les clivages. Il faut mettre en effet en avant la réussite de certaines personnalités féminines. Mais que penser quand AUBRY déclare après le 3ème débat lors des primaires que "les Hommes ont plus de facilité à gagner le pouvoir que de faire ce qu'ils ont dit au pouvoir". Imaginez si cela avait été dit par un homme à propos d'une femme.
voici enfin un discours federateur qui devrait agréger autour de lui toutes les bonnes volontés et s'eloigne d'un feminisme qui s'attache trop aux petits symboles ( le debat Melle-Mme , transmission du nom du nom de famille ...) issu de notre histoire marquée par le patriarcat.
il faut changer le fond , la forme suivra ...