Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Samedi 02 Juillet 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les vertus de la "positive attitude" : pourquoi il vaut mieux rassurer les salariés que les punir en cas d'erreurs

Dans une entreprise, réprimander une personne, voire la licencier, sera très souvent contre-productif. Car ce sont les salariés qui détiennent les informations nécessaires pour améliorer le fonctionnement d'une organisation.

Restons zen

Publié le
Les vertus de la "positive attitude" : pourquoi il vaut mieux rassurer les salariés que les punir en cas d'erreurs

Il suffit de lire les journaux ou de taper quelques mots sur Google pour en trouver des dizaines : de l'affaire Kerviel à Volkswagen, les scandales d'entreprises sont devenus des éléments médiatiques majeurs. Souvent catastrophiques pour les entreprises, non seulement en termes économiques mais aussi de marque, ces événements offrent surtout la possibilité de passer à un cycle vertueux.

 

En effet, en les analysant, il est possible de comprendre les dysfonctionnements et d'éviter leur répétition. Le problème reste la tentation naturelle à désigner un bouc émissaire, bien que cela soit parfaitement contre-productif. Dave Zwieback, auteur du livre Beyond Blame: Learning From Failure and Success ("Au-delà de la réprimande, apprendre de ses erreurs comme de ses succès") a expliqué pourquoi dans un article à First Round.com.

L'important, selon lui, n'est pas d'identifier les coupables mais bien d'apprendre de ses erreurs pour améliorer l'ensemble du système. Il est vrai que le concept du bouc émissaire est bien pratique. Lorsque que quelque chose se passe mal, l'être humain a tendance à emprunter la voie du raccourci. "Critiques et préjugés nous donnent un moyen bien commode d'accepter les événements" note Zwieback. Pourtant, cette chasse à l'homme n'est pas productive.

Prenons un exemple simple : imaginons qu'un incident se passe dans une entreprise. Une enquête est menée, Alain et Nathalie sont responsables. La nouvelle apportera probablement un sentiment de satisfaction. On sait désormais qui est coupable, il y a une explication simple et rationnelle à ce problème. Et certains se sentiront d'autant plus satisfaits si Alain et Nathalie reconnaissent leurs torts... et se font débarquer.

(Crédit - Livin' Spoonful / Flickr)

Sauf que... Sauf que le nœud du problème est encore bien présent. Peut-on être sûr que, sans les deux fautifs, l'erreur ne se reproduira pas ? Selon toute probabilité, non. Pourquoi ont-ils fait cela ? Etaient-ils sous pression ? N'ont-ils pas été incités à faire cette erreur ? Voilà les vraies questions.  L'entreprise peut bien promettre avoir appris de ces erreurs, et que tout cela ne se reproduit plus, elle n'a finalement appris que peu de choses de l'incident. Par ailleurs, une source primordiale d'information a disparu : Alain et Nathalie. Et les personnes qui sont peut-être au courant du dysfonctionnement n'auront certainement pas envie d'en parler désormais. 

Selon l'expert, la punition est une mauvaise stratégie. Elle instille la peur, donc un certain sens de la discipline, mais elle paralyse surtout les gens qui vont alors faire de la rétention d'informations. Pour récolter des données et découvrir la vérité, il faut de la sécurité. En rassurant les personnes, l'entreprise gagnera leur honnêteté et donc pourra découvrir les points faibles de son organisation. Dans le cas du scandale Volkswagen, certains ingénieurs informatiques ont été désignés responsables. Certains seulement? Dave Zwieback estime que la vérité doit être bien complexe que cela.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Olivier62 - 17/03/2016 - 11:56 - Signaler un abus C'est un problème politique

    Vous oubliez un point fondamental, qui est l'intérêt des dirigeants et des managers : leur but n'est pas du tout le bien de l'entreprise, dont ils se moquent complètement, mais celui de leur propre carrière. Si une faute a été commise, il est logique de leur part de la rejeter sur leurs subordonnés plutôt que sur eux-mêmes. C'est pour cela qu'ils laissent toujours une certaine imprécision dans leurs directives, ce qui leur permet de s'attribuer le succès (si succès il y a), et de blâmer ceux qui ont fait la faute en l'attribuant à leur incompétence ou à une incompréhension de leur part. Ajoutons que s'interroger sur un problème signifie rapidement remettre en cause les décisions des dirigeants, qui sont généralement collectives. Les directeurs se couvrent alors les uns les autres et résolvent le problème en licenciant celui qui a agit (voir affaire Kerviel).

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Je m'abonne
à partir de 4,90€