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Vertige éthique dans les hôpitaux américains : ces machines auxquelles Google apprend à déterminer quand un patient risque de mourir (et elles le font mieux que les médecins…)

L'équipe "Medical Brain" du géant Google a commencé à former son système d'intelligence artificielle pour évaluer le risque de décès chez les patients hospitalisés, et les résultats sont pour le moment plus précis que ceux fournis par les outils médicaux existants.

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Vertige éthique dans les hôpitaux américains : ces machines auxquelles Google apprend à déterminer quand un patient risque de mourir (et elles le font mieux que les médecins…)

 Crédit GUILLAUME SOUVANT / AFP

Atlantico : Comment fonctionne le dispositif "Medical Brain" mis au point par Google ? 

Jean-Paul Pinte : On sait depuis que les technologies touchent le domaine de la santé que nous ne sommes qu'au début de nos étonnements avec notamment le Big Data, les objets connectés qui ont envahi notre quotidien.

Plus une revue ne sorte ainsi en kiosque sans que l'on ne fasse mention aussi de l'intelligence artificielle permis par l'accès au cloud et au Big Data.

Google comme d'autres grands n'ont pas attendu pour se lancer dans l'aventure de l'intelligence artificielle et des pays comme l"Afrique convoitise de près ce concept à en croire un article du Monde du Cahier Science et médecine du mercredi 10 juin  2018 qui mentionne que surveiller la santé d'un bébé en analysant ses cris est aujourd'hui possible au Nigéria.

L'équipe "Medical Brain" du géant Google a commencé à former son système d'intelligence artificielle pour évaluer le risque de décès chez les patients hospitalisés, et les résultats sont pour le moment plus précis que ceux fournis par les outils médicaux existants.
"Medical Brain" serait ici  en mesure de déterminer la période à laquelle un patient en phase terminale aurait le plus de risques de mourir mais aussi quand celui-ci devrait  effectuer un nouveau séjour à l'hôpital à partir du dossier du patient, mais aussi des notes du corps médical.

Google a d'abord détaillé son nouveau système dans un article publié dans la revue scientifique Nature en mai dernier. 
À l'époque, les chercheurs de l'entreprise ont noté: «Ces modèles ont surpassé les modèles prédictifs traditionnels et cliniquement utilisés dans tous les cas. Nous croyons que cette approche peut être utilisée pour créer des prédictions précises et évolutives pour divers scénarios cliniques ».

Fonctionnant grâce au machine learning (l’apprentissage automatique), ce programme informatique est capable en effet d’estimer la probabilité du décès d’une personne hospitalisée, avec une précision pouvant aller jusqu’à 95 %. Un chiffre largement supérieur aux méthodes d’évaluation clinique utilisées actuellement dans les hôpitaux.

Cette très sérieuse revue scientifique Nature rapporte le cas d’une femme atteinte d’un cancer du sein métastatique, aussi connu sous le nom de cancer du sein avancé. Medical Brain a exploité 175 639 données enregistrées dans le dossier médical de la patiente et a estimé le risque de décès à 19,9 %. L’équipe médicale, elle, avait évalué ce risque à 9,3 %. Moins de deux semaines plus tard, cette patiente était décédée.

Le récit déchirant de la mort de la femme non identifiée a été publié par Google en mai dernier dans le cadre d'une recherche mettant en évidence le potentiel des réseaux de neurones, une forme de logiciel d'intelligence artificielle particulièrement efficace pour apprendre et s'améliorer. Google a créé un outil qui permet de prévoir une foule de résultats pour les patients, y compris combien de temps les gens peuvent rester dans les hôpitaux, leurs chances de réadmission et les chances qu'ils vont bientôt mourir.

 
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  • Par gerint - 23/06/2018 - 10:27 - Signaler un abus Ces technologies ne feront pas qu’aider

    Les médecins, elles les remplaceront en grande partie et cela sera de même dans de nombreux métiers. C’est pourquoi je crois qu’on pourrait avoir bien du mal à offrir un emploi à tous et qu’il faudra trouver comment permettre de vivre à tous quand-même. Je crois qu’il y aura besoin de peu de gens pour produire le plus gros des richesses et qu’en dehors de techniciens de haut niveau dans les différents domaines la plupart des emplois seront subalternes

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Jean-Paul Pinte

Jean-Paul Pinte est docteur en information scientifique et technique.

Maître de conférences à l'Université Catholique de Lille, il est expert en cybercriminalité.

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