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Les vérités de Christiane Lambert, agricultrice, patronne de la FNSEA et lauréate du prix de la femme d’influence politique 2017

Christiane Lambert vient de recevoir le prix de la femme d'influence politique pour son rôle à la tête du FNSEA, le tout face à trois ministres et une députée.

Entretien

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Les vérités de Christiane Lambert, agricultrice, patronne de la FNSEA et lauréate du prix de la femme d’influence politique 2017

Atlantico : Vous venez de recevoir le prix de la femme d’influence politique, vous qui êtes à la tête d’un syndicat agricole, monde généralement masculin s’il en est, comment en êtes-vous arrivée là ? A-t-il été difficile de vous imposer dans cet univers d’hommes d’une part, traditionnel d’autre part ?

Christiane Lambert : Non, j'ai toujours été un peu garçon manqué ! J'ai fait des études agricoles, je suis allé dans des lycées agricoles avec une majorité de garçons, je jouais au foot avec eux. J'étais toujours sur l'exploitation à travailler au milieu des animaux, à conduire le tracteur, et c'est naturellement que je me suis retrouvé après dans l'équipe de handball avec les garçons, puis dans l'équipe syndicale avec une majorité d'hommes… mais le fait d'avoir une formation agricole m'a beaucoup aidé à être complètement mêlée aux conversations techniques, économiques… J'ai été très bien accueillie !

Et il y a une originalité peu connue dans le monde agricole, c'est que les organisations syndicales ont traditionnellement une vice-présidente. C'est un héritage du mariage de la Jeunesse Agricole Chrétienne Garçons et de la Jeunesse Agricole Chrétienne Filles qui avait imposé une vice-présidence féminine. C'est ce qui fait que j'ai pu être très poussé dès le début pour prendre ces responsabilités.  

Avec le temps, mes collègues m'ont connu, ont apprécié mon travail sur les dossiers, et peu à peu, de fil en aiguille, j'ai pris de plus en plus de responsabilités… au niveau du canton, du département, puis au niveau national.

C'est donc plutôt en dehors de votre sphère professionnelle que vous trouvez le plus de surprise ?

Vous avez raison, c'est là que cela a surpris. Quand j'ai été élue présidente de la FNSEA, cela n'a surpris personne en interne, parce que les gens me connaissaient. J'avais été présidente du CNJA pendant 4 ans, j'avais déjà sillonné toute la France.

C'est à l'extérieur qu'il y a eu le plus de surprises, parce que beaucoup d'observateurs ont des clichés tout faits sur le fait que le monde agricole serait ringard et macho. Pas du tout. Il n'est ni ringard, ni macho. Quand une agricultrice bosse, elle n'a pas de problème à se faire sa place.

Il faut aussi bien noter qu'il y a eu des circonstances particulières cependant, avec le décès de Xavier Belin, qui du fait de la façon dont cela c'est passé et de la rapidité, a donné à cette transition un caractère dramatique. Mais aujourd'hui c'est vrai qu'à l'extérieur les gens sont surpris, par exemple des observateurs américains, de retrouver une femme à ce poste.

Le fait d’être une femme vous amène-t-il à gérer votre quotidien de manière très différente d’un homme, à la tête de la FNSEA comme à la tête de votre exploitation agricole ?

Oui, parce que le travail demande parfois des capacités physiques importantes. Il faut rester en forme – ce qui est très agréable entendons-nous, j'ai toujours adoré travailler en extérieur avec des animaux – et qui fait qu'il faut remplacer la force physique par la finesse ou le matériel. Aujourd'hui, il existe des équipements performants qui nous permettent de faire mieux. Et à la tête de la FNSEA, je ne vois pas grand-chose de différent, à part qu'il faut s'imposer un rythme sérieux. Je pars tôt le matin et je rentre tard le soir. Il faut travailler beaucoup, mais ça c'est pareil pour les hommes comme pour les femmes. Et ensuite il y a le côté vestimentaire, qui est un peu plus compliqué ! Mais sinon pas de difficultés particulières.

 
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  • Par moneo - 30/11/2017 - 11:25 - Signaler un abus Que dire?

    Bravo madame

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Christiane Lambert

Christiane Lambert est présidente de la FNSEA depuis le 13 avril 2017. Le 29 novembre de la même année elle gagne le « Prix 2017 de la femme d’influence politique ». 

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