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La vérité sur la valorisation
de Facebook

Cette semaine, Pascal Emmanuel Gobry, le "nettoyeur", fait voler en éclat l'idée reçue selon laquelle la valorisation de Facebook serait une bulle spéculative.

Le nettoyeur

Publié le - Mis à jour le 27 Février 2012
La vérité sur la valorisation 
de Facebook

Beaucoup de gens s'émeuvent de la valorisation de Facebook, et crient à qui veut l'entendre que rien ne peut la justifier, qu'il s'agit d'une bulle. Crédit Reuters

Facebook prépare son introduction en bourse, qui devrait valoriser l'entreprise entre 85 et 100 milliards de dollars, ce qui en ferait une des plus entreprises les mieux valorisées au monde. En effet, Facebook n'a réalisé “que” un milliard de profits sur un chiffre d'affaires de 4 milliards en 2011. Beaucoup de gens s'émeuvent de cette valorisation, et crient à qui veut l'entendre que rien ne peut la justifier, qu'il s'agit d'une bulle.

Le Point de cette semaine, par exemple, parle de “casse du siècle” (!) en comparant la valorisation de Facebook à celle d'HP, premier fabriquant d'ordinateurs – une activité complètement différente, donc. Slate.fr, dans un article explicatif et mieux raisonné, parle néanmoins de bulle.

Comparer Facebook à des entreprises au chiffre d'affaires supérieur et à la valorisation inférieure fait peut-être vendre du papier mais n'a aucun sens. On ne peut comprendre la valorisation de Facebook (ou de tout autre actif) sans comprendre un des principes de base de la finance : la valeur d'un actif est la valeur actualisée nette de ses flux de trésorerie à venir. En clair, ça veut dire que la valorisation d'une entreprise est fondée sur ce que le marché anticipe de sa performance à venir. Les performances passées n'ont de sens, non en tant que telles, mais qu'en ce qu'elles permettent d'anticiper celles de demain.

Qu'est-ce que ça veut dire pour Facebook ? Ça veut dire que c'est une entreprise jeune, avec une position unique sur le marché, et un potentiel de croissance extrêmement élevé. Si les entreprises du net reçoivent souvent des valorisations élevées, ce n'est pas parce que nous sommes dans une bulle (premier signe que nous ne sommes pas dans une bulle : à chaque fois que quelque chose se produit, tout le monde crie que ça veut dire que nous sommes dans une bulle), mais tout simplement parce que le potentiel de croissance sur ce marché est énorme.

L'ancien analyste financier et investisseur renommé Bill Gurley parle de 10X revenue club, le club des entreprises qui méritent une valorisation de 10 fois leur chiffre d'affaires, ce qui est l'ordre de grandeur des meilleures entreprises du net. Pour justifier l'appartenance à ce club, selon Gurley, une entreprise doit respecter 10 critères rigoureux, par exemple : les barrières à l'entrée, la prévisibilité des revenus, les taux de marge brute et de profitabilité marginale, etc. Bref, des critères sérieux, pas la “hype” d'une bulle.

Gurley (pourtant investisseur dans Twitter, un concurrent de Facebook, et donc peu incité à lui décerner des lauriers) note Facebook extrêmement bien sur ces critères, lui donnant A ou A+ sur la majorité et B sur les autres. Il en conclut que, sur les chiffres qu'on peut attendre de Facebook pour cette année, la valorisation “juste” se situe entre 75 et 95 milliards.  C'est un peu en dessous de la valorisation prévue, mais pas beaucoup. Et toujours plus qu'HP.

Alors, quelle est la valorisation “juste” de Facebook ? Personne ne le sait, puisque pour le savoir il faudrait pouvoir lire l'avenir. Ça sera au marché de décider. Mais une chose par contre est sûre : au regard de sa performance (et non de la “hype”) Facebook mérite éminemment d'avoir une valorisation très “élevée”, et l'existence d'une telle valorisation n'est aucunement indicative de l'existence d'une bulle.

 
Commentaires

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  • Par le Gône - 24/02/2012 - 14:25 - Signaler un abus C'est pourtant simple..

    Facebook..c'est "que" des couts variables!! (le reve absolu de tout chef d'entreprise!!) 25% de marge nette en milliard de dollards..alors circulez y'a rien a voir..je suis pas un fan de ce truc (pourtant j'ai ma page et mes nombreux amis) je pige pas bien la rentabilité de leur pub que je ne regarde jamais..mais le resultat est là!!

  • Par laurentso - 24/02/2012 - 15:59 - Signaler un abus Tiens, le Gône dit un truc

    intelligent. Du moins argumenté. Il doit s'agir d'une erreur. Parler de bulle pour Facebook n'a pas de sens, sauf si la valorisation de Google entraîne celle de Facebook qui entraîne celle de Google qui entraîne celle de Facebook et ainsi de suite, c'est ce qui s'est passé dans les années 1990. Bon, c'est pas une bulle, mais c'est quand même un achat "spéculatif" (risqué) pour une boite dont on comprend mal les ressources financières et dont on ne peut pas anticiper les revenus à moyen terme. Je reste sur mes actions Saint-Louis et Compagnie des Eaux. C'est du sûr, c'est du solide...

  • Par zaz - 24/02/2012 - 16:58 - Signaler un abus Petite défintion

    "Une bulle financière ou bulle spéculative correspond à une situation où le cours des titres augmente fortement et atteint des niveaux jugés, par une petite minorité de personnes lucides, comme globalement excessifs en comparaison avec la valeur réelle des actifs. Elle s’achève généralement par un éclatement de la bulle et une baisse rapide des cours" (ça vient du Verminen) Comprendre a l'inverse que seule une analyse rationnelle de l'activité et des revenus de l'entreprise permet de statuer l'absence de bulle sur un titre en croissance. Et pour facebook, c'est bien ce qui pèche. La spéculation par ailleurs dans cet article, c'est de poser le principe d'un potentiel de croissance énorme sur Facebook, alors qu'il couvre déjà une très grosse part de l'humanité. A moins d'une découverte rapide d'extraterrestres, il va sérieusement falloir que FB augmente son revenu par tête s'il veut se montrer a la hauteur de sa valorisation.

  • Par le Gône - 24/02/2012 - 16:58 - Signaler un abus @laurentso

    en revanche rester sur St louis et la CGE démontre bien vôtre manque de vision !! arrêtez la bourse et sa spéculation restez sur vos fondamentaux de la rue Solferino..(la bas il n'y a ni idées..ni valeurs ni risques..ne dist on pas qu'au royaume des aveugles.....)

  • Par mezzz - 24/02/2012 - 17:24 - Signaler un abus Vous faîtes l'impasse sur un certain nombre de points

    Avez-vous bien lu la déclaration faites à la SEC pour l'IPO. Elle est remplie d'acronymes décrivant des clics et des clacs sans aucune signification financière, et qui font franchement penser aux débuts de l'internet. Il n'est pas vraiment assuré que son modèle fonctionne si bien que cela. Lisez cet excellent article par ailleurs sorti aujourd'hui précisant justement à quel point tout n'est sans doute pas si simple : http://venturebeat.com/2012/02/23/facebook-q1-ad-revenue/

  • Par Lgiova - 24/02/2012 - 19:00 - Signaler un abus Foutaise

    Rarement vue une analyse aussi ridicule !! Y a combien de temps de réflexion derrière?? Et combien de ces prétendus expert qui ont pondu une analyse aussi lamentable connaisse réellement ce qu'est le web! Prévoir une forte marge de progression pour Facebook?? Résumons : -Facebook fait le même métier que Google: cibler ses utilisateur et vendre de la pub -Facebook se vante déjà d'avoir plus de temps de page vue et d'utilisateur que google -Google gagne plus en revenue NET en un trimestre que Facebook ne fait de CA en une année -Google, après autant d'année d'existence que Facebook, gagnait déjà plus d'argent avec moins d'utilisateur, et il n'y avait pas de concurrent sérieux lors de son entrée en bourse -Facebook est mieux valorisé que Google?? Alors j'en conclue que vous êtes sois aveugle, soit que vous ne comprenez pas grand chose à l'e-marketing! Google a toujours réussi à monétiser son audience car les gens sont en position de recherche et donc d'attente, lorsqu'ils viennent sur son site. Facebook se contente d'essayer de cannibaliser le web en faisant du "display" ciblé au petit bonheur la chance!! Non, il s'agit ici bien évidement d'une gigantesque bulle!!

  • Par alankin - 25/02/2012 - 12:37 - Signaler un abus je conseille à l'auteur de retourner à l'école....

    pour comprendre que quand l'avenir radieux devient réalité , c'est à ce moment là que le cours monte..on n'est pas obligés de le payer lors de l'introduction!! ..le marché, dit il.... il se fiche de qui? la décision du cours d'intro est sous la pression de tous les actionnaires primaires et autres société d'investissement qui cherchent leur paquet de profit le 1er Jour..mais surtout pas là pour exprimer un potentiel.. ce genre de personne montre que la Finance n'a toujours pas tiré les leçons de tous les abus. Même dans la tête des esprits supposés rapides, on voit que la prise de conscience est bien lente pour monter au cerveau.

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Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est le fondateur de Noosphere une entreprise de recherche de marché.

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