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Velib : les vélos urbains coûtent de plus en cher à ceux qui les utilisent comme à ceux qui ne les utilisent pas

Le consortium Smovengo a remplacé JC Decaux et en a profité pour renégocier avec la Mairie les tarifs... et les services rendus.

La main à la poche

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En outre, le passage de témoin entre Decaux et Smovengo ayant été géré de main de maître (la Mairie de Paris reste inégalable en la matière), ce ne sont pas moins de trois sites internet différents (Vélib 2018Vélib Métropole et Vélib Autolib Métropole), qui se battent pour expliquer au client pourquoi ce qu’il paye (plus cher) ne fonctionne pas (du tout ou presque).

À ce point du constat, il est nécessaire de faire un résumé : un service de vélos lancé il y a dix ans, dont tout indique qu’il est un véritable gouffre financier pour la Ville de Paris pourtant déjà trop largement endettée, vient de changer de gestionnaire.

Ce dernier s’empresse de relever les tarifs de plus de 25% et ne parvient pas à mettre en face un service d’une qualité minimale.

Tout porte à croire, comme le fait d’ailleurs Simon Labouret, porte-parole de l’association « Paris en selle », que – je cite – « le sujet n’a pas été pris très au sérieux par l’opérateur ou les politiques » ; et il est vrai qu’il n’est pas difficile d’imaginer Anne et son équipe gérer ces histoires de vélos blindés avec le tact et le talent devenus la marque de fabrique des projets parisiens.

En attendant la résolution des problèmes, force est de constater que la facture continue d’augmenter et qu’elle sera, plus que probablement, payée par le contribuable : de même que les tanks à deux roues de Decaux revenaient à 4.000 euros par an à la municipalité et conduisait à un déficit de 16 millions d’euro chaque année, on peut raisonnablement imaginer – surtout au vu du démarrage flamboyant qui nous a été fourni en spectacle – que la prochaine mouture ne sera pas mieux fichue d’équilibrer ses comptes.

Autrement dit, non seulement le service public de vélos en location coûte de plus en plus cher aux pratiquants, mais en plus s’avère-t-il aussi de plus en plus dispendieux pour ceux qui ne l’utilisent pas.

Pompon de l’affaire : pendant que les services publics s’escriment à fournir un service médiocre, déficitaire et surfacturé, des flottes de vélos en libre location, bien moins chers, apparaissent dans la capitale.

Bien sûr, on doit se garder de tout enthousiasme précoce devant les défis que ces entreprises vélocipédiques vitaminées devront relever pour assurer la pérennité de leurs flottes, surtout devant le monceau de décrets et de taxes que la Mairie ne manquera pas de pondre pour leur mettre des rayons bâtons dans les roues. Mais au moins peut-on se dire que ces nouvelles formes de location de vélos ne viendront pas gréver le budget municipal, et épargneront donc pour une fois le contribuable.

De surcroît, ces entreprises capitalistiques seront contraintes, par le marché, de s’adapter aux demandes de leur clientèle, des riverains et de la force publique ; on peut dès lors parier sans prendre trop de risque que la solution finalisée sera de toute façon nettement moins chère et bien meilleure que les enclumes publicitaires à deux roues qu’on nous propose actuellement.

 
Commentaires

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  • Par Deudeuche - 13/01/2018 - 21:07 - Signaler un abus Delenda Parigo

    Si vis pacem para cyclum, fluctuât nec mergitur sed hidalgomeideus diabolicum est.

  • Par lexxis - 14/01/2018 - 09:26 - Signaler un abus # DELENDA PARIGO

    À votre place, je pencherai plutôt pour "Mergitur, nec fluctuat". Et pour mettre à jour la devise parisienne, il suffit de renverser le blason arrogant de la capitale mondiale de la destruction des vélos (et aussi de la saleté des rues!).

  • Par Atlante13 - 14/01/2018 - 12:16 - Signaler un abus Bref,

    une mairesse à pédales?

  • Par Anguerrand - 14/01/2018 - 17:27 - Signaler un abus Retrouver les Vélib ? Simple

    Il suffit de les récupérer en Afrique subsaharienne. Ils sont partout la bas.

  • Par AUSTRAL98 - 15/01/2018 - 00:26 - Signaler un abus A qui profite le crime

    Ne serait-il pas intéressant d'enquêter sur cette société "consortium Smovengo"; qui sont les responsables et bénéficiaires? car lorsqu'il y a du socialisme quelque part, la magouille prospère à grande vitesse et la forfaiture n'est jamais très loin.

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