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Valls et le Plan d’Investissements d’avenir de 10 milliards d’euros

La France vit un climat de défiance que le niveau poussif de l'investissement privé (la FBCF : formation brute de capital fixe de l'INSEE) reflète fortement. Dès lors, l'Etat veut relancer l'investissement public via la machinerie des PIA : plans d'investissements d'avenir.

Est-ce opportun ?

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Valls et le Plan d’Investissements d’avenir de 10 milliards d’euros

Les militants actifs de l'investissement public 

Au niveau européen, le Plan Juncker qui devait dépasser les 300 milliards a fait " pschiit ! " et demeure lettre morte. Hélas, mais c'est ainsi. Ce grand programme public dont une très large partie du financement était assuré par un effet de levier est mort-né.

Au niveau français, selon un appel de 80 économistes plutôt " de gôche " mais non deloristes paru récemment dans Le Monde, il conviendrait d'envisager une relance budgétaire. Non par la consommation étant donné notre penchant pour les biens importés mais par l'investissement public.

L'argument étant – selon ces esprits d'inégale faculté contributive - de dire que l'on peut aisément emprunter à taux très bas voire négatif (pour l'Etat) et ainsi matérialiser un financement de la relance requise de l'investissement. 

Autrement dit, on repartirait ainsi à la page 3 du manuel du bon petit keynésien en omettant que le stock de dettes d'un Etat comme le nôtre représente d'ores et déjà plus de 97% de son PIB. Ce qui n'est pas une simple variable mais un défi intergénérationnel tout autant qu'une gageure en cas de remontée toujours possible des taux d'intérêt. Sans mentionner l'effet d'éviction des émissions obligataires publiques sur les marchés.

Doit-on rappeler que le service de la dette est d'ores et déjà clairement notre premier poste de dépenses budgétaires ? Dépassant donc le Ministère de l'Education.

L'orage conjoncturel qui gronde 

Parallèlement à cette situation connue, nous devons impérativement mesurer que l'ampleur du retournement conjoncturel mondial est désormais un fait acquis. Les Etats-Unis sont en fin d'un cycle d'expansion économique tandis que les pays émergents sont soumis à la contrainte de la baisse du prix de leurs ressources brutes. 

Ainsi pour la France, le chiffre de 1,5% de croissance du PIB pour 2016 n'est plus réaliste du fait de ce qui précède, des hoquets de l'économie chinoise, de la réapparition de la déflation au Japon, du tassement confirmé du commerce mondial (croissance de 3% revue à la baisse par l'OCDE et le FMI), des tensions géopolitiques, etc. Une hypothèse de 1% de croissance en 2016 eût été plus pertinente et plus avisée pour ne pas dire plus sincère contrairement aux affirmations réitérées récemment par le ministre Sapin. 

Mais évidemment les spécialistes savent qu'un demi point de croissance gommé, c'est entre 5 à 7 milliards de recettes fiscales en moins. Tandis que la faiblesse de l'inflation érode les rentrées fiscales de TVA ce dont ne disconvient pas (pour une fois !) le ministre des Finances et des Comptes publics.

 
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  • Par essentimo - 05/03/2016 - 07:33 - Signaler un abus Où sont les

    20 milliards x 2 des repentis fiscaux ?

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Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économiques Archer 58 research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'E.N.A, promotion de 1985, et est titulaire d'un doctorat en Economie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

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