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Valls a entamé la prise de pouvoir, les Hollandais finiront-ils le travail en débranchant le président pour sauver la gauche ?

En dépit d'une baisse de sa cote de popularité dans les récents sondages, Manuel Valls maintient le cap de sa politique, donnant ainsi l'impression d'être aux commandes. Le vote de confiance à l'Assemblée nationale mardi et la conférence de presse du président jeudi pourraient renforcer davantage son pouvoir. Et amener certains à gauche à déjà songer, sans le révéler, à un rapprochement avec le Premier ministre en vue de 2017.

Abandonner le navire

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Valls a entamé la prise de pouvoir, les Hollandais finiront-ils le travail en débranchant le président pour sauver la gauche ?

Les Hollandais vont-ils débrancher le président pour sauver la gauche ? Crédit wikipédia

Atlantico : Le Premier ministre Manuel Valls se prépare à deux grands rendez-vous cette semaine, le vote de confiance de l'Assemblée nationale le 16 septembre, et la conférence de presse du 18 de François Hollande. Alors que le Président perd en crédibilité de jour en jour, Manuel Valls est-il en train de prendre la place de capitaine du bateau ?

Bruno Cautrès : On ne pourra complétement le dire qu’après ces deux échéances et surtout celle du vote de confiance. Selon les résultats de celui-ci, le nombre de voix favorables à Manuel Valls en termes de majorité des votes exprimés, l’autorité de celui-ci sur la majorité sortira renforcée ou atténuée.

Mais en l’état et depuis sa nomination, on peut effectivement dire que Manuel Valls a su prendre toute sa place de Premier ministre, voire un peu plus. Il a opéré en cela une vraie rupture vis-à-vis de Jean-Marc Ayrault qui avait beaucoup de mal à trouver son espace politique et qui ne semblait pas s’imposer auprès de ses ministres. Manuel Valls est en cela cohérent avec le personnage politique qu’il s’est construit au sein de la vie politique française : quelqu’un qui parle fort et qui adopte un style de communication par l’action et la volonté.

Il faudrait néanmoins distinguer déjà deux périodes : sa nomination s’est traduite par un écart important de popularité vis-à-vis de François Hollande ; mais depuis, il semble que Manuel Valls soit entrainé dans la tourmente de popularité de l’exécutif même s’il reste nettement plus populaire que le Président. 

Comment le Premier ministre a-t-il progressivement gagné sa place de première figure de l'Etat ?

Bruno Cautrès : La nomination de Manuel Valls s’est imposée à François Hollande à double titre : tout d’abord, c’est la cuisante défaite de la gauche aux municipales de 2014  qui a imposé un changement de Premier ministre, cette défaite étant précédée d’une période de " couacs " et d’annonces contradictoires au niveau du couple exécutif (comme par exemple sur la date de la pause fiscale) ; mais une seconde raison explique la nomination de Manuel Valls : il était, de loin, le ministre le plus populaire (et l’un des seuls ministres populaires) du gouvernement Ayrault. Son image d’homme d’action tranchait avec celle de Jean-Marc Ayrault.

Enfin, la nomination de Manuel Valls permettait à François Hollande d’opérer son opération de reconquête de sa stature présidentielle : Jean-Marc Ayrault était, à tort ou à raison, considéré comme un " double " de François Hollande ; ce n’est pas le cas avec Manuel Valls bien que la cohérence politique semble très forte entre le Président et l’actuel hôte de Matignon. C’est donc à la fois par ses qualités, par contraste avec Jean-Marc Ayrault et par un fort soutien à ses orientations donné par François Hollande que Manuel Valls a imposé sa stature de Premier ministre. Il donne le sentiment qu’il y a un " pilote dans l’avion ", même si beaucoup d’électeurs se demandent où va exactement l’avion….

 
Commentaires

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  • Par Benino - 15/09/2014 - 10:01 - Signaler un abus Quif quif

    Valsatrois a rate le coche pour 2017 ( ou avant), il aurait du partir, auréole de gloire (de goche) il y a six mois déjà. Maintenant c'est foutu pour lui, peut etre en 2027 sous Marine ? Pour le populo, aujourd'hui, Zigou Zag ou Valsatrois, c'est Quif Quif bourricot !

  • Par jmpbea - 15/09/2014 - 14:46 - Signaler un abus Le. Bouffi est cramé...ça sent la friture...

    Déjà que les socialistes ne sont pas connus pour leur unité...ça va s'effriter de partout....les bouées de sauvetage se font rares et chères...Valls sent venir la fin trois à six mois dit il...un éclair de réalisme dans un océan de conneries...il est pas si mal, le Vallsounet...mais il ne fait pas la taille avec un à parti socialiste qui n'existe plus...

  • Par vangog - 15/09/2014 - 15:30 - Signaler un abus Les medias nous ont consciencieusement préparé

    à la candidature de Vallsito. Plus il baisse dans les sondages, plus il énerve ses ex-amis pourcontre et plus il est présidentiable...allez savoir pourquoi? l'approche des élections sans doute! Cela préoccupe plus les journaleux que les Français, mais bon, puisqu'il est "l'élu des médias", il va falloir s'y faire...

  • Par Deudeuche - 15/09/2014 - 16:38 - Signaler un abus 2017 Valls, Sarko II, Marine

    Avec probablement le duel Sarko II, Marine au second tour. La gauche étant complètement décridibilisée.

  • Par yeneralobregone - 15/09/2014 - 22:00 - Signaler un abus qui va sauver les hollandais ?

    surement pas pichegru ! ... pissedru peut-etre ?

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Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections (Panel électoral français de 2002 et Panel électoral français de 2007, Baromètre politique français). Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques.  En 2014 il a publié Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? aux éditions de La Documentation Française.

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Hervé Algalarrondo

Hervé Algalarrondo est journaliste politique et essayiste. A travaillé auparavant au Matin de Paris à France-Soir et au Nouvel Obs.

Auteur de plusieurs pamphlets contre le conformisme de gauche : « Les beaufs de gauche », éditions Lattès, "Insécurité : la gauche contre le peuple", éditions Robert Laffont, et "La gauche et la préférence immigrée", éditions Plon. Il vient de publier avec Daniel Conh-Bendit "Et si on arrêtait les conneries" (Fayard).

 

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