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Union européenne : Messieurs les Anglais partez les premiers !

On vous comprend. Il y a d’affreux mélanges que vous ne voulez pas mettre dans votre thé.

Ce n’est qu’un au revoir ?

Publié le
Union européenne : Messieurs les Anglais partez les premiers !

Le maire de Londres, le très conservateur, très fougueux, et très drôle Boris Johnson, s’est engagé à fond dans le camp du non à l’Union Européenne pour le référendum prévu en juin. Crédit Reuters

Autrefois, à la veille de la Première Guerre mondiale, l’Empire Ottoman en pleine décomposition, était "l’homme malade" de l’Europe. Aujourd’hui c’est l’Europe qui est devenue "l’homme malade" de l’Europe. Et comme l’Empire Ottoman, elle risque de finir en lambeaux. D’ailleurs, pour se prémunir contre ses microbes et ses miasmes, certains commencent à s’éloigner de ce nouvel "homme malade". Les Anglais ont tiré les premiers. 

Pour les retenir, pour garder leur île arrimée au continent européen, de multiples cadeaux leur ont été consentis. David Cameron en avait plein sa hotte quand il est rentré à Londres. Mais peu de Britanniques voient en lui un Père Noël. A commencer par le maire de Londres, le très conservateur, très fougueux, et très drôle (ce n’est pas incompatible) Boris Johnson. Il s’est engagé à fond dans le camp du non à l’Union européenne pour le référendum prévu en juin. Sa popularité est telle qu’on peut raisonnablement envisager une victoire des eurosceptiques anglais. 

Pourquoi d’ailleurs les Anglais resteraient-ils dans l’Union européenne ?

L’Union n’a d’européenne que le nom. Une structure sans âme, sans identité, sans personnalité. Une construction administrative réduite à ses aspects monétaires (l’euro), à ses réglementations, à la libre circulation des marchandises et des hommes. Jamais un dirigeant de l’Europe n’a essayé de parler de civilisation « européenne », de culture « européenne », de traditions « européennes ». C’était interdit car il fallait à tout prix faire les yeux doux aux autres, à tous ceux qui n’avaient rien à voir avec l’héritage chrétien pourtant constitutif de l’Europe. 

L’Europe aurait pu être une belle et nouvelle frontière pour ses habitants. Encore eut-il fallu que ses dirigeants aient le courage de se définir en tant qu’Européens. Pas contre qui que ce soit mais différents des autres. Par lâcheté, par crainte de choquer des immigrés d’une autre culture, par complexe post-colonial, par rejet de toute spécificité les dirigeants européens ont par ricochet - et il faut y voir une légitime vengeance de l’Histoire - accouché d’un monstre qui les terrifie : les identités nationales. Elles sont fortes et affichées en Grande-Bretagne. Marquées en Pologne, en Hongrie, en République tchèque et en Slovaquie. Et puissantes dans de nombreux pays de la vieille Europe. 

L’Union Européenne a peur de son éventuel démembrement. Alors elle paie pour que l’on reste avec elle : ça s’appelle des amours tarifés. Elle paye les Anglais avec des dérogations. Elle paye les Grecs avec des milliards. Elle paye en essayant de ne faire de peine à personne. Et en tout cas pas aux Hongrois ou aux Polonais qu’elle sermonne gentiment pour leurs mesures anti-démocratiques mais qu’elle ne sanctionne pas dès fois que, fachés, ils iraient voir ailleurs. 

Elle chante avec une voix de fausset : « Ne me quitte pas ». Mais l’Europe n’est ni jeune, ni jolie et donc pas très attirante. Qui a envie de faire chambre commune avec la France, son chômage, sa délinquance, ses violences, ses terroristes et ses djihadistes ? Qui veut partager le lit des Grecs ruinés et qui nous ruinent ? Qui veut flirter avec l’Allemagne et son million de migrants ? Il faudrait autre chose. Un catéchisme, un bréviaire de combat pour l’identité européenne. Mais pour ça, un peu de courage serait nécessaire. C’est une valeur qui, hélas, n’est pas cotée en bourse.

 

 
Commentaires

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  • Par L.Leuwen - 24/02/2016 - 09:30 - Signaler un abus Au féminin

    L'Europe étant du genre féminin, elle ne saurait être "l'homme malade" de l'Europe. Et parler de "femme malade" risque de vous attirer les foudres des féministes façon De Hass. Mais celle-ci ayant les orientations qu'elle revendique, accepterait peut-être que l'Europe soit la femme de l'Europe, seul l'homme pouvant être malade, évidemment.

  • Par cloette - 24/02/2016 - 10:47 - Signaler un abus Tout est dit !

    Il aurait fallu offrir à l'Angleterre des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas ( quoique !) . Mais tout est dit dans l'article et finement analysé comme d'habitude . Et tout était prévisible .

  • Par Anguerrand - 24/02/2016 - 11:49 - Signaler un abus Il faut recommencer l'Europe

    Revoir à peu près tout, l'évolution de l'Europe et des européens doit être prise en compte. Je crois en un president européen elu, des ministres européens qui puissent décider d'une politique qui tiennent compte de l'intérêt de tous les états, un peu sur le modèle américain qui gardent néanmoins des décisions comme dans les différents états américains. Exit les réunions actuelles sans fins ou l'on trouve un pseudo compromis où chaque chefs d'état dit en sortir gagnant . Un president européen aurait un prestige international et l'Europe aurait un seul n° de téléphone et non 28, critiques principales des autres grandes nations du monde.

  • Par Benvoyons - 24/02/2016 - 12:03 - Signaler un abus La volonté de l'UK a toujours été le libre échange comme

    les USA mais aucunement le marché commun et donc l'EU.. L'UK pense maintenant pouvoir donner le coup de grasse à l'UE pour pouvoir signer à son avantage des accords avec les USA. Vouloir inventer toute autre formulation sur l'UK frise l’incompétence totale. Mais l’Écosse fera sécession pour l'EU. Les pays du Nord qui sont proches de l'idée du Libre échange resteront toutefois avec l'Allemagne et UE. car les fonds de pensions de ces pays sont trop engagés avec les autres pays de l'UE. Finalement le départ de l’Angleterre dopera la pensée UE nécessaire à sa redynamisation et sa réorganisation avec des objectifs réellement EU au lieu d'être perturbée en permanence par l’Angleterre.

  • Par Borgowrio - 24/02/2016 - 13:53 - Signaler un abus La France de Hollande a sauvé la Grèce .... Hélas

    Pour moi , l'Europe à basculé le jour où elle a cédé au bandit Tsipras , effacer 100 miliards , en remettre quelques dizaines de plus pour éviter le " Grexit " . ce fut un très mauvais exemple pour les pays ayant fait l'effort de se réformer ; Espagne , Portugal . En même temps décourager les bailleurs de fonds ; Grande Bretagne , Allemagne , ex pays de l'Est . La France quand à elle ça ne coûte rien , c'est l'Etat qui paye comme disent nos économistes au pouvoir

  • Par Lafayette 68 - 24/02/2016 - 14:48 - Signaler un abus Construction européenne

    On ne construit rien sans l'assentiment des gens donc des peuples. Vouée à l'échec historiquement.

  • Par Fredja - 24/02/2016 - 15:32 - Signaler un abus C'est pourtant partie d'une bonne idée...

    la construction Européenne. Malheureusement, aujourd'hui, les dirigeants Européens (à l'image des dirigeants Français) font tout ce qu'ils peuvent pour sauver leur fromage, sans penser aucunement aux peuples concernés. D'où le rejet massif dans les opinions.

  • Par padam - 24/02/2016 - 19:05 - Signaler un abus L'dentité, fondement de l'Europe

    Excellente chronique, très juste et pertinente. C'est que la construction européenne a été en réalité fondée sur la déconstruction des identités nationales. En vertu de la vieille utopie des technocrates héritiers de l'idéologie d'essence totalitaire post-révolutionnaire selon laquelle il fallait tuer le vieil homme qui sommeillait dans nos sociétés obsolètes pour que puisse émerger l'homme nouveau garant de la nouvelle société idéale, sensée s'épanouir dans un monde sans limites, indifférencié et relativiste. L'expérience a amplement montré que ça ne marchait pas. Confrontés à l'échec de l'Europe de Bruxelles, les Etats européens, s'ils souhaitent éviter la mort programmée de l'entité européenne, n'auront comme ressource que d'entreprendre à l'instar des archéologues l'anastylose de l'Europe à partir des ruines de l'Union. Mais cette reconstitution européenne ne saurait avoir de sens en l'absence de la seule réalité historique qui vaille, l'identité européenne. C'est là le point essentiel, comme le souligne fort à propos monsieur Rayski.

  • Par Eolian - 24/02/2016 - 20:02 - Signaler un abus identité européenne?

    C'est le Président Chirac qui a insisté pour qu'on supprime la référence chrétienne de l'Europe dans le Traité de Maastricht je crois au nom de la sacro sainte laïcité française, voilà où on en est maintenant. Dans quelques années, l'Europe sera musulmane!

  • Par Joly Maurice - 24/02/2016 - 20:50 - Signaler un abus Une bonne idée

    Mais une bonne idée qui à mal évolué! Plus personne ne se reconnait dans cette Europe d'apparatchiks, de bureaucrates sur payés mais très éloignés des préoccupations des citoyens qu'ils administrent. Il faut recommencer, faire des alliances ponctuelles entre états demandeurs. Et harmoniser les lois sociales et fiscales avant de permettre une libre circulation des travailleurs, ce qui constitue une forme de concurrence déloyale qui pénalise les systèmes nationaux hérités des luttes sociales et qui protègent le mieux les salariés.

  • Par Lapalatine - 25/02/2016 - 06:22 - Signaler un abus Triste réalité...

    Tout est dit!!

  • Par Le gorille - 25/02/2016 - 19:38 - Signaler un abus Femme ou homme malade...

    Qui donc nous sortira de ce bourbier ? Pas la gauche, par définition et aussi dans la réalité crue ; pas la droite non plus, dont l'esprit est perverti, gangrené et phagocyté par la gauche ! Alors, qui ? Il faut donc casser, jeter, détruire, expulser, écraser, noyer ou laminer dans les hauts-fourneaux le bipartisme (mais ne surtout pas le congeler, ni le surgeler ni encore moins le cryogéniser, il risquerait de survivre en clone comme les mammouths !) et pousser "le troisième" (eh oui ! Il existe ! Et ce, malgré le bipartisme justement !) parti. Bon va falloir compter les cadavres. Statistiques, à vos tables de Gauss !

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Benoît Rayski

Benoit Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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