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Union au bord de la crise
de nerfs : les Européens
n’ont plus envie d’unité

Dans son rapport annuel, le think tank américain Pew Research Center fait le portrait d'une Europe nouvelle, marquée par la crise. Les divisions sur l'austérité, la monnaie unique ou encore les institutions européennes semblent être la nouvelle donne de l'Europe en 2012.

Je t'aime, moi non plus

Publié le 31 mai 2012 - Mis à jour le 1 juin 2012
 

C'est en quelque sorte l'histoire de la fin du rêve européen entamé en 1957. A la crise économique, s'ajoute une crise de confiance dans la grande famille des 27. Symbole de cette fin de règne : la Grèce. Le pays terriblement affecté par la crise pointe du doigt l'Union européenne, les États membres qui la composent et la monnaie unique. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'Europe est vue comme la responsable de leur chute de par ses politiques et ses choix. L’Allemagne exceptée, tous ou presque s'accordent pour dire que leur adhésion les a affaiblis. Histoire d'un désaveu partiel.

C'est avant tout l'unité entière qui est mise à mal depuis quatre ans, début effectif de la crise mondiale. Comme le constate le rapport du think tank Pew Research Center publié mardi 29 mai, seulement 34% des huit pays interrogés (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Espagne, Italie, Grèce et République Tchèque) voient un vrai avantage dans leur intégration européenne. Seule l'Allemagne semble tirer son épingle du jeu et voir dans l'union européenne un vrai booster de son économie. Loin de l'éloigner de ses congénères européens, le pays de la chancelière Angela Merkel fait figure d'exemple et suscite même l'admiration. Seule la Grèce développe de très forts sentiments anti-germaniques. Le rapport stipule que 78% des personnes interrogées ont un avis négatif sur le pays. Un chiffre qui atteste avant tout du fossé qui sépare la Grèce des autres pays. Son indice de confiance a d'ailleurs chuté de 15 points ces derniers mois.

Le déclin d'unité est donc bien réel en Europe, mais se situe au-delà des clivages Nord / Sud - quasi-inexistants dans l'UE. La Grèce est mal vue mais la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont une bonne opinion de l'Italie et l'Espagne. Ces derniers se considérant comme les plus paresseux et corrompus. Image partagée par les pays du nord. Mais l'essentiel est en fait ailleurs.

La vision globale est presque secondaire. Il faut d'abord comprendre que l'érosion de l'unité européenne vient d'abord du manque de satisfaction généralisé des pays vis-à-vis de leur propre économie (87%). Les Européens accusent leurs banques et gouvernements d'être responsable de leurs problèmes. La tendance européenne est plutôt à la défiance dans les leaders. L'indice de satisfaction n'a jamais été aussi bas. Une tendance partagée par les voisins américains. Dans ce pessimisme latent, les pays européens sont préoccupés par trois thèmes centraux : le chômage, l'endettement public et l'inflation. Le trop-plein de pouvoirs des banques vient en quatrième position. Autre grief : le capitalisme. Lui aussi victime de la déviance des Européens. Des pays comme l'Espagne, la République Tchèque, la Pologne, l'Italie ou encore la Grèce ne sont pas persuadés que l'économie de marché soit la meilleure solution. Une position que ne partage pas la France, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne.

Dans une perspective plus large, arrive ensuite en seconde position le projet européen en tant que tel. La Banque centrale européenne, l'institution et bien entendu la monnaie unique ont fait descendre de son piédestal une Europe "bien vue" vers  une position aujourd'hui nettement plus délicate notamment dans les pays de l'Est et du Sud. L'argument principal tient au fait que l'intégration européenne a affaibli l'économie. Une position hautement négative soutenue par la France, la Grèce, l'Italie et la Grande-Bretagne. L’Espagne reste divisée sur le sujet tandis que l'Allemagne pense l'inverse. Elle est d'ailleurs la seule ! Ces doutes ont conduit moult pays de l'UE à remettre en question leur adhésion plus par philosophie que par volonté propre, la plupart des insatisfaits souhaitant néanmoins y rester. Ces questionnements sans qu'ils ne déclenchent de conséquences immédiates créent par contre un véritable sentiment de réserve envers les institutions européennes. Ainsi, Bruxelles ne fait plus l'unanimité tout comme la Banque centrale européenne : 80% des Grecs,  65% des Espagnols, 53% des Français en ont une opinion négative.

 


Commentaires

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  • Par De France et de plus loin - 01/06/2012 - 14:26 - Signaler un abus Je crois que nous abordons

    Je crois que nous abordons trop l'Europe comme une simple option.
    L'Etat fédéral européen adviendra quoi qu'il arrive. La France se fondra dans l'UE comme la Bretagne s'est fondue dans la France. Dans combien de temps, mystère

  • Par totor101 - 01/06/2012 - 11:53 - Signaler un abus Combien de pays dans l'Europe ?

    Quand il y avait 6, 10, 15 pays les USA débordaient de haine et d'apréhension pour l'Europe Unie....
    A 27 ils applaudissent avec les mains et même les pieds!!!
    A qui profite le crime?
    A la concurence libre et non faussée qui ne marche qu'a sens unique !!!

  • Par Equilibre - 31/05/2012 - 23:41 - Signaler un abus Notre avenir est en trains de s'écrire... Ailleurs

    http://www.lepoint.fr/economie/europe-l-union-economique-totale-ou-la-mort-31-05-2012-1467294_28.php
    "..."Nous devons avancer vers une union économique totale pour compléter l'union monétaire. La Commission européenne défendra une approche ambitieuse passant, entre autres, par la construction d'une union bancaire avec une supervision financière intégrée et une garantie européenne sur les dépôts", déclare José Manuel Barroso."
    NON.
    Marre de ces incompétents, technocrates grassement payés par nos impôts pour pondre des règles de plus en plus stupides préfigurant de la prochaine catastrophe qu'ils auront eux-même provoquée. Stop au cercle vicieux.

  • Par yoda - 31/05/2012 - 17:58 - Signaler un abus une question....

    j'aimerai bien savoir, au niveau de la france et au niveau de UE tout compris combien il y a de personnes qui travaillent la dedans et combien cela coute au total..quand à l'article personne n'a envie de vivre dans une europe comme cela.... et moi non plus !

  • Par Gilles - 31/05/2012 - 17:29 - Signaler un abus Péché originel

    L'erreur a été de construire une Europe du fric adaptée aux multinationales. Il fallait construire un véritable état fédéral tout d'abord à 6, 9 voire 12. Et non pas de faire de cette UE l'Auberge espagnole. La désignation des élus au Parlement européen est une véritable mascarade. C'est un ramassis de planqués qui se fichent totalement de l'Europe et qui sont souvent sur une voie de garage. Une voie de garage superbement rétribuée évidemment. A cela s'ajoutent des dizaines de milliers de fonctionnaires casés aussi par les gouvernements avec des salaires mirobolants non imposables. Bien évidemment tout ce beau monde freine des 4 fers afin que l'édifice survive.

  • Par sheldon - 31/05/2012 - 16:48 - Signaler un abus @Guti : seules les dictatures populaires du bien des gens !

    ça me fait toujours peur car il s'est avéré que seulse les dictatures "populaires" se sont construites pour le bien des gens !
    Quant à la société bobo écolo, voila la nouvelle dictature : les transports en commun, comme l'autre pour aller à son ministère, la suppression des libertés pour protéger le dieu nature, etc ...
    Je me sens encore libre de savoir ce qu je considère pour moi comme me procurer le bien-être !
    La gauche a toujours voulu imposer son catéchisme doctrinal, "pour le bien de l'humanité" !!! (les pauvres !!)

  • Par sympatic - 31/05/2012 - 15:33 - Signaler un abus à

    De l'argent, tu dois en avoir beaucoup pour penser que cela n'est pas à considérer. L'argent, tout le monde rêve d'en avoir. Moi, je n'en ai pas beaucoup, même si je ne suis pas à plaindre, mais il y a tellement de choses que j'aimerais pouvoir faire - visiter le monde entier par exemple.

  • Par Guti - 31/05/2012 - 14:26 - Signaler un abus Ce que je trouve le plus

    Ce que je trouve le plus choquant dans tt ca, c'est la place preponderante de l'economie dans nos societes. Rien a faire du bien etre des gens. On a reussi à créer une société ou l'argent est roi et cela ne choque personne...

  • Par Equilibre - 31/05/2012 - 10:15 - Signaler un abus L'UE(RSS) est mal conçue, mal née, mal dirigée....

    Mais c'est normal. L'UE est née d'une idéologie d'essence totalitaire faisant fi de tout ce qu'est une économie ET de tout ce qu'est une nation ET de . Elle porte en elle, intrinsèquement, sa perte, portée par une monnaie trop forte qui a permis toutes les folies économiques qui nous ont menés là où nous sommes. Les mauvaises langues diront même qu'elle est née pour échouer exprès, afin de tous nous lier (et de nous dominer par des technocrates) dans le fédéralisme, acte ultime de destruction de l'ancienne europe.
    Pour l'instant, cette UE anti-démocratique, couteuse et inefficace, tient encore le haut du pavé dû à une certaine méconnaissance de ses actions et de son inefficacité. Sa futur chute sera à la hauteur des espoirs qu'elle a suscité chez ses plus grands supporters en d'autres temps.
    Si un "vrai" libéral me lit, (je suis un faux; je ne suis pas très libre-échangiste), pourrait-il m'expliquer en quoi les neurobonds ou autres transferts d'argent entre pays sont censés améliorer la situation. J'avoue que ces points, après réflexion, me dépassent complètement.

  • Par Ganesha - 31/05/2012 - 09:25 - Signaler un abus Unité

    Les peuples d'Europe sont unis contre l'esclavage de la "Concurrence Libre et non Faussée" et lorsqu'ils se décideront à agir ensemble, la marionette Barroso sera vite balayée !

  • Par Cap2006 - 31/05/2012 - 08:49 - Signaler un abus N'oubliez jamais à qui profite le "crime"

    L'Europe est le dernier bastion d'une vision du monde partageant un libéralisme encadré et un modèle social fort....
    Chacun d'entre nous a une responsabilité.
    Soit soutenir l'ultralibéralisme qui triomphera ( c'est bien partie) de nos divisions ridicules ( notion très symbolique et désuète de la nation par exemple)
    Soit s'unir davantage autour de ce qui nous rassemble au delà des différences : une volonté d'un développement harmonieux de nos sociétés.
    L'Europe de Lisbonne n'est qu'une Europe libérale, ouverte aux abus de l’ultra libéralisme, destructrice de nos modèles historiques.
    L'Euro ne dispose pas des armes pour se défendre...
    Alors, plus de division et de fragilité... ou un bon en avant vers plus de démocratie, d'intégration... et forcément moins de nation...
    Pour moi c'est clair... j'ai confiance en nous...

  • Par brennec - 31/05/2012 - 08:31 - Signaler un abus Un ponjt trop loin

    Les politiques européennes ou l'art de ne pas savoir jusqu'ou ne pas aller trop loin. L'euro c'était un pont trop loin en économie.

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