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Twitter bloque, Facebook censure, Google contrôle : les géants du Net montrent un autre visage

Après l’élection de Trump, récemment, Mark Zuckerberg a évoqué la possibilité de censurer les sites de "Fake News". Cette annonce amène une toute autre vision des nouveaux médias et dévoile les objectifs des géants du Web. Avec le verrouillage des comptes (généralement ceux qui s’opposent au "politiquement correct" de la gauche libérale), les questions se multiplient : Comment ça ? Est-ce possible ? Eh bien, oui, c’est possible et voici pourquoi.

Plus puissants que les Etats

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Twitter bloque, Facebook censure, Google contrôle : les géants du Net montrent un autre visage

C’est Twitter, Facebook ou Google qui décideront comment ils veulent faire de l’argent, tandis que les utilisateurs, eux, auront le choix : se retirer de ces sites ou respecter les principes énoncés dans les règlements que l’on a du mal à comprendre. Crédit Reuters

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’un espace qui nous appartient. Ni à moi, ni à vous, cher lecteur, qui avez créé votre profil dans cet espace et qui croyez par la suite qu’une certaine partie de celui-ci vous appartient. Rien n'est moins sûr. On a beau nous faire croire que Facebook et Twitter, c’est un "chez-nous" dont nous devrions prendre soin et où nous devrions nous sentir à l’aise. Or nous ne possédons pas cet espace, nous n’en sommes même pas les hôtes, tout au plus les utilisateurs.

De surcroît, du fait que nous soyons de simples utilisateurs de ces sites de ces médias dits sociaux, nous ne disposons d’aucun titre légal. En vertu des règlements de ces sites, les mots ou les vidéos cessent d'être notre propriété une fois postés. Nous ne pouvons plus en disposer librement. Nos droits de propriété sont ainsi transférés à Facebook, Instagram, Twitter, Google Plus, LinkedIn, Pinterest etc. Les géants des nouveaux médias n’économisent surtout pas sur les services des cabinets d’avocats les plus renommés et les plus chers du monde.

Essayez de lire et de comprendre les conditions générales d'utilisation des plateformes menées par les grands acteurs du Net. Sans ne rien remettre en question. Lisez juste pour comprendre. Il faudrait d’ailleurs que quelqu’un s’amuse à calculer le nombre d’heures qu’il faudrait pour lire l’intégralité de ces contrats, rien que pour voir.

À l’occasion de l’une des modifications apportées au règlement d’Instagram, suite notamment à l’acquisition de celui-ci par Facebook, son administrateur a décidé d’expliciter en quoi consistaient ces modifications. Par inadvertance, un jeune avocat a indiqué les modifications relatives au droit à l’image déposées sur ce site (ou pour être précis qui y sont livrées gratuitement). Un tumulte s’en est suivi. Si l’on s’était limité à communiquer que la version AECX 265 B 29 succédait à la version AECX 265 B 27, personne n’y aurait prêté attention.

L’administrateur du site peut supprimer votre compte à tout moment. Il peut enlever ce que nous avons produit et collectionné soigneusement au fil des années : mots, images, vidéos, dessins... À moins qu’ils ne soient sauvegardés ailleurs, ces contenus risquent d’être perdus en quelques secondes. Sans aucune compensation, ni même explication. "Non, parce que moi, je dis non. Je n’ai pas votre manteau, et vous me faites quoi ?", pour évoquer une scène culte du film "Ours" de Stanislaw Bareja.

Nous avons beau leur écrire. Cela ne sert à rien. Une réponse standard, rédigée par les meilleurs cabinets d’avocats, ne tardera pas à nous parvenir.

L’administrateur peut même, en cherchant son modèle économique, trahir notre confiance et vendre tout simplement l’ensemble du contenu de nos "tiroirs de mémoire", y compris nos communications que nous avons crues cacher au public, celles que nous mettons sur les messageries instantanées, telles que Direct Messages, Messages Prives, Facebook Messenger etc. Qui nous dit qu’à un moment donné, si jamais le modèle économique vient à défaillir, nos photos et nos énonciations intimes, nos secrets d’entreprise et ceux concernant nos proches, ne seront pas mis aux enchères et vendus au meilleur prix ? De même, rien n’empêche que l’administrateur, faute d’être payé, puisse rendre public toutes nos données stockées sur son serveur, sur une sous-page avec notre nom et prénom. Rien, sauf si nous payons l’abonnement qu’il nous réclame. Et non, nous ne pouvons pas effacer nos données non plus. Elles ne sont pas à nous. Vous n’étiez pas au courant ? Eh bien, nous sommes désolés. Ce n’est pas de chance.

 
Commentaires

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  • Par Texas - 06/12/2016 - 08:53 - Signaler un abus Parce qu' ils sont...

    .....intimement liés au " Progressisme " ambiant , Voilà que Facebook , Google et les autres décideront de ce que sont des " Fake News " ou pas ! . Un réel progrès.......vers un univers Orwellien .

  • Par cloette - 06/12/2016 - 09:42 - Signaler un abus On y est

    Google contrôle déjà en effet, Orwell visionnaire, comme le fut Jules Verne et d'autres romanciers

  • Par slv - 06/12/2016 - 14:19 - Signaler un abus La différence

    C'est qu'il n'y a aucune obligation d'avoir un compte Facebook, twitter ou Google. Il n'y a pas police Apple ou Amazon qui viendra vous arrêter Par contre l'ÉTAT lui peut vous arrêter, vous mettre en prison, ou vous faire crouler simplement sous les taxes, les impôts et les règlements. et il n'y a aucun moyen dans ce cas la de s'y soustraire puisque seul l'État a le monopole de la violence légale.

  • Par Anouman - 06/12/2016 - 21:03 - Signaler un abus Censure

    Si les GAFA vous censurent il suffit de ne plus les utiliser. Quand ils perdront des connexions et donc des recettes publicitaires ils réfléchiront un peu. Quant à confier ses données au "cloud" sans avoir de sauvegarde locale c'est un peu de l'inconscience.

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Eryk Mistewicz

Eryk Mistewicz est polonais francophone, consultant politique et conseiller en communication institutionnelle et politique en Europe de l’Est.

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