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La bombe humaine : Turquie, Syrie, Russie, Europe… comment les migrants sont devenus la nouvelle arme non conventionnelle utilisée par (presque) tous

Mardi 1er mars, le général américain commandant les forces de l’Otan en Europe accusait la Russie et la Syrie d’utiliser les mouvements migratoires comme une arme pour déstabiliser l’Europe. Cette instrumentalisation stratégique du phénomène migratoire est partagée par la plupart des acteurs impliqués dans le conflit syro-irakien, Etat islamique compris.

Guerre asymétrique

Publié le - Mis à jour le 11 Mars 2016
La bombe humaine : Turquie, Syrie, Russie, Europe… comment les migrants sont devenus la nouvelle arme non conventionnelle utilisée par (presque) tous

Atlantico : Mardi 1er mars, le général Philip Breedlove, le chef des forces de l’Otan en Europe, a accusé la Russie et la Syrie d’utiliser les mouvements migratoires comme une arme pour déstabiliser l’Europe. Au-delà de la teneur des propos de ce général américain et de leur bien-fondé ou non, dans quelle mesure le phénomène migratoire peut-il être utilisé comme une arme géopolitique à l'heure actuelle ?

Jean-Bernard Pinatel : Avant de vous répondre sur le fond de votre question, je me dois de qualifier les propos de ce général de l’OTAN de grossière propagande. L’OTAN ne défend pas l'Europe, elle défend les intérêts américains en Europe.

Les Etats-Unis qui dirigent cette organisation ont un objectif stratégique qu'ils poursuivent sans relâche depuis 1991: éviter que l'Europe et la Russie se rapprochent et que leur alliance stratégique les prive de la primauté mondiale qu'ils ont acquise suite à l'effondrement de l'URSS. Quant à l'OTAN son rôle est de mettre en œuvre cette stratégie en réinstallant un climat de Guerre froide en Europe. Sur le fond, sa déclaration est totalement contredite par les faits. Les réfugiés Syriens étaient depuis longtemps stationnés dans des camps en Turquie et cela bien avant l'intervention russe en Syrie qui a commencé en août 2015.

Caroline Galacteros : Le SACEUR emploie sciemment une rhétorique guerrière qui correspond à la posture de l’OTAN de plus en plus belliqueuse…et belligène. Les Etats-Unis et l’Alliance (sans oublier son membre du flanc sud, la Turquie), mis en difficulté en Syrie par l’implication russe qui commence à rencontrer des succès opérationnels importants, essaient désormais d’accréditer par divers moyens l’idée d’une convergence objective d’intérêt et d’action entre Moscou et l’Etat islamique. Cela permet opportunément de faire oublier que celui-ci a été mollement combattu depuis 2014 et que ses avatars « rebelles » sont même soutenus directement ou indirectement par Washington ou ses proxys saoudien, qatari et turc.

 

Cette posture croissante de l’Alliance, ajoutée à sa réactivation actuelle de la guerre civile en Ukraine et à ses gesticulations et activités militaires grandissantes sur son flanc ouest (Pays baltes, Pologne, etc…) pour se préparer à défendre ses membres contre de prétendues velléités russes d’agression sont assez inquiétantes. Elles laissent penser que l’on est encore loin d’une coopération sérieuse russo-américaine pour en finir avec Daech et ses cousins de « la rebellitude » insurgée.

Ce contexte doit être rappelé car il surdétermine les positions des acteurs. Dans ce jeu, les migrations de populations qui fuient la guerre ou la misère ont un effet déstabilisateur évident sur une Europe politiquement divisée et sécuritairement désarmée face aux mouvements de populations massifs qu’elle n’a jamais su ni voulu anticiper.

La crise migratoire est bien le dernier clou, spectaculairement douloureux et humiliant, enfoncé dans le cercueil des utopies européennes. Utopie d’une unification politique inéluctable et « naturelle », utopie d’un arasement prétendument souhaitable des frontières, utopie d’une fusion idéelle des identités et des cultures dans un creuset communautaire dont on a nié par ailleurs la racine chrétienne originelle pour accueillir généreusement et bien naïvement une radicalité identitaire politico-religieuse exogène. La disqualification des Etats, de l’autorité, des souverainetés tenues pour rétrogrades dès les années 90, ont abouti à la consolidation des communautarismes et à la montée de crispations populistes devant ce déni du réel dogmatique, technocratique et massif.

On peut donc parler d’une « arme » au sens où, de facto, cet afflux massif mais coordonné de migrants met à mal une UE incertaine d’elle-même, perdue entre ses valeurs affichées et ses intérêts les plus évidents, et la plonge dans une crise révèlant l’indécision et la désunion structurelles de ses gouvernants et pour certain, leur déficit de représentativité.

L’Europe est donc face à ses inconséquences. Il lui semble impossible de refouler les hordes de migrants, impossible aussi de les accueillir sans dommages politiques et sociaux considérables pour des cohésions nationales déjà très abimées.

En fait, cet afflux soudain de migrants, amplifié par la guerre, instrumentalisé par des réseaux de passeurs et des mouvements salafistes extrémistes -qui veulent pousser l’Europe vers l’éclatement -et certains de ses membres à s’opposer au basculement de leurs territoires vers un communautarisme ingérable pavant la route d’un islam politique conquérant-, ne sont en fait que l’écume tragique d’une vague de fond ancienne qui a déjà sensiblement transformé le visage des pays européens.

Les forces centrifuges sont donc là. Il faut d’ailleurs remarquer que, bien plus que les membres fondateurs, ce sont les nouveaux Etats membres d’Europe de l’est et balkanique qui prennent conscience de ce délitement culturel et social et se souviennent qu’ils ont en commun avec la Russie une vision plus lucide et pragmatique de ce type de phénomène.

Difficile de reprocher à Vladimir Poutine de se réjouir secrètement de ce renversement de situation ni de voir ses anciens satellites qui l’ont tant méprisé et craint, lui trouver désormais quelques vertus. Il prend indirectement sa revanche sur un élargissement qui a amputé la Russie de sa couronne protectrice d’Etats. Ses méthodes radicales et brutales pour réduire la rébellion et l’Etat islamique, pour « terroriser les terroristes » et les débusquer, ne visent évidemment pas les populations civiles en cherchant à les faire fuir vers l’Europe comme veut le faire accroire le SACEUR. Elles visent les djihadistes qui utilisent sans vergogne les civils comme « boucliers humains » leur permettant de se dissimuler au cœur des villes ou quartiers qu’ils contrôlent.

Alain Coldefy : Le phénomène migratoire est à l'évidence "exploitable" politiquement en rappelant  - même si le résultat est le même - que ce ne sont pas des forces militaires qui expulsent directement des populations comme on l'a vu dans le passé mais des populations qui fuient la guerre, les assassinats, les viols, etc.

 

Cependant ce n’est pas une arme au sens où une arme est un outil que l’on fabrique dans un but de donner la mort pour atteindre un objectif militaire dans le cadre d’une stratégie générale dont les buts sont évidemment politiques. Le phénomène migratoire dans sa partie "réfugiés politiques", à bien distinguer des migrants économiques, est un "effet collatéral tragique" des crises et des guerres. Certes il peut être utilisé comme un moyen de pression dans les rapports entre Etats mais il ne peut à lui seul décider du sort d’un combat ou d’une guerre. Ce n’est donc pas une arme. On l’a bien vu en Libye, lorsque Kadhafi avait proféré des menaces en ces termes : "je suis le seul à être capable d’arrêter le flot de migrants venant du Sahel". Cela n’a pas empêché la coalition de le supprimer.

 

Il faut replacer les déclarations du SACEUR dans un contexte politique national (Sénat américain) et face à une situation en Europe où les Etats-Unis souhaitent renforcer leur présence. Ce redéploiement américain prend différentes formes. Tout d'abord il s'opère par un déploiement  de forces navales permanentes de l'OTAN en mer Egée pour "surveiller" (cette force est sous commandement allemand en ce moment). Par ailleurs il se fait sous la forme d'un déploiement de forces américaines "tournantes" en Pologne et plus généralement en Europe ajouté à une augmentation conséquente des budgets.

Ces déclarations ont pour but de rassurer les Etats baltes, la Pologne et de positionner la politique américaine au sujet de l'Ukraine en présentant l'action russe sous un angle dangereux, ce qui n'est pas faux.

Comment est utilisée "l’arme migratoire", par chacune des parties, dans le contexte actuel des conflits qui déchirent le Moyen-Orient ?

Caroline Galacteros : Qui tient cette arme en main ? Personne en particulier, chacun un peu, et sans doute le Président Erdogan plus que tous les autres. Daech aussi, évidemment fait son miel de cette tragédie humaine.  En février 2015, son « Calife » nous avait déjà directement menacés d’une invasion de plus de 500 000 migrants au cas où l’Italie interviendrait militairement en Libye. En France, le général Gomart, patron de la DRM, parlait lui en septembre dernier, de « 800 000 à un million de migrants prêts à partir de l'autre rive de la Méditerranée ».

Moscou de son côté ne peut qu’y voir une confirmation supplémentaire de la justesse de son raisonnement. A force de ne pas combattre les terroristes syriens, irakiens et libyens comme un tout et comme une menace globale pour l’Occident, le résultat est cet exode incontrôlable dont les Européens font les frais. Cela les convaincra-t-il de se montrer enfin réalistes et de renoncer à renverser le régime d’Assad ? Rien n’est moins sûr.

Angela Merkel a pris une décision purement politicienne d’une légèreté ahurissante, sans consultation de ses partenaires, comme si elle dirigeait seule l’Union européenne et pour des bénéfices d’image aléatoires. Nous en supportons tous les conséquences dramatiques. L’Allemagne est à genoux devant la Turquie, lui promettant (en notre nom) 3 milliards supplémentaires dans le cadre de la crise migratoire (venant s’ajouter aux 4,9 milliards d’euros déjà payés sur la période 2007-2013 et 1,25 de 2002 -2006 au titre du processus -suspendu-de pré-adhésion dont la Turquie n’a rempli … qu’un petit tiers des obligations d’après la Cour des Comptes européennes !). Cela afin qu’elle consente à contenir les masses de migrants sur son territoire. La Turquie qui soutient, arme, et laisse transiter les combattants djihadistes notamment de Daech, tient là l’arme d’un chantage inqualifiable et cherche à rouvrir les négociations sur son adhésion à l’UE ! Et nous nous soumettons. 

Alain Coldefy : L'arme migratoire est à mon sens utilisée "à la petite semaine" par les protagonistes. Il n'y a pas de plan concerté ou pré établi, mais une récupération des migrants. Elle est utilisée de façon différente en fonction des acteurs concernés.

Tout d'abord l'Etat islamique profite de ce phénomène pour affirmer que l'Europe va être submergée, ce qui annoncerait sa victoire finale.

De son côté, la Turquie sait qu'elle reste un pion géostratégique important pour l'OTAN et monnaye ses positions, alternant le chaud et le froid, y compris avec les Etats-Unis. Cela ne doit pas éluder le fait que la montée de l'islamisme d'Erdogan est une réalité.

En ce qui concerne la Russie, elle profite du chaos pour reprendre ses positions stratégiques anciennes dans la zone, en particulier sur les façades maritimes et joue habilement face à la coalition otanienne.

L'Europe, elle, semble totalement absente et ses principaux pays (Allemagne, Royaume-Uni et France) n'ont pas réussi à avoir une politique concertée, précisément à cause de la politique à l'égard des migrants menée unilatéralement par Angela Merkel, ainsi qu'en raison de divergences franco-britanniques sur Assad

Enfin, les Etats-Unis entrent en léthargie stratégique alors que s'achève le mandat non renouvelable du Président. 

 
Commentaires

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  • Par cloette - 05/03/2016 - 11:01 - Signaler un abus contradiction

    dans cette affirmation de l'article : " arme pour déstabiliser l'Europe " , mais À Merkel en veut des migrants , elle en a besoin dit elle pour son économie . et sans doute pense t elle que chaque pays européen aussi . Qui ment dans cette affaire ? Quand c'est flou il y a un loup .

  • Par lasenorita - 05/03/2016 - 11:26 - Signaler un abus Les ''migrants une arme humaine''

    Les migrants sont, pour la plupart, musulmans...l'invasion de l'Europe est programmée par les musulmans qui, après avoir chassé les non-musulmans dans ''leur'' pays, viennent en Europe pour nous envahir au lieu de RESTER chez eux et de travailler pour rétablir les cultures qu'ils ont abandonnées après le départ des Pieds-Noirs...voir https://www.youtube.com/watch?v=l67ENHk2Pso et https://www.youtube.com/watch?v=WJHspBDe2Bc et https://www.youtube.com/watch?v=zJhJnJDVy74

  • Par Lucide42 - 05/03/2016 - 11:55 - Signaler un abus L'invasion

    Même le pape a dit que c'était une invasion arabe.

  • Par Lucide42 - 05/03/2016 - 11:58 - Signaler un abus OTAN

    Depuis quand est on dans l'OTAN? 2009.

  • Par langue de pivert - 05/03/2016 - 12:02 - Signaler un abus Foutez moi tout ça dehors ! ☺

    Le malentendu vient de ce prétendu devoir d’accueil des envahisseurs ? C'est écrit où qu'on doit les accueillir ? Le 3/4 sont musulmans ! On peut regarder pour le 1/4 des victimes de la barbarie mahométane mais au nom de quoi les musulmans devraient être reçus en Europe ? On ne sait déjà pas quoi faire de ceux qui nous squattent ! Des faux européens avec de vrais papiers. Les seuls responsables sont les dirigeants européens incapables d'avoir le courage de prendre la seule décision qui s'impose : fédérer nos forces et bloquer par TOUS moyens, y compris militaire, l'entrée des envahisseurs ! Il y aura bien un peu de casse mais le message sera vite compris ! Commencer par arrêter d'aller prendre livraison de ces hordes belliqueuses au large de la Libye ! Il finira par y avoir des incidents mortels aux frontières ! Depuis quand des gens prétendant demander l'asile défoncent les portes ? L'agression est manifeste ! On ne doit rien à toute cette merde que l'on doit traiter en ennemi sans aucun égard ni scrupule ! C'est ce que pensent les peuples européens en majorité ! Si les dirigeants européens refusent de comprendre ça ils finiront par être balayé !

  • Par Pourquoi-pas31 - 05/03/2016 - 12:13 - Signaler un abus Le plan B

    Il faut établir un blocus naval autour de la Turquie avec blocage des migrants à la limite des eaux territoriales turques et retour à leur point de départ. C'est aux turcs d'assurer le sauvetage des personnes en péril dans leurs eaux territoriales. Arrêt immédiat des négociations d'entrée en Europe de la Turquie. Pas de rencontre qui va se solder comme Münich par la victoire morale d'un dictateur. Il faut aussi faire comprendre à Obama que son soutien à Erdogan, c’est l’islamisation de l’Europe.

  • Par langue de pivert - 05/03/2016 - 12:13 - Signaler un abus suite

    Les honteux accords avec la Turquie doivent cesser ! il faut laisser le boomerang leur revenir dans la gueule ! Les membres de la secte verte ne doivent plus mettre un pied en Europe : après c'est trop tard ! Dans un deuxième temps il faudra traiter avec la même énergie les "têtes de ponts" déjà en place ! En commençant par Calais pour la France ! L'occident doit se débarrasser de la peste verte sans état d’âme ! Question de survie !

  • Par ERVEFEL - 05/03/2016 - 12:18 - Signaler un abus L'OTAN

    Merci au grand visionnaire SARKO de nous avoir mis dans cette galère de laquelle De Gaulle nous avait sorti. Depuis cela a contribué à "plomber" notre politique étrangère avec la Russie et au moyen orient. On en voit les résultats en termes de coûts économiques (sanctions envers la Russie), militaires (dépenses militaires dues aux guerres au moyen orient), sociales (invasion de réfugiés et migrants). Merci à Juppé d'avoir mis en oeuvre tout cela en tant que ministre des affaires étrangère. Et ça osent prétendrent revenir au pouvoir aux plus hautes fonctions. Comme disait Audiard : "les cons ça osent tout, et c'est à ça qu'on les reconnait".

  • Par GP13 - 05/03/2016 - 12:44 - Signaler un abus Sortir de l'Otan

    Les USA sont devenus dangereux pour la paix du monde. Ils veulent conserver leur suprématie mondiale et préfèrent l’assujettissement aux alliances. L'Otan est leur instrument en Europe. A défaut de dissoudre l'Otan en réciprocité à la dissolution du pacte de Varsovie, la France devrait s'émanciper d'une tutelle qu'elle ne mérite pas, en quittant l'Otan.

  • Par LYH - 05/03/2016 - 14:22 - Signaler un abus Ne soyons pas trop naïf !

    L'invasion européenne actuelle par les mahométans n'est qu'un volet de l'assujetissement des européens à la sociale-dictature "étatsunienne" , à savoir la grande finance internationnale représentée, entr'autres, par Rockefeller, Soros et consorts. En fait et si l'on regarde bien nous assistons à l'application du plan "von Codenhove-Kallergui" voir cet article : https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Coudenhove-Kalergi Ne nous laissons pas berner ! LYH

  • Par LYH - 05/03/2016 - 14:58 - Signaler un abus Le plan Kalergi : génocide des peuples européens

    Voir par ce lien ce qu'est l'inimaginable plan Kalergi : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-plan-kalergi-genocide-des-172751 LYH

  • Par valencia77 - 05/03/2016 - 16:30 - Signaler un abus Trump a la rescousse

    Il va etre president. Il est fortement et brillament supporte par les evangelistes, je viens d'entre un a la radio et Hillary la conne est foutue. les US montreront l'example en arretant net l'immigration illegale et deportant les immigres illegaux. Pour l'europe, mitraillez systematiquement les bateaux qui s'approchent des cotes et l'immigration s'arretera en minutes. Achetez le petrole Russe(il y en a assez pour l'europe) et laissez crever les arabes dans leurs sables.

  • Par Deudeuche - 05/03/2016 - 17:17 - Signaler un abus @lucide42

    Depuis 1949 et nous sommes un membre fondateur. En 1966 n'ous ne l'avons pas quitté Seulement la structure de commandement, et après 1991 et le délitement yougoslave et l'envoi de plus en plus de soldats français il fut intenable d'être contributeur maximum sans participer à la planification militaire, d'où notre retour justifié en 2009 dans la structure de commandement.

  • Par Atlantica75000 - 05/03/2016 - 17:36 - Signaler un abus Elle en a

    Toutes mes félicitations à madame Galacteros : je suis soufflée par la pertinence, la précision et le courage de ses propos. Ceux des deux autres interviewés ressemblent tant à ce qu'on lit et entend partout. Il est rare qu'un "expert" ose dire que tout gouvernement a peur de ses banlieues (se rappeler les manifs "pro-palestiniennes" interdites de 2014) Evidemment, je ne l'ai jamais vue nulle part, et surtout pas dans l'émission 28 minutes sur Arte ou sur la Cinq. BFM TV ou i-télé, n'en parlons pas.

  • Par vangog - 05/03/2016 - 17:45 - Signaler un abus Ah ben alors, Caroline Galacteros...quelle puissance de feu!

    et, de plus, vous touchez juste! Comment avez-vous fait pour franchir les sas idéologiques de science politique? Peut-être étaient-ils subjugués par la qualité de vos interventions, et qu'ils ne pouvaient, décemment pas, vous affliger d'une note négative! Vous devez vous sentir bien seule, à Science po...Bravo pour votre analyse, et celle des deux autres, le Général Pinatel ayant résumé en quelques mots concis l'hypocrisie de l'OTAN et la soumission des europeistes à ses diktats. C'est la première fois que j'adhère à trois analyses aussi lucides et anti-pensée-unique sur ce site...Atlantico, vous êtes sur la voie de la rédemption!

  • Par Atlantica75000 - 05/03/2016 - 17:48 - Signaler un abus Kalergi l'invisible

    J'ai déjà évoqué, comme d'autres internautes, ce monsieur et son "plan" dans différents supports de presse. Or, jamais aucun "journaliste" n'a eu le courage ou la "curiosité" de faire un papier sur cette folie furieuse. Merkel, Juncker et bien d'autres ont reçu le Prix européen Kalergi. Je conseille à tous les lecteurs d'Atlantico de se plonger sur Google notamment :les dés en sont jetés depuis longtemps.

  • Par lémire - 05/03/2016 - 18:30 - Signaler un abus négocier avec qui ?

    Ce sont les USA et les Britanniques qui poussent l'Europe à accueillir la Turquie et favorisent ses chantages, mais que peut-on négocier avec eux ? Quant à la politique arabe indépendante de la France, quoi qu'on en pense du point de vues de la morale politique, c'est fini depuis la 1ère guerre du Golfe, où notre contribution faiblarde (pour rester gentil) nous a décrédibilisés (les Britanniques ont pu déployer leurs unités blindées et leurs avions, pas nous)... On ne peut pas compter sur la diplomatie française pour organiser une alliance avec le groupe de Visegrad, l'Italie et la Grèce sur le renforcement des frontières et l'élimination des causes de l'exil des réfugiés, on a trop menti sur les démocrates syriens (au moins, en 2003, les Américains croyaient aux démocrates irakiens, eux...). Et de tous les journalistes français, personne n'a eu le courage de demander à Hollande et ses sbires de s'expliquer sur leur interdiction de bombarder les jihadistes hors EI. Donc notre diplomatie va continuer sa petite cuisine au service des Séoudiens et des Qataris sans être dérangée

  • Par lémire - 05/03/2016 - 18:59 - Signaler un abus l'Europe absente ? heureusement

    La diplomatie de l''UE ne ferait qu’ajouter du bruit au bruit, sous les regards incrédules des citoyens des pays qu'elle tenterait de représenter ; difficile de faire mieux pour générer des eurosceptiques... L'UE n'a ni intérêts communs, ni pouvoir de rétorsion dont elle veuille se servir (cf. le cas des produits originaires des territoires occupés), par exemple contre la Turquie (qui aurait plus à perdre que nous), et aucune capacité militaire offensive en propre (l'UE fait l'humanitaire, pas la guerre). Le seul "atout" diplomatique européen, qualifié à tort de "soft power", c'est sa croyance naïve de représenter les plus hauts standards moraux (contre-productif sauf en interne), l'attrait de son modèle social (ça ne nous arrange pas dans le cas présent) et l'épaisseur de son portefeuille (qui incite à nous rançonner).

  • Par Anguerrand - 05/03/2016 - 20:16 - Signaler un abus Une solution un blocus de l'Europe de le côté de la mediterranne

    A la limite des eaux territoriales des pays musulmans de la Turquie au Maroc, on bloquerait toutes embarcations et retour vers le depart. Pour les jeunes hommes seuls qui arrivent à contourner le blocus, et ceux qui sont déjà arrivés en Europe on les enrôle de force, on les forme au combat et retour pour défendre leur pays et leur famille contre Daech. En temps de guerre, ce qui est le cas ces jeunes seraient considérés comme des déserteurs, qu'ils sont, déserteurs et lâches. Pas la peine de pleurer pour ces lâches ( 80% des immigrés) qui viennent profiter des avantages sociaux.

  • Par zouk - 06/03/2016 - 09:57 - Signaler un abus MIGRANTS

    Le "groupe de Visegràd" ne manque pas de bon sens, au contraire. Quant à la France,il a longtemps que l'atlantisme éperdu de la politique française, en dépit de l'opposition stupide de L. Fabius au rapprochement avec l'Iran, est absolument contraire et à nos intérêts et aux populations civiles du Proche Orient.Nous aurions du depuis longtemps nous rappeler que la diplomatie consiste à parler avec ses adversaires afin de chercher le rapprochement. Au contraire, nous avons rompu tout contact diplomatique avec la Syrie et diabolisé W. Poutine, le contraire aurait été beaucoup plus favorable aux populations civiles et probablement amené Erdogan à une attitude moins ambigüe vis à vis de Daesh. Et cette attitude entrainerait d'être moins déférents avec Arabie Saoudite, Qatar et autres pays arriérés dans leur Islam rétrograde mais richissimes. Mais incompréhensible reste l'attitude de Fr. Hollande à l'égard des Etats Unis, qui mènent en Europe la politique de leurs seuls intérêts. Quant à l'UE, nous savons bien qu'elle n'existe pas, chacun de ses membres conduit sa propre politique, pas toujours de façon très éclairée.

  • Par joke ka - 06/03/2016 - 11:47 - Signaler un abus Merkel

    l'Ange de la Mort pour l'Europe et notre civilisation et nos peuples ...au lieu de reconnaître son erreur d'avoir ouvert les portes de l'Europe à une vague déferlante invasive incompatible à nos valeurs ..elle préfère écraser toute critique et nous prendre pour des c..s...voilà que les médias complaisants vont essayer de nous vendre la"croissance" que cette invasion musulmane va nous apporter ! c'est cela le pire: le mensonge ,l'intox et l'arrogance ....jusqu'à quand les européens vont ils se résigner ?

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Caroline Galactéros

Caroline Galactéros-Luchtenberg, Docteur en Science politique (Paris I-Sorbonne), auditeur de l’Institut des hautes études de la Défense nationale (AA59) et spécialiste des questions balkaniques, a longtemps travaillé dans l’évaluation et la prospective stratégiques pour les services de l’Etat. Elle dirige le cabinet de conseil privé et de formation en intelligence stratégique PLANETING.

Elle tient le blog Bouger les lignes.

 

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Jean-Bernard Pinatel

Général (2S) et dirigeant d'entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d'intelligence économique.

Il est l'auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014.

Il anime aussi le blog : www.geopolitique-géostratégie.fr

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Alain Coldéfy

L’Amiral Alain Coldefy est directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de la politique et stratégie de défense, de la stratégie maritime et de l’industrie de défense.

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