Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 26 Août 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Les trois raisons qu'a François Hollande de renouer le dialogue avec l’Allemagne

Le ton a changé. L’Allemagne n’est plus le bouc émissaire de tous nos ennuis et est même notre partenaire de confiance. François Hollande écrit un nouveau scénario pour les Européens convaincus ou pragmatiques.

Atlantico Business

Publié le
Les trois raisons qu'a François Hollande de renouer le dialogue avec l’Allemagne

François Hollande gère sa politique européenne comme il gère l’opinion publique française. Il parle, il vitupère, il se contredit et il promet. Depuis deux semaines, nous sommes entrés dans une opération de reconquête de la sympathie allemande. 

Après tous les coups de gueule depuis le début du quinquennat, toutes les menaces, les soupçons d'arrogance à peine voilés, les leçons de morale et de conduite, y compris celles qu'il a infligées à Mme Merkel via son Premier ministre qui était à Munich en service commandé, après cette vague de distance qui était essentiellement destinée à son aile gauche interne, voilà qu’il a entrepris un exercice de "yeux doux". 

Ceux qui ne seraient pas convaincus par ce virage n’ont qu'à observer à la loupe ce qui s’est passé depuis quinze jours et encore plus précisément ce week end. 

Le sommet de Bruxelles a été un modèle de consensus franco-allemand sur la question des migrants qu’il va falloir renvoyer en Turquie, mais au-delà, les deux ministres des Finances, Michel Sapin et Wolfgang Schauble, se sont livrés ensemble à un exercice de pédagogie extraordinairement efficace dimanche matin a la télévision (I-Télé) et relayé en direct sur Europe 1.

Sans aucun esprit de polémique, c’était brillant et efficace.

Jamais depuis la signature du traité de Maastricht, deux ministres étaient venus pendant une heure parler à l'opinion publique de la façon dont devrait fonctionner l'Europe. En gros, et si on décrypte, ils ont dit ensemble trois choses…

La première, c’est que l'Europe existe et qui si la disparition des frontières internes est un formidable facteur de progrès, il fallait renforcer les frontières avec l’extérieur, d’où l'accord avec la Turquie. Qui n’annonce pas une négociation sur l'adhésion de la Turquie à l'Europe (le problème n’est pas d’actualité, comme voudraient le laisser entendre les autorités turques qui le disent uniquement pour faire monter les enchères). 

La deuxième, c'est que les deux ministres sont tombés d'accord sur le même diagnostic de l'économie européenne, à savoir que la croissance était trop faible par manque de compétitivité. Moralité : il faut renforcer les compétitivités (même en Grèce) si on veut traiter le problème de la dette.

La troisième, c'est que les deux ministres ont marqué leur confiance dans la responsabilité des opinion publiques face au risque de dérives populistes. A chacun son front national. Il existe de part et d’autre du Rhin. Et ils ont admis que cette confiance était liée à la solidarité entre les deux locomotives de l’Europe. 

On n’a pas encore retrouvé le climat qui prévalait au début de l'histoire européenne entre Valery Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, relation franche et loyale qu'on retrouva entre François Mitterrand et Helmut Kohl. 

On n'en est pas loin, mais on sent bien que les deux ministres qui passent pour être chacun dans leur pays des incarnations du pragmatisme et de la loyauté sont en train de travailler à restaurer ce type de climat. 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par zouk - 21/03/2016 - 09:30 - Signaler un abus FRance Allemagne

    Nul besoin de savantes dissertations, c'est une évidence, une nécessité de survie.

  • Par Pourquoi-pas31 - 21/03/2016 - 13:42 - Signaler un abus Et il revient,

    l'oreille basse et la queue entre les jambes. Il est pret à accepter la laisse que l'on accroche à son collier

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaine BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€