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Les trois erreurs fatales de Theresa May

Lettre de Londres mise en forme par Edouard Husson. Nous recevons régulièrement des textes rédigés par un certain Benjamin Disraeli, homonyme du grand homme politique britannique du XIXe siècle.

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Les trois erreurs fatales de Theresa May

 Crédit EITAN ABRAMOVICH / AFP

Mon cher ami, 

 

Voici le parti conservateur au bord de la rupture et Theresa May est en train de perdre toute autorité. Vous aurez remarqué que je vous racontais en tête-à-tête, depuis deux ans, certains des débats internes au Cabinet et au Parti mais je ne vous écrivais rien que j’aurais dû vous demander de censurer, ensuite, puisque le journal Atlantico a l’amabilité de trouver mes courriers dignes de publication. Je ne pouvais pas révéler publiquement des tractations internes au Cabinet tant que je travaillais auprès de David Davis.

A présent que le Secrétaire au Brexit a démissionné, je suis délié de tout engagement de confidentialité. Et je vais même, à ses côtés, mener le combat pour ramener le Parti au bon sens. 

 

Oui, mon cher ami, vous le savez mais je peux maintenant le révéler à mes lecteurs français, j’ai vécu de l’intérieur l’odyssée du gouvernement de Madame May, depuis sa constitution au lendemain du référendum jusqu’au psychodrame de Chequers, la semaine dernière, en passant par le fiasco électoral de juin 2017.  Avec David, nous faisions partie de ceux qui avaient recommandé à Theresa May de dissoudre le Parlement dès après son installation, afin de disposer d’une majorité solide pour mener le Brexit, ensuite, dans des délais rapides. Au lieu de cela, le Premier ministre a dissous à contretemps, perdu la majorité absolue du parti conservateur et elle en est aujourd’hui, deux ans après son arrivée au 10 Downing Street, à passer en mode de survie politique. Juste au moment où je vous écris, Boris Johnson vient de présenter à son tour sa démission. Vous savez que j’ai peu d’estime pour le très bouffon ancien maire de Londres. Néanmoins, étant donné que, tel Matamore, il bouge quand il est sûr que le danger est inexistant, c’est mauvais signe pour Madame May qu’elle n’ait pas su le retenir. 

Nous allons souvent reparler de ce qui se passe. Permettez-moi, ce soir, d’identifier trois erreurs fatales de notre Premier ministre. 

1. Theresa May a eu peur d’être une vraie conservatrice

J’ai d’abord pensé que le Premier ministre était un bon choix pour rassembler un parti conservateur qui avait besoin de revenir aux sources, disraëliennes, de son histoire moderne, après une génération de néolibéralisme. Il nous fallait un nouveau programme conservateur, préoccupé de la fracture sociale autant que de l’adaptation du pays à la modernité. Evidemment, je savais bien que Madame May avait voté en faveur du maintien dans l’Union Européenne. Comme elle avait la réputation d’être une modérée qui avait pu faire preuve de fermeté en matière d’immigration, elle avait paru plus à même, bien que Remainer, de rassembler le Parti qu’un Brexiter. Les premiers mois ont semblé donner raison à ceux qui avaient fait ce choix. Et son discours de Lancaster, début 2017, en faveur d’un Brexit sans concessions, a provisoirement rassuré les backbenchers

 
Commentaires

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  • Par vangog - 10/07/2018 - 09:06 - Signaler un abus Une collabo de l’union europeiste...

    ne pouvait pas mettre en œuvre le Brexit, ni soft ni hard...je n’avais aucune illusion dès le départ...ce ne sont pas les discours qui font une politique, mais les décisions! Et la décision de remplacer trois ministres brexiteurs par trois ministres collabos finira de noyer le parti de May dans la fange...

  • Par aristide41 - 10/07/2018 - 10:03 - Signaler un abus contrats économiques avec Trump

    L'auteur croît vraiment qu'on peut signer des contrats avec Trump tout en ayant des réserves sur sa politique? Connaissant sa versatilité, il serait capable de les remettre en cause dès la moindre critique. Le R.U perdrait toute indépendance et serait vassalisé d'une manière bien plus humiliante qu'elle ne l'est par l'U.E où elle était un gros poisson. Aux anglais de choisir.de qui ils vont dépendre parce qu'aujourd'hui une nation moyenne ne peut plus peser seule, comme c'était le cas au 19 ème et début du 20 ème siècle.

  • Par Marie-E - 10/07/2018 - 13:21 - Signaler un abus Il ne manquerait plus

    Que l'incompétence de May nous amène Corbyn au poste de 1er ministre. Ce serait catastrophique

  • Par LouisArmandCremet - 11/07/2018 - 14:29 - Signaler un abus Merci !

    Merci encore pour cette excellente série d'articles. Enfin, je dis d'articles mais en vous lisant, on a l'impression d'être le dimanche après midi, calé dans un fauteuil, un café ou un verre de digestif à la main, en train de vous écouter commenter pour quelques amis, la politique britannique et ses conséquences en Europe. Ce fut un plaisir de vous lire, semaine après semaine, et j'espère voir ce plaisir se prolonger encore. Bien à vous !

  • Par Liberte5 - 11/07/2018 - 17:29 - Signaler un abus Les électeurs qui ont voulu le Brexit sont encore le cocus

    de ce pari conservateur mou. Nous connaissons cela en France avec le RPR, l'UMP et maintenant LR , où le centre mou veut la peau de L. Wauquiez qui pourtant n'est pas un extrémiste de droite.

  • Par Olivier62 - 12/07/2018 - 11:11 - Signaler un abus May tente tout simplement de saboter le Brexit !

    La vérité est que référendum sur le Brexit avait été organisé par les élites mondialistes en pensant qu'il serait facilement gagné : en cas de victoire du "oui" (au maintient dans l'UE) cela aurait ancré définitivement l'Angleterre dans l'UE et permis qu'elle rejoigne l'euro. La belle stratégie de ces messieurs s'étant révélée foireuse, ils tentent maintenant "d'étouffer" le résultat du référendum sur le Brexit, comme on avait étouffé le résultat du référendum de 2005 en France sur la constitution européenne. Tous ces gens s'assoient sans aucune vergogne sur la volonté des peuples européens.

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Disraeli Scanner

Benjamin Disraeli (1804-1881), fondateur du parti conservateur britannique moderne, a été Premier Ministre de Sa Majesté en 1868 puis entre 1874 et 1880.  Aussi avons-nous été quelque peu surpris de recevoir, depuis quelques semaines, des "lettres de Londres" signées par un homonyme du grand homme d'Etat.  L'intérêt des informations et des analyses a néanmoins convaincus  l'historien Edouard Husson de publier les textes reçus au moment où se dessine, en France et dans le monde, un nouveau clivage politique, entre "conservateurs" et "libéraux". Peut être suivi aussi sur @Disraeli1874

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