Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 27 Juillet 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

La triple faillite de la région Poitou-Charentes

Ségolène Royal a longtemps été à la tête de la région Poitou-Charentes et a entrepris plusieurs actions pour gérer ce territoire. La majorité, hélas, n'ont pas abouti ou ont contribué à couler la région.

Epic fail

Publié le
La triple faillite de la région Poitou-Charentes

Les expériences apportent parfois d’éclatantes confirmations d’une théorie, comme on a pu le voir récemment avec les ondes gravitationnelles prédites par Einstein. D’autres fois, elles permettent d’établir des jalons clairs d’échecs et de méthodes catastrophiques à ne surtout pas suivre. C’est à ce moment qu’intervient Ségolène Royal.

Ségolène, c’est un peu notre synchrotron politique destiné à tenter toutes les expériences, et notamment les plus foireuses, pour générer des milliards de particules chargées d’argent public qui explosent en feux d’artifices coûteux à chaque tentative.

Longtemps à la tête de la région Poitou-Charentes, elle avait eu l’occasion de réaliser des prouesses. On se souvient notamment de son empressement à intervenir, à fonds publics, pour sauver Heuliez, le carrossier du cru qui fabriquait bus et petites séries automobiles. L’entreprise, touchée par la fée Carabine, ne tardera pas à calancher définitivement dans des râles de douleurs en 2013. Depuis, la région se traîne la société d’économie mixte « Fabrique régionale du Bocage », héritière de ce douloureux passif.

On pourrait aussi évoquer les faits d’armes de Ségolène lorsqu’elle lança sa région dans la Mia Electrique, succès retentissant que le monde nous envie d’avoir financé en pure perte. Il n’y a pas à dire, Ségolène sait y faire en matière de finances. Peut-être son passage, aussi fulgurant que dévastateur, dans la Banque Publique d’Investissement, lui a permis d’acquérir une solide formation ?

En tout cas, à la faveur des dernières élections régionales, les exécutifs des régions ont changé et leur « remembrement » administratif, qui a fait dégringoler de façon délicieusement artificielle leur nombre de 22 à 14 au 1er janvier de cette année, a porté Alain Rousset à la tête de la grosse région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes (ALPC).

Alain Rousset est socialiste, ce qui aurait dû assurer une transition calme. Malheureusement, la situation laissée par Ségolène Royal et Jean-François Macaire, son successeur lorsqu’elle a rejoint son ministère, était à ce point peu brillante que Rousset s’est fendu de quelques remarques dans un récent entretien à La Nouvelle République.

Panique à bord : le nouveau président n’y va pas avec le dos de la cuillère diplomatique puisqu’après examen des finances de la région, il y aurait comme un bête trou de … 132 millions d’euros.

Fichtre, diable et sapristi, voilà qui fait désordre et qui ramène les péripéties Heuliez et Mia au rang d’enfantillages badins. Et le pompon est que ces douzaines de millions en souffrance sont liés à des factures en attente de règlement : 62 millions en investissement et 70 millions en fonctionnement, soit 132 millions reportés d’une année à l’autre, selon les mots de Rousset. Pire encore : interrogé sur ce dérapage budgétaire, le nouveau président est obligé d’admettre que « cette situation est bien spécifique » au Poitou-Charentes, une région « qui manifestait beaucoup de volontarisme et avait sans doute les yeux plus gros que le ventre par rapport aux capacités de financement ».

Rooh. Qu’allez-vous penser là ? Comment imaginer, même une seconde, que sa présidente serait partie, sabre au clair, petit poney dressé dans le soleil levant, à l’assaut du monde entier sur fonds publics, et que, mu par l’impulsion initiale, son successeur aurait poursuivi ses travaux babylonesques ? Franchement, c’est improbable, tant ce n’est pas le style de la maison, hein !

Rassurez-vous cependant : grâce à d’habiles jeux d’écriture et à la volonté farouche de l’exécutif actuel de tout bien payer comme il faut, « il n’y a pas de problème de trésorerie. Le rattrapage est en train de se faire à marche forcée. »

Ouf. On respire. On en viendrait presque à se demander comment le problème a bien pu s’enkyster ainsi… Car oui, c’est bien d’enkystement qu’on parle ici, puisque, selon les propres mots de Rousset, il y a comme un problème d’endettement, notamment à cause d’emprunts structurés.

Des emprunts structurés ? Vous voulez dire, « structurés » comme dans « toxiques » ? Oh, non, c’est vraiment trop injuste !

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par perceval - 26/02/2016 - 11:43 - Signaler un abus Ségolène

    est une femme toxique très "empruntée"...En espérant qu'elle ne réédite pas ses "exploits" dans son ministère!

  • Par Anguerrand - 26/02/2016 - 12:22 - Signaler un abus Heuliez sauvé par Ségolène

    Enfin après avoir mis des millions d'€ dans cette entreprise qui fut très prospère, l'énarque qui ne connaît ni le marché ni l'entreprise a demandé à Heuliez de fabriquer des voiture 100% electrique, son dada. Tout à foiré lamentablement le contribuable a payé pour ce gâchis et à l'incapacité de SR .Elle reste très discrète sur cette affaire et pour cause. Par contre elle continue à jouer la star dès qu'elle voit une caméra et surtout à défendre la voiture 100% electrique malgré le bide d'Heuliez. A quand un stage en entreprise à ces supers élites énarques.

  • Par bebert4 - 26/02/2016 - 13:09 - Signaler un abus CV progressiste

    Avec son palmarès elle pourrait légitimement prétendre à la direction d'AREVA.

  • Par J'accuse - 26/02/2016 - 16:04 - Signaler un abus La démocratie, c'est aussi la maîtrise de l'argent public

    Il faudrait inscrire dans la Constitution l'interdiction pour une collectivité, locale, nationale ou sociale, de voter un budget en déficit, ou d'augmenter les impôts pour faire passer un tel budget. Tout nouvel impôt ou taxe devrait être soumise à référendum. Considérer que le contribuable est corvéable à merci, est une attitude de seigneur d'Ancien Régime.

  • Par vangog - 26/02/2016 - 20:23 - Signaler un abus Non, ce pays n'est pas foutu!

    Car nous les patriotes, allons inciter à se retrousser les manches. Nous allons ouvrir les yeux des Français sur les erreurs des technocrates et des incompétents qui l'animent depuis quarante ans, et qui essaient de rentrer de nouveau par la fenêtre, après avoir été foutu dehors par la porte...dehors, les anti-France, et vite!

  • Par padam - 27/02/2016 - 10:19 - Signaler un abus Doubles zéros pointés

    A quel propriétaire de bar-tabac ou de magasin de chaussures viendrait l'idée saugrenue de confier sa boutique à un quelconque de ces personnages de la sphère publique, ne serait-ce que pour la durée des vacances, tant il craindrait de trouver la boutique en faillite à son retour. Et c'est à ces gens là, au mieux ou au pire brevetés de l'ena, que l'on confie les affaires du pays à l'échelon local, régional et m^me hélas national. Terrifiant!...

  • Par jurgio - 27/02/2016 - 11:22 - Signaler un abus Tout me paraît normal !

    Elle n'a fait qu'appliquer ce qu'elle a appris à l'ENA.

  • Par Benvoyons - 27/02/2016 - 15:31 - Signaler un abus jurgio - 27/02/2016 - 11:22Comme dans toutes les écoles il y a

    aussi sous le verni du parfait théoricien des top Cons. Mais pas d'amalgame car le Président de l'assureur AXA est de la même promotion Voltaire et fait réussir sans problème son entreprise en France et en Internationale :)::))

  • Par jurgio - 27/02/2016 - 21:51 - Signaler un abus Des entreprises comme AXA

    peuvent changer de président, cela ne change pas souvent grand chose (ce n'est pas lui qui pédale) Admettons qu'il n'ait pas bien suivi dans cette école (disons : pas aussi bien que Royale) Nous avons un témoin : De Villiers. Erratique, il est vrai, mais pas hiératique. De toute façon, dans tout ce que ces directeurs font de bien, le hasard les y aide beaucoup. J'en ai vu défiler des PDG auréolés une fois et qui se sont bien plantés une seconde fois. D'ailleurs, je n'ai toujours pas trouvé de ces gens qui aient réussi deux fois de suite (ou alors, il n'y avait pas de société en vraie difficulté) . Mais, il doit certainement en exister...

  • Par lepaysan - 27/02/2016 - 23:55 - Signaler un abus Après la région, c'est Poitiers ...

    Après la région Poitou qui disparait, c'est la ville de Poitiers qui crève essentiellement de la gestion de Claeys, député maire renvoyé toute l'activité économique à l'extérieur de la ville. Bravo aux socialistes, Poitiers et le Poitou vous remercie des dégâts que vous avez faits.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

H16

H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€