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Tricheurs délibérés ou drogués à l’erreur ? Retour sur 5 années de prévisions économiques gouvernementales à côté de la plaque

Depuis 2008, en moyenne, en fin d'année, le déficit budgétaire (en valeur) est 33% plus élevé que ce qu'avait prévu Bercy. Ce chiffre a même grimpé à 165% en 2009 et se montait encore à 4% l'an dernier.

On ne leur dit pas Bercy

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Ce qui pose problème ce n'est pas la qualité des membres c'est l'absence totale d'indépendance à l'égard de la direction du Trésor et du ministre de l'Economie et des Finances qui en est le président. Le mode de fonctionnement et l'ouverture (on auditionne beaucoup) pour arrêter au final le chiffre sur lequel il existe un consensus politique au sein de la majorité au pouvoir (droite comme gauche) pose problème. 

Si l'on veut sortir de l'Etat de faillite virtuelle de la France (on rembourse les vieilles OAT par de nouvelles OAT + le solde annuel de déficit budgétaire) c'est à dire ce que le professeur Hyman Minski appelait le "Ponzi Finance" il suffirait de trois règleséconomiques simples mais demandant du courage aux hommes politiques (ce qui n'est pas leur fort) :

- voter la "règle d'or" de l'équilibre budgétaire dans la constitution

rendre constitutionnelle l'indépendance de la CEN (selon le modèle des banques centrales comme la BCE ou la Fed américaine) pour avoir des prévisions économiques avec des hypothèses réalistes afin d'éviter la ritournelle des budgets votés à l'équilibre et qui en budget d'exécution deviennent déficitaires. 

- créer une Caisse d'Amortissement de la Dette : toutes les cessions d'actifs de l'Etat seraient obligatoirement affectées au remboursement de la dette publique.

 Les cessions continuent souvent de financer les dépenses courantes et dès lors la dette publique nette (des avoirs de l'Etat) continue de s'accroître.      

Rappelons que l'accroissement de la dette publique n'a rien de démocratique, c'est même clairement anti-démocratique. La dette ce sera des impôts futurs, mais avec un phénomène d'inéquité intergénérationnelle. Nous créons de la dette qui sera remboursée par nos enfants. Lors d'un héritage privé si les parents laissent un patrimoine négatif (des dettes nettes) l'héritier à le droit de refuser un tel héritage. Ce droit est dénié à nos enfants s'agissant de la dette publique.

Que dire des émissions d'OAT à 50 ans de l'Agence France Trésor  (OAT 2055 et OAT de souche 25 avril 2060). Certains technocrates s'extasient sur une courbe des taux à 50 ans et sur le succès de ces émissions, ce serait presque risible si on n'avait pas perdu tout bon sens en endettant nos petits enfants. Dans le langage courant la courbe des taux à 50 ans cela s'appelle au choix : faire de la cavalerie ou bien de la fuite en avant ...  

Il est grande temps de mettre fin à une gabegie totalement antidémocratique du point de vue de l'inéquité intergénérationnelle.  

Certains continuent pourtant à défendre contre vents et marées les déficits budgétaires au nom du soutien de la consommation, alors même que cela ne fonctionne pas. 

Ils oublient le théorème de l'équivalence de Ricardo - Barro. Une relance ne pousse pas à consommer mais à épargner en prévision des hausse d'impôts futures car la dette publique devra être remboursée un jour. Une étude du Trésor (DGTPE) datant de 2004 semble largement le valider à propos du comportement des ménages de la zone euro : « une hausse de 1 point de PIB dudéficit public structurel serait compensée par une augmentation de 3/4 de point de PIB de l'épargne privée, ce qui serait cohérent avec un comportement largement ricardien des ménages de la zone euro.»

 

 
Commentaires

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  • Par yavekapa - 25/04/2014 - 08:47 - Signaler un abus Tricheur bien sur

    Tricher et mentir (les yeux dans les yeux) c'est le cœur de métier des politiques. Et quand tombent les mauvais chiffres, c'est toujours la faute des autres (là c'est vraiment une spécialité sotsialaud). C'est autrement plus facile que de s'attaquer à la réduction du déficit !

  • Par biturige - 25/04/2014 - 09:47 - Signaler un abus 30 ans

    bonjour yavekapa,le pire et la jactance prétentieuse de nos économistes ! Voyez-les mêmes sur C- dans l'air et autres émissions :ces gens se trompent depuis plus de 30 ans ,ils n'ont jamais vu arriver aucune des crises ! Plus fort encore ,ces nullités passent ensuite leur temps à expliquer pourquoi ils n'ont rien vu arriver . Et comme ils sont tenus en haute estime par la gent politique ,laquelle est au moins aussi nulle ;vous avez devant vous le résultat de plusieurs décennies d'incompétence et d'ignorance crasse !!

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Jean-Michel Rocchi

Jean-Michel Rocchi est professeur affilié de Finance à l’université Paris-Dauphine.

Il est auteur ou co-auteur de plus d’une dizaine d’ouvrages dédié à la finance. Il est notamment l'auteur de Les paradis fiscaux (Sefi, mai 2011) et de plsuieurs ouvrages sur les hedge funds.

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