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Le très respecté Pew Research Center met en évidence le traitement disproportionnellement négatif de la première année de mandat du Président Trump par les médias américains

Lors des cent premiers jours de la présidence de Donald Trump, la couverture médiatique concernant le président américain avait quatre fois plus de chances d'être négative que positive.

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Le très respecté Pew Research Center met en évidence le traitement disproportionnellement négatif de la première année de mandat du Président Trump par les médias américains

Atlantico : Dans une étude menée par le Pew research center, il apparaît que la couverture réservée à Donald Trump par les médias américains, au cours de ses 100 premiers jours, avait quatre fois plus de chances d'être négative que positive (44% contre 11%), alors que les derniers 45% étaient signalés comment neutres. Pour les 60 premiers jours, cette vision négative a touché 62% de la couverture média, contre des niveaux respectifs de 28%, 28%, 20% pour les 3 derniers présidents (Bill Clinton, Georges Bush Jr, et Barack Obama).

Dans quelle mesure l'opposition à Donald Trump en fait-elle trop ? 

Jean-Eric Branaa : Le problème de l’opposition à Donald Trump provient de l’emballement qu’elle a connu depuis le jour même de l’élection de ce président atypique, alors qu’elle était déjà à un niveau maximal pendant toute la durée de la campagne. Il ne s’agit pas d’excuser quoi que ce soit et les outrances de cette campagne présidentielle ont été la mauvaise surprise que l’on aurait préféré ne pas connaître. 

Toutefois, on ne peut pas refaire l’histoire et il faut bien avancer à un moment ou à un autre pour continuer à aller dans le sens du vent. Or, alors que Donald Trump se lançait dans un discours d’investiture très surprenant dans lequel il « oubliait » de tendre la main à l’autre camp, comme c’est traditionnellement le cas, il aurait dû être également relevé que les opposants au président était entrés en résistance, alors que rien ne pouvait justifier une telle posture : Donald Trump a respecté les règles démocratique de son pays et s’est fait élire sur une base très régulière. La contestation du système des grands électeurs une fois que le résultat du suffrage est connu n’est pas acceptable, car elle revient à vouloir changer les règles en fin de match.

Toutefois, ce n’est là que la racine du mal : l’opposition est devenue féroce et systématique pour, très logiquement, devenir réductrice : Réduction de la pensée qui s’est désintéressée du fonds pour mieux commenter le superflu ; réduction de la forme, qui est devenue parfois plus outrancière que ne l’a été lui-même le 45e président pendant cette campagne détestable ; réduction des ambitions aussi, puisqu’il n’y a aucune construction d’un programme cohérent d’alternance et pas davantage de tentative de faire émerger une personnalité qui pourrait grandir dans l’espace politique et devenir crédible face au président, qui se représentera très certainement en 2020.

Quels sont les dommages causés par ce biais sur la qualité du débat politique américain. Quels sont les exemples pouvant être cités qui illustrent un secteur médiatique qui passe "à coté" de vrais enjeux politiques au bénéfice d'attaques plus ou moins sérieuses sur le Président ? 

L’emballement est tel que le ravin qui oppose les supporters de Donald Trump à ses détracteurs semble aujourd’hui infranchissable. Les opposants se concentrent sur des futilités, telles que l’âge du capitaine, sa façon de s’habiller, de se mouvoir, de parler, ce qu’il mange, son emploi du temps, l’heure à laquelle il se lève, ou se couche. Les mêmes aurait pourtant tellement eu à dire s’ils s’étaient intéressées aux vrais sujets qui occupent la réalité politique et qu’ils ne voient plus : Donald Trump, pendant ce temps, à supprimer la moitié des régulations dont souffraient le pays d’après lui, mettant en pièce l’héritage de Barack Obama, notamment en matière d’environnement, mais aussi, sur l’Obamacare, la mesure phare du précédent mandat et dont il ne reste presque plus rien, ou a redistribué les cartes sur la scène internationale, sans oublier qu’il a fait quitter son pays de nombreuses instances internationales et multilatérales, dont le TPP et l’Accord de paris sont les plus emblématiques. Il a aussi profité de l’opposition qui faisait rage entre le Congrès et son prédécesseur, se retrouvant avec une aubaine que peu de chef de l’état américain ont eu avant lui : celle de pouvoir nommer des dizaines de juges fédéraux qui, rappelons-le, sont nommés à vie et feront vivre son héritage bien au-delà de sa présidence.

 
Commentaires

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  • Par moneo - 19/01/2018 - 10:34 - Signaler un abus hum

    commentaires en France? 100% négatifs et pourtant https://www.dreuz.info/2018/01/19/le-peuple-americain-a-eu-la-lumineuse-idee-delire-trump-voici-ce-quil-a-gagne-en-6-chiffres/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+drzz%2FPxvu+%28Dreuz%29

  • Par Klaus02 - 19/01/2018 - 11:20 - Signaler un abus Excellente contribution

    Tout est dit !

  • Par vangog - 19/01/2018 - 12:06 - Signaler un abus Pourquoi 90% des médias français et américaiins sont-ils

    contre l'expression démocratique d'un peuple? parce qu'ils ont été colonisés par les néo-trotskystes mondialistes, sous Obama, et, en France, sous tous les Présidents gauchistes...ce qui fait une somme!

  • Par zen aztec - 19/01/2018 - 12:29 - Signaler un abus bravo!

    ça fait plaisir à lire,

  • Par tubixray - 19/01/2018 - 13:24 - Signaler un abus Tout compte fait

    Il est bon de rappeler que ce personnage pour le moins atypique a été élu démocratiquement en toute régularité ..... J'ai entendu un chanteur de rap lors d'un concert faire un amalgame scandaleux entre D. Trump et K. Jong Un; voilà comment les ignorants s'expriment.....OK, nous avions été nombreux à être ému par l'élection de B. Obama voilà 8 ans; pour autant son bilan est mince.

  • Par mahesa - 19/01/2018 - 18:29 - Signaler un abus Analyse très juste mais

    Bourrée de fautes, relecture plaise.

  • Par Liberte5 - 19/01/2018 - 23:23 - Signaler un abus Analyse juste et pertinente.

    Pendant que l’opposition s'acharne sur D. Trump et sur des détails de forme, celui ci continue et marque des points. " Près de 2,2 millions d’emplois créés en 12 mois, Le taux de chômage n’a pas été une seule fois aussi faible depuis 18 ans, Le nombre d’Américains en demande d’indemnité chômage est le plus bas depuis 45 ans, Le taux de chômage des Afro-américains est à son niveau le plus bas jamais enregistré, Le taux de chômage des femmes est le plus bas relevé depuis 17 ans, Le taux de chômage des Hispaniques est à son niveau le plus bas de l’histoire des Etats-Unis (depuis qu’il est calculé),"Source Dreuz info. A cela il faut ajouter une immigration illégale à son plus bas niveau depuis les années 70. Apple qui rapatrie 350Mds$ et va créer 20000 emplois sur 5 ans etc., etc.

  • Par Deudeuche - 20/01/2018 - 09:49 - Signaler un abus Les Democrades

    N’ont pas réussi à bidonner les élections. Alors ils essaient le coup d’etat Médiatique. Sondages, pseudo scandales, people déjantés de Hollywood etc...

  • Par emem - 20/01/2018 - 10:16 - Signaler un abus Mauvais loook

    Si seulement il changeait de coiffure Cacher sa calvitie en rabattant des mèches vers l'avant et peindre ses cheveux en jaune ne le rajeunit pas

  • Par Citoyen-libre - 20/01/2018 - 14:08 - Signaler un abus Et les médias français !

    Trump est un chef d'entreprise, il prend des décisions brutales, bonnes ou mauvaises. Mais pour l'instant le peuple américain en profite. Les gauchos ont horreur de ça. Tout ce qui est bon pour le peuple, leur enlève leur légitimité. L'équation idéale : Moins de boulot + plus de gauchos = socialisme.

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Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il fait partie de l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

Son prochain livre, 1968: Quand l'Amérique gronde, Privat (mai 2018).

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