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Transition énergétique : comment s'en sortent les pays qui ont désidéologisé le débat

Alors que les Verts doivent jongler avec les déclarations fracassantes de Cécile Duflot, il existe des pays où les partis écologistes n'existent pas. L'écologie devient alors une thématique traitée par toutes les formations politiques.

La vie en vert

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Transition énergétique : comment s'en sortent les pays qui ont désidéologisé le débat

Et si l'écologie devenait un thème traité par tous les partis ?

Atlantico : Dans quels pays la thématique écologique est-elle déconnectée de toute considération politique ?

Florence Faucher : La thématique écologique peut être déconnectée de toute considération politique selon deux modes :

- en menant une politique écologique sans parti politique,

- ou en faisant participer à la vie politique des partis verts.

La thématique écologique est présente dans à peu près tous les pays même si les partis verts peuvent être extrêmement petits en termes de pourcentages de voix aux élections, notamment en Espagne et en Italie – ils avoisinent les 2%. Mais ce n'est pas pour autant que l'écologie passe nécessairement par les Verts.

En Grande-Bretagne par exemple, le parti vert, bien que très vieux et ayant un élu au parlement depuis 2010, a une voix qui porte très peu dans la vie politique et les médias. Il avoisine également les 2%.

Le premier parti vert a été créé en 1973 en Tasmanie et le premier parti vert européen est né en 1974 en Angleterre, la même année où René Dumont s'est présenté à l'élection présidentielle en France. Il y avait donc déjà une participation aux élections des écolos sans qu'il y ait un parti politique. Les Verts français ont vu le jour en 1984. Depuis cette époque, et principalement dans les années 1980, un certain nombre de partis verts ont éclos dans de très nombreux pays. En 2001 il y a même eu création d'une confédération internationale des partis verts suivie d'une fédération européenne des partis verts. C'est ainsi que depuis les années 1980 on est arrivée à une écologie politique en général portée par des partis.

Cependant, même aujourd'hui, il convient de bien noter que l'écologie politique n'est pas entièrement portée par des partis écolos. En effet, des mouvements et des associations s'en chargent parfois tout autant. Ces mouvements et associations considèrent que les idées d'écologie ne passent pas nécessairement de la manière la plus efficace par des partis politiques. Notez que quand Nicolas Hulot avait pensé présenter sa candidature à la présidentielle de 2007, il l'a fait indépendamment du parti des Verts car dans certains cas les Verts ne sont pas le meilleur angle d'approche. C'est particulièrement le cas dans les pays où les modes de scrutin sont hostiles à leur représentation aux parlements. C'est le cas du scrutin uninominal à un seul tour opéré aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne : les écolos n'ont quasi aucune chance d'être représentés aux parlements. De plus, le parti vert britannique n'a obtenu d'élus au parlement européen qu'en 1919, et au parlement britannique qu'en 2010. On voit clairement un décalage. Dans les pays où il y a un scrutin proportionnel cela a été plus rapide. En Allemagne, par exemple, les Verts sont rentrés presque immédiatement au Bundestag après leur création.

En outre, les pays où il y a la proportionnelle peuvent permettre des gouvernements de coalition et faire participer les Verts plus activement, comme en France, Allemagne, Belgique, Finlande. Dans les pays où il n'y a pas nécessairement de parti vert au gouvernement il peut y avoir un mouvement écologique et cela est observable un peu partout

 
Commentaires

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  • Par vangog - 24/08/2014 - 11:29 - Signaler un abus Faiblesse du débat écologiste français!

    Pourquoi cette faiblesse? Parcequ'il a été monopolisé par les gauchistes archaïques, des le début, grâce à leur omni-présence dans les médias français, et grâce à leur entrisme syndical et associatif. À cela s'ajoute le très bête scrutin uninominal à deux tours, très archaïque et très français, lui aussi, qui a remplacé tout débat par la négociation et la magouille politicienne entre formations politiques spécialisées dans les coups tordus... Là encore, des tractations interminables susceptibles de plaire aux arrivistes de l'écologie, Placé et Dufflot, qui s'en servent de piédestal pour leurs ambitions personnelles, mais ont réussi à faire de l'écologie, le paillasson de la politique française. Enlevez l'écologie des mains de ces Trotskystes archaïques et rendez-là à ceux qui la connaissent et la maîtrisent le mieux, les agriculteurs, les marins, les sylviculteurs...et vous rendrez ses lettres de noblesse à l'écologie en en faisant un thème moderne et non-dévoyé par les magouilles politiciennes!

  • Par Le gorille - 25/08/2014 - 02:27 - Signaler un abus Attitude transversale

    L'écologie, comprise comme un respect et une maîtrise de l'environnement, est une attitude transversale. Elle devrait être partagée par tous, et non pas accaparée par des gourous hystériques ou dogmatiques. En tous cas, faute d'appréhender l'ensemble de la problématique politique, l'écologie ne peut même pas être un parti : l'idée même reflète la pauvreté intellectuelle de ses partisans.

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Florence Faucher

Florence Faucher est professeur à Sciences Po au Centre d’études européennes.

Ses recherches portent sur les partis politiques et les mouvements sociaux, et tout particulièrement sur la manière dont les formes du militantisme ont changé depuis 30 ans. Elle a analysé la manière dont les demandes en termes de démocratisation articulées par des groupes comme les écologistes (Les habits verts de la politique, Presses de Sciences Po, 1999) ont trouvé un écho dans les partis dominants.

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