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Traitement comptable du chômage : et si la politique d'auto-justification de François Hollande relevait de la pathologie ?

La tiédeur ironique avec laquelle le monde de l'économie vient d'accueillir la manoeuvre grossière et coûteuse du Président sur le déguisement des chiffres de l'emploi s'est arrêtée à la clôture d'un terrain interdit: celui de la psychologie.

Pervers narcissique

Publié le

On dirait qu'il n'existe aucun rapport entre une dépense de deux milliards et la personnalité de celui qui fait le chèque. Dans un groupe industriel les actionnaires savent pourtant très bien que ce rapport existe. Ils surveillent les moindres foucades de leur exécutif.

Eh bien chez les éditorialistes du matin c'est le contraire. Dès qu'il s'agit d'appliquer la grille de la psychiatrie leur pudeur se hérisse. Ces intellectuels qui passent pourtant leur temps à peser leurs propres actions ou celles de leurs proches sur les balances des "motivations profondes" semblent incapables de s'apercevoir que François Hollande est gouverné par les siennes. Il est entré dans une dérive dont les dernières manifestations sont préoccupantes. Elles mettent désormais en contact direct la vie de la Nation avec le ressort intime que remontent périodiquement les narcissiques, la manipulation d'autrui à travers les faiblesses qu'on lui impute, sur le ton : "je suis le seul à savoir où je vais, mes prétendus échecs ne sont imputables qu'à l'insuffisance d'autrui".

Chez les entrepreneurs, cette attitude se traduit par l'obsession d'avoir raison contre le marché Elle les conduit à épuiser leur trésorerie plutôt que de se remettre en question. Là encore, une simple Assemblée générale parviendrait à juguler cette tendance avant qu'il ne soit trop tard. Mais en politique l'Assemblée générale n'a presque aucun pouvoir contre les dérives personnelles. L'équivalent de la trésorerie chez les politiques, c'est la popularité. Il faut préserver les apparences de l'aisance, de la stratégie, de la vision pour ne pas déchoir à titre personnel . Le tout, en déployant mille artifices comptables, en lissant les dettes d'une année sur l'autre, en reprenant les subventions que l'on vient d'attribuer aux uns pour les attribuer aux autres. Dans le cas de François Hollande, véritable Ponzi de l'aide publique, on se demande comment les as du commentaire se refusent à prendre en compte l'incroyable personnalisation des comptes de la nation dont il est coupable . Il ne s'agit plus de maquiller les chiffres du chômage, il s'agit d'employer deux milliards de dépenses à une entreprise purement personnelle d'auto-justification. On nous dit: "il veut être réélu", mais pas seulement. C'est moins banal et moins bénin qu'on ne le pense. Il veut surtout être rassuré sur lui-même aux dépens du pays ce qui est beaucoup plus grave. C'est là que le romancier, l'artiste, celui qui n'a que faire de la bienséance de l'éditorialiste, se doit de prendre le relais pour dire au Président "Non mais pour qui vous prenez-vous?"

 
Commentaires

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  • Par zen aztec - 21/01/2016 - 10:01 - Signaler un abus la il a son compte

    Vous oubliez le Churchillien:"français je suis fier de vous" lors de ses voeux...

  • Par Calumet - 21/01/2016 - 10:22 - Signaler un abus @aztec Très juste.

    Un peu comme si un hamster s'était planté devant un kangourou pour lui dire je suis fier de toi.

  • Par Camtom - 21/01/2016 - 10:39 - Signaler un abus Excellent article Mr Combaz!

    Moi c'est l'audace qui m'avait époustouflée... "Vous en connaissez des présidents plus audacieux que moi?"... A se faire pipi dessus...

  • Par vangog - 21/01/2016 - 11:09 - Signaler un abus Si vous aviez été honnête, Combaz...

    vous auriez placé Marine Le Pen dans le groupe de vos favoris, Dupont-Aignan et Fillon, car elle aussi est sur un îlot étroit de sincérité, et elle n'a jamais caché aux Français que les réformes seraient indispensables et peu démagogiques...mais puisqu'il existe des manipulateurs, il faut bien que succombent quelques manipulés...et, sur un site qui écrit cinq articles sur le bouquin de Sarko, avant-même qu'il ne soit paru, il est difficile de ne pas succomber à la pensée unique en vigueur chez ses actionnaires...

  • Par Gilly - 21/01/2016 - 11:13 - Signaler un abus Excellent !

    Un monarque absolu qui pense en substance "L'Etat, c'est moi !" et qui mène le pays à sa perte pour son seul profit, pour laisser "une trace dans l'Histoire".... N'oublions pas le "dans deux cents ans, on se souviendra de novembre 2015 quand on a sauvé la planète" à propos de la COP21.

  • Par vauban - 21/01/2016 - 12:33 - Signaler un abus Excellente analyse

    À transmettre à tous les journaleux commentateurs subventionnès formatés Sciences pÔ

  • Par essentimo - 22/01/2016 - 07:52 - Signaler un abus Merci Monsieur Combaz

    cela m'a permis de mieux commencer ma journée en me disant que je n'étais pas borné en pensant ce que vous avez écrit.

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Christian Combaz

Christian Combaz est écrivain et polémiste.

Il est notamment l'auteur de Les âmes douces (éditions Télémaque), ouvrage accompagné d'un blog, et Le troisième âge est un tiers-état (éditions du Cerf, paru en février 2016), mais aussi Gens de campagnol (Flammarion, 2012), La France mérite mieux que ça (Editions du Rocher, 2005) et Enfants sans foi ni loi (Editions du Rocher, 2002). 

Retrouvez les écrits de Christian Combaz sur son blog : http://christiancombaz.fr/

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