Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 15 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Tout ce que nous pensions savoir sur l'obésité… est faux et voilà pourquoi

Les à priori sur l'obésité seraient faux selon de récentes révélations dans Nature et le Huffpost américain. Ces nouveaux éléments changent totalement la donne et vont permettre de faire face à l'explosion du nombre de personnes touchées.

Idées reçues

Publié le
Tout ce que nous pensions savoir sur l'obésité… est faux et voilà pourquoi

 Crédit Paul ELLIS

Atlantico : Selon un article publié le Huffpost américain, et repris par la revue Nature, nos à priori concernant l'obésité serait faux, et nécessiteraient d'être revus. Ainsi, en indiquant que 95 à 98% des régimes ne fonctionnent pas, et en déconstruisant le lien entre santé et obésité, l'article indique que nous nous trompons de cible. Comment évaluer ces affirmations ? 

 
Réginald Allouche : D'abord il faut bien séparer les cas d'obésité des cas de surpoids. L'obésité correspond à une description claire avec un IMC définit. L'obésité est une maladie. Il y a  un moment un dysfonctionnement de l'organisme qui fait que le corps ne brûle plus assez les calories.
 
De fait aujourd'hui le discours que l'on tient aux personnes en situation d'obésité n'est pas adapté. Quand on dit aux obèses qu'ils doivent maigrir il faut comprendre que c'est extrêmement compliqué car c'est une maladie qui nécessiterait d'avoir une aide beaucoup plus complète que la simple suggestion de régimes.
 
Sur le surpoids ce n'est pas tout a fait la même chose car c'est lié à des défauts alimentaires,  un manque d'activité physique… Là le régime pour les gens en surpoids un régime peut marcher car nous ne sommes juste pas dans le même paradigme. D'où la nécessité de faire la différence.
 
Pour vraiment aider une personne en réelle situation d'obésité il ne suffit pas simplement de lui dire de faire un régime et de se bouger.Il faut avoir une approche beaucoup plus globale et pourquoi pas lui proposer une chirurgie car là on va vraiment l'aider à perdre du poids.
 
Il y aura quelque chose de significatif et il pourra là se réapproprier son corps. Il verra le résultat. Alors que perdre 50kg avec des régimes c'est un vrai travail de moine zen et ça ne marche que très rarement.
 

Comment mesurer les dégâts "inutiles" causés par cette lutte contre l'obésité ? Cette lutte entraîne-t-elle finalement plus de mal que de bien pour les personnes concernées ? 

 
Je ne pense pas qu'il y ait de gros dégâts en dehors des dégâts psychologiques. Mieux manger, pour un obèse, forcément que ça va lui faire du bien in fine.  Mais le soucis c'est qu'il y a très peu de chance que cela marche dans la durée. Au contraire, faire croire que « c'est simple » peut avoir des conséquences psychologiques. Face à l'échec les gens vont se dire "encore un nouvel échec, ça n'a pas marché, je suis incapable…" c'est un cercle vicieux qui s'enclenche alors et cela va pouvoir avoir des conséquences lourdes.
 
Mais encore une fois les conséquences seront plus psychologiques que physiologiques. En tout cas au début.
 

L'article du Huffpost considère alors que la lutte contre l’obésité doit se transformer en une lutte pour promouvoir une vie plus saine. Quelles seraient les conséquences d'une telle modification de l'objectif ? 

 
Mais nous sommes tous d'accord avec ça. Dire cela c'est très bien sur le papier mais dans les faits plusieurs facteurs vont s'y opposer. Tout d'abord un système d'approvisionnement qui favorise les produits industriels gras et sucrés car il va falloir les conserver. On voit bien que la tendance aujourd'hui n'est pas d'acheter ou de manger « local » mais plutôt le contraire. C'est-à-dire que les gens qui cuisinaient ne cuisinent plus, il y a de moins en moins de marchés pour consommer localement (et c'est encore plus vrai dans les grandes villes) et de manière générale le style de vie que nous avons adopté empêche fondamentalement de consacrer autant de temps à l'alimentation qu'on pouvait le faire auparavant.
 
Et même en considérant que l'on avait le temps et la possibilité interviendrait la question de l'argent. Car à densité égale les produits industriels sont moins chers. C'est tout le système qu'il faut remettre en cause. Nous avons un mode de vie obésogène, c'est une réalité et avoir un mode de vie sain est un vœux pieux.
 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par assougoudrel - 25/09/2018 - 09:13 - Signaler un abus Quand on voit à la télévision les

    femmes qui ressemblent à la queue d'une vache maigre ou à l'ombre d'une ficelle et qui sont persuadées qu'elle sont les modèles à suivre, on se demande où commence l'obésité et le surpoids, car pour elles c'est le cas pour une femme normale. Personnellement, je sais quand faut que je fasse attention si j'ai un peu de mal à lacer mes chaussures ou si mon bracelet de montre me serre un peu.

  • Par Ganesha - 25/09/2018 - 09:26 - Signaler un abus IMC supérieur à 30 = Chirurgie gastrique !

    Article ''bizarre'' ! Dans son premier paragraphe, il reconnaît que dans 95% des cas d'obésité vraie , les régimes se soldent, à plus ou moins long terme, par un echec. En fait, pire qu'un échec, avec l'effet ''yoyo'' ! Et il reconnaît que dans les cas où l'IMC dépasse 30, la chirurgie de l'estomac est actuellementle seul traitement efficace disponible.

  • Par Ganesha - 25/09/2018 - 09:29 - Signaler un abus Un médecin !

    Le deuxième paragraphe est monstrueux : comment un médecin peut-il affirmer que les dégâts de l'obésité, qui est encore aggravée après l'échec d'un régime, sont ''principalement psychologiques'' !

  • Par Ganesha - 25/09/2018 - 09:31 - Signaler un abus Le Grand Secret !

    Le troisième paragraphe semble contredire le premier ! En fait, il est surtout hypocrite : en faisant la promotion d'une nourriture ''locale'', l'auteur évite de révéler le ''grand secret'' : oui, il y a bien une nouvelle catégorie de polluants chimiques qui ont été introduits dans notre alimentation il y a une trentaine d'années, et qui ont provoqué cette brusque épidémie d'obésité au niveau mondial, même dans les pays les plus pauvres. Évidemment, les enjeux financiers sont gigantesques et les multinationales très puissantes !

  • Par J'accuse - 25/09/2018 - 10:40 - Signaler un abus Ils bouffent trop, c'est tout

    L'obésité est un sur-surpoids, et on ne grossit qu'en mangeant. Il y a très peu d'obèses dans les pays pauvres, là où la nourriture est rare et chère, ce qui prouve bien que c'est comportemental et non génétique (sauf exceptions). On ne devient pas non plus obèse du jour au lendemain, ce qui veut dire que de nombreuses années se passent avant que la personne réagisse; et plus on attend, plus il est difficile de maigrir. L'obésité est causée par l'ingestion volontaire de trop de calories et une trop faible activité physique: l'appeler maladie permet de déculpabiliser les obèses (ou leurs parents) et d'enrichir les charlatans. C'est surtout pour ça que les obèses le deviennent et le restent.

  • Par Ganesha - 25/09/2018 - 11:18 - Signaler un abus Désinformation

    Toujours amusé par les quelques commentateurs spécialisés dans les Fake News ! Cela peut paraître n'être que le résultat d'une ignorance crasse, mais cette négation de la réalité est, en fait, une forme de perversion ! Des pays comme l'Égypte et le Mexique sont-ils ''riches'' ? Les courbes statistiques ne montrent-elles pas une brusque augmention à partir de 1980 ?

  • Par Ganesha - 25/09/2018 - 11:44 - Signaler un abus Pauvreté

    Même dans les pays développés, c'est dans les classes populaires que le taux d'obésité est le plus élevé. Pas parce que ces gens sont ''faibles et inférieurs'', et manquent de volonté ! Mais parce qu'ils mangent une nourriture plus polluée !

  • Par tiopere 1 - 25/09/2018 - 13:47 - Signaler un abus les sodas sont toxiques

    c'est la consommation massive de sodas sucrés et dans une moindre mesure de graisses . Le Mexique qui est un des pays ou il y a le plus d'obèses , bien que la population y soit majoritairement pauvre est le premier consommateur mondial de coca cola . De passage a New York , je m'étais restauré dans un resto type macdo ou seuls les sandwich étaient payants , mais les boissons pouvaient ètre consommées "ad libitum " donc les pauvres étaient incités a y venir , car le repas était bon marché .Attention ! cela nous guette en France ave l'appauvrissement d'une grande partie de la population écrasés par les impots donc incapables de se nourrir correctement .

  • Par Alix007 - 25/09/2018 - 13:50 - Signaler un abus une chose fausse sur les "marchés locaux"

    Je trouve au contraire de l'auteur que dans bien des campagnes françaises il est très difficile de se nourrir correctement. Chez mes parents âgés, un seul supermarché dans un rayon de 15 km, un rayon Fruits et Légumes qui donne le cafard (on croirait que les pommes et les tomates, toutes de la même taille et nickel, sortent d'une usine) et une viande infecte (aucune concurrence). Et une boulangerie tout juste acceptable. A Paris, je suis entourée de magasins Bio et/ou locaux, de nombreux marchés bien fournis et accessibles à pied. Des boucheries et des fromagers de qualité etc. Je fais de la randonnée et j'en ai traversé des villages avec pour tout approvisionnement des supérettes fournissant du pain industriel, du jambon sous vide et quelques tristes légumes, sans aucun échappatoire (sauf aller jusqu'à la grande ville !). Pour le reste je n'y connais rien mais halte aux clichés sur la bonne nourriture de nos campagnes. Visiblement les bonnes choses partent dans les villes (à cause de leur prix ? Je l'ignore).

  • Par Anouman - 25/09/2018 - 13:54 - Signaler un abus Obèses

    Il y a des gens qui mangent comme quatre et sont maigres et d'autres mangeant normalement et qui grossissent. Quand la médecine aura trouvé pourquoi, le problème de l'obésité sera peut être plus facile à résoudre.

  • Par Nargath - 25/09/2018 - 17:32 - Signaler un abus Délires post-modernes

    Mouai, en gros, le Huff-post veut nous dire que se moquer des gros et de les rapporter à ce qu'ils sont dans 90% des cas, à savoir d'immondes baleines débectantes incapable de se discipliner et de faire preuve de rigueur pour s'adapter aux normes sociétales majoritaires, c'est pas bien ! Venant d'eux, ça étonnera qui? Les injonctions à la tolérances, ça suffit ! Les tentatives de négation des effets nocifs de certains modes de vie dans une optique de "tolérance" suffisent également !

  • Par Winter - 25/09/2018 - 18:29 - Signaler un abus @alix

    Parce que dans les campagnes on n'achetait jamais de fruits et de légumes, on les avaient sur place. On allait chez le fermier chercher le lait. La petite épicerie du village vendait le pain du boulanger du village voisin.

  • Par cremone - 25/09/2018 - 22:06 - Signaler un abus Publicité mensongère

    Dans le titre, il y a "et voilà pourquoi"; dans l'article, on n'explique pas pourquoi.

  • Par alam - 25/09/2018 - 22:36 - Signaler un abus Arrêtons les délires

    L' épidémie d ' obésité est liée à l accès relativement bon marché à des nourritures grasses et sucrées qui activent le système de récompense dans le cerveau de beaucoup de personnes. C 'est aussi très lié au milieu familial , à l ' éducation et à la culture. Déjeunant dans une cantine d ' entreprise offrant un choix varié, je constate que les consommateurs de légumes et de fruits sont assez l ' exception.

  • Par venise - 27/09/2018 - 01:50 - Signaler un abus aucun intérêt

    que cet article encore écrit par un buveur d'eau, j'ai eu une vision de mayo maison , en vieillissant je deviens réactionnaire et le jour où on trouvera le truc pour porter secours aux obèses sans les amputer de leur estomac ou autre finesse comme pis aller , ce jour là est encore loin et pourtant il suffit peut être simplement leur porter du "care" de la bienveillance

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Réginald Allouche

Réginald Allouche est médecin et ingénieur. Il assure une consultation principalement axée sur la nutrition et la prévention du diabète de type II. Son dernier livre publié aux Editions Odile Jacob porte sur ce théme du prédiabète : " Du plaisir du sucre au risque du prédiabète". Il est également l'auteur de plusieurs brevets portant sur le traitement de l'addiction au sucre.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€