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Tout le monde n’est pas un Hallyday mais… Voilà ce qui se passe le plus souvent quand les Français se déchirent sur des questions d’héritage

Lundi, Laura Smet a annoncé son intention de contester le testament de son père Johnny Hallyday, aux côtés de son demi-frère David. La raison ? L’ensemble du patrimoine et des droits d’artiste du chanteur "serait exclusivement transmis à sa seule épouse". Un cas loin d'être isolé : les conflits sont nombreux et récurrents lorsque l’actif successoral est important.

Lutte sans pitié

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Tout le monde n’est pas un Hallyday mais… Voilà ce qui se passe le plus souvent quand les Français se déchirent sur des questions d’héritage

Atlantico : Au-delà du cas de la contestation de la succession de Johnny Hallyday par ses enfants Laura et David, quels sont les cas de conflits les plus fréquents en France concernant les successions ? 

Thomas Carbonnier : Nombre de familles se déchirent au moment de l’ouverture d’une succession d’un proche. Les enfants de Johnny Halliday en sont le parfait puisqu’ils ont décidé de contester le testament de leur père.

Il faut distinguer les successions selon qu’il existe ou non un testament.

Lorsqu'une personne décède sans avoir rédigé de testament, c'est la loi qui désigne ses héritiers. C’est la « dévolution légale ». Héritent uniquement les membres de la famille (enfants, petits-enfants, pères et mères, frères et sœurs…) et l'époux survivant. Le Code civil classe les héritiers dans un ordre bien précis, en fonction de leur degré de parenté avec le défunt. Le notaire identifie les héritiers du 1er ordre, avant de passer au second, au troisième…. S'il existe un héritier dans un ordre, il est prioritaire sur tous les ordres suivants.

Le conjoint survivant hérite dans tous les cas, mais ses droits varient en fonction des droits des autres héritiers.

Pour mémoire, les personnes liées par un Pacs ou qui vivent en union libre sont considérées en tant que tiers par rapport à la succession, de sorte qu'en l'absence de testament ou de donation, elles n'ont droit à rien dans la succession

En présence d’un testament, lorsque les héritiers veulent contester les dernières volontés du défunt, ils mettent en exergue l’absence de pleine capacité du défunt. Alternativement, ils tentent d’interpréter ses dernières volontés dans un sens qui leurs sera plus favorable.

De manière toute aussi fréquente, les héritiers s’entredéchirent sur la valorisation des biens à se partager.

En cas de difficultés persistantes, le litige est soumis à l’arbitrage de la justice. Les héritiers contestataires devront alors apporter des preuves à l’appui de leurs prétentions. Cette action judiciaire pourra aboutir à une annulation du testament ou à une interprétation différente du testament. En cas de difficulté d’évaluation de l’actif successoral, les héritiers peuvent demander la nomination d'un expert judiciaire.

Quelle est la fréquence et l'importance de ces conflits ? La complexité de la législation en la matière conduit-elle les héritiers à subir des processus longs et difficilement traitables en la matière ? 

La réalité est souvent assez triste. Lorsque la personne âgée est hospitalisée, quelle que soit la gravité de la cause, ses héritiers ont tendance à creuser sans délai sa tombe.

Les conflits sont nombreux et récurrents lorsque l’actif successoral est important. Même au sein des familles les plus soudées, de tels conflits surgissent avec vigueur. Le plus souvent, ils ne trouvent une issue que par voie judiciaire. Le traitement de ces affaires est à la fois long et complexe.

 
Commentaires

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  • Par Atlante13 - 13/02/2018 - 10:37 - Signaler un abus Vol de coucous

    au dessus d'un cercueuil. J'ose espérer que David attaque le testament depuis sa résidence officielle, Monaco, c'est à dire qu'il ne se servira pas de nos impôts pour attaquer les dernières volontés de son père.

  • Par MIMINE 95 - 13/02/2018 - 15:07 - Signaler un abus Ce transfert de patrimoine

    sent la captation d'héritage à plein nez . C'est particulièrement ignoble de renier ses "propres enfants" (à moins d'avoir des raisons graves pour le faire), mais c'est toujours criminel de profiter de la faiblesse d'une personne pour voler ses héritiers légitimes.

  • Par jurgio - 13/02/2018 - 17:10 - Signaler un abus Le jackpot testamentaire

    On peut comprendre qu'un legs « ordinaire » soit régi par une loi de répartition. Mais quand il y a un gros héritage, il conviendrait peut-être que le testateur soit plus libre de le partager à sa convenance. Dans le cas Hallyday, les deux premiers enfants ont déjà profité de sa fortune, de sa célébrité. Bref, ils ont bien vécu, ne sont pas dans le besoin et ils ont même déjà acquis de la fortune et de la notoriété. On peut aussi penser à une sorte de captation. C'est intemporel et un cas, somme toute, ordinaire. Peu importe, c'est personnel et « cela ne nous regarde pas » Pas plus scandaleux que les héritages que la loi fait bénéficier à des personnes qui n'ont jamais été en bons termes, voire sans accointance avec le légataire. Souvent « le vioque connard « devient « le cher papa » Je crois que le partage légal autoritaire est une spécificité française.

  • Par Anouman - 13/02/2018 - 20:33 - Signaler un abus Sucessions

    En France on aime bien ce qui est compliqué et ce qui est inégalitaire, et on aime encore moins la liberté. Toute personne devrait pouvoir léguer ce qu'elle veut à qui elle veut. Les droits de succession devraient être les mêmes quel que soit le bénéficiaire (et pas confiscatoire comme aujourd'hui). Ce serait beaucoup plus simple.

  • Par Le gorille - 13/02/2018 - 20:37 - Signaler un abus Un testament...

    Un testament fait part de la volonté d'un mort, et s'exécute quand il est bien mort, avec pour conséquence de régir la vie de vivants. C'est inacceptable. Les morts n'ont plus la responsabilité de leurs actes. Faire un testament, bien que légal, est donc tout à fait contraire au principe de responsabilité. Ou bien le futur mort s'organise de son vivant, quitte à en souffrir lui-même, ou bien il laisse les vivants à leurs responsabilités, donc libres. Haro sur les testaments, sauf ceux "spirituels", c'est-à-dire ceux qui donnent des éléments de jugement pour les prises de décision des vivants concernés. Haro sur les contraintes légales que des morts font peser par l'intermédiaires d'officiers ministériels ! Quant aux testaments sous condition (mais oui ! ça existe !)... j'vous dis pas le pataquès ! La loi française sur les successions, bien que très pénalisante financièrement, a l'avantage d'être claire, précise et neutre. Ce dernier mot prend toute sa valeur dans le concret.

  • Par gregoire25 - 14/02/2018 - 09:18 - Signaler un abus Avocats

    Je voudrais bien être à la place des avocats qui vont empocher les honoraires.

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Thomas Carbonnier

Thomas Carbonnier est avocat associé au sein du Cabinet Equity Avocats. Il intervient en droit des affaires et fiscalité pour une clientèle composée de chefs d’entreprises et de PME. Il enseigne la fiscalité en DSCG à l’INTEC (CNAM) et le droit de l’entreprise à l’École des Ingénieurs de la Ville de Paris. Il est membre associé de l’Institut Français de l’Expertise Immobilière (IFEI) et est titulaire des Master 2 droit fiscal, Master 2 droit financier et D.E.S. immobilier d’entreprise de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne.

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