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Le tourisme sur la Lune est-il vraiment pour 2019 ?

Un vol privé pour deux vers la Lune moyennant 1,5 milliard de dollars : c'est l'offre proposée par l'entreprise privée américaine Golden Spike. Un projet ambitieux qui pourrait voir le jour d'ici 2020.

Week-end cosmique

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Le tourisme sur la Lune est-il vraiment pour 2019 ?

La Lune pourrait bien devenir une destination touristique d'ici 2020. Crédit Reuters

Atlantico : Une équipe d'anciens cadres de la NASA s'est lancée dans une entreprise de voyages vers la Lune, s'adressant à des pays prêts à payer 1,5 milliard de dollars pour envoyer deux personnes vers l'astre lunaire. Les aventures spatiales sont possibles pour des astronautes spécifiquement entraînés, mais est-ce le cas pour le commun des mortels ?

Bertrand Comet : Il est toujours bon de vérifier le seuil de tolérance des personnes se préparant à un voyage dans l’espace, mais en l’occurrence ce genre d’expériences est bien plus accessible qu’on ne le pense sur le plan physique.

Ainsi des personnes d’un âge respectable ont déjà pu se rendre pendant plusieurs jours dans les astres, comme l’astronaute américain John Glen qui est resté en orbite pendant plus de 8 jours à l’âge de 77 ans.

Malgré cette tentative réussie, l’idée selon laquelle les voyages dans l’espace seraient réservés à des athlètes en excellente santé a la vie dure. Pourtant, hormis les personnes malades, ce type d’aventures est aujourd’hui ouvert à un grand nombre de personnes, à condition qu’elles puissent supporter les charges de pression au décollage et lors de la sortie de l’atmosphère, et que le voyage ne soit pas trop long. Au-delà d’un mois passé en orbite on peut effectivement être sujet à une déminéralisation, mais cela ne concernera pas les personnes effectuant d’éventuels voyages "touristiques" dont la durée ne devrait pas excéder 24 ou 48 heures.

Ce projet est-il réalisable sur le plan technique ?

Cet aspect est loin d’être un problème puisque l’atterrissage sur la Lune n’est plus vraiment un défi scientifique aujourd’hui, et même dans une optique touristique il n’y a là rien d’impossible.

Le vrai problème est plus financier que technologique. Mon expérience en la matière me permet de dire que l’on parle ici d’investissements absolument colossaux : pour vous donner une échelle de comparaison, le projet de navette spatiale Hermés, aurait coûté l’équivalent de 35 milliards d’euros selon les estimations. Si Golden Spike Company parvient à mettre au point une navette plus confortable, avec un véhicule de transfert pour l’atterrissage, il faudrait imaginer des sommes avoisinant une centaine de milliards de dollars. Cela pose aussi un autre problème en terme de demande puisque selon les déclarations un tel voyage coûterait 1.5 milliard de dollars environ pour deux passagers. Seule une clientèle extrêmement limitée pourra se payer un weekend sur la Lune (NDLR : on compte aujourd’hui 793 milliardaires sur Terre).

Alors que les Etats se désengagent de plus en plus des missions d’exploration, peut-on dire que l’on assiste à une "privatisation" des expériences spatiales ?

On assiste effectivement sur les trente dernières années à un désinvestissement non négligeables des Etats dans l’aventure spatiale (le dernier voyage sur la Lune datant de 1976 avec Apollo 17), et cela peut se comprendre quand l’on sait à quel point ces projets demandent du temps, de l’énergie et des sommes considérables.

Il y a cependant une exception, et non des moindres, avec la Chine. Cette dernière a fait de la conquête spatiale un enjeu de fierté nationale et elle consacre aujourd’hui énormément de moyens pour faire preuve de sa compétence scientifique. Cet impressionnant rattrapage a été possible en partie grâce au rachat de technologies russes, perfectionnées ensuite par les Chinois. Ces derniers sont aussi capables de développer des projets originaux sur des secteurs bien définis (lanceurs, capsules etc…). Ils développent aussi actuellement des projets botaniques afin de réussir à faire pousser des plantes sous serre, ce qui semble prouver leur détermination sur le long terme.

 
Commentaires

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  • Par Ravidelacreche - 09/12/2012 - 17:09 - Signaler un abus Le tourisme sur la Lune

    Personnellement, c'est pour ce soir.

  • Par Pierre771 - 09/12/2012 - 17:14 - Signaler un abus Sanctuaire !

    C'est scandaleux et bien triste : après la Terre, la Lune ! La Lune devrait être un sanctuaire à l'abri de la cupidité des hommes, de toute conquête, de toute pollution, comme l'Antarctique. L'Humanité court à sa perte en détruisant tout sur son passage.

  • Par Teo1492 - 09/12/2012 - 21:04 - Signaler un abus Voyage organisé chez François Hollande et ses amis ?

    Les socialos sont dans la Lune, n'est-ce pas ? Le problème est qu'en 2019, ils ne seront plus au pouvoir, du moins on l'espère !

  • Par kettle - 09/12/2012 - 22:49 - Signaler un abus Pour y faire quoi?

    Pour y faire quoi? Baignade? Camping? Shopping? Bronzage? BBQ? Depuis 50 ans la presse titre "Le tourisme sur la Lune est-il vraiment pour xxxx ?"

  • Par Gilles - 10/12/2012 - 20:26 - Signaler un abus Intox

    Il est de plus en plus probable que l'Oncle Sam n'a jamais mis les pieds sur la lune. Il n'y est jamais retourné en ^mus de 40 ans et les Russes n'ont jamais tenté le coup. Tout s'est passé dans le désert du Nevada. ce sera sans doute une des plus belles escroqueries de l'Histoire tout comme la "passe" de DSK sera l plus chère jamais connue.

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Bertrand Comet

Bertrand Comet est responsable de projet chez MEDES, l'Institut de médecine et de physiologie spatiales.

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