Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 21 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Timide reprise de l’immobilier : pas encore assez pour que les acheteurs moyens se réjouissent

Baisse des taux d'emprunt, baisse des prix de l'immobilier : un cockail parfait pour attirer la demande. Pour autant, le durcissement des conditions de prêts restreint l'accession à la propriété.

Accession à deux étages

Publié le
Timide reprise de l’immobilier : pas encore assez pour que les acheteurs moyens se réjouissent

Atlantico : Le premier semestre 2015 a été marqué par une relance du secteur de l'immobilier, avec des demandes de financement en augmentation de 42% selon l'Observatoire Crédit logement. Pourquoi le contexte est-il aussi favorable, quelles données macro-économiques, ou mesures politiques ont-elles pu y participer ?

Henry Buzy-Cazaux : La baisse des prix constitue la raison majeure de la relance du marché. La solvabilité des ménages, c'est-à-dire leur capacité contributive, a fini par dicter sa loi au marché. Le phénomène a fait mentir ceux qui considéraient que le manque d'offre -on a même entendu le terme de "pénurie"- empêcherait les prix de baisser dans les zones tendues... Là comme ailleurs, le prix doit correspondre aux moyens des individus et des familles appelées à y vivre, et il était illusoire de croire que les étrangers, très minoritaires parmi les acquéreurs, allaient justifier des inflations de prix durables, même dans la capitale ou dans les métropoles de région.

Au fond, après une douzaine d'années de hausse ininterrompue, on réalise que l'immobilier résidentiel est un marché comme un autre, qui ne peut s'abstraire de l'ajustement du prix des biens sur les budgets domestiques. On vérifie en outre qu'une correction des prix dynamise puissamment l'activité de la revente. Qu'en est-il des autres ressorts?

Indéniablement, les taux d'intérêt bas ont été le deuxième catalyseur, mais il faut le relativiser: les banques ont durci depuis deux ans leurs conditions d'octroi des prêts. Derrière des taux alléchants, les critères de sélection ont exclu de l'accession une fraction des candidats à l'acquisition.

Enfin, que penser du contexte règlementaire ? Il n'a pas particulièrement incliné les ménages à l'achat. Aucune mesure n'a été prise en faveur de l'achat dans l'ancien, et c'est au fond très bien: la moindre disposition financière ou fiscale favorable aurait alimenté une hausse des prix, ou en tout cas une résistance à la baisse. Quant aux nouvelles obligations d'information des acquéreurs de lots de copropriété, introduites par la loi ALUR, beaucoup prédisaient qu'elles allaient empêtrer le marché... D'évidence, après quelques mois de rodage, le marché s'est adapté à cette donne.

L'observatoire à l'origine de ce rapport précise que le taux d'effort, c'est-à-dire la part des revenus consacrée par les ménages à leur achat, se réduit sensiblement (27,4% en 2014 contre 32.1% en 2012). Qui sont les premiers à en jouir, quelles catégories sociales parmi les primo-accédants ?

Il est clair que des prix moindres et des taux d'intérêt bas modifient favorablement l'équation logement des accédants, et que leur taux d'effort s'en trouve allégé. C'est une heureuse nouvelle: on sait parfaitement qu'un taux d'effort facial d'un tiers des revenus rend la situation difficile: au-delà du crédit, il faut prendre en compte toutes les charges attachées au logement, et en pratique les familles d'accédants consacraient ces dernières années près de la moitié de leur budget au logement.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Outre-Vosges - 22/07/2015 - 11:22 - Signaler un abus Il y a une autre cause

    Un risque énorme qui dissuade d’acheter ceux qui auraient l’intention de mettre le bien en location, ce sont nos lois socialistes qui protègent les squatters et les mauvais payeurs. Alors qu’il ne reçoit rien le propriétaire est toujours tenu de payer l’impôt foncier et les charges. Évidemment on dira qu’il faut choisir soigneusement le nouvel occupant mais attention aux opérations de « testing », faites justement pour vous imposer n’importe qui. Quant aux squatts, vous avez déjà entendu parler de cette maison de vacances à Montchauvet, occupée illégalement mais où les propriétaires ne peuvent accéder de force sous peine de « violation de domicile ». Voilà qui vous dégoûte d’acquérir une résidence secondaire. Que l’on commence à faire des lois intelligentes et à les appliquer, les acquéreurs feront leur réapparition.

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Henry Buzy-Cazaux

Henry Buzy-Cazaux est le président de l'Institut du Management des Services Immobiliers.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€