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Dans la tête des négociateurs de l’UE, la Grande-Bretagne en 2019, ce n’est pas différent de la Grèce en 2015

Lettre de Londres mise en forme par Edouard Husson. Nous recevons régulièrement des textes rédigés par un certain Benjamin Disraeli, homonyme du grand homme politique britannique du XIXe siècle.

Disraeli Scanner

Publié le - Mis à jour le 20 Août 2018
Dans la tête des négociateurs de l’UE, la Grande-Bretagne en 2019, ce n’est pas différent de la Grèce en 2015

 Crédit Tolga AKMEN / AFP

Arezzo, 
15 août 2018
 

Mon cher ami, 

 
Je n’ai pas le coeur à vous entretenir des trésors que me fait découvrir ma visite de l’Etrurie.  L’Italie est en deuil, depuis l’effondrement d’un viaduc à Gênes. La grandeur de la civilisation occidentale est de ne pas se précipiter dans la chasse aux boucs émissaires mais de rechercher les causes objectives d’une catastrophe. D’après ce que je lis, il semble que le problème n’ait pas été des coupes bugétaires dans la maintenance mais d’avoir préféré bricoler des réparations - toujours plus dispendieuses - plutôt que de reconstruire un pont à la place de celui-ci, qui datait de 1967.
Malgré tout, je ne serais pas étonné que l’on découvre que l’Italie, essorée par l’appartenance à la zone euro, n’a pas suffisamment investi, ces dernières années, dans l’entretien de ses infrastructures. A suivre. 
 

L’UE ne négocie pas avec les pays déviationnistes: rappelez-vous Syriza

 
Le sujet que je veux aborder ce soir ne me mettra pas d’humeur meilleure. Mais je tenais à vous faire part de l’impression de plus en plus forte qui s’impose à moi quand je réfléchis à ce qui attend mon pays dans les six prochains mois. A vrai dire, je voudrais recueillir votre sentiment sur une idée, à première vue trop simple mais que je crois profondément vraie. Il n’y a rien à attendre des négociateurs européens concernant le Brexit. Et la meilleure façon de s’en rendre compte est de se rappeler comment se sont déroulées les négociations avec la Grèce, après l’installation d’un gouvernement de bonne volonté et authentiquement européen en janvier 2015. 
 
Nous disposons de l’extraordinaire récit de ce qui s’est passé entre Bruxelles, Berlin et Athènes au printemps 2015, que nous en a livré Yanis Varoufakis. Vous vous rappelez, nous en avions parlé; Varoufakis est pour moi, le plus souvent, un homme de gauche un peu fumeux. Mais son livre Conversations entre adultes est une catégorie au-dessus de ce qu’il a publié par ailleurs. Et l’ouvrage vaut par ce qu’il raconte, le plus souvent sans aucun écran idéologique, sans autre lunette grossissante que le sens psychologique aigu de l’auteur. Précisément, ce que rapporte  l’ancien ministre des Finances grec c’est que durant six mois il ne s’est rien passé en termes de négociations ! 
 
Le ministre et ses collaborateurs arrivaient, systématiquement, avec des documents travaillés, des propositions concrètes de restructuration de la dette, des échéanciers redessinés, des contre-propositions aux documents européens datant des négociations menées avec les gouvernements précédents. Eh bien, il y avait un total refus de négocier, d’ouvrir les documents, d’évoluer, de la part des négociateurs de l’Eurogroup. Il n’y avait qu’une solution possible: que le premier gouvernement Tsipras cesse de parler de restructuration de la dette, accepte de signer le Mémorandum européen déjà signé par ses prédécessurs et s’engage, plus généralement, à signer des documents sans croire un seul instant à leur contenu - les membres de l’Eurogroup savaient pertinemment que la Grèce ne pourrait pas tenir ce à quoi elle s’engageait. Mais ce n’était pas le sujet. 
 
Il s’agissait de faire comprendre à un gouvernement qu’on pouvait bien raconter ce qu’on voulait aux électeurs; une fois élu, on ne pouvait suivre qu’une seule politique, celle de l’UE. Surtout, la société grecque devait être punie, indéfiniment, pour l’exemple. Il n’était pas pensable de ne pas respecter la discipline budgétaire européenne; d’amorcer un mouvent de restructuration des dettes à l’échelle de l’UE. Sinon, où le mouvement s’arrêterait-il? 
 
 
Commentaires

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  • Par Citoyen-libre - 16/08/2018 - 09:19 - Signaler un abus Quel texte !!!!!

    Et ben ! Après ça on comprend mieux l'affaire Benalla, la piscine, et toutes les opérations de com pour amuser le peuple. Et surtout n'oublions pas d'aller voter pour les européennes.....Ils en ont strictement rien à foutre. Les peuples, cette bande d'abrutis, qu'ils marchent ou qu'ils crèvent !!!. Je crois, hélas, qu'avec notre immense résignation, nous en sommes là.

  • Par vangog - 16/08/2018 - 09:46 - Signaler un abus Les Britishs sont rentrés dans l’UE pour une seule raison...

    le marché unique européen, issu de la CECA, entrée en vigueur en 1952. Cette communauté commerciale avait un sens, car elle reposait sur l’amélioration de la fluidité des echanges commerciaux et l’union douanière. Airbus date du 18 décembre 1970...Après 1981 et l’entrisme des socialo-écolo-communistes dans toutes les instances europeistes et internationalistes, la prospérité apportée par l’union douanière a commencé à se dégrader . Plus aucun grand projet européen n’a été mené, et toutes les grandes décisions types Schengen , les délires de la CJUE et de la CEDH ont abouti à un désastre. Grâce au socialiste Lamy, l’Asie a pu desindustrialiser l’Europe en toute quiétude , et les dirigeants veules type Merkel et Macron ont pu mener l’unique combat qui les intéresse, la dilution mondialiste à la Kalergi... les Britanniques ont eu l’excellent réflexe de vouloir quitter ce bateau ivre, avant qu’il ne se crashe. Ils veulent simplement revenir à l’union douanière, pour laquelle ils avaient signé, et qui a été pervertie par les gauchistes. May ne sait pas négocier, car c’est négociable...dites-lui de cèder la place a un vrai négociateur!

  • Par adroitetoutemaintenant - 16/08/2018 - 10:06 - Signaler un abus Husson n'est pas Disraeli

    Le parallèle avec la Grèce est amusant. Mais Tsipras n'est pas May. Tsipras en bon gauchiste s'est facilement vendu aux fascistes non élus de Bruxelles et à leur ivrogne Luxembourgeois. May n'est pas à vendre. Elle a déjà gagné en imposant une date de départ définitive et les Tontons Macoutes de Barnier n'y pourront rien. May sera probablement remplacée par Boris Johnson qui en prenant à bord Nigel Farage assurera la victoire du RU au plan européen où tous les sceptiques Italiens, Tchèques, Hongrois, Autrichiens, Polonais, Suisses, Norvégiens les rejoindrons, appuyés en cela par Trump. Et il gagnera les prochaines élections britanniques en ayant l'UKIP à bord.

  • Par Benvoyons - 16/08/2018 - 10:26 - Signaler un abus Tient le SIS communique régulièrement avec les différents

    pays qu'il veut quitter.:)::) & il y a des gens prêt à gober ce que le SIS distille en France. Comme certains ont gobé l'Allemagne en 36 à 45, comme les Socialistes dont Sartre ont gobé l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques, même le Livre Rouge car Mao faisait Miaou alors tout allait bien. Nos Britanniques ne veulent pas sombrer tout seul avec leur connerie alors il faut faire plonger tous les autres. Les Roastbeefs ont dépassé la date de péremption alors qu'ils vivent avec ce qu'ils sont ...... mais sans les autres ou alors qu'ils acceptent l'UE comme chez eux ils acceptent la Charria! Merci Messiers mais cela sera sans la France

  • Par Benvoyons - 16/08/2018 - 11:42 - Signaler un abus Faut pas charrier !

    Quand tu penses que les UK, qui veulent quitter l'UE, te font la leçon sur notre façon de faire avec eux sur le Brexit, alors que chez eux les mêmes Roastbeef qui se veulent gardien sans souillure de l'UE, accorde en grande pompe à la CHARIA, plus que la Loi UK, carrément le droit de la Remplacer.

  • Par kelenborn - 16/08/2018 - 11:48 - Signaler un abus Ahhhhhh

    Ben voila une série de commentaires qui montrent qu'Atlantico c'est l'Aquarius des naufragés de la pensée comique! Ils sont venus, ils sont tous la

  • Par Anouman - 16/08/2018 - 12:01 - Signaler un abus Brexit

    Disraeli a raison de dire que l'UE ne veut pas négocier, c'est évident depuis le début. Les Britanniques auraient gagné du temps à s'organiser pour une rupture sans accord plutôt que de discuter avec des sourds. Un pays comme la France n'a aucun intérêt à ne pas commercer avec la GB. C'est un des rares pays avec qui la balance commerciale est excédentaire. Mais ce n'est pas Macron qui va commencer à défendre les intérêts de la France.

  • Par vangog - 16/08/2018 - 13:00 - Signaler un abus @anouman Vous avez raison!

    La GB aura de plus en plus intérêt à choisir un Brexit dur, avec Boris Johnson et Nigel Farage, et à négocier des accords bilatéraux avec les pays avec qui elle continuera forcément à commercer, France y compris...

  • Par Jean-luc laffineur - 16/08/2018 - 14:12 - Signaler un abus Distinguo

    Il ne faut pas tout mélanger. LEs Grecs - je vous écris d'ailleurs en ce moment de Grèce - étaient en ruine et nous en traînaient, nous, nos banques et nos sociétés dans son naufrage. Il a fallu couper les amarres et leur concéder de prendre une chaloupe reliée au navire europe par un fil. LE Royaume Uni lui, a coupé les amarres lui-même mais veut garder un lien avec nous. On en doit pas leur accorder plus que deux ou trois chaloupes elles-mêmes reliées au navire Europe par une corde autrement ce sera le navire qui coulera. Je soutiens donc Barnier

  • Par Stargate53 - 16/08/2018 - 17:28 - Signaler un abus Ceux qui ont choisi le Brexit entendent négocier leur départ !

    Ils sont gentils ces britanniques et leurs belles analyses oublient que ce sont eux qui veulent rompre les accords existants pour satisfaire une lubie populiste ! Il est normal que les représentants de l'Europe soient du coté des pays qui ont choisi de rester au sein de la communauté européenne. C'est rationnel et tout autre comportement serait une trahison ! Que nos chers britanniques assument leurs choix et ne cherchent pas à obtenir des avantages auxquels ils ont renoncé en décidant de quitter la maison commune, enfin commune en partie comme à chaque fois avec les anglais, il faut des dérogations spécifiques au nom de leur grandeur passée ! Ils sont responsables de la situation par leur Brexit qu'ils l'assument simplement et qu'ils nous foutent la paix avec leur état d'âme !

  • Par Benvoyons - 16/08/2018 - 17:35 - Signaler un abus Bravo! Jean-luc laffineur - 16/08/2018 & Stargate53 - 16/08/2018

    Bravo !

  • Par ANDREMAR - 16/08/2018 - 18:17 - Signaler un abus Van N'gog!

    Ah, les écolo-socialo-communistes! Responsables de tout? Alors aussi de l'amélioration bien réelle de la vie moyenne de l'Humanité (Non car sans eux, ce serait encore plus rapide!). Atlantico raffole apparemment de ces "sectaires" et il serait temps de s'en passer, on pourrait se contenter d'un petit encart pour chaque article politico-économique résumant (c'est très facile! les arguments de ces égoïstes, racistes, sans âmes, sans coeurs, sans empathie...) Du commerce, rien que du commerce! Et la vie sera belle pour tous les "Trump" du Monde!

  • Par kelenborn - 16/08/2018 - 19:17 - Signaler un abus Jean-luc laffineur

    Voila une image qu'aurait aimé le capitaine Haddock....le niveau de réflexion probablement aussi

  • Par kelenborn - 16/08/2018 - 19:20 - Signaler un abus Andremar

    Ben zêtes marrant...le mouton noir dans un troupeau de biques! Ah z'allez avoir du mal parce que Vangode il résiste à tout....Il mange trois gauchistes et trois socialauds par jour! Même pour lui Goebbels était un gauchiste alors bon courage!

  • Par kelenborn - 16/08/2018 - 19:25 - Signaler un abus oh la la

    Vangode, Adtritette, Bendidons..manque caca40...Le Pub Disraeli n'avait quand même pas mérité cela parce que non seulement ils se sont bourrés mais ils ont dégueulé partout! Il y avait Merdiafart, il y a Pocharfart! ....Ah la la ....on va finir par regretter Staline!

  • Par gerint - 16/08/2018 - 20:11 - Signaler un abus Les négociations sont prévues par l’article 50

    Qui régit la sortie d’un membre de l’UE. Si Barnier les refuse il viole l’article 50. En fait on a compris depuis longtemps de quel bois sont faits les Barnier et consorts prêts à tout pour faire perdurer le monstre et j’espère que des forces suffisantes se lèveront enfin pour les éliminer.

  • Par vangog - 16/08/2018 - 20:58 - Signaler un abus @ANDREMAR Vous me paraissez bien sectaire, vous-même !

    que faites-vous sur Atlantico, site de liberté d’expression relative, mais bien supérieure à celle de tous les autres sites gauchistes?...on vous a éjecté de rue 89? Parce que vous ne compreniez pas la ligne à suivre?...fort heureusement pour le monde, les socialauds-ecolo-communistes sont une espèce en voie de disparition, qui a tellement changé le nom de ses partis politiques, qu’elle ne sait plus où elle habite... vous savez où vous habitez, André-Marc?...

  • Par morsang - 17/08/2018 - 10:38 - Signaler un abus Je cède,moi non plus

    Ca y est voila ne nouveau notre brexiter qui refait des siennes .Là aprés avoir dit que les malheurs italiens viennent de leur appartenance à l'euro il constate la sévérité (maléfique) des européens à l'égard des "rosbifs"laquelle puissance vient justement d'une construction comme la monnaie unique.Allez comprendre.Et le voila qu'il compare la situation de la GB à la grèce en faillite ce qui n'a rien à voir.Par contre il se dit péssimiste;il a peut être tort.Attendons. Jusqu'ici les européens avaient tout cédé aux Anglais (et pour l'adhésion, et pour le maintien)Pourquoi ne céderaient-ils pas encore une fois ? hélas.Encore que là c'est grave.Si les européens cédent aux prétentions des outre manche c'est le délitement de la construction européenne assuré..et le triomphe définitif de la "perfide Albion"

  • Par FalcozVigne - 17/08/2018 - 21:53 - Signaler un abus Alliances

    Il serait peut etre temps que les pays "eurosceptiques" s'allient pour faire plier nos"assassins",non?

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Disraeli Scanner

Benjamin Disraeli (1804-1881), fondateur du parti conservateur britannique moderne, a été Premier Ministre de Sa Majesté en 1868 puis entre 1874 et 1880.  Aussi avons-nous été quelque peu surpris de recevoir, depuis quelques semaines, des "lettres de Londres" signées par un homonyme du grand homme d'Etat.  L'intérêt des informations et des analyses a néanmoins convaincus  l'historien Edouard Husson de publier les textes reçus au moment où se dessine, en France et dans le monde, un nouveau clivage politique, entre "conservateurs" et "libéraux". Peut être suivi aussi sur @Disraeli1874

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