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Tensions grandissantes entre l'Iran et l'Arabie saoudite : jusqu'où pourraient aller les jeunes gardes émergentes des deux pays ?

Les deux puissances du Moyen-Orient sont désormais ouvertement en conflit diplomatique. Au point que l'Arabie Saoudite a annoncé la rupture des relations avec l'Iran et "le départ des membres de la représentation diplomatique iranienne."

Ceux qui n'avaient pas peur de l'escalade

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Tensions grandissantes entre l'Iran et l'Arabie saoudite : jusqu'où pourraient aller les jeunes gardes émergentes des deux pays ?

Atlantico : Les tensions entre Iraniens et Saoudiens ont été réactivées en ce début d'année 2016. Samedi 2 janvier, Riyad a procédé à l’exécution de 47 détenus parmi lesquels se trouvait l'emblématique cheikh chiite Al-Nimr, ce qui a provoqué un tollé parmi les communautés chiites de la région. Dans la soirée de samedi, l'ambassade du Royaume à Téhéran a d'ailleurs été attaqué par des manifestants. La classe politique saoudienne a vécu un profond rajeunissement cette année... Dans quelle mesure cette jeune garde est-elle plus véhémente que l'ancienne contre l'Iran ?

Alexandre Del Valle : La jeune garde que vous évoquez s'avère effectivement plus fougueuse. Cela s'explique notamment par le fait que le printemps arabe et ses conséquences ont exacerbé le conflit entre sunnites et chiite, voire l'ont fait naître là où il n'existait pas.  parmi la jeune garde, on doit bien sûr citer l’actuel "homme fort » d’Arabie saoudite, le prince Mohammad ben Salmane, fils du roi Salmane et ministre de la Défense, puis vice Prince héritier, qui est réputé agressif et qui a embarqué le royaume dans une guerre aux conséquences encore insoupçonnables au Yémen voisin contre les rebelles chiites houtistes et, indirectement contre l’axe chiite pro-iranien.

Auparavant, le roi Abdallah œuvrait beaucoup dans le sens de l'apaisement des tensions entre sunnites et chiites. Aujourd'hui, on voit bien que le roi Salman n'a pas pu enrayer toutes ces tensions, et il est à craindre que parmi la troisième génération des Saoud, dont le prince Mohammed Salmane, si certains s'avèrent paisibles et modérés, d'autres ont le sang beaucoup plus chaud. On ne peut pas exclure une aggravation des tensions. 

En 2003 les Américains renversent un pouvoir sunnite en Irak au bénéfice des chiites pro-iraniens, ce qui ne peut que susciter des remous chez les Saoudiens et les arabes sunnites en général. Deuxièmement le printemps arabe, et notamment sa dérive en guerre civile en Syrie, et ses effets géopolitiques ont amené les Saoudiens à vouloir remplacer le régime des Alaouites, assimilés au camp chiite, par des sunnites. Et comme les alaouites de Syrie et leur régime baathiste contrôlé par Bachar al Assad sont accusés de persécuter leurs minorités sunnites, l'Arabie saoudite soutient les groupes sunnites combattants susceptibles de prendre un jour le pouvoir en Syrie et de mettre fin au pouvoir alaouite. Dans ce contexte de « persécution des sunnites » en Syrie, on a pu effectivement voir croître une nouvelle haine anti-iranienne. D'autant que les Iraniens aident non seulement les Alaouites syriens et les Chiites d’Irak dans cette oppression contre les sunnites, mais aussi le Hezbollah au Liban et les rebelles chiites zaïdites-boutistes au Yémen.

Jadis, avant les révolutions arabes, pour séduire les sunnites, les chiites iranien s'étaient positionnés comme les défenseurs suprêmes de la cause palestinienne (cause arabe par excellence), ceci afin de faire oublier que les Iraniens étaient les ennemis traditionnels des Arabes et que le projet de bombe atomique de Téhéran et l’’extension de la révolution islamique chiite étaient tournés contre les principales puissances sunnites. Beaucoup de gens considéraient alors que l'Iran était le "grand ami des arabes », certains allant jusqu'à se convertir au chiisme par fascination du Hezbollah et de l’Iran champions de la lutte contre le diable israélien. Or ce pouvoir de séduction s’est énormément détérioré depuis 2003 et surtout les révolutions arabes. La fitna, la guerre totale entre chiites et sunnites, est presque partout réactivée.

 
Commentaires

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  • Par ISABLEUE - 04/01/2016 - 15:28 - Signaler un abus ???

    c'est vrai que ces deux grandes démocraties où il fait bon vivre ne doivent pas disparaitre... oh non !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Par zouk - 05/01/2016 - 10:24 - Signaler un abus Arabie Saoudite contre Iran

    L'annonce d'un conflit susceptible de bouleverser tout l'Orient (Proche et Moyen càd Arabes contre Perses) ou d'un immense mouvement de rapprochement des musulmans? En tous cas, l'exigence d'un complet bouleversement de nos doctrines diplomatiques Monsieur Fabius pensez vous abandonner vos irréalismes?

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Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France SoirIl Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur associé au Cpfa (Center of Foreign and Political Affairs). Il a publié plusieurs essais en France et en Italie sur la faiblesse des démocraties, les guerres balkaniques, l'islamisme, la Turquie, la persécution des chrétiens, la Syrie et le terrorisme.

Il est notamment l'auteur des livres Comprendre le chaos syrien (avec Randa Kassis, L'Artilleur, 2016), Pourquoi on tue des chrétiens dans le monde aujourd'hui ? : La nouvelle christianophobie (éditions Maxima), Le dilemme turc : Ou les vrais enjeux de la candidature d'Ankara (éditions des Syrtes) et Le complexe occidental, petit traité de déculpabilisation (éditions du Toucan), Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes (Editions du Toucan)

Son dernier ouvrage, La statégie de l'intimidation (Editions de l'Artilleur) est paru en mars 2018

 

 

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