Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Jeudi 16 Août 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Tensions sur les dépenses publiques : ce big bang fiscal à côté duquel la France est encore en train de passer

Le gouvernement a annoncé en moins de 24 h qu'il allait baisser les impôts de 7 milliards en 2018 Edouard Philippe) et baisser les dépenses publiques dans le même temps (Bruno Le Maire).

Défi budgétaire

Publié le
Tensions sur les dépenses publiques : ce big bang fiscal à côté duquel la France est encore en train de passer

Atlantico : Comment le gouvernement compte-t-il faire pour atteindre ces deux objectifs en apparence assez contradictoires ?

Jean-Yves Archer : La semaine dernière, tant l'opinion publique que les milieux économiques ont été déçus de voir le gouvernement d'Edouard Philippe se focaliser sur les seuls déficits pour le budget 2018 au détriment de l'application des baisses d'impôts promises par le candidat Macron.‬‬

D'aucuns avaient raillé l'inexpérience du jeune président et sa capacité à céder, à faire passer des préoccupations de comptables avant les véritables enjeux économiques.

Pour notre part, nous avions estimé qu'il valait mieux alourdir exceptionnellement notre dette de 15 milliards ( soit 0,67% des 2.200 mds que nous aurons tôt ou tard à juguler, pour partie ) que de prendre le risque de casser la dynamique de l'embellie conjoncturelle. ‬‬‬‬‬

" Je suis convaincu qu’on peut à la fois baisser les dépenses publiques et baisser les impôts pour les Français et pour les entreprises françaises. Je plaide auprès du Premier ministre, auprès du président de la République pour qu’on suive cette ligne-là ». Bruno Le Maire s'est ainsi exprimé aux Rencontres d'Aix-en-Provence pilotées par le Cercle des Economistes et notamment par Jean-Hervé Lorenzi.

 

Compte-tenu du cadeau empoisonné de François Hollande, il va falloir trouver 6 milliards d'économies d'ici à fin 2017 hors tenue d'un collectif budgétaire qui aurait pourtant permis d'enclencher plus rapidement la nouvelle politique économique. Dès lors, des gels de crédits et des reports d'investissements publics vont être effectués. L'Etat va ressortir ses légendaires coups de rabot.

 

L'équation va se compliquer en 2018 : en effet, la volonté de stabiliser les dépenses publiques, hors inflation, parait – à ce stade – difficile à conjuguer avec des baisses d'impôts.

 

Ces dernières devraient essentiellement concerner l'exonération partielle de taxe d'habitation et la suppression de la partie valeurs mobilières de l'ISF. Autant dire un total de manque à gagner de plus de 10 milliards suivant le niveau du curseur retenu.

 

Or, 2018 va voir – mécaniquement – un dérapage budgétaire issu des mesures prises par le gouvernement Valls : je fais ici référence aux charges sécuritaires ( recrutements police et armées, équipements, Opex ), à l'étalement du plan Guyane, etc. 

 

Le gouvernement table incontestablement sur la croissance ( 1,8% ? ) qui lui permettra d'engranger davantage de recettes fiscales ( + 8 milliards ) mais pour l'heure, il apparait bien une impasse budgétaire de près de 10 milliards. Sur ce sujet, Edouard Philippe a un peu dévoilé sa tactique : faire adopter des mesures dans le PLF pour 2018 avec date d'effet au début de 2019.

 

Le problème de ces mesures prises à la "va-vite" n'est-il pas qu'elles se contentent de petits ajustements, un peu comme ce que faisait le Président François Hollande au lieu d'engager une vraie réforme prenant en compte les problèmes globaux qui pèsent sur la France ?

Le président de Total, Patrick Pouyanné, a déclaré : " En ce moment, le monde entier admire la France. Il y a un regain de confiance, d’optimisme dans ce pays. Ce que j’attends de ce gouvernement, c’est qu’il maintienne cette confiance (…), cet optimisme, de façon à ce que justement les Français consomment un peu plus et que les entreprises investissent ".

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Fredja - 11/07/2017 - 10:56 - Signaler un abus Totalement atterrant

    comment est-il possible qu'en 2017, on laisse des "agences" ou autres "trucs" se permettre d'augmenter les budgets et salaires de 4,5% par an, quand tout le monde se serre la ceinture partout ailleurs ? En plus, sans contrôle du Parlement ! Je trouve que c'est très révélateur que l'on vit vraiment dans une république bananière, et surtout que la pratique de "recasage" systématique des petits copains (genre Jack Lang à 9000 euro/mois à rien foutre) est un scandale qui doit cesser au plus vite.

  • Par quesako - 11/07/2017 - 13:04 - Signaler un abus Dépenses publiques : pourquoi le ministre Macron n'a rien fait ?

    Et tous gobent que c'est du à Hollande alors que Macron a été le ministre de Bercy jusqu'à fin 2016 !

  • Par gerint - 13/07/2017 - 09:09 - Signaler un abus @clint

    Ce que vous dites est exact et c'est ahurissant que Macron puisse s'exonérer sans vergogne et sans être mis en cause d'une situation qu'il a aggravée.

  • Par Mingus - 13/07/2017 - 09:34 - Signaler un abus le cadeau de hollande ...

    Aucune sanction.....? Pas de problème ?? Pourquoi se gêner...?

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Yves Archer

Jean-Yves Archer est économiste, spécialisé en Finances publiques. Il dirige le cabinet Archer, et a fondé le think tank économique Archer 58 Research.
 
Né en 1958, il est diplômé de Sciences-Po, de l'ENA (promotion de 1985), et est titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université Paris-I Panthéon-Sorbonne.

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€