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Tabac, alcool et autres addictions : faut-il vous lancer dans un "stoptobre" comme les Britanniques ?

"Stoptober" au Royaume Uni, est une campagne qui valorise la tentative d’arrêt du tabac

Octobre sans

Publié le - Mis à jour le 29 Septembre 2017
Tabac, alcool et autres addictions : faut-il vous lancer dans un "stoptobre" comme les Britanniques ?

Atlantico : « Stoptober » au Royaume Uni, est une campagne qui valorise la tentative d’arrêt du tabac. L’objectif étant de proposer à tous les fumeurs d’essayer d’arrêter de fumer en même temps, pendant 28 jours. Quels sont les mécanismes psychologiques utilisés par cette initiative pour permettre aux fumeurs d'en finir avec leur addiction ? Pourquoi 28 jours ? 

Bertrand Dautzenberg : Lancé en 2012, Stoptober est un défi de 28 jours conduit chaque année au mois d’octobre qui encourage et soutient les fumeurs de toute l'Angleterre à quitter le tabac.

Plutôt que de demander un arrêt définitif qui n’est pas acceptable par la majorité des fumeurs à un temps donné, Stoptober propose un arrêt de 4 semaines (28 jours).

Les données montrent en effet que si un fumeur peut arrêter de fumer pendant 28 jours, il est cinq fois plus susceptible d’arrêter de fumer au long cours. La campagne présente donc un objectif plus gérable qu’une décision d’arrêt définitive et rassemble ainsi beaucoup plus de fumeurs que si un arrêt définitif était demandé.

Relever le défi d’arrêter ensemble, en famille, au travail ou dans une autre communauté autour d'une date précise multiplie le nombre de personnes qui se lancent dans l’arrêt.  Environ 10% des fumeurs britanniques participent chaque année à Stoptober.

 Stoptober outre la campagne médiatique nationale et locale encourageant le plus grand nombre possible de fumeurs à quitter le 1er octobre offre tout une gamme de ressources gratuites. En Angleterre les substituts nicotiniques sont d’accès gratuit et la cigarette électronique est promue par les autorités pour l’arrêt du tabac.

Tout au long du mois d'octobre, la campagne continuera à recruter des fumeurs pour participer, tout en encourageant et en soutenant les fumeurs qui se sont lancés dans un voyage de 28 jours sans fumer.
 

N'y a-t-il pas un risque, après l'effet collectif du début de l'opération, que les fumeurs ne se retrouvent seuls lors des phases suivantes ? Quels sont les méthodes à privilégier pour faire face ? 

En Angleterre il existe un soutien important et permanent aux fumeurs. En passant par le NHS (la sécu anglaise) et les médecins traitants (les GP) tous les produits d’arrêt du tabac sont gratuits tout au long de l’année et infirmières et médecins sont tous mobilisés pour l’arrêt du tabac. Il faut dire que leur assurance maladie s’appelle Assurance santé comme dans la plupart des pays du monde. La France étant jusqu’à ce jour un des pays où les interventions « santé » avant que la maladie ne se déclarent est le plus sous valorisées.

Les anglais qui fumaient beaucoup plus que les français il y a 20 ans fument maintenant presque 2 fois moins, montrant s’il en était besoin qu’une politique volontariste et festive permet à un grand nombre de fumeurs de se libérer du tabac. Cette démarche du système de santé anglais a été conduite après des analyses qui montraient que de s’occuper avec énergie des fumeurs et leur donner tous les traitements gratuits était le système le moins couteux et le plus efficace pour faire gagner à tous les fumeurs des années supplémentaires de vie en bonne santé.

 
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Bertrand Dautzenberg

Bertrand Dautzenberg est tabacologue. Il exerce à l'hôpital Marmottan et à la fondation Arthur Vernes. Il a également exercé par le passé à l’Assistance publiques-Hôpitaux de Paris au CHU Pitié-Salpêtrière. Il préside Paris sans tabac. Bertrand Dautzenberg est également vice président du Respadd. 

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