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Y a-t-il encore quelque chose à attendre de l’Europe ? Le grand entretien Henri Guaino-Emmanuel Todd

Le construction européenne fait voir aujourd'hui ses principales failles de conception. L'erreur pour ses fondateurs a été de ne pas distinguer Europe des civilisation et Europe des institutions. Identité, compétition commerciale, voire guerre économique, l'Europe n'a jamais semblé si peu capable de jouer son rôle de garante de la paix.

Examen de fond

Publié le - Mis à jour le 21 Novembre 2014
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Y a-t-il encore quelque chose à attendre de l’Europe ? Le grand entretien Henri Guaino-Emmanuel Todd

Atlantico : Dans son dernier Livre "Sauvons l’Europe !", Valéry Giscard D’Estaing déclare "L’Europe, notre Europe, dispose encore de 20 ou 30 ans pour s’unir comme ont su le faire les américains et rééquilibrer de ce fait le jeu des grandes puissances". Partagez-vous ce constat ? Les raisons qui ont poussé les états européens à s’unir après la seconde guerre mondiales sont-elles encore valables aujourd’hui ?

Emmanuel Todd : Cette idée que l’union fait la force, "les Etats Unis sont gros, la Chine encore plus, l’Inde arrive, tout le monde est gros  sauf nous", c’est le paralogisme fondamental  de l'européisme. Cette idée est très puissante, elle semble de bon sens. J’y étais moi-même assez sensible. Puis, je me suis aperçu que la politique de contrôle salarial allemand était dirigée contre ses partenaires et consciente. Si l’Allemagne fait baisser son coût du travail de 20%, cela ne produira aucun effet sur la Chine qui, à l’époque, avait un cout du travail vingt fois moins élevé.

Par contre, vis-à-vis de la France, de l’Italie etc….cela va faire un gros effet.

Même jeu pour la politique de change de Pékin, avec un maintien de la monnaie chinoise au plancher: est-elle vraiment dirigé contre les Etats Unis? Evidemment non. Mais contre les Vietnamiens, les Thaïs, les Indonésiens et autres pays à bas coût du travail. Dans la globalisation, nous voulons toujours voir seulement une compétition entre les pays à haut et bas cout du travail.  Mais dans les ajustements des nations à la globalisation, ce que nous observons d'abord, c'est que chacun des acteurs  essaye de s’en sortir, non pas en luttant contre les plus lointains, mais contre les plus proches, par la géographie et le niveau de développement.

Dans la globalisation, l’Allemagne ne cherche pas son équilibre par une coopération économique avec ses partenaires mais par leur destruction industrielle. De même, la Chine affronte ses voisins du sud. Les gens vivent avec une idée fausse, inversée de l’Europe: elle n’est plus du tout une zone pour se protéger, pour survivre, c’est au contraire une zone de guerre économique maximale. La baisse du coût du travail, c'est une stratégie anti-voisin: on essaye d’être le dernier à survivre dans un processus d'abaissement des niveaux de vie, d'anéantissement du futur. Dans ce contexte de compétition féroce entre voisins sociaux, économiques, géographiques, les effets économiques des différences de force liées à l’anthropologie et à l’histoire sont maximisées.

La vérité est que pour les plus petits ou les plus faibles, l'enfermement dans l’euro rend toute défense par le change impossible. On assiste à une implacable mécanique de mise en hiérarchie, d'abord économique mais très vite politique. La Grèce est déjà un genre de protectorat interne. Voilà ce qui se passe réellement en Europe. C’est  la métamorphose de Kafka, version économico-politique.  Hier, nous vivions dans un monde de nations libres et égales, d’esprit français, mais aujourd'hui, nous nous réveillons comme le petit fonctionnaire de Kafka, à l’état de cafard rampant sur un mur. L’Europe est devenue un monstre hiérarchique.

Henri Guaino : L’union fait la force, c’est la devise de la Belgique, de l’Angola, de la Bulgarie et de la Bolivie ! Tout est dit ! Non ? Qui peut croire qu’imiter la Belgique ou l’Angola à l’échelle de l’Europe tout entière nous rendra plus forts ? En se réunissant dans de grands ensembles on peut parfois être plus fort que tout seul. Mais, il arrive aussi que l’on soit plus faible. Il y a toujours eu des colosses aux pieds d’argile. Tout dépend sur quoi on est uni. Que les pays d’Europe aient beaucoup d’intérêts à défendre ensemble, cela est vrai. Mais ce que propose Valéry Giscard d’Estaing est d’une autre nature : copier les Etats-Unis d’Amérique, c’est à dire faire de l’Europe une seule Nation. Mais une Nation, c’est bien autre chose qu’une liste d’intérêts communs, même si la liste est longue. Une Nation, cela ne se décrète pas.

Même aux Etats-Unis cela a été un peu compliqué. Il a fallu, quand même, la guerre de sécession et ses 600 000 morts, et les guerres indiennes. Et c’était un pays neuf, un pays de pionniers transformé, non sans une certaine cruauté, presque en page blanche par les nouveaux venus qui voulaient écrire leur propre histoire sur une terre vierge.

L’Europe est un vieux continent avec de vieux pays et une très vieille histoire. Croire que l’on va simplement, parce qu’on le veut, effacer toutes ces singularités, toutes ces histoires qui font l’Europe, est le péché originel d’une construction qui ne veut tenir aucun compte ni de la géographie, ni des héritages. Est-ce que chercher à s’unir sur le plus petit dénominateur commun, tellement petit qu’il ne représente rien, rend plus fort ou plus faible ? Est-ce que priver tous les peuples d’Europe de leur capacité à décider pour eux-mêmes, fait automatiquement une capacité européenne à décider pour tous ? Est-ce que le broyage des peuples dans l’immense machine bureaucratique de Bruxelles a fait naître une volonté commune plus grande que la volonté de chacun ? Est-ce que l’Europe y a gagné en puissance dans le monde et en prospérité ? La réponse est non. L’Europe des politiques communes, de la préférence communautaire, du marché commun avait peut-être un sens : il s’agissait d’accomplir ensemble ce qui pouvait l’être. Mais tout change avec l’acte unique au milieu des années 80, lorsque l’on a décidé de faire de la concurrence l’alpha et l’oméga de toutes les politiques européennes. Pourquoi ce basculement ? On peut l’imputer à l’idéologie libérale qui triomphait à l’époque. Mais, me semble-t-il, la raison était l’élargissement de l’Union et dans le dessein fédéraliste, plus ou moins avoué.

Le fédéralisme pousse à une extension continue du champ des compétences communautaires au mépris du principe de subsidiarité. Résultat, il est de plus en plus difficile, alors que le nombre des Etats membres augmente, de prendre ensemble des décisions sur un nombre de plus en plus important de sujets. C’est cette double dérive de l’élargissement des compétences et des frontières extérieures qui a poussé l’Union à s’en remettre à la concurrence pour tout régler. Ainsi, à partir du milieu des années 80, on a commencé à mettre l’Europe en pilotage automatique, c’est-à-dire d’une certaine manière à la dépolitiser. Cette entreprise de dépolitisation totale de la société et de l’économie européennes est une entreprise sans précédent dans l’Histoire.

Elle est en contradiction avec tous les principes de la civilisation européenne. Et elle est sans issue : les peuples qui veulent écrire leur propre histoire ne peuvent supporter d’être dépossédés, peu à peu, de leur souveraineté. La politique, c’est la volonté humaine dans l’histoire, opposée, pour le meilleur et pour le pire, à tous les déterminismes. Imagine-t-on le continent qui a inventé le libre arbitre s’unir en se reniant à ce point ?

Imagine-t-on l’Europe qui a inventé ce que nous appelons la politique se construire impunément sur un projet d’effacement de la politique, de la volonté et de la responsabilité politiques, pour remettre tout son destin à des règles automatiques et des autorités indépendantes n’ayant de comptes à rendre à personne ?

Quand je dis l’Europe, il faut s’entendre. Il y a l’Europe de la culture et de la civilisation et l’Europe comme construction institutionnelle. On peut se sentir profondément européen, appartenant à une civilisation européenne et mal à l’aise dans cette union artificielle, fondée non sur des réalités qui s’imposent à nous, mais sur des textes d’inspiration bureaucratique qui prétendent, depuis 30 ans, régenter de plus en plus notre vie quotidienne. La civilisation, la culture, la géographie sont des faits qui s’imposent à nous.

L’Union européenne est une construction que nous ne sommes pas obligés d’accepter telle quelle est, que nous pouvons critiquer et changer si nous estimons qu’elle ne fonctionne pas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne fonctionne pas et qu’elle nourrit des ressentiments et des crispations auxquels on pensait que l’histoire avait fait un sort définitif. En confondant l’idée d’Europe avec la construction européenne actuelle, on tue le débat, comme on le tue lorsque l’on proclame que c’est l’Union européenne qui a fait la Paix et non l’inverse, car on ne critique pas la Paix.

La construction européenne, c’est le nouveau débat interdit. Vous connaissez la formule : l’Europe où le chaos ! Mais, c’est en faisant l’union de l’Europe de cette façon que l’on va droit au chaos.

Emmanuel Todd : J'en ai vraiment marre de l'Europe. Affirmer une identité européenne devient une obligation de bien-pensance, étouffante, totalitaire. Personnellement, cela ne me gêne pas d’être en Europe, j’ai toujours plaisir à voyager sur ce continent, mais je n'ai aucune identité européenne. Je me définis comme français, ça c'est sûr, et heureux de l'être, éventuellement breton, juif, ayant des liens avec le monde anglo-saxon, mais pour rien au monde européen. J'aime spécialement l'Italie, le Japon, la Hongrie. J'éprouve toujours une immense reconnaissance envers la Russie qui nous a débarrassé de la Wehrmacht. J’en ai assez de l’obligation rhétorique de se dire européen. L’Europe est un désastre, et ça va comme ça.  En tant qu'historien de la longue durée, ma révulsion est d'intensité égale: la réalité de la France n'est pas qu'elle est en train de fusionner avec la Finlande, la Tchéquie, l'Espagne, l'Irlande et l'Allemagne, mais que des populations d'origines européenne, africaine, arabe et asiatique sont en train d'y fusionner, notamment en région parisienne, et que face à la grandeur historique de ces retrouvailles planétaires, l'idée européenne est par nature étroite, mesquine même.

Henri Guaino : L’Europe qui a inventé aussi l’universalisme ne doit pas être un enfermement, ou même un renfermement. Mais l’Europe existe dans la pensée, dans les idées, dans la civilisation, dans l’héritage de la chrétienté, et de la Méditerranée : si la philosophie allemande me parle, c’est aussi parce qu’elle est l’héritière de la philosophie grecque. Le constat est quand même que l’homme européen qui porte cet immense héritage de culture, le poids si lourd de tant de souvenirs, la marque d’une spiritualité si profonde, n’a jamais été aussi affaibli dans le monde, aussi fragile, aussi vulnérable que depuis que la construction européenne s’est métamorphosée en processus de dépolitisation, inspiré par une idéologie de la table rase qui se représente l’Europe comme une terre vierge de tout héritage et qui récuse même la géographie, puisque cette Europe n’a plus de limite et semble extensible à l’infini. Cette construction a d’autant plus affaibli l’Europe et les Européens que cette métamorphose s’est produite en même temps que ce changement décisif que l’on appelle la mondialisation qui a ouvert la porte à tous les dumpings et à toutes les concurrences déloyales, remplaçant un monde où chacun se développait en contribuant au développement des autres par un monde où chacun est conduit à se développer au détriment des autres.

Je ne suis pas certain que la mondialisation soit le théâtre d’une guerre consciente comme le disait Emmanuel Todd, ni que l’essentiel s’y joue dans les concurrences de la proximité. Mais, ce dont je suis certain, c’est que dans la mondialisation telle qu’elle est, par nature conflictuelle, ceux qui désarment sont condamnés à être des victimes. L’Europe est la première de ces victimes parce qu’elle a décidé de pousser son désarmement économique et culturel le plus loin possible en remettant son sort à la concurrence seule.

L’Union européenne telle qu’elle est n’a pas rendu les Européens plus forts pour défendre leurs valeurs et leurs intérêts dans la mondialisation. C’est exactement le contraire qui s’est produit. On connaît la réponse pour le moins paradoxale à ce constat : "cela n’a pas marché alors il faut aller encore plus loin dans la même direction !" On ne peut pas continuer comme ça si l’on ne veut pas laisser le dernier mot à la colère des peuples qui en auront assez de souffrir. L’Union européenne a été rendue possible par le désir de Paix des Européens après des siècles de violence. Faisons en sorte qu’ils ne changent pas d’avis.

Il faut regarder en face la réalité de cette Europe devenue folle qui se précipite dans le gouffre de la déflation et où la solidarité n’est qu’une apparence de moins en moins préservée. Ainsi le modèle allemand tant vanté n’a été qu’une stratégie pour se développer sur le dos de ses partenaires. Si tout le monde avait suivi le même modèle, il n’y aurait pas eu de gagnant : tout le monde aurait perdu, car tout le monde ne peut pas être en excédent. L’Allemagne a comprimé sa demande intérieure et a profité de la demande de ses partenaires financée par l’emprunt, ce qu’elle leur reproche aujourd’hui, non sans un certain cynisme. Sans compter que certains pays comme la France ont aussi pris en charge une partie du coût de la réunification allemande. Mais les modèles ont la vie courte. On ne peut pas comprimer indéfiniment le niveau de vie. L’Allemagne doit faire face à des revendications salariales de plus en plus pressantes, le retard dans les investissements publics commence à faire sentir ses conséquences et elle ne pourra pas demeurer longtemps un îlot de prospérité au milieu d’une Europe en dépression.

 
Commentaires

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  • Par Benvoyons - 16/11/2014 - 11:27 - Signaler un abus J'ai rarement lu des gens aussi nullissimes! Des comparaisons

    qui n'en sont pas, le sophisme, toujours du sophisme, toujours plus de sophismes. C'est pas Giscard qui est vieux mais les deux compères avec des comparaisons à la mords-moi le nœud. Car le problème de la France n'est pas l'Europe mais la France. Justement grâce a notre élite consanguine, avec qu'une seule vision (SocialoMarxiste rejoint par le Socialisme Nationalisme du FN MLP) l’État toujours plus d’État. Nos Fonctionnaires sont Fonctionnaires plus le contrôle des Fonctionnaires. Ils sont des élus 55 à 60% des élus députés, sénateurs,régions, sont Fonctionnaires. Les Fonctionnaires contrôlent les Syndicats aussi. En fait les deux Fonctionnaires veulent encore amplifier le phénomène pour soi-disant aider la France, et bien Non! ils veulent que tout cela tourne autour d'eux car leur égo Fonctionnaire sont supérieurs à tout. Il est temps que le peuple d'entrepreneurs reprenne le pouvoir dans les chambres des députés et des sénateurs, Régions. Pour le moment les forces vives partent à l'étranger car dans les pays ou ils vont et bien les Fonctionnaires n'ont pas le droit d'être des élus. La France n'est que le résultat des conflits d'Intérêts des Fonctionnaires pour être élus.

  • Par zouk - 16/11/2014 - 12:33 - Signaler un abus Todd/Guaino

    Deux analyses intelligentes et heureusement divergentes. Mais reste l'immense question: que faire? Bien sûr, à 17 comment adopter une position commune sur quoi que ce soit. Alors? la question insiste. Et Benvoyons, bien que simpliste, n'a pas entièrement tort

  • Par vangog - 16/11/2014 - 12:38 - Signaler un abus Ce dialogue offre l'illusion de lire une scène de Théâtre...

    ...entre deux passagers du Titanic-Europe, qui voient passer des icebergs de plus en plus nombreux, et qui se demandent s'il faut aller dessaouler le Capitaine qui dort, torché, dans sa cabine, et rassembler les passagers sur le pont, ou prier pour que ça passe... Mais c'est une illusion...dont la seule vérité est le constat qu'a déjà réalisé le FN depuis longtemps, de l'erreur de l'Euro, de la mise en concurrence sauvage des peuples Européens entre eux, de leur impuissance à s'adter à la globalisation, par manque d'anticipation et par soumission aux groupes de pression minoritaires pseudo-pacifistes et trotsko-immigrationnistes. Si ces deux intelligents auteurs avaient l'obsession du courage, tel qu'ils en parlent avec ferveur, ils admettraient se rapprocher de plus en plus du constat que nous faisons, nous les FN, depuis plus de vingt ans. Et vingt ans, cela aurait permis d'anticiper et de s'adapter à la globalisation, par un protectionnisme intelligent et une défense active de nos frontières, qu'elles soient Européennes, ou Nationales, si l'UE n'y parvient pas... Et maintenant que tous s'accordent, peu ou prou, avec le constat du FN, peut-être faudrait-il aborder ses solutions?

  • Par Benvoyons - 16/11/2014 - 13:00 - Signaler un abus vangog - 16/11/2014 - 12:38 Tu dis

    "de la mise en concurrence sauvage des peuples Européens entre eux," Donc en France il faut interdire la concurrence entre les magasins, les fabricants d'automobiles, en fait le FN comme le PS et les deux zigoteaux de l'article et bien "il faut interdire la concurrence" et donc l'innovation qui va avec etc... Bravo les ploucs!

  • Par cloette - 16/11/2014 - 13:15 - Signaler un abus Todd

    Est un sociologue , un ethnologue dont les études sur les formes de famille dans les societes sont fort intéressantes .Guaino lui est un Gaulliste . Les deux ont pour mérite d'avoir une parole qui tranche avec ce que nous déversent les médias!

  • Par Leucate - 16/11/2014 - 13:18 - Signaler un abus Comparaison n'est pas raison

    Les EUA d'origine, ce sont les treize colonies anglaises d'Amérique du Nord qui se sont rebellées contre leur roi. Il a fallu deux guerres (1778-1783 et 1812 que les américains appellent la "seconde guerre d'indépendance") pour que la nouvelle république, seul Etat indépendant des Amériques, soit définitivement installé. La seconde guerre de 1812 durant laquelle Washington fut prise et incendiée par les tuniques rouges, démontra aux américains leur faiblesse démographique face aux Etats européens maritimes présents dans les amériques. La décision fut alors prise d'ouvrir le pays à l'immigration européenne afin de peupler les immenses territoires des 13 colonies d'origine et, dans un second temps, les territoires de l'Ouest encore plus immenses entrevus par les trappeurs et les premières explorations. Recevoir des immigrants nécessita de mettre au point une grande entreprise d'assimilation pour que ces migrants, venus de toute l'Europe, deviennent des américains. L'Ouest fut progressivement conquis et des Etats se créèrent au fur et à mesure, avec leurs institutions copiées sur celles des 13 "vieux Etats". Il y a donc homogénéité entre les Etats des Etats Unis d'Amérique

  • Par vangog - 16/11/2014 - 13:35 - Signaler un abus @Benvoyons Ne vous faites pas plus naïfs que vous l'êtes!

    La "concurrence sauvage" que je dénonce, à l'image de très nombreux Européens, est le dumping fiscal et social créé de toute pièces par les très bêtes traités Européens. La pierre angulaire de cette arnaque historique est la commission européenne et son Président Juncker, Bernard Madoff du dumping fiscal et social, et celui qui a profité le mieux de l'immense naïveté des peuples Européens... La fameuse convergence européenne n'a fait converger que les banquiers et les Lobbyistes représentant les multinationales vers Bruxelles...car ces deux corporations parmi les plus actives en Europe, ont largement profité de ce dumping fiscal et social, allant faire fabriquer leurs produits à l'Est de l'Europe, dans les ex-pays socialistes socialement attardés, et fixant les sièges de leurs sociétés au Luxembourg, en Belgique ou en Irlande, paradis fiscaux de l'Europe faussement concurrentielle... Cette convergence Européenne ne profite pas (et c'est même eux qui en paient le prix fort) aux citoyens non-delocalisables des enfers fiscaux tels que la France...artisans, PME, TPE, professions faussement "libérales", mais vraiment réglementées et ponctionnées par le Baal étatique et socialiste..

  • Par von straffenberg - 16/11/2014 - 17:43 - Signaler un abus Le système politique français implosera

    Cette analyse intelligente ne fait que renforcer l' idée que le front National s'il ne possède pas la vérité détient quelques solutions .Je suis persuadé que la classe politique actuelle (celle qui ne voit que les urnes) sera balayé d'une façon ou d'une autre . La situation internationale étant tendue le pire devra être évité mais la démocratie n'est pas un acquis comme dit Guaino elle peut se perdre .

  • Par Professore - 16/11/2014 - 19:02 - Signaler un abus Consternant

    Giscard veut réduire l'Europe de 28 à 12, Wauquiez de 28 à 6 et Bruno Alomar de 28 à 3 ! Manifestement la partie la plus urgente à retirer de l'Europe ce sont quelques arrondissements de Paris (ou peut-être un seul) où résident vos deux protagonistes. Même Bepe Grillo n'oserait pas dire autant de balivernes.

  • Par brennec - 17/11/2014 - 10:39 - Signaler un abus Quel libéralisme?

    Si l'europe des années 80 avait été fondée sur des idées libérales, l'euro n'aurait jamais vu le jour. En effet tous les économistes et surtout ceux de l'école autrichienne ont pointé l'erreur fondamentale consistant a faire une monnaie unique dans un espace qui n'est pas optimum. L'europe depuis les années 80 avance sur un projet fédéral qui ne dit pas son nom et dont la plus grande partie des peuples ne veulent pas.

  • Par Benvoyons - 17/11/2014 - 11:40 - Signaler un abus Les commentateurs me font penser à un élève qui ne voyant pas

    à quoi l'école lui rend service pour le futur et ne se rendant pas compte déjà ce qu'il lui doit, abandonne l'école pensant ainsi qu'en étant indépendant de tout, il réussira par lui même. Bien évidemment il faut concrétiser un projet Fédéral. Bien évidemment il faut encore du temps pour que les coordinations nécessaires se mettent en place. Bien évidemment il faut que chaque état fasse l'effort vers les autres. Croire que sans l'Europe la France Agricole existerait encore est une pure débilitée. Qu'Airbus Franco Français existerait encore! Les 2 gnomes écrivant l'article font comme si rien n'existait en Europe, et que sans effort l'Europe pourrait se faire. Les 2 gnomes de l'article sont les dignes représentants du Moyen-Âge (qui fût aussi de son temps un grand moment de l'Europe) mais qui ne peut plus exister comme cela. La nostalgie n'a aucun pouvoir sur le futur. Le laisser croire, c'est produire se qui ce produit en ce moment les jeunes Français quittent la France pour les pays qui n'ont pas cette nostalgie d’incapacité qui empêche ce créer l'avenir.

  • Par Ganesha - 17/11/2014 - 12:45 - Signaler un abus Médicaments

    Bravo mr Benvoyons ! Les deux auteurs de cet article sont vraiment des minus, des arriérés mentaux ! Heureusement que vous êtes là, notre nouveau Fuhrer, notre Grand Timonier, notre Himalaya de la Pensée, pour nous montrer la Vérité, le Vrai Chemin, la Solution Finale : l'Extermination de tous les Fonctionnaires. Qu'en pense votre psychiatre ? Sait-il que vous avez arrêté vos médicaments ?

  • Par Leucate - 17/11/2014 - 16:05 - Signaler un abus @Benvoyons - école poubelle

    Quand on voit que son enfant est dans une école poubelle comme sait si bien les faire l'Educnat, on le met alors dans le privé même si cela coute plus cher ...au départ. Pour le reste, il faut continuer à engraisser le mammouth. S'il a disparu c'est bien parce qu'il n'était plus adapté, laissons les espèces dépassées s'éteindre de leur belle mort. Pour l'UE, c'est pareil. Il y a eu un défaut de fabrication au départ, à la poubelle donc et on peut reprendre là où c'était du solide, c'est à dire avant Maastrique et voir ce qu'on peut faire d'intelligent adapté au XXI° siècle. Il ne sert à rien de vouloir continuer à construire sur des plans dépassés et faux. Ce qui est astucieux, c'est de laisser tomber pour repartir ensuite sur des bases solides. Et tant pis pour les cabris hop ! hop ! hop !

  • Par hmrmon - 17/11/2014 - 18:26 - Signaler un abus l'UE

    Comme l'explique si bien ce dialogue, le projet de faire des 28 pays de l'union ou même les 17 de la zone euro, avec, chacun, leur culture, leur Histoire, leurs intérêts divergents, plus la disparité entre leur développement économique, même à long terme, d'une fédération sur le modèle américain, devient de plus en plus avec le temps qui passe et les contradictions qui ressortent, un projet qui s'en va à vau-l'eau, faute de réalisme et de fondations solides. Ce qui aurait pu mieux marcher, c'est une vaste zone de libre-échange, ou chaque pays aurait développé son propre créneau économique, tout en gardant le contrôle de sa monnaie et de ses frontières comme le prône encore l'Angleterre.

  • Par Benvoyons - 17/11/2014 - 18:51 - Signaler un abus C'est fou comme les gens ne connaissent pas l'histoire

    de l'Europe. L'Histoire de France c'est l'histoire de l'Europe, l'Histoire de l'Italie c'est l'Histoire de l'Europe, etc etc.. Le socle Historique de l'Europe est commun avec les différents pays d'Europe. Quand j’entends qu'il faut revenir comme avant et bien c'est dire que les échanges économiques et Culturels étaient bon du Moyen-Âge à la création de l'Europe. Donc au lieu de revenir comme avant et bien les gens demandent l'inverse que chaque pays s'enferment, donc encore pire qu'avant. Maintenant les USA il aura fallu 120 ans avant qu'ils se stabilisent. Il vous faut partir aux USA pour voir qu'il y a de grandes différences entre la Californie, le Mississippi, les États des Grands Lacs, New York, Boston etc... Ces grandes différences sont aussi bien économiques que culturelles. La France fonctionne comment et bien "il faut que tout le monde fasse pareil, au même moment avec les mêmes écoles, les mêmes...il faut formater. En fait se qui fait notre perte actuellement. Une monnaie commune est le minimum requis pour que l'économie fonctionne d'une manière fluide et à moindre coût. Bien évidemment avec des transformations qu'ont fait un certain nombre de pays et pas d'autres.

  • Par acsot - 19/11/2014 - 07:45 - Signaler un abus La suffisance de Todd est sidérante

    Monsieur " je critique tout parce que je suis un scientifique" affirme n'importe quoi sans aucune rigueur ni preuve. C’est lassant.

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Emmanuel Todd

Emmanuel Todd est un historien, anthropologue, démographe, sociologue et essayiste. Ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED), il développe l'idée que les systèmes familiaux jouent un rôle déterminant dans l'histoire et la constitution des idéologies religieuses et politiques.

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Henri Guaino

Henri Guaino est un haut fonctionnaire et homme politique français

Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, président de la République française, du 16 mai 2007 au 15 mai 2012, il est l'auteur de ses principaux discours pendant tout le quinquennat. Il devient ensuite député de la 3e circonscription des Yvelines.

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