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Ce système mafieux qui régit la piraterie maritime

Une enquête de Somalia Report révèle les ramifications internationales qui portent l'expansion de la piraterie maritime, qui s'apparente depuis quelques années de plus en plus à un réseau mafieux. Loin du capitaine Crochet, la nouvelle piraterie, portée par les nouvelles technologies, est réglée comme une horloge.

A l'abordage

Publié le

Depuis 2008, la piraterie maritime est devenue une entreprise criminelle très structurée aux ramifications internationales brassant de colossales fortunes. 

 Qu’on y songe, une enquête diligentée dans le Puntland par Somalia Report révèle ainsi que tout en haut de la pyramide règneraient les « investisseurs », véritables hommes d’affaires, officieux locaux ou chefs pirates.

Dans ce contexte, « L’investisseur » paye pour les provisions, les armes, le fuel et les bateaux pour au moins huit pirates, avant même que l’opération ne soit lancée.

S’il dépense 2000 $, il percevra 200.000$ pour chaque million de rançon obtenu.

Après le détournement et durant toute la période d’attente de la rançon, l’investisseur paye pour tout ce dont les pirates ont besoin. Y compris le fuel, la nourriture ou le khat…

Quant au chef, celui qui est à  la manœuvre, il est choisi, en principe, par les pirates eux-mêmes. Il doit obligatoirement avoir une expérience militaire, car c’est lui qui montera le premier à l’abordage.

Une fois le bateau et son équipage maîtrisés, il gardera la tête du groupe durant l’ensemble du détournement et édictera les règles à bord assorties s’il y a lieu des sanctions en cas de transgression.

 Lorsque le navire est ramené vers la côte somalienne, un nouveau groupe, composé en général d’une douzaine à une quinzaine de pirates, prend le relais pour assurer la garde des otages par roulement.  Ensuite il convient d’engager un traducteur qui aura la lourde responsabilité de négocier la rançon avec l’armateur.

Fort des relais yéménites et kenyans, la piraterie maritime joue assurément un rôle important dans le trafic de réfugiés, d’armes à partir de la Somalie ou à destination de l’intérieur du Continent africain comme vers la péninsule arabique avec Dubaï comme plaque tournante.

 Pour s’en convaincre, on cherche souvent des preuves.. mais le Bureau du Département d’Etat américain pour les affaires internationales de drogue n’a-t-il pas clairement souligné que: « Les pirates blanchissent surtout des rançons dans le Nord de la Somalie, ainsi que peut-être dans les pays voisins, le Moyen-Orient ou l’Europe » ?

De fait, les officiels du Puntland pourraient faciliter le blanchiment des rançons. L’argent des rançons financerait l’immobilier, des biens de luxe et des entreprises.

 Cet argent, extorqué par les financiers pirates aux entreprises de transports maritimes et de transport s’évapore à travaux des tuyaux sinueux  du système des Hawala .

Le système des hawala

De quoi s’agit-il ?

 Une organisation originale qui avec le temps s’est érigée en intermédiaire obligé pour les somaliens. Un système traditionnel entièrement basé sur la confiance, qui évite de passer par un réseau bancaire classique, sans traçabilité qui est fort utile pour ces transactions !

Chacun sait que les hawala ont su se moderniser grâce à des réseaux efficaces de téléphonie mobiles et d’internet, pour donner naissance à de grandes structures entreprises commerciales, des exemples de réussite à l’image de Dahabshill ou Amal, sociétés somaliennes aujourd’hui basées à  Dubaï.

 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 16/08/2012 - 07:01 - Signaler un abus Mercédes ou Bmw ?

    Au minimum, cela explique les berlines allemandes que nous voyons souvent conduites par des truands manifestes...

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Olivier d'Auzon

Olivier d'Auzon est juriste consultant auprès de la Banque africaine pour le développement, de la banque mondiale et de l'Union européenne.

Il est l'auteur de L'Afrique des nouvelles convoitises (Ellipses / septembre 2011).

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