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Syrie : ce redoutable désordre géopolitique mondial qui émerge sur les ruines encore fumantes de l’État islamique

Après sept ans de guerre, la Syrie s’apprête à vivre encore des heures bien sombres. De récents événements ont démontré que le conflit dans ce pays tournait de plus en plus à l'affrontement entre plusieurs grandes puissances. Et la population civile syrienne en est la première victime...

De Charybde en Sylla

Publié le

Les derniers évènements qui ont vu le 10 février un drone iranien abattu (une copie conforme d’un drone US Lockheed Martin RQ-170 capturé le 4 décembre 2011 dans le nord-est de l’Iran) au-dessus d’Israël suivi de frappes de représailles tirées sur des objectifs iraniens identifiés en territoire syrien. Un F-16 israélien a été abattu par un missile tiré par … pour l’instant, on n’est sûr de rien, il peut être syrien, iranien, sans doute pas russe, mais est-ce que Moscou a participé d’une manière ou d’une autre à cette action (par exemple en identifiant les "intrus" et en passant les coordonnées aux Syriens ?) Il semble toutefois que les frappes israéliennes ont été d'une grande précision puis qu’aucune perte n’est signalée chez les Russes alors qu’ils étaient présents sur une des bases visée, la « T-4 » de Tiyyas situé à l’ouest de Palmyre.

Il semble que les Américains qui ont bombardé le 7 février des milices gouvernementales syriennes "non formellement identifiées" dans la région de Deir ez-Zor (elles s’approchaient un peu trop près d’un QG des Forces Démocratiques Syriennes -FDS- mais en réalité, tentaient surtout de reprendre des champs pétroliers à l’est de l’Euphrate) n’ont pas fait dans la même retenue. A savoir que des mercenaires russes de la société militaire privée « Wagner » auraient été tués.

Dans ces deux cas, Moscou n’a pas réagi en dehors de déclarations appelant les différentes parties au calme.

Il ne fait aucun doute que la Syrie va continuer à être le champ clos où s’affrontent les puissances qui tentent de redessiner, non seulement le Proche-Orient, mais aussi les cartes d’influences mondiales. Comme d’habitude, ce sont les populations locales qui vont continuer à payer l’addition. Les prolongements naturels de ce foyer syrien sont les conflits en Irak, en Libye, au Yémen, en Afghanistan et dans le Sahel. Ils peuvent s'étendre à tout moment à l'Extrême-Orient (problème des deux Corées, de l' "expansionnisme" chinois, etc.).

 
Commentaires

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  • Par Le gorille - 13/02/2018 - 20:04 - Signaler un abus Même décomposé en éléments simples...

    ...ce problème garde toute son apparence d'eau de boudin. Mais merci pour l'effort ! Au passage... si les médias (les autres bien sûr !) étaient un peu plus précis ou, mieux, plus circonspects dans leurs analyses, voire, mais faut pas rêver, idéologiquement neutres, peut-être le soufflé retomberait-il ? Hum ! Le mot n'est peut-être pas approprié non plus... Bref on marche allègrement dans ce qui porte bonheur...

  • Par philippe de commynes - 14/02/2018 - 11:38 - Signaler un abus Et dire

    qu'il y a 7 ans il était hors de question de négocier avec assad (ce qui aurait évité toute cette boucherie) puisque de toutes façons son régime était supposé être au bord de l'effondrement ...

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Alain Rodier

Alain Rodier, ancien officier supérieur au sein des services de renseignement français, est directeur adjoint du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Il est particulièrement chargé de suivre le terrorisme d’origine islamique et la criminalité organisée.

Il est l’auteur, en 2017 de Grand angle sur l'espionnage russe chez Uppr et de Proche-Orient : coup de projecteur pour comprendre chez Balland, en 2015, de Grand angle sur les mafias et de Grand angle sur le terrorisme aux éditions Uppr ; en 2013 du livre Le crime organisé du Canada à la Terre de feuen 2012 de l'ouvrage Les triades, la menace occultée (éditions du Rocher); en 2007 de Iran : la prochaine guerre ?; et en 2006 de Al-Qaida. Les connexions mondiales du terrorisme (éditions Ellipse). Il a également participé à la rédaction de nombreux ouvrages collectifs dont le dernier, La face cachée des révolutions arabesest paru chez Ellipses en 2012. Il collabore depuis plus de dix ans à la revue RAIDS. 

 

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