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Syrie : mais pourquoi cette assourdissante indifférence occidentale aux attaques chimiques qui ont repris depuis le début 2018 ?

Le régime de Bachar al-Assad est une nouvelle fois accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre la population syrienne.

Bombe à retardement

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Syrie : mais pourquoi cette assourdissante indifférence occidentale aux attaques chimiques qui ont repris depuis le début 2018 ?

Atlantico : Selon des informations relayées notamment par le Washington Post, la population syrienne aurait été à nouveau victime d'attaques chimiques (chlorine), et, à plusieurs reprises, depuis le début de cette année. Une situation qui a été vivement dénoncée par Rex Tillerson, secrétaire d'Etat des Etats-Unis. Alors qu'Emmanuel Macron avait, le 29 mai 2017, pu mettre en garde le régime syrien sur cette question « toute utilisation d'armes chimiques fera l'objet d'une riposte immédiate » de la France, comment analyser la situation actuelle ? Faut-il voir un recul de la France, ou est-ce que la « riposte immédiate » pourrait être sérieusement envisagée en cas de confirmation de ces attaques ? 

Jean-Sylvestre Mongrenier : Il est vrai que lors du lancement du « Partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques », à Paris, le 23 janvier dernier, la vigueur du discours de Rex Tillerson était autrement plus roborative que les propos tenus par son homologue français.

Il reste que la diplomatie française est bel et bien à l’origine de cette initiative. Celle-ci s’inscrit dans la durée et ledit partenariat vise à contrecarrer la dangereuse banalisation de l’usage d’armes chimiques. D’une part, la convention signée en 1993 qui interdit leur utilisation a été signée et ratifiée par  192 Etats et elle donc quasiment universelle. D’autre part, l’emploi d’armes chimiques se banalise qu’il s’agisse d’Etats comme la Syrie ou encore la Corée du Nord ou d’entités anomiques et terroristes, à l’instar du prétendu « Etat islamique ». Il y a péril en la demeure. Cette initiative permet également de contourner le blocage imposé par la Russie à l’intérieur de l’ONU. Une « coalition de bonnes volontés » en quelque sorte.

En la matière, il n’y a pas de recul de la France, mais on peut à bon droit juger que le « immédiatement » employé par Emmanuel Macron était de trop. A la différence de septembre 2013, Paris et Washington sont à l’unisson. Et Donald Trump a déjà démontré sa résolution à frapper si nécessaire. Je vous renvoie au bombardement américain d’une base nord-syrienne, le 6 avril 2017, après l’attaque chimique de Damas sur Khan Cheikhoun (83 morts dont des femmes et des enfants, au nombre de 30 pour ces derniers). Des représailles doivent donc être envisagées. On doit penser que cela a été sérieusement envisagé lors des discussions restreintes qui ont suivi la réunion du « partenariat » contre les armes chimiques.

Peut-être que l’Elysée a voulu préserver les chances de la diplomatie (négociations dans le cadre de l’ONU, à Vienne, le 25 janvier 2018) et se donner le temps d’enquêter sur les frappes chimiques rapportées par le Washington Post et d’autres moyens d’information. L’échec de la session diplomatique de Vienne et le fiasco de la conférence organisée par la Russie, à Sotchi (29-30 janvier 2018), font entrer le conflit syrien dans une nouvelle phase. La position des Etats-Unis et leur stratégie en Syrie sont également plus précises et volontaires que précédemment. Donc, ne stigmatisons pas la prétendue faiblesse du président français et observons la suite des événements. Cela dit, soulignons le fait que des efforts diplomatiques à moyen et long termes ne sauraient pallier l’absence d’initiatives militaires sur le terrain. En clair, si des menaces de représailles ont été brandies, le cas échéant, il faudra les mettre à exécution.

 
Commentaires

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  • Par wwmat - 02/02/2018 - 09:10 - Signaler un abus A qui profite le crime?

    Et ce n'est pas à Bacchar ni à Poutine, les seuls qui ont profité de ces pseudo attaques chimiques du régime sont Al-Nosra et l'ASL (les deux groupes soutenu par l’Europe et les USA). Et ne parlons pas de cette escroquerie qui est l'observatoire syrien des droits de l'homme installé à Londres et pays par les USA.

  • Par bherry - 02/02/2018 - 09:11 - Signaler un abus Encore une analyse anti russe

    Encore une analyse anti russe basée sur des fake news et qui donc ne repose sur rien. les pays occidentaux qui ont semé le chaos en Irak et en lybie ne peuvent se donner en exemple.

  • Par hannibal barca - 02/02/2018 - 10:36 - Signaler un abus Pure propagande de l Otan

    Les occidentaux qui avaient mises sur les égorgeurs d el Nosra et les soi disant rebelles gentils n ont aucune crédibilité Assad a gagné et ils ne le digèrent pas On veut des preuves pas celles de colin powell et son tube de limonade

  • Par ISABLEUE - 02/02/2018 - 14:16 - Signaler un abus et pas un mot pour les KURDES

    qui ont aidé à la guerre contre daesh. Tout le monde s'en fout. le petit Macron cire les pompes au turc.

  • Par ISABLEUE - 02/02/2018 - 14:16 - Signaler un abus et pas un mot pour les KURDES

    qui ont aidé à la guerre contre daesh. Tout le monde s'en fout. le petit Macron cire les pompes au turc.

  • Par ISABLEUE - 02/02/2018 - 14:16 - Signaler un abus et pas un mot pour les KURDES

    qui ont aidé à la guerre contre daesh. Tout le monde s'en fout. le petit Macron cire les pompes au turc.

  • Par cagnotte - 02/02/2018 - 15:24 - Signaler un abus Accusations sans preuves!

    La vérité semble être qu'il est impossible de savoir qui a lancé ces armes chimiques!Daech ou les Syriens?Qui Bono? Daech y a intérêt pour que Assad soit immédiatement accusé! Le fameux bombardement de Trump?Un foirage complet: la base avait été vidée juste avant! Qui avait averti?

  • Par cagnotte - 02/02/2018 - 15:32 - Signaler un abus Neocons?

    Ce soit disant chercheur nous sert une soupe totalement neocons et "warmonger", sans la moindre retenue Ces gens sont ultra dandereux et nous ramènent systématiquement vers des risques de guerres nucléaires car ils ne réalisent pas que Washington a basculé depuis 1991 progressivement vers le pire état voyou qui soit!

  • Par Ambroggio - 02/02/2018 - 15:34 - Signaler un abus Logorhée atlantiste

    Ce type de communicant en mission n'a rien a faire sur un site sérieux comme Atlantico.

  • Par cagnotte - 02/02/2018 - 15:42 - Signaler un abus Macron

    Même Macron a plus de lucidité!relevé dans ses discours tunisiens: "«Je n'oublie pas que plusieurs ont décidé qu'il fallait en finir avec le dirigeant libyen [Mouammar Kadhafi, ndlr] sans qu'il y ait pour autant de projet pour la suite», a en outre affirmé le Président français. ... «Nous avons collectivement plongé la Libye, depuis ces années, dans l'anomie, sans pouvoir régler la situation», a-t-il résumé. OK , mais il aurait pu dire la même chose pour l'Irak ,l'Afghanistan et la Syrie Sauf que pour la Syrie , satisfaisant ou non, les Russes ont bien amené un début d’arrêt d'une guerre pleine de chaos due aux Saoud , et à Washington et consort! Notez bien que dans tous les cas , il y a derrière les beaux arguments de ce monsieur,une forte odeur de pétrole dont il ne parle surtout pas

  • Par gerint - 03/02/2018 - 10:48 - Signaler un abus La France ne pèse rien

    Face aux Russes qui sont eux massivement intervenus en Syrie: une piqure d’aiguille pour la France contre une grosse massue pour les Russes. Il faudrait commencer par ne pas casser l’Armée Française pour avoir droit au chapitre. Et rien n’est dans le contexte servile actuel possible sans l’aval clair des USA. Quant à la Corée du Nord, il y a la Chine en face. Clinton savait sans doute que le régime mentait mais il ne pouvait pas justifier une intervention aux yeux de la Chine si le dirigeant coréen disait vouloir négocier

  • Par gerint - 03/02/2018 - 11:06 - Signaler un abus @cagnotte

    Des millions de Français ont eu bien avant Macron de la lucidité sur les actes de BHL et de Sarkozy en Lybie

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Jean-Sylvestre Mongrenier

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Il est membre de l'Institut Thomas More.

Jean-Sylvestre Mongrenier a co-écrit, avec Françoise Thom, Géopolitique de la Russie (Puf, 2016). 

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