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Syrie : face à l’emballement entre États-Unis et Russie, quelle place pour la crédibilité occidentale... et pour la France ?

Dans un contexte marqué par la probable riposte à venir des Etats-Unis, de la France et du Royaume Uni, au franchissement de la ligne rouge chimique par le régime syrien, l'occident se trouve confronté à une palette de mauvaises solutions

Compte à rebours

Publié le
Syrie : face à l’emballement entre États-Unis et Russie, quelle place pour la crédibilité occidentale... et pour la France ?

 Crédit GEORGES GOBET / AFP

Dans un contexte géopolitique marqué par la probable riposte des Etats-Unis, de la France et du Royaume Uni, ou encore de l'Arabie saoudite aux attaques menées par le régime syrien, comment articuler une réponse qui permettrait aux occidentaux de se positionner ? Face à ce qui ressemble à un spectre de mauvaises solutions, comment l'Occident peut-il agir ?

Jean-Sylvestre Mongrenier : Plutôt que de méditer notre positionnement, ayons en mémoire le « challenge and response », modèle par lequel le grand historien anglais Arnold Toynbee explique le genèse des civilisations. Cette crise internationale gravissime met en jeu une règle de droit fondamentale : celle qui porte sur l’interdiction d’utiliser des armes chimiques (cf. la Convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques, 1993). Des limites ont été posées et des engagements ont été pris par le régime syrien, lorsque Damas a rejoint les 192 Etats signataires de ladite convention (2013).
Le Kremlin s’est alors porté garant de Bachar Al-Assad, son client et protégé au Levant. Or, ces armes ont été utilisées à plusieurs reprises, en tout premier lieu par le régime dudit personnage (des groupes djihadistes aussi, mais nous les combattons déjà). Le rapport élaboré par le « Mécanisme conjoint » (Joint Investigate Mechanism) chargé de l’enquête, sous l’égide de l’ONU et de l’OIAC (Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques), est formel sur ce point. Les conclusions déplaisant au pouvoir russe, celui-ci s’est opposé au renouvellement de ce « mécanisme » (novembre 2017). Le 10 avril dernier, l’ambassadeur de la Russie au Conseil de sécurité a de nouveau opposé son veto à un organisme du même type.
 
Après l’accalmie qui avait suivi la frappe commandée par Donald Trump, en avril 2017, l’usage d’armes chimiques a repris depuis le début de l’année en cours, comme si les auteurs de ces crimes de guerre voulaient tester les lignes rouges à nouveau posées par les Occidentaux (après la dérobade de Barack Obama, en septembre 2013). L’« honnête homme » ne peut raisonnablement souscrire aux explications acabradantesques et scénarii de collégiens présentés par la diplomatie russe et ses affidés (tout ne serait que mises en scène et conjuration universelle contre la Russie et ses clients géopolitiques, destinées à doper les ventes d’armes américaines, à dominer l’Europe, voire à faire oublier les infortunes du Brexit). En regard de cette propagande, les thèses de Lénine sur l’« impérialisme, stade suprême du capitalisme », lesquelles n’expliquent pourtant pas la Première Guerre mondiale et la situation internationale de l’époque, apparaîtraient presque comme un modèle de théorie historique. Ceux qui s’imaginaient la Russie comme bastion de la tradition et de la Chrétienté découvrent un pouvoir « post-moderne » pour lequel la vérité n’existe pas : seuls comptent discours, représentations et propagande mensongère. Malheureusement, ce type de discours trouve un écho dans des sociétés post-moderne où images, réseaux sociaux et bulles médiatiques contribuent à « déréaliser » l’existence. Serait-ce triomphe posthume de Baudrillard et des situationnistes?
 
Avant la question du « comment » se pose celle du « pourquoi » (pourquoi agir ?). Il importe se saisir que le droit international – en l’occurrence la partie de ce droit qui bannit la possession et l’usage des armes chimiques -, a des tenants et des aboutissants concrets. La banalisation des armes chimiques et de leur usage ouvre la voie à des « guerres hors limites ». Les interdits posés au fil du temps et le droit de la guerre (jus ad bellum), plus précisément le droit dans la guerre (jus belli), volent en éclats. A quand l’usage de telles armes sur un champ de bataille à la périphérie de l’Europe, voire jusque dans nos rues ? A cet égard, il faut comprendre les grandes inquiétudes levées par l’usage d’une arme chimique dans la ville de Salisbury. Les sophistes argueront d’autres situations où le droit international n’est pas respecté, mais pourquoi donc l’imperfection du monde justifierait-elle le pire ? La perfection est souvent l’ennemie du convenable. Il est donc urgent de préserver ce qui peut l’être et de rétablir la capacité de dissuasion des puissances occidentales. En l’état des choses, cela implique une action militaire : des frappes sélectives sur tout ou partie des installations chimiques du pouvoir syrien, de son aviation, voire de sa flotte d’hélicoptères.
 
Thierry Coville : Il me semble que le "narratif" proposé par le Président Français est le plus adapté au contexte. Les autorités françaises, du fait de la Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques de 1993, et des avertissements passés donnés au gouvernement syrien sur les conséquences de l'utilisation de telles armes, veulent agir pour "punir" Bachar El Assad. L'objectif est clair, c'est de donner une légitimité internationale à une possible action militaire. Néanmoins, on voit tout de suite les failles d'une telle stratégie
 
1) Pratiquement, cette stratégie revient à frapper militairement un pays détruit par une guerre civile qui dure depuis 7 ans et a fait des centaines de milliers de morts. Quel est dans ce contexte le sens d'une telle intervention, surtout s'il y a un risque de tuer des civils.
 
2) Agir de concert avec les Etats-Unis dans ce cadre est à mon avis un très mauvais message envoyé par la France dans la région. La politique américaine depuis l'élection de Trump a plutôt consisté à faire monter les tensions dans tous les conflits présents (Israël et palestiniens, Iran et Arabie Saoudite) en prenant partie pour un des deux camps de manière extrême. Une frappe militaire commune de la France, des Etats-Unis et du Royaume-Uni en Syrie pourrait faire perdre de la légitimité à justement ce qui recommençait à faire  la force de la position française depuis l'élection d'Emmanuel Macron, vouloir apparaître comme un pays indépendant qui parle à tout le monde et qui a donc la capacité de faire diminuer les tensions. En Iran, par exemple, une telle intervention française va évidemment être récupérée par les "durs" sur l'air de "on vous l'avait bien dit", la France est un "supplétif" des Etats-Unis.
 
3) La communication des autorités françaises sur le lien entre utilisation des armes chimiques et action punitive ne peut pas cacher le manque de légitimité d'une telle action. De quel droit, ces trois pays occidentaux décident à la fois d'être juges et appliquant des peines dans ce domaine ? Est-ce qu'il ne serait plus plus rationnel de faire d'abord tous les efforts nécessaires pour qu'une enquête soit effectuée par un organisme complètement indépendant ? la question classique de "qui garde les gardiens ?" est de nouveau posée ici. Qui garantit que ces trois pays sont les plus légitimes pour faire respecter la Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques de 1993 ? On peut rappeler quand même que les gouvernements américain et français n'ont pas dit un mot dans les années 1980 quand Saddam Hussein, leur allié à l'époque dans la guerre Irak-Iran a procédé à des centaines d'attaques chimiques contre l'armée iranienne ...
 

En quoi le déroulé de cette crise peut-il ressembler à une forme d'épreuve de vérité pour les occidentaux, après les précédents de 2013 en Syrie, de 2014 en Ukraine, ou relativement aux dernières attaques chimiques de 2017 et de ce début d'année 2018 ? Quelle place pour l'Occident dans un tel contexte ?

Jean-Sylvestre Mongrenier : Dans la présente crise, les trois puissances occidentales sont membres permanents du Conseil de sécurité, et donc investies de responsabilités spécifiques. Il faut ici rappeler que le droit de veto a été pensé comme le corrélat d’un surcroît de responsabilités sur le plan international. Les membres permanents du Conseil de sécurité sont censés garantir la paix et la sécurité du monde. Les concepteurs du projet des Nations unies, Franklin D. Roosevelt en premier lieu, ont tiré les leçons des déficiences de l’ancienne Société des Nations. Ils ont mieux pris en compte les rapports de puissance et ce dans toutes leurs implications. Les pays les plus importants bénéficient donc de privilèges  - un siège de membre permanent et un droit de veto -, mais ils sont censés mettre leur puissance au service des fins de ce système de sécurité collective qu’est l’ONU. Songeons à Pascal : « Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste ». L’alternative ne réside pas dans un monde meilleur mais dans la loi de la jungle (la « guerre de chacun contre chacun » de Thomas Hobbes).
 
De telles fins excluent une diplomatie du niet consistant à faire usage du veto pour préserver ses seuls intérêts de puissance, au péril de l’ensemble du droit (droit naturel et normes supérieures du droit, droit coutumier, Droits de l’Homme, convention d’interdiction des armes chimiques, etc.). Elle exclut aussi la fausse modestie et l’hypocrisie (« Nous n’avons pas de leçons à donner ») ou encore une géopolitique de Thénardier (« Ne nous mêlons pas des affaires du monde », « restons chez nous »), et autres recommandations des partisans du rétrécissement de la France. Par définition, une puissance cherche à modeler son environnement et ne saurait être mue par de seuls intérêts, définis de manière étroite et restrictive. Elle vise plus haut. Que ceux qui conçoivent le rôle de la France de manière restrictive cessent donc de nous parler du « roman national », du « rôle positif de la colonisation », de la mission de la France sur la scène mondiale, ou de Versailles et de l’universalité de la langue française. En toute bonne logique, si la France se pensait comme une simple « tribu » parmi d’autres, avec de seuls « intérêts » à défendre, il lui faudrait renoncer à son siège de membre permanent au Conseil de sécurité et à bien d’autres attributs de la puissance. 
 
Dans le présent contexte – i.e. une nouvelle guerre froide dont la Syrie est l’un des théâtres -, il s’agit bien d’une d’épreuve de vérité. Depuis le début de la guerre en Syrie, les puissances occidentales se sont tenues en retrait. Désireuses d’accompagner le « Printemps arabe », plutôt que de l’orienter ou de le chevaucher, elles ont privilégié la préparation de la phase suivante, en se centrant sur les questions politiques et diplomatiques (la transition politique et le futur d’une nouvelle Syrie). L’idée était de ne pas répéter les erreurs commises en Irak. De surcroît, quand il eût fallu fixer un cap, définir des objectifs, décider et agir enfin, l’Administration Obama préféra sur-analyser la situation. Le summum, si l’on peut dire, a été atteint en septembre 2013, lorsque le président américain a renoncé à faire respecter la « ligne rouge » qu’il avait fixée. Cette reculade a ébranlé la crédibilité et les positions des Etats-Unis. Dès lors, il ne restait plus à la Russie, alliée au régime chiite-iranien, qu’à occuper le vide et faire ce que l’Administration Obama n’avait pas voulu faire (verrouillage de l’espace aérien dans l’ouest de la Syrie, appui armé direct à son « client », concession d’une zone-tampon à la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie). On peut aussi penser que le recul américain de 2013 a enhardi Vladimir Poutine et incité à intervenir militairement en Ukraine. En résumé, les Occidentaux ont reculé pour plus mal sauter. Désormais, il leur faut agir pour faire respecter le droit et rétablir leur capacité à dissuader. Au-delà, l’enjeu est de modifier la balance des forces en Syrie, d’ouvrir la voie à un règlement du conflit (la « triplette » Moscou-Téhéran-Ankara n’y est pas parvenue), tout en refoulant les ambitions du régime chiite-iranien. Cela suppose une stratégie d’ensemble au Moyen-Orient, consistante et inscrite dans la durée. Si Dieu nous en laisse le temps !
 
Thierry Coville :  Comme je viens de le dire, il me semble que le Moyen-Orient a surtout besoin de paix et de stabilité. Je pense que la meilleure politique est d'agir pour diminuer les tensions et donc d'éviter de "rajouter la guerre à la guerre" et même d'en initier comme en Irak en 2003.
 

Comment anticiper les réactions, en fonction de l'ampleur des opérations menées -et si celles-ci ont lieu - des principaux protagonistes que sont la Syrie, l'Iran, et la Russie ? 

Jean-Sylvestre Mongrenier :  La réaction de l’axe Moscou-Damas-Téhéran ne doit certainement pas être sous-évaluée. Bachar Al-Assad a déjà démontrée par le fait qu’il était prêt à mettre son pays à feu et à sang afin de se maintenir au pouvoir. « Moi ou le chaos » proclamait-il en 2011. Nous avons les deux et le « trou noir » syrien menace d’engloutir le Moyen-Orient ainsi qu’une bonne partie du monde. Quand on songe que certains en sont encore à se demander s’il faut parler ou non de « guerre froide » pour qualifier l’état actuel des rapports Est-Ouest ! Il semble que les Occidentaux aient été pris au piège de la science politique moderne, celle-ci prétendant bannir les jugements de valeur (voir l’oubli de la question du meilleur régime) pour tout ramener au quantifiable et aux « intérêts ». Ainsi expliquait-on que les dirigeants des puissances considérées étaient « rationnels » (ils ne sont pas suicidaires) et qu’il cherchaient simplement à accroître leur pouvoir de négociation, pour défendre leurs intérêts et s’assurer une plus large place au « grand banquet de la nature » (Malthus). En leur cédant quelque peu, il devrait être possible de trouver un bon arrangement. In fine, les relations interétatiques et rapports de puissance sont supposés fonctionner sur le modèle du marché. En fait, nous voyons le monde non pas tel qu’il est, mais tel que nous sommes : les citoyens-consommateurs des démocraties occidentales et leurs classes politiques, ces dernières faisant souvent carrière en échangeant des promesses de dépenses publiques contre des bulletins, projettent leurs catégories sur le monde.
 
En raison de ce biais cognitif, les mobiles et motivations de puissances comme la Russie ou l’Iran n’ont pas toujours été correctement intégrés. En l’occurrence, ce sont les passions, au sens antique du terme, les ressentiments accumulés au cours d’une longue hégémonie occidentale ainsi que la volonté de revanche de ces pays qui ont été négligés. Ces pays sont des puissances révisionnistes qui, persuadées du déclin de l’Occident, ont le sentiment que leur heure est venue. Leur objectif global est d’accélérer le cours de l’Histoire, de précipiter les échéances et de faire basculer l’ordre mondial, afin de prendre le relais. Schématiquement, le Kremlin entend reconquérir tout ou partie de l’aire autrefois soviétique et de sa zone d’influence dans l’ancien tiers-monde, en Méditerranée, au Moyen-Orient mais aussi en Afrique où les Russes posent des jalons. Le régime chiite-iranien considère qu’il doit dominer l’ensemble du Moyen-Orient, du golfe Arabo-Persique à la Méditerranée orientale. Il faudrait également prendre en compte la République populaire de Chine dont les ambitions ne se limitent pas à l’Asie orientale mais couvrent un espace qui va de l’Arctique à la Méditerranée. Sur le rôle de ces passions, qualifiées de « tristes » par un commentateur de Spinoza, je ne peux que renvoyer le lecteur à l’œuvre de Pierre Hassner.
 
Au total, ces puissances révisionnistes se posent comme des « Aufbrecher ». Carl Schmitt désignait ainsi ceux qui veulent provoquer une rupture, bouleverser l’équation du pouvoir mondial. L’objectif est grandiloquent. De fait, il peut être poursuivi de manière méthodique et rationnelle. Simplement, la raison que l’on évoque dans ce cas n’est certainement pas celle d’une philosophie ou d’une sagesse tournée vers le bonheur de l’Homme. Il s’agit d’une « rationalité instrumentale » qui agence les moyens à des fins relevant de la volonté de puissance et d’idéologies conquérantes. Pour le dire autrement, ne confondons pas pragmatisme et modération. En conséquence, bonnes raisons, conseils de sagesse et concessions tactiques ne suffiront pas à arrêter les puissances considérées. Au vrai, tout cela a été tenté au cours des dernières années : passage par pertes et profits de la Géorgie (2008) ; tentative de rebâtir une politique russe sur le dos de l’Ukraine, au nom d’un improbable « reset » (2009) ; reconnaissance du chimérique droit de l’Iran à enrichir l’uranium (2015) ; quasi concession de la Syrie à la Russie, en espérant qu’elle gendarmera le Levant et contiendra l’Iran (2015). Rappelons que la semaine dernière encore, Donald Trump évoquait le départ à brève échéance des forces spéciales américaines présentes à Manbij et dans le Nord-Est de la Syrie ! Il faudrait aussi traiter de la « politique du polder » pratiquée par Pékin dans la Méditerranée asiatique (mer de Chine du Sud) et des atteintes à la liberté des mers. Avec le recul, il appert que ces reculades ont enhardi nos « Aufbrecher ».
 
En conclusion, il est urgent de manifester sa résolution, de ne pas s’interdire ce que la Russie ne cesse de faire en Syrie depuis deux ans et demi (sans autres succès que tactiques), et d’établir un nouveau rapport de force avec les puissances considérées. Sans oublier que ce rapport des forces doit être global (une grande stratégie met en œuvre les différentes dimensions et facettes de la puissance), et qu’il s’inscrit dans « la longue, inépuisable durée des civilisations » (Fernand Braudel). Ces temps longs de l’Histoire laissent penser qu’une simple réaction sur le théâtre syrien ne suffira pas à modifier en profondeur l’équation du pouvoir et à infléchir durablement la conduite diplomatico-stratégique des puissances révisionnistes. Il y faudra plus de temps et d’énergie. Une « Grande Idée » aussi. Au-delà des erreurs stratégiques qui ont pu être commises, l’individualisme narcissique des sociétés post-modernes, le dédain du temps long et l’oubli de la métaphysique expliquent l’affaissement de l’Occident. A l’évidence, quelques salves de missiles ne suffiront pas à la tâche.
 
Thierry Coville : En ce qui concerne l'Iran, il faut voir dans quel contexte interviendrait une telle opération militaire occidentale. Plusieurs militaires iraniens viennent d'être tués dans le récent bombardement en Syrie mené par Israël. Les autorités iraniennes font face à un front "Etats-Unis - Arabie Saoudite - Israël" qui accuse l'Iran d'être la source de tous les problèmes du Moyen-Orient. La politique américaine, si confuse par ailleurs, a au moins une ligne claire, surtout depuis les nominations de Mike Pompéo au secrétariat d'Etat et de John Bolton, à la tête du Conseil de National de Sécurité, c'est de vouloir un changement de régime en Iran. Il est donc évident que toute action militaire occidentale en Syrie touchant les forces iraniennes en Syrie renforcerait la position des durs en Iran qui refusent tout compromis et renforcerait les tensions entre l'Iran et l'occident en Syrie et dans la région.
 
 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 12/04/2018 - 10:16 - Signaler un abus Débile

    Je pense que nous avons tous compris : ces petits incidents ''d'usage d'armes chimiques'', ne correspondent absolument pas à des bombardements aériens ! Quel serait l'intérêt de provoquer à chaque fois moins d'une centaine de morts ? De toute évidence, il s'agit de provocations de Daesh, qui n'hésite jamais à massacrer sa propre population. Que les Américains cherchent à nous entuber, nous avons l'habitude. Que notre crétin de président les suive, ce n'est pas surprenant. Mais pourquoi Atlantico publie-t-il cet article débile ?

  • Par ajm - 12/04/2018 - 10:40 - Signaler un abus Informations privilégiées.

    En matière de tenue intellectuelle vous êtes sans contexte le fleuron de ce site, mais au moins vos interventions étaient cantonnées à quelques thèmes obsessionnels tournant autour de la menace permanente de l'ultralibéralisme et des méfaits du capitalisme libéral, agrémentés d'insultes recurrentes délivrées à tous ceux qui ne pensent pas comme vous. Mais maintenant , telle une multinationale de la pensée, vous vous diversifiez, pénétrant des domaines où votre brillant esprit va nous eclairer tels que la politique étrangère, la guerre et même des informations privilégiées sur l'origine des frappes chimiques, tirées sans doute de précieux contacts avec des "services"

  • Par GP13 - 12/04/2018 - 11:06 - Signaler un abus La France ne s'est-elle pas piégée ?

    Au lieu de rester au dessus de la mêlée, Hollande et Fabius ont pris partie contre la Syrie légale, pour soutenir et même armer des opposants qui, par ailleurs, font commettre des attentats chez nous. Comment alors prétendre intervenir au nom du droit international, quand on l'a, auparavant, bafoué dans la même affaire ?

  • Par Ganesha - 12/04/2018 - 11:40 - Signaler un abus Une soixantaine de morts !

    Le Parisien semble beaucoup plus objectif ! Citation : ''C’est savoir qui a lancé le produit qui pose toujours problème. Si on doit frapper sur le coupable, Il faut savoir qui c’est. Dans une telle situation de guerre, n’importe qui peut avoir envoyé ce missile, les rebelles comme le régime''. Pourquoi Bachar se serait-il lancé dans une action aussi aventureuse pour obtenir une soixantaine de morts ? Il a déjà tué des centaines de milliers de ses ennemis sunnites. ==== http://m.leparisien.fr/international/attaque-chimique-dans-la-ghouta-ce-que-l-on-sait-09-04-2018-7655166.php

  • Par vangog - 12/04/2018 - 11:41 - Signaler un abus Non, le rapport n’est pas formel sur ce point!

    Le rapport conjoint OIAC et ONU ne permet d’affirmer qu’une seule chose: que des civils sont victimes d’armes chimiques, sans en connaître ni la provenance, ni leur principal responsable. Déjà, l’attaque du 21 août 2013 avait été attribuée faussement à Assad, alors que le rapport du MIT avait démontré que les armes chimiques ne pouvaient être tirées que de rebelles delà Ghouta: http://www.lepoint.fr/monde/attaque-chimique-en-syrie-le-rapport-qui-derange-19-02-2014-1793755_24.php D’autres rapports démontrent la fabrication d’armes chimiques par les rebelles et de nombreux laboratoires secrets de fabrication disséminés au milieu des habitants delà Ghouta. Ceci corrobore la thèse russe de très probables provocationsetaccusationssous faux-drapeaux...mais, comme toujours, les bisounours occidentaux sont les premiers à monter au cocotier de la désinformation, au risque de provoquer une 3ème guerre mondiale

  • Par Citoyen-libre - 12/04/2018 - 11:43 - Signaler un abus Un marché de dupes ?

    Il y a 10 jours une grand-mère juive était assassinée, et les médias télé se sont plongés dans une profonde compassion. Aujourd'hui, le pays se prépare à des actes de guerre, dans un autre pays, pour toutes sortes de raisons - et ce n'est pas cet article pompeux et suffisant, qui va nous éclairer - , va engager notre crédibilité, avec des conséquences incalculables, en matière d'attentats. Et hier, la plus part des médias faisaient leur soirée, sur les impôts, les grèves, Macron et Plenel, les zadistes, etc. On se moque de qui ? C'est de l'enfumage, on amuse le peuple, ou alors tout le monde s'en fout d'aller bombarder d'autres êtres humains, de peu, comme diraient quelques aristocrates. Et si demain, trois pays se préparaient à aller bombarder Israël, les médias se préoccuperaient toujours des impôts, des zadistes et de Macron ?????

  • Par ISABLEUE - 12/04/2018 - 14:52 - Signaler un abus On se calme ce n'est pas pour tout de suite...

    il n'y a pas de porte avions dans la zone, et les Sukoïs de Poutine, les meilleurs avions du monde, sont sur le territoire syrien !! Pourquoi avoir envie de frapper maintenant pour faire une guerre "humanitaire", ???? Et les Kurdes, ils ne méritent pas qu'on les soutiennent ???? Macron ferait mieux d'envoyer l'armée nettoyer nos banlieues au lieu de faire le beau avec les grands de ce monde....

  • Par ISABLEUE - 12/04/2018 - 14:55 - Signaler un abus la guerre en Syrie a déjà fait plus de 800.000 morts

    quel serait l'intérêt du boucher de Damas d'en tuer 100 ? ALors qu'on sait qu'il y a de la racaille daeh et consorts sur place.....

  • Par jurgio - 12/04/2018 - 15:17 - Signaler un abus Quand deux grands se bagarrent

    il y a toujours un petit qui tient les vestes et les lunettes.

  • Par 2bout - 12/04/2018 - 17:39 - Signaler un abus Crédibilité ?

    Rappel : la reculade d'Obama ne fut que la conséquence de limites qu'il avait lui-même inconsidérément fixées.

  • Par von straffenberg - 12/04/2018 - 18:48 - Signaler un abus Ne tombons pas dans le panneau

    Je pense que tout ceci est de la provocation pour les âmes sensibles occidentales { Daesh } et le mauvais prétexte pour promouvoir un Trump en difficulté J espère que Poutine va sortir un lapin.de son chapeau .

  • Par Deudeuche - 12/04/2018 - 18:59 - Signaler un abus On sent bien que bombarder

    Ne répond pas à la situation. Tuer des soldats syriens qui ont combattu ces ordures de djihadistes est-ce bien ce que nous voulons ?

  • Par 2bout - 12/04/2018 - 19:33 - Signaler un abus Précison

    Grand diseux petit faiseux, ou l'art de transformer une ligne en limites, or toutes les limites sont faites pour être dépassées.

  • Par JonSnow - 12/04/2018 - 20:36 - Signaler un abus Présupposés hautement douteux!

    Mais qui prépare ces questions qui osent présenter comme des faits (Assad qui aurait franchi la ligne rouge), ce qui n'est prouvé par personne et qui apparaît plutôt comme une machination quand on réfléchit 2 secondes avec un esprit non-pollué par les médias et la propagande! Résultat, cette conversation entre gens du même monde qui croient à la propagande occidentale est stérile!

  • Par philippe de commynes - 12/04/2018 - 20:42 - Signaler un abus Combien

    de centaines de morts par supposées attaques chimiques attribuées à Assad sur les centaines de milliers de morts de la guerre syrienne ? Aujourd'hui l'Egypte de Sissi est elle plus libre , plus démocratique que ne l'était la Syrie d'Assad en 2011 ? Est ce pour autant que plein de puissances étrangères se précipitent pour provoquer un nouveau printemps arabe en Egypte ? Non, parce que cela aboutirait à un bain de sang incommensurable, à la guerre civile ...Alors pourquoi serait ce aussi peu grave d'avoir provoqué cette abominable guerre civile Syrienne en soutenant aveuglement des rebelles finalement si peu modérés contre un régime d'Assad en fin de compte loin d'être si impopulaire ? Martingale imparable des "consciences bienveillantes " à l'origine de tous ces massacres : massacres chimiques (vérifiés ou non, peu importe, en fait ils s'en foutent), et là tout le débat devient vous êtes pour des frappes, et vous êtes contre la barbarie, vous vous posez des questions : vous êtes contre de telles frappes, et là vous êtes pour la barbarie, en matière de manichéisme primaire difficile de faire plus fort ...

  • Par Marie-E - 12/04/2018 - 21:19 - Signaler un abus Moi j'espère qu'il n' y aura pas la guerre

    Mais quelques compléments pour montrer que tout le monde anticipe : les navires russes ont quitté Tartous (une flotte à quai peut être une cible). D'après I24news, Air France ajuste ses plans de vol pour Beyrouth et Tel Aviv (je veux pas dire mais il leur manque les systèmes de défense d'El Al). Les navires chinois sont arrivés en Méditerranée. Les Iraniens toujours diplomates par l'intermédiaire du représentant de Khamenei aux forces d'al Qods viennent de parler de l'existence perfide d'Israël et de déclarer qu'en cas d'initiatives stupides, Tel Aviv et Haïfa n'existeraient plus. Enfin un article passionnant de Metula news agency "breaking news" où Jean Tsadik et Stephane Juffa font le point sur la situation et les forces en présence aidés par leur correspondant à Beyrouth. Personnellement je suis de près l'actualité à la frontière israélo libanaise... La journée à été très calme avec une commémoration digne et émouvante de l'assassinat des 6Mls de juifs par les nazis uniquement parce qu'ils étaient juifs. Plus jamais cela. Ni oubli, ni pardon.

  • Par Semper Fi - 12/04/2018 - 21:49 - Signaler un abus @Ganesha

    Souvent vos commentaires me font un peu sauter au plafond, mais pour le coup votre référence à l'article du Parisien est pertinente. Je n'arrive pas à comprendre comment par 2 fois à un an d'intervalle, alors que la bataille est gagnée, Assad irait se mettre dans une situation délicate avec les occidentaux en utilisant des armes chimiques (pour un bilan tactique quasi nul dans les 2 cas). Je ne dis pas que c'est impossible, je suis juste dubitatif qu'en je me pose la question "à qui profite le crime ?".

  • Par Semper Fi - 12/04/2018 - 21:50 - Signaler un abus @ganesha - erratum

    QUAND je me pose la question.... désolé !

  • Par cagnotte - 12/04/2018 - 23:20 - Signaler un abus La fiole de CPowells devant l'ONU

    Décidément ces soit disant élites expertes n'ont toujours pas compris la leçon alors qu'une majorité de citoyens ont conclu : On ne nous la refera plus! Les preuves monsieur l'expert , on a vu comment la CIA , le MI6 et bien d'autres savaient les fabriquer (fiole photos truquées etc) que ce soit pour l'Irak, la Libye et pourquoi pas dans l'élan la Syrie. Moscou a proposé d'organiser une enquête commune, mais comme pour les Skipral,les occidentaux refusent! Conclusion : les Trump, Macron, May , Johnson , Bolton sont soit des menteurs soit des zombies préprogrammés et sans esprit critique Quant à ces journaleux , please , sortez des narratives qu'on vous a inculquées et prenez du recul et de l'esprit critique! Si vos références c'est le mec de Londres qui s'autoproclame l'OSDH à lui tout seul ,et est manifestement un frère musulman , changez de métier

  • Par vangog - 12/04/2018 - 23:41 - Signaler un abus En même temps...

    Assad a très largement gagné, bombinettes françaises ou pas bombinettes françaises! Les derniers jihadistes ont été éjectés de Douma, et les civils otages des jihadistes ont été sauvés. Quelle que soit la réaction imbecile de Macron, May et Trump, Assad est en voie de reconquérir tout son pays...trop tard pour l’en empêcher! Pour une pichenette sans conséquence sur Assad, les macroniste, Englishs et Amerloques risqueraient une troisième guerre mondiale?...allons, allons! Il n’en vaut pas la peine..

  • Par gerint - 13/04/2018 - 00:01 - Signaler un abus Où ce petit coq de Macron va nous mener?

    Dans l’Enfer?

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Jean-Sylvestre Mongrenier

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Il est membre de l'Institut Thomas More.

Jean-Sylvestre Mongrenier a co-écrit, avec Françoise Thom, Géopolitique de la Russie (Puf, 2016). 

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Thierry Coville

Thierry Coville est chercheur à l’IRIS, spécialiste de l’Iran. Il est professeur à Novancia où il enseigne la macroéconomie, l’économie internationale et le risque-pays.
 
Docteur en sciences économiques, il effectue depuis près de 20 ans des recherches sur l’Iran contemporain et a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur ce sujet.

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