Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Mercredi 27 Juillet 2016 | Créer un compte | Connexion
Extra

Surprise (et explications) : le taux français d'emplois non pourvus est parmi les plus bas d'Europe

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a signé vendredi dernier à Strasbourg, la première convention régionale du Plan 500 000 formations supplémentaires. Au travers de cette mesure, l'Etat cherche notamment à former les chômeurs en fonction des emplois non pourvus. Si la France a l'un des taux de vacance d'emplois les plus bas en Europe, il n'en reste pas moins judicieux de faciliter la rencontre entre les chômeurs et les entreprises qui peinent à trouver une main d'oeuvre.

Pas si rigide

Publié le
Surprise (et explications) : le taux français d'emplois non pourvus est parmi les plus bas d'Europe

Atlantico : Selon Eurostat, bien que les données ne soient pas totalement comparables entre les pays européens, la France affiche l'un des taux de vacance d'emplois les plus bas de l'UE. Que nous apprennent les taux de vacance d'emploi sur la situation économique et sociale d'un pays ? Et dans le cas de la France, que signifie ce taux ? 

Eric Heyer : Les taux de vacance reflètent le mauvais appareillement entre les qualifications de la main d’œuvre recherchées par les entreprises et l’offre de la main d’œuvre : globalement, les entreprises recherchent une main d’œuvre très spécifique et ne la trouvent pas, à la fois parmi les jeunes qui viennent de terminer leur scolarité et chez les chômeurs qui sont à la recherche d’un emploi.

Il s’agit donc d’un mauvais appareillement entre l’offre et la demande. 

Il existe des incertitudes sur la façon dont on pourrait bien mesurer le taux de vacance. Néanmoins, dans le cas de la France, il est logique que l’appareillement entre l’offre et la demande ne se fasse pas immédiatement du fait notamment de problèmes de mobilité de la main d’œuvre. L’idée que l’économie française souffre d’une certaine rigidité et que l’appareillement en France est moins bon qu’ailleurs est assez répandue, or, cet indicateur remet en cause ce présupposé. 

Alors que les débats politiques pointent régulièrement cette question des emplois vacants, ce qui a notamment permis de justifier le programme mis en place par le gouvernement pour former 500 000 chômeurs, cette statistique ne vient-elle pas affaiblir un tel discours ? Dès lors, une telle mesure pourrait-elle être efficace ?  

Il ne faut pas considérer que parce que le taux d’emplois vacants est globalement supérieur dans les autres pays européens, qu’il est nul en France. L’idée du gouvernement n’est donc pas saugrenue dans la mesure où aujourd’hui les chômeurs sont nombreux et où certaines entreprises recherchent de la main d’œuvre. Il serait donc souhaitable d’essayer de faire en sorte que cette offre et cette demande se rencontrent et de permettre aux personnes au chômage d’être formées aux offres d’emplois non pourvues. La formation spécifique est un préalable à l’embauche et offre de meilleurs résultats que la formation générale en termes d’insertion sur le marché du travail. 

Ce n’est pas parce que le problème français en termes de vacance d’emplois est moins grave qu’ailleurs qu’il ne faut pas s’y intéresser. 

En France, quels sont les secteurs où sont enregistrés les taux de vacance d'emplois les plus élevés ? Pourquoi ?

Généralement, les emplois les plus concernés par les taux élevés sont les métiers de bouche (la restauration, l’hôtellerie), qui sont des emplois avec des conditions de travail difficiles et une rémunération relativement basse. Cela renvoie à la question de l’attractivité de certains métiers et cela se retrouve dans les statistiques de vacance d’emplois. Il existe également certains métiers en tension tels que les métier d'ingénieurs commerciaux, d'informaticiens, pour lesquels un effort devrait être fait pour attirer davantage les jeunes car il y a des offres non pourvues.   

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par vangog - 21/03/2016 - 10:11 - Signaler un abus L'idéologue de la grande famille de la pensée unique!

    Je n'ai pas lu Heyer, car il incarne tellement l'arrière-garde gauchiste qui tire ses dernières cartouches, avant la fin de la bataille...il me fait penser à ces combattants socialistes, en 1944, qui continuaient à vénérer le führer, dans leur trou d'obus, en relayant la propagande socialiste: "ayez confiance, car nous allons gagner la guerre!"...qu'il nous explique pourquoi le gauchisme a détruit l'industrie, en privilégiant les banquiers et les assureurs, et nous pourrons discuter emploi, ensuite...

  • Par essentimo - 22/03/2016 - 07:25 - Signaler un abus Sans doute

    parce qu'il y a moins d'entreprises !

  • Par kaprate - 24/03/2016 - 19:46 - Signaler un abus et aussi

    En France on a le plus haut niveau d emplois fictifs pourvus...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Eric Heyer

Éric Heyer est directeur du Département analyse et prévision depuis 2015 à l'OFCE.

Le département compte 17 économistes. Ils réalisent deux fois par an une prévision à court terme (6 trimestres) de l'économie mondiale ainsi que des prévisions à long terme (2010) pour le compte d'administrations ou des Assemblées.

Le département analyse également les questions de politique économique française et européennes (35 heures, fiscalité, politiques de l'emploi et politiques sociales, politique budgétaire et monétaire) et les questions structurelles (réformes fiscales, impact des nouvelles technologies). Les méthodes d'investigations sont les comparaisons internationales, les analyses économétriques et les modèles.

 

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€