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Suppression du mot "race" de la Constitution : quand le PS ne prend même plus la peine de masquer les petits calculs politiques qui nourrissent ses "grandes" visions

Jean-François Cambadélis a demandé à François Hollande d'intégrer à la prochaine révision constitutionnelle la suppression du mot race, présent depuis 1789. Une démarche propre à diviser la société et à renforcer le sentiments de victimisation, au moment où il faudrait davantage s'attarder à la rassembler.

Le mot de trop ?

Publié le - Mis à jour le 29 Janvier 2016
Suppression du mot "race" de la Constitution : quand le PS ne prend même plus la peine de masquer les petits calculs politiques qui nourrissent ses "grandes" visions

Atlantico : Le Parti Socialiste, par l'entremise de son sécrétaire Jean-François Cambadélis a demandé au gouvernement d'intégrer à la prochaine révision constitutionnelle la suppression du mot "race" : était-ce si urgent ?

Zohra Bitan : Cela pourrait être une mesure essentielle en un autre temps, un âge plus apaisé ; mais ce n'est malheureusement qu'une mesure symbolique sans impact, comme tout ce que fait ce gouvernement quand il se complaît dans la commémoration et le symbole pour camoufler les vraies priorités que sont le chômage, la précarité ou la lutte contre l'antisémitisme.

Cela ne changera rien au fond.

Ce gage envoyé aux antiracistes ne vient-il pas juste pour contrebalancer l'annonce des mesures de déchéances de nationalité, très impopulaires au sein du parti ?

L'antiracisme est massacré par la toute puissance d'un antiracisme politique (la connivence entre SOS Racisme et le Parti Socialiste en est l'exemple le plus exaspérant), une gabegie qui dure depuis maintenant 30 ans et qui a muté sur d'autres souches racistes et encouragé les dissensions. Le gouvernement donne des gages sans poids, quand ceux qu'il devrait donner en réalité sont des gages d'accès au logement, de luttes pour le logement et contre la précarité... et surtout de rassemblement de la communauté nationale. La victimisation symbolique empêche toute action de terrain, et devient presque nocive.

On jette de l'huile sur le feu. Car ce gouvernement passe véritablement son temps à commémorer et à faire des actes symboliques. Et c'est une chose grave : on assiste au quinquennat du symbole et de la diversion. La déchéance de nationalité est du même acabit, du même type d'habillage, et on commence à se demander si l'ADN du Parti Socialiste n'est pas dans l'invention des symboles creux quand surgissent les problèmes. Un symbole ne fait pas une solution, cela se saurait.

Si supprimer le mot race de la Constitution était un signal fort, dans l’État de notre société, avec les attentats et la division qui s'ensuit, forte comme on ne l'a jamais eu, une France divisée comme un patchwork se désolidarisant, cela se saurait ! Et les Français pensent que l'on se moque d'eux. Car le premier vrai pas pour tout antiraciste honnête passe par des mesures économiques. Pas uniquement, c'est certain, mais c'est un point de départ, auquel il faudra bien un jour ou l'autre adjoindre la question de la responsabilité et du rôle des parents, la réorientation de la politique urbaine. Ce n'est pas en criant la République que la République se met debout !

Les effets d’une telle mesure sont donc plus négatifs que positifs ?

La suppression du mot race ne va pas changer le destin de ces 10 millions de pauvres, de ces 32% de jeunes qui sont en âge de travailler et qui pointent à pole emploi. Rien. Cette mesure symbolique ne sert pas à grand chose, c’est comme la peine de mort. Par contre, si la politique du gouvernement avait été efficace au quotidien, si elle avait changé la vie des Français, cette mesure aurait apporté du crédit à François Hollande. Mais cette mesure ne va rien résoudre du tout sauf à faire plaisir une petite minorité. Ce gouvernement n’a plus de boussole. Il suffit de voir les dernières déclarations du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve qui explique que "la France a incontestablement des racines chrétiennes". Le PS n’a plus de colonne vertébrale. Les membres du gouvernement et les socialistes piochent partout au grès de l’atmosphère. En fonction de là où ils prennent la température, un coup au FN, un coup à droite, un autre auprès du peuple, ils orientent leur discours. Il n’y a pas de cap. 

Supprimer un mot ne supprime donc pas le problème...

Comment peut-on s’introduire dans la tête de chaque citoyen et lui intimer l’ordre de ne pas être raciste ? Celui qui a la recette, qu’il vienne vite nous la donner ! Ce n’est pas en supprimant le mot race qu’on empêchera les gens dans leurs salons, au bistrot du quartier, au bureau d’être raciste s’ils en ont envie. certes être raciste est un délit. Mais supprimer le mot race revient à planquer le racisme sous le tapis. Le délit de racisme ne doit pas induire un déni du racisme ! Cette suppression du mot race est également troublante puisqu’elle survient après la fameuse attaque de Claude Bartolone pendant la campagne des régionales où il n’hésite pas à utiliser le mot race contre son adversaire Valérie Pécresse. L’hypocrisie est donc flagrante. Mais à la veille des présidentielles, le clientélisme politique, qui consiste à adresser à chacun un message, bat son plein. Chaque politique adresse un message à une communauté en particulier mais personne ne s’adresse à la communauté nationale en tenant un discours rassembleur qui répond à la première problématique des français qui est de sa savoir : comment je mange et comment je termine mon mois. Bilan : au lieu d’avoir un seul message, on a 100 messages qui se contredisent et créé une cacophonie redoutable, et la politique nous offre un spectacle pitoyable. 

 
Commentaires

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  • Par zouk - 23/01/2016 - 11:24 - Signaler un abus Le PS et la Race

    Simple idéologie ou électoralisme? Pourquoi s'arrêter à la Constitution, révisons aussi le dictionnaire, le Littré d'abord, les autres en dérivent.

  • Par Anguerrand - 23/01/2016 - 12:25 - Signaler un abus Ce texte ne passera jamais au congrès

    Juste une question, s'il n'y a plus de race, il ne peut plus de racistes, aucun délit ne pourra être condamné pour racisme. Fini les amendes politiquement immonde contre Zemmour.

  • Par Gordion - 23/01/2016 - 14:12 - Signaler un abus @zouk

    ..les deux mon capitaine! L'idéologie "sartrienne" de la gauche est connue, la manœuvre électoraliste aussi: il faut bien remplacer les ouvriers, artisans, et "petits blancs "qui votent FN. La médiocrité politicienne est infinie.

  • Par lexxis - 23/01/2016 - 14:22 - Signaler un abus INUTILEMENT MEDIOCRE!

    S'il suffisait de supprimer le mot "con" pour supprimer tous les cons du pays et faire de la France un pays intelligent, cela se saurait! L'abrogation du mot, qui n'est pas responsable de sa propre signification, fait sur le plan de la liberté penser à ces autodafés de sinistre mémoire. Mais, il est vrai qu'en moins de quatre ans, la liberté de pensée a beaucoup régressé dans l'ancienne patrie des droits de l'Homme, qui devient de plus en plus celle de la bien-pensance et de la pensée unique qui va avec?. Dommage!

  • Par Vipas - 23/01/2016 - 15:22 - Signaler un abus race et racisme

    Si on supprime le mot "race", il faut aussi supprimer le mot "racisme" son dérivé ... Après que la droite du XIXe et du XX ait abusé du premier, la gauche a abusé du second alors qu'il aurait fallu parler d'affrontement entre idéologies (religieuses et sociétale). Dénoncer l'idéologie de l'islam (des Arabes, Turcs, Pakistanais ou Blancs aux yeux bleus) n'est pas s'attaquer à un race mais à un modèle de société.

  • Par Deudeuche - 23/01/2016 - 19:22 - Signaler un abus Pourquoi supprimer le mot race

    on a bien supprimé la définition millénaire du mariage en critiquant sa référence à la nature et y incluant les névroses sexuelles. Pourquoi pas supprimer les races par décrets et puis la mort par décret et puis...C'est une idée populaire chez nos référents habituels les 1/10 de la population mondiale, l'Occident post moderne. Ici c'est comme la MATMUT tout est possible tout est réalisable, ....pour l'instant! Pendant que l'Occident délire les autres continent attendent la fin car le malade est dans un état bien avancé.

  • Par emem - 23/01/2016 - 20:22 - Signaler un abus Y'a mieux !

    Il vaudrait mieux supprimer le mot chômage. Et si le chômage disparaît, moi président pourra se présenter en 2017. C'est tout bon.

  • Par clint - 23/01/2016 - 21:08 - Signaler un abus Ils ont raison ! On ne nous tue pas pour notre race !

    Les attentats de Paris, New York, Madrid, etc n'ont pas été faits contre notre "race" mais contre notre culture, voire notre religion !!

  • Par vangog - 23/01/2016 - 21:43 - Signaler un abus Égalitarisme et nivellement par le bas...

    sont les deux mamelles du socialisme, une piètre idéologie qu'il serait souhaitable de voir rayée de toutes les mémoires des Français...Même Zohra Bitan, qui semble être lucide, ne sait plus où orienter son vote, dorénavant! Cette idéologie passéiste s'est tuée toute seule. Les économistes du PS, Cohen, Aghion, Berger, Piketty, Cette se sont ridiculisés, et les idéologues terranovistes infligent à la France l'affligeante pensée unique qui trouve son paroxysme dans l'inversion des valeurs et l'abstraction des mots. Lourd héritage pour les patriotes qui arrivent...

  • Par winnie - 24/01/2016 - 07:19 - Signaler un abus depuis combien de temps ....

    Y a t il du chômage de masse ? Depuis les années 80 ! Trente cinq ans donc! Et la soudainement,au bout de bientôt 4 ans de mandat, ce président incompetant et impopulaire, par ce qu'il ne pense qu' a sa reelection voudrait nous faire croire qu'il va endiguer le chômage ? Évidement comme il n'ont aucune envie d'éradiquer le chômage, il amuse son monde avec des mesurettes sans importance ou des réformes destructrice des fondements de la societe qui feront plaisir a une minorité soit influente soit potentielement electrice. Mais au fait Hollande l'imposteur,veut se représenter,mais pour quoi faire ?

  • Par winnie - 24/01/2016 - 07:24 - Signaler un abus Peut etre....

    En supriment le mot race, nos chers collabo pourraient envoyer devant les tribunaux rouges toute personne prononçant ce mot ?

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Zohra Bitan

Membre fondatrice de La Transition, Zohra Bitan est cadre de la fonction publique territoriale depuis 1989, ancienne conseillère municipale PS de l'opposition àThiais (94), et était porte-parole de Manuel Valls pendant la primaire socialiste de 2011. Militante associative (lutte contre la misère intellectuelle et Éducation), elle est l'auteur de Cette gauche qui nous désintègre, Editions François Bourin, 2014.

 

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