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Stop aux solutions cosmétiques : faisons la révolution de l’École, et maintenant !

Premier rentrée des classes pour Vincent Peillon, le ministre de l'Education. Rentrée des classes d'un système éducatif à bout de souffle, injuste et inefficace. La secrétaire nationale de l'UMP en charge de l'Egalité des chances présente ses propositions pour sortir de l'ornière.

Tribune

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C’est la rentrée des classes. C’est aussi celle de Monsieur Peillon, qui fait le tour des média en martelant le même message idéologique. Sous couvert d’une rhétorique anti-Sarkozy, ses premières décisions montrent bien que sa seule ambition est de brosser le mammouth dans le sens du poil, tout en faisant croire aux Français qu’un enseignant par-ci, un enseignant par-là, changeront toute la donne… Ce n’est pas sérieux. Quand un élève sur cinq sort du CM2 sans savoir lire et écrire, c’est d’une Révolution dont l’Ecole a besoin !

Arrêtons de nous voiler la face : le système éducatif actuel est injuste et inefficace.

Non seulement les résultats ne sont pas à la hauteur mais, pire, l’Ecole profite aux élèves « privilégiés ». Dans notre système, ce sont ceux qui ont accès aux bonnes informations qui s’en sortent, soit parce que leurs parents connaissent les tuyaux (les enfants de profs), soit parce qu’ils peuvent leur payer l’enseignement privé et les cours particuliers (les enfants de cadres et tous ceux qui parviennent à faire les sacrifices financiers nécessaires).

Les enfants des classes moyennes et populaires, ceux qui vivent en milieu rural ou dans les banlieues, sont les victimes de ce régime à bout de souffle : ils se retrouvent aux marges de l’Education nationale, avec une course d’obstacles à franchir avant de pouvoir prétendre à la réussite.

La quantité ne sert par la qualité : la preuve par l’exemple.

Prenons l’exemple du lycée de Nanterre (ses 64% de bacheliers en 2011 le classent dernier de son académie et parmi les 100 lycées de France les plus en difficultés) : ce lycée a pour caractéristique d’accueillir des familles fragiles, avec une très faible diversité sociale. Il est littéralement fui par les parents qui usent de toutes les méthodes pour envoyer leurs enfants ailleurs.

Des élèves doués de tous les talents (scolaires, créatifs, motivés, travailleurs) y sont scolarisés. Aucun ne mérite d’y être ainsi "abandonné". Ni les enseignants d’ailleurs. Alors, que faire ? Quelles solutions concrètes mettre en œuvre ? Ne cherchons pas midi à quatorze heures : il existe globalement quatre types de solutions.

La première serait d’augmenter les moyens. Le lycée aurait certainement besoin d’une bonne rénovation et de nouveau matériel, tant son apparence elle-même est peu attractive. Mais une fois les murs refaits et les ordinateurs changés, une fois que le chauffage fonctionnera (ce n’est pas toujours le cas…), tout sera comme avant ! Les problèmes structurels demeureront. Il y aura toujours aussi peu de diversité sociale, et aucun changement dans la méthode pédagogique quotidienne.

Une deuxième solution serait d’augmenter le nombre d’enseignants. Vincent Peillon a promis 250 postes supplémentaires dans l’éducation prioritaire … soit 1 professeur pour 1120 élèves environ. A Nanterre, un, deux ou même trois enseignants de plus pourront-ils supporter à eux seuls le redressement de cet établissement ? La solution est coûteuse et changera peu de choses : que les classes aient 3, 4 ou 5 élèves de moins, elles resteront en grande difficulté. Un enseignant se fiche d’avoir 25 ou 30 élèves dans une classe, si les 25 ou les 30 sont dissipés, fréquemment absents, ne maîtrisent pas les fondamentaux, ou encore se désintéressent de ce que l’école peut leur apporter.

Une troisième solution serait d’imposer une carte scolaire rigide (dernière annonce en date du Gouvernement). En pratique, toutes les familles qui en ont les moyens financiers ou qui sont prêtes à faire les sacrifices nécessaires fuiront vers le privé - ce qu’elles font déjà (sauf si Terra Nova parvient à faire interdire la liberté de l’enseignement privé comme elle le propose !). Beaucoup de familles musulmanes, dans les quartiers, font déjà le choix massif de l’enseignement catholique. Le contournement restera la règle et les plus défavorisés en souffriront toujours.

Ce qu’il faut, c’est que le lycée de Nanterre donne envie aux familles d’y inscrire leurs enfants, aux élèves d’y passer du temps, aux enseignants d’y travailler et d’y être performants. En un mot, il faut qu’il soit attractif, dynamique, bon. Repeindre les murs ou ajouter un enseignant ne suffiront pas, ni même la meilleure volonté de l’équipe pédagogique : il faut à cet établissement plus de liberté, plus de confiance, plus de compétences, plus de responsabilités.

La dernière solution, c’est la révolution scolaire. Celle de l’autonomie qui nous conduit à repenser l’ensemble de notre système pour lui donner plus de liberté et de chances de réussite. Celle de la confiance qui donnerait aux enseignants et aux proviseurs les moyens de leur travail, seul gage de leur succès. Celle de la responsabilité individuelle et collective qui motive et qui valorise. L’autonomie donnerait au proviseur du lycée et à son équipe la responsabilité de construire leur projet de A à Z, en se fixant leurs objectifs et en ayant leurs propres moyens : ceux de choisir les enseignants ; ceux d’expérimenter des pédagogies (qu’elles soient innovantes ou traditionnelles) ; ceux de nouer des partenariats scolaires, universitaires, culturels, entrepreneuriaux et même financiers ; ceux d’associer les parents ; ceux qui permettront de créer un climat de travail dynamique et d’autorité retrouvée.

Il faut que des managers prennent le pouvoir et gèrent les établissements autrement, librement. Le rôle de l’Etat, c’est de leur donner un cadre et d’évaluer les résultats en fonction d’objectifs nationaux, pas de décider uniformément et systématiquement depuis Paris. D’autres pays le font : ils osent faire confiance aux individus. Ils ne réclament pas sans cesse l’homogénéisation et l’uniformisation du système sous prétexte d’égalité, ne faisant que renforcer avec hypocrisie les inégalités existantes.

Sans cette révolution, le système scolaire français restera l’imposture qu’il est devenu, faisant croire qu’il est égalitaire alors qu’il est inéquitable : il continuera de sacrifier les familles les plus fragiles au seul bénéfice des plus riches et des mieux informés. Il faut faire la révolution scolaire, maintenant !

 
Commentaires

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  • Par ghislfa - 09/09/2012 - 11:28 - Signaler un abus Le parti auquel elle appartient

    est au pouvoir depuis 10 ans sans aucun partage. Aurait-il été une association de rois fainéants?

  • Par SEGUSINE - 09/09/2012 - 15:02 - Signaler un abus revolution

    Plus de reformes technocratiques svp.Qu'on s'occupe un peu des eleves et moins des profs ou des familles (donc des electeurs). Et qu'on oublie cette caste de pretendus experts et autes specialistes qui ne sont que de vulgaires coinces dogmatiques.

  • Par boblecler - 09/09/2012 - 15:31 - Signaler un abus N'importe quoi les parents,

    N'importe quoi les parents, il suffit de remettre la répétition qui donne des résultats sur la dyscalculie ou la dyslexie et l'ancien gouvernement était trop pour appliquer cette solution simple avec une tablette et des écouteurs. Les méthodes syllabiques pour la lecture et le retour du calcul mentale jusqu'à 10 ans. La découverte de l'astrolab ou du compas pour la trigo et la méthode bourbaki . les leçons de chose jusqu'à la génétique pour expliquer les gênes dominants récessifs, l'histoire géographie avec la philosophie et les sciences physiques avec la chimie, l'électronique, la mécanique et l'astro physique en lieu et place de la théorie du genre? oh c'est fait en dix minutes.

  • Par DEL - 10/09/2012 - 00:32 - Signaler un abus Ah bon?

    Je ne vois pas en quoi plus d'autonomie apportera en soi-même une solution: les mentalités doivent évoluer: tant qu'un enseignant refusera d'enseigner un savoir ou une compétence à un élève, au prétexte qu'il n'est pas là pour cela, ou au prétexte qu'il n'en n'a pas envie, on ne s'en sortira pas. Et je les connais les enseignants, j'en suis.

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