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Steve Jobs : révolutionnaire du réel

Steve Jobs mort. C'était un personnage fascinant, mais ce qui est plus fascinant encore, c'est la révolution qu'il a mise en branle en humanisant la technologie sur plusieurs fronts à la fois : l'ordinateur personnel, la musique, le film d'animation, la téléphonie et la consommation de l'information.

Apple

Publié le - Mis à jour le 6 Octobre 2011

[Cet article avait été publié sur Atlantico en août dernier.
Nous le publions à nouveau suite au décès de Steve Jobs]

Le bruit causé par le départ de Steve Jobs est certainement sans équivalent dans l'histoire de l'industrie. Rien d'étonnant à cela. Même l'un des patrons les plus emblématiques et écoutés des Etats-Unis, Jack Welsh, l'ancien PDG de General Eletric admettait sur CNN qu'il n'y a pas de mot pour décrire la singularité de Steve Jobs — et j'ajouterais, celle d'Apple, probablement la société la plus prestigieuse du monde et certainement l'un des rares exemples de prospérité optimiste dans une économie globale en crise.

En 1984, Apple stupéfiait le monde par sa publicité introduisant le Mac. Aujourd'hui, les prisonniers au regards vide sous l'emprise de Big Blue sont sortis de leur bagne et utilisent en toute liberté des Macs, iPods, iPhones et iPads. Steve Jobs a changé le monde en un coup de massue. Le succès de cette irrévérence révolutionnaire vis-à-vis de l'ordre établi était imprévisible en 1984, mais les visionnaires sont ceux qui savent faire transformer en évidence ce que personne n'aurait imaginé. 

Steve Jobs est certainement un personnage fascinant, mais ce qui est plus fascinant encore, c'est la révolution qu'il a mise en branle en humanisant la technologie sur plusieurs fronts à la fois : l'ordinateur personnel, la musique, le film d'animation, la téléphonie et la consommation de l'information. Il n'y a peut-être guère qu'Edison qui ait eu un impact social similaire. L'innovation dans les deux cas n'est pas simplement l'application de créations techniques, mais l'art de les adapter pour les faire adopter et de faire ainsi évoluer les comportements. En d'autres termes, si les innovations comme telles peuvent ravir les geeks, c'est leur impact dans la vie des gens que l'histoire retient légitimement. On n'achète pas un iPhone pour ses spécifications techniques, mais pour son usage et la magie qui se dégage de son utilisation.

Les adeptes d'Apple de la première heure – dont j'étais comme fondatrice et PDG d'ACI, qui publia la première base de données relationnelle graphique sur le Mac, 4e Dimension — sont désormais la minorité invisible au milieu des centaines de millions de fans d'Apple aujourd'hui. Ces fans n'ont pas l'éphémérité des suiveurs virtuels. La société la plus prestigieuse du monde est aussi la moins active sur les social networks et crée des dizaines de boutiques fabuleuses au moment où tout le monde réduit son empreinte dans le monde réel. Mais voilà, les fans d'Apple ont envie de se rencontrer pour de vrai, de voir de leurs yeux les produits et plus encore de les toucher, dans des espaces authentiquement luxueux. Cet ancrage gratifiant pour les gens dans la réalité est mémorable pour ceux qui en font l'expérience, et c'est aussi ce qui garantit la pérénité d'Apple. IBM a fêté cette année ses 100 ans, date de création par Thomas Watson de ce qui était  la Computing Tabulating Recording Corporation. Soixante-cinq ans nous séparent du centenaire d'Apple. Même s'il est vrai que le rythme du changement tend à s'accélérer, Apple a créé un mouvement durable en donnant aux individus le pouvoir d'utiliser la technologie sans avoir à la connaître et en démontrant que les masses aiment les beaux objets – en d'autres termes que la grande consommation n'exclut en rien le luxe.

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Il existe beaucoup de livres sur Apple. Steve Jobs doit publier son autobiographie à l'automne. Si vous voulez bien comprendre les débuts du Macintosh, je recommande la lecture du livre de l'un de ses co-créateurs, Andy Hertzfeld, Revolution in the Valley (en anglais), paru en 2004.

 
Commentaires

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  • Par ropib - 31/08/2011 - 11:18 - Signaler un abus ce qui plait chez Jobs

    Jobs n'est justement pas un révolutionnaire, il permet de faire croire à ceux qui ont une certaine position, ou ceux qui veulent en avoir une, que la technologie ne change rien au monde. Or on peut remarquer qu'à chaque fois qu'Apple sort un nouveau produit il transforme le marché de telle manière que des "suiveurs" peuvent le casser derrière. Apple reste toujours aussi has-been.

  • Par rafoudol - 31/08/2011 - 12:10 - Signaler un abus apple un leader

    Apple crée les tendances, et les autres essayent de copier pour suivre, c'est une réalité...

  • Par ropib - 31/08/2011 - 13:56 - Signaler un abus @rafoudol

    Non Apple pousse les tendances jusqu'à leur paroxysme mais dans la continuité, ceux qui "suivent" sont en rupture. Ça été vrai avec le pc, avec les smartphones, le media center, on verra avec les tablettes (c'est bien parti pour être le cas encore une fois).

  • Par DeSuisse - 31/08/2011 - 17:29 - Signaler un abus Et un article de Geek, un !

    Cette dame prêche pour sa paroisse et le 'rêve' généré par Apple est celui dans lequel tombe les 'trend followers' qui sont autant de 'money cows' qu'il faut traire. La meilleure preuve, c'est iTunes... Et là, le rêve disparaît derrière un monceau de pognon!! Pénible à lire, en vérité!

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Marylène Delbourg-Delphis

Marylène Delbourg-Delphis est l'une des premières femmes européennes à s'installer dans la Silicon Valley, elle a aussi été P-D.G. de deux autres sociétés américaines (Exemplary, acquise par Persistent Systems et Brixlogic, acquise par Diebold).

Consultante en stratégie et management, facilitatrice M&A, membre du conseil d'administration, advisor ou P-D.G. intérimaire, elle a assisté comme une trentaine de start-ups (infrastructure, cloud, services en ligne et social media).

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