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"The Square" - Notre société passée au scalpel : impitoyable et accusateur

Atlanti-culture

Publié le
"The Square" - Notre société passée au scalpel : impitoyable et accusateur

CINEMA

The Square

De Ruben Östlund

Avec Elisabeth Moss, Dominic West, Claes Bang

 

RECOMMANDATION

EXCELLENT

THEME

Christian est le directeur d’un grand musée d’art contemporain à Stockholm. On y installe des œuvres insolites, tels ces tas de graviers bien rangés comme des petits soldats dans un espace dédié. C’est de l’art ? Personne ne pose cette question, personne ne veut y penser.  Quand « The Square » (palme d’or au dernier Festival de Cannes) commence, les managers du musée sont réunis pour rencontrer des communicants chargés de vendre aux médias la prochaine exposition intitulée Le Carré (The Square). Ceux-ci présentent leur projet à l'aide d'une vidéo aussi surprenante que tout ce qui se trouve dans le musée.

Il y a bien quelques objections dans l’assistance mais le directeur les balaie distraitement. Il a tort, la vidéo concoctée par nos communicants va être ravageuse.

POINTS FORTS

Cette intrigue saugrenue est une satire des mœurs artistiques de notre époque mais pas seulement. Le directeur se trouve aussi confronté par les hasards du scénario à une frange de la population qui ne vient jamais dans les musées. Il découvre ainsi la précarité et cela nous le rend très humain. Père divorcé, il s’occupe aussi de ses deux filles pré-adolescentes. Bref « The square » est d’abord un portrait d’homme ordinaire confrontée aux situations de la vie quotidienne.

Au cœur de l’intrigue, le montage de cette future exposition assez extravagante. Il s’agit de dessiner un carré à l’intérieur duquel règnera la concorde, la paix, l’amour, un lieu utopique qui n’existe nulle part au monde, mais précisément va exister dans ce grand centre d’art de Stockholm.  Au passage, la charge contre les communicants qui risquent de faire échouer le projet avec méthode est réjouissante. Visiblement, le réalisateur maîtrise son sujet et sait de quoi il parle (lire plus bas).

À l’actif du cinéaste, quelques scènes assez incroyables que l’on ne racontera pas parce qu’elles valent le déplacement. Disons qu’il y a des confrontations houleuses entre deux types de population, les riches en argent et en culture et ceux qui habitent à la périphérie. Il y a donc deux axes dans ce film : une satire des « cultureux » et une dénonciation du monde occidental inégalitaire. C’est cette dernière problématique qui est au cœur de « The Square » et qui a sans doute conduit le jury de Cannes à lui accorder la palme d’or.

POINTS FAIBLES

Au passif du cinéaste, le film est long, deux heures vingt, et s’égare parfois loin de son propos central. On lui reprochera quelques séquences qui paraissent interminables, même si c’est pour la bonne cause qui est de souligner l’irresponsabilité des nantis et leur lâcheté.   

EN DEUX MOTS

Le titre du film, « The Square », tient son nom d’un projet artistique réel exposé dans un musée du sud de la Suède par le réalisateur et le producteur du film qui tous deux travaillent dans le monde de l’art contemporain. Ce projet comportait l’installation d’un sanctuaire humanitaire symbolique. Dans un carré situé sur la place centrale d’une commune, les citoyens auraient les mêmes droits et les mêmes devoirs. 

 
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François Quenin pour Culture-Tops

François Quenin est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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