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Le soutien scolaire numérique : futile ou utile ?

À la rentrée 2013, plus de 30 000 élèves de sixième scolarisés en éducation prioritaire se verront proposer "une offre numérique de soutien scolaire".

Ecole 2.0

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Atlantico : À la rentrée 2013, plus de 30 000 élèves de sixième scolarisés en éducation prioritaire se verront proposer "une offre numérique de soutien scolaire", a annoncé le ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon. Ce nouveau dispositif sera expérimenté dès janvier 2013 pour une durée de six mois par le Centre national d’enseignement à distance (CNED). Ces élèves auront accès aux ressources du CNED et pourront dialoguer à distance avec l’un des 1 170 professeurs du centre. De retour chez eux, ils pourront continuer à travailler avec le soutien en ligne d’un enseignant.

A l’heure qu’il est, les établissements scolaires français ont-ils les ressources nécessaires pour appliquer un tel dispositif ?

Jean-Rémi Girard : Les établissements scolaires sont très inégalement dotés en termes de parc informatique. La question est surtout de savoir quand ces élèves pourront bien avoir accès à ces ressources, et encadrés par qui. Il ne faut pas croire qu'en les laissant seul devant un ordinateur, ils vont miraculeusement se mettre à travailler dans la joie et la bonne humeur (que ce soit au collège ou chez eux). D'autre part le CNED est une structure efficace disposant de professeurs compétents, mais dont l'activité professionnelle est déjà lourde. Le ministre ne pourra pas leur demander d'assurer du soutien en ligne sans par ailleurs alléger leur charge de travail et/ou leur donner une compensation financière.

Quels pourraient être les avantages d'un soutien à distance (par opposition à un soutien "physique") ?

J'imagine que l'avantage est qu'il peut être accessible à n'importe qui d'équipé, et n'importe quand. Mais à mon sens, la liste des points positifs s'arrête là. La relation pédagogique entre un professeur (y compris quelqu'un donnant des cours particuliers) et des élèves n'est pas remplaçable par un écran d'ordinateur. À cet âge, la transmission des savoirs scolaires ne peut être effectuée de façon désincarnée. La présence d'un adulte est nécessaire pour que les connaissances puissent passer vers l'enfant. La plate-forme proposée par le ministre est donc un outil sur lequel des adultes pourront s'appuyer — et en cela elle peut avoir une utilité réelle — mais elle ne peut remplacer un professeur.

« Il n'y a pas de raison que le soutien soit réservé aux élèves dont les parents peuvent payer des prestataires privés » a déclaré le ministre. Comment s'assurer que les élèves qui en auront besoin seront suffisamment équipés ? La fracture numérique ne va-t-elle pas constituer un obstacle ?

Les collectivités locales peuvent intervenir en matière d'équipement, mais l'on sait bien que d'un endroit à l'autre, la situation varie énormément, ce qui nuit à l'égalité républicaine d'ailleurs. La question n'est de toute manière pas qu'une question matérielle. Être équipé ne suffit pas : encore faut-il savoir se servir correctement des outils numériques, et les utiliser à des fins pédagogiques. Je ne vois pas pourquoi des élèves chez qui l'utilisation de l'ordinateur ou du téléphone mobile se résume souvent aux blogs, aux réseaux sociaux et aux jeux et qui pour beaucoup ne font déjà pas le travail demandé par leurs professeurs deviendraient tout à coup addicts au soutien scolaire en ligne. Cela me paraît utopique.

 
Commentaires

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  • Par pidmerd - 13/12/2012 - 14:51 - Signaler un abus ILLETRISME ET ANALPHABETISME GRANDISSANTS

    Lorsque j'étais élève (dans les années 60), le mobilier se réduisait à un pupitre en bois doté d'un encrier et d'un tableau noir. Les livres étaient au nombre de 3 (un bled pour le français, un livre de maths et un d'histoire/géo). En fin de primaire, nous savions tous lire, écrire et compter et nous pouvions poursuivre notre cursus au collège, lycée et fac. Aujourd'hui le mobilier est design , les tableaux numériques (donc reliés à des ordi. individuels) ont remplacé le tableau à la craie (il faut bien faire marcher la pompe à fric), les innombrables livres sont changés chaque année. Résultat : les élèves sont de plus illettrés et analphabètes. Cherchez l'erreur !!!

  • Par kettle - 13/12/2012 - 16:06 - Signaler un abus Réinventer la roue

    L'eleve pourra demander a l'instit par email et webcam une question dont la reponse est dans Wikipedia ou autre? Super !

  • Par kettle - 13/12/2012 - 16:09 - Signaler un abus Ah! Nous y voila !

    "Le ministre ne pourra pas leur demander d'assurer du soutien en ligne sans par ailleurs alléger leur charge de travail et/ou leur donner une compensation financière." --- Si les intits faisaient leur job correctement il n'y aurai pas besoin de soutien sclolaire !

  • Par géodith - 13/12/2012 - 19:12 - Signaler un abus Encore du flan

    le numérique existe déja... Mes élèves m'envoient des comptes rendus par internet... J'espère qu'il y aura un bon correcteur d'orthographe ! Questions qui fachent : combien cela coute-il et qui paye ?

  • Par Lennart - 14/12/2012 - 07:43 - Signaler un abus Cela apporte beaucoup ...

    ... aux élèves ou seulement aux fabricants des ordinateurs qui refourgent très chers des produits à remplacer très régulièrement ?

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Jean-Rémi Girard

Jean-Rémi Girard est vice-président du SNALC-FGAF (Syndicat National des Lycées et Collèges). 

Il tient le blog sur l'Education nationale "Je Suis en retard" : http://celeblog.over-blog.com

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