Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Lundi 25 Septembre 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

« Une source d’incertitude » : les mots magiques de Mario Draghi à propos de la « volatilité de l’euro » pour continuer sa politique monétaire accommodante

Dans son discours du 7 septembre, Mario Draghi revient sur le second semestre de 2017 dans la zone euro. Avec une croissance en légère hausse et une inflation en baisse, il reste cependant méfiant.

Euro

Publié le
« Une source d’incertitude » : les mots magiques de Mario Draghi à propos de la « volatilité de l’euro » pour continuer sa politique monétaire accommodante

Plus de croissance et moins d’inflation, donc on continue : voilà le message de Mario Draghi, ce 7 septembre à Francfort. Plus de croissance, avec un deuxième trimestre 2017 à +0,6% contre un premier à +0,5%, avec une croissance prévue à 2,2% en 2017 pour la zone euro, puis à 1,8 % en 2018 et à 1,7% en 2019, soit un peu plus que dans les prévisions de juin. En même temps, l’inflation serait à 1,5% en 2017, puis à 1,2% en 2018 et à 1,5% en 2018, soit moins que prévu en juin. Plus de croissance, répandue dans tous les pays – c’est bien, mais beaucoup moins d’inflation – c’est là un vrai problème.

Comment gérer cette contradiction et poursuivre la politique monétaire ? 

« Donc on continue », à cause de l’euro qui doit être « surveillé » comme « une source d’incertitude » (The recent volatility in the exchange rate represents a source of uncertainty which requires monitoring). On se demandait comment Mario Draghi allait résoudre cette nouvelle équation, plus de croissance mais moins d’inflation. Il met en avant la récente et surtout brutale appréciation de l’euro. Elle percute son objectif unique, l’inflation proche de 2% à moyen terme, sachant qu’il a déjà beaucoup acheté de bons du trésor des pays de la zone euro, asséchant presque le marché de la dette allemande. Les questions portent donc dans la conférence de presse sur la logique qui sera suivie et ses modalités. La logique sera : la même ! Acheter des bons du trésor pour faire baisser les taux publics, taux qui feront baisser les taux bancaires, taux bancaires qui pousseront les entreprises et les ménages à s’endetter, et ainsi de suite. Alors les entreprises investiront plus, les ménages se logeront et s’équiperont, les entreprises embaucheront, le chômage baissera, les salaires monteront, puis l’inflation. C’est la logique suivie depuis le début, mais elle n’est pas mécanique. De moins en moins même. En effet, le poids de la crise est partout présent, avec un taux de chômage élevé (9,1% en zone euro). Le slack, l’excédent de main-d’œuvre est ainsi très fort, et l’exemple américain montre qu’un « plein emploi » avec un taux de chômage à 4,4% ne fait même pas monter les salaires et l’inflation. Mario Draghi aura-t-il assez de temps et de munitions, autrement dit de bons du trésor allemand à acheter ? Il doit en effet trouver six milliards d’euros par mois (10% des 60 milliards d’euros qu’il achète en fonction de la part du capital de la Banque centrale allemande dans la BCE), le tout dans un pays en excédent budgétaire !

Continuer, de combien et comment ? « Confiance, patience et persévérance » : Mario Draghi a martelé ces trois mots. Le dualisme du marché du travail est en fait l’ennemi, dit-il. Interrogé sur la politique d’Emmanuel Macron, Mario Draghi répond que, pour lui, le dualisme du marché du travail entre « emplois protégés » et « emplois précaires » est le vrai problème européen. Il indique ainsi que, dans la crise, les emplois protégés ont « tenu », faisant monter le chômage des autres emplois. Puis des emplois précaires ont été mis en place pour réduire cette montée du chômage. Puis ces emplois précaires (« aidés » ?) n’ont pas « tenu » dans la reprise en cours. La question, pour lui, est donc celle du dualisme à résorber (les Ordonnances ?). 

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par hermet - 08/09/2017 - 09:14 - Signaler un abus actuellement USA 2-Euro 0

    Pour l'instant Trump et les USA gagnent sur tous les tableaux et cela devrait durer vu la gouvernance de la zone Euro et quoiqu'en pensent les journalistes : Trump se plaignaient de l'Euro faible en arrivant : il est fort aujourd'hui en + les USA continuent à avoir une forte croissance contre toute attente. Bien joué pour eux mais le dollar et l'US army pèsent plus que l'Euro et la chancelière.

  • Par Labarthe - 08/09/2017 - 09:35 - Signaler un abus Gagner du temps

    Le problème de M. Dragui est surtout de gagner du temps jusqu'à la fin de son mandat, sans nouvelle crise qui prouverait les dangers de sa politique monétaire. Aussi c'est très simple, continuons à injecter de l'argent en faisant fonctionner la planche à billet donnant ainsi une impression d'amélioration de la situation économique.

  • Par vangog - 09/09/2017 - 08:06 - Signaler un abus "Les réformes prendront des années en France"...

    Elles n'ont même pas commencé, les réformes! C'est du maquillage, pur et simple, et les analystes feraient bien de se réformer, eux aussi, en attachant plus d'importance aux résultats d'une politique socialiste qui dure, dure, plutôt qu'aux vœux pieux d'un gourou, même s'il appartient à la grande famille des banquiers...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Paul Betbeze

Jean-Paul Betbeze est président de Betbeze Conseil SAS. Il a également  été Chef économiste et directeur des études économiques de Crédit Agricole SA jusqu'en 2012.

Il a notamment publié Crise une chance pour la France ; Crise : par ici la sortie ; 2012 : 100 jours pour défaire ou refaire la France, et en mars 2013 Si ça nous arrivait demain... (Plon). En 2016, il publie La Guerre des Mondialisations, aux éditions Economica et en 2017 "La France, ce malade imaginaire" chez le même éditeur.

Son site internet est le suivant : www.betbezeconseil.com

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€