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Soupçons de tricherie à la pollution diesel : l'Etat peut-il correctement assumer son double rôle de juge et partie dans l'affaire Renault ?

Premier actionnaire de Renault et garant du respect des règles, l'Etat Français se trouve aujourd'hui dans une situation compliquée : amené à intervenir pour réguler la situation, il doit aussi penser à ses intérêts économique... une évolution inévitable et nécessaire pour faire face au monde de l'économie moderne.

Schizophrénie nécessaire

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Soupçons de tricherie à la pollution diesel : l'Etat peut-il correctement assumer son double rôle de juge et partie dans l'affaire Renault ?

Atlantico : Dans l'affaire Renault, l'Etat reste très silencieux, malgré les appels de Ségolène Royal qui invitent le constructeur à rentrer dans le droit chemin. Dans quelle mesure peut-il cumuler à la fois le rôle de premier actionnaire et celui de garant des règles ?

Jean-Pierre Corniou : Je crois qu'il n'y a pas de contradiction fondamentale entre le fait que l'Etat soit actionnaire d'une entreprise industrielle et que par ailleurs il soit conduit à faire respecter un certain nombre de règles qu'il est en charge d'édicter. Si nous admettions le principe que l'Etat devait nécessairement se situer en dehors de toute situation relative à un conflit d'intérêt avec une entreprise dont il est propriétaire, il ne pourrait jamais être propriétaire d'une entreprise quelle qu'elle soit. Admettons que demain, la SNCF rencontre des problèmes d'ordre sécuritaire.

L'Etat sera d'office mis en cause, tant en tant qu'actionnaire que régulateur. De facto, sur le fond, le problème que vous soulignez est légitime. En pratique, nous assistons à une dichotomie du rôle de l'Etat. L'Etat est un agent économique capitalistique qui intervient en tant que tel, dans la vie économique. Mais il est également un régulateur économique. A ce titre, il intervient comme garant de l'intérêt général pour faire respecter les lois et les règlements qui ont été approuvées par le système démocratique.

Nous faisons donc face à deux logiques différentes, qui ne sont pas contradictoires, mais qui – comme c'est le cas à présent – peuvent entrer en conflit. C'est très courant. Pourquoi l'Etat vient-il en aide aux banques qui ne respectent pas ces mêmes règles ? C'est la même chose. On pourrait parler d'une espèce de schizophrénie, quand bien même il est possible de souligner qu'au gouvernement, ce ne sont pas les mêmes acteurs qui gèrent les différents intérêts. Par nature, le gouvernement couvre un champ d'action économique et social extrêmement large. Les cas de conflits entre les logiques verticales de l'action de l'Etat et la cohérence politique de son action sont légions. Il y a en permanence des conflits... Prenons les conflits sanitaires par exemple. L'Etat est supposé faire respecter la loi par tous les acteurs, ce qui n'empêche pas des défaillances, y compris dans la politique hospitalière, de santé...

Dans un Etat moderne, on fait face à une complexité systémique qui ne fait que croître, dans la mesure où l'information se développe forcément, et que tous les acteurs sont de plus en plus vigilants vis-à-vis de l'action de l'Etat. L'action publique n'en est que plus difficile. C'est également véridique pour celle des dirigeants d'entreprises : l'exigence de transparence permanente produit de nouvelles contraintes qui implique une vigilance extrême de tous les acteurs à tous les niveaux. Il est, par ailleurs, important que cette vigilance ne devienne pas inaction. Finalement, nous sommes certes dans un système profondément schizophrénique, mais c'est devenu nécessaire.

 
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  • Par clint - 21/01/2016 - 13:37 - Signaler un abus L'état avec Royal and Co ont changé les règles en cours de route

    Toutes ces voitures ont été homologuées par le service d'homologation de l' état. Entre temps, Royal toujours imprévisible, s'est crue très inspirée pour plaire aux Verts notamment, et a décidé de faire des prélèvements. Tout le monde de l'automobile sait que dans ce cas il ne peut qu'y avoir des différences. PSA, qui a toujours mis en avant le risque de licenciements si on ne lui laissait pas le diesel, a mis en place avant le changement des normes une solution qui renchérit le moteur de plus de €250. Cette solution nécessite un 2ème réservoir qui doit être rempli pour que le système fonctionne. Définitivement le diesel devrait être interdit pour les voitures : cher, notamment en entretien, et qui ne sera jamais aux normes

  • Par Anguerrand - 21/01/2016 - 16:24 - Signaler un abus La cruche Royale

    Elle aime tellement que l'on parle d'elle qu'elle parle plus vite que sa pensée. Renault est une marque française dont l'état detient des actions. Elle a réussi à faire baisser les actions Renault détenus par l'état de plus 680.000. 000 € . Bravo, elle a réussi à mettre le doute sur Renault qui commençait à bien se redresser. Le lendemain devant sa connerie elle a dit que plusieurs marques Allemandes était dans la même situation. Mme Royale ne sait donc pas que toutes les voitures passent les mêmes tests. Tout le monde sait que les chiffres constructeurs sont meilleurs que ce que nous consommons réellement, Ségolène a découvert l'eau tiède non sans conséquence pour Renault. Cette enarque est idiote, comme ses autres collègues de la promo Voltaire, dont Hollande.

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Jean-Pierre Corniou

Jean-Pierre Corniou est directeur général adjoint du cabinet de conseil Sia Partners. Il est l'auteur de "1,2 milliards d’automobiles, 7 milliards de terriens, la cohabitation est-elle possible ?" (2012).

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