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Souffrez-vous de la selfite ? Ne riez pas, l’obsession pour le selfie a été reconnue comme une véritable maladie par des experts

L'association américaine de psychiatrie a introduit comme nouveau trouble mental la "selfitie", maladie qui consiste à prendre compulsivement des selfies.

Quoi de neuf docteur ?

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Souffrez-vous de la selfite ? Ne riez pas, l’obsession pour le selfie a été reconnue comme une véritable maladie par des experts

Atlantico : L'association américaine de psychiatrie a introduit comme nouveau trouble mental la "selfitie", maladie qui consiste à prendre compulsivement des selfies. Qu'est-ce qui distingue un pratiquant lambda des selfies d'une personne atteinte de selfitie ?

Pascal Neveu : C’est en 2014 que le terme « selfitie » a été inventé et est rentré dans le champ de la psychiatrie américaine.

Les USA sont très créatifs dans la découverte et définition de nouveaux troubles mentaux, d’autant plus que les comportements jugés comme « excessifs » liés à l’utilisation d’internet, des smartphones, de leurs applications sont très étudiés, surtout depuis les fameuses addictions aux jeux vidéo et plusieurs décès.

Ainsi, ils définissent la selfitie comme « le désir obsessionnel-compulsif de prendre des photos de soi-même et de les afficher sur les médias sociaux pour compenser le manque d'estime de soi et combler un vide dans l'intimité ».

Selon l’Association Américaine de Psychiatrie, y aurait trois niveaux de troubles :

- limite : prendre des photos de soi-même au moins trois fois par jour sans les publier sur les réseaux sociaux (56% des utilisateurs)

- aigu : prendre des photos de soi-même au moins trois fois jour et affichage de chacune des photos sur les médias sociaux (35% des utilisateurs)

- chronique : avoir une envie incontrôlable de prendre des photos de soi et d'afficher les photos sur les médias sociaux plus de six fois par jour (9% des utilisateurs)

La critique de l’étude est très forte, car le « public » étudié est Indien (pays qui compte le plus de décès suite à des prises de selfies dangereuses : à ce jour 76 décès sur un total de 127 dans le monde), et, pour 90%, est âgé de moins de 25 ans…

C’est néanmoins le pays où l’utilisation des smartphones et notamment de Facebook est la plus forte au monde.

Cette population étudiée ne représente donc en aucune façon la diversité socio-culturelle mondiale.

Aussi, il est difficile de distinguer de manière formelle un utilisateur « lambda », d’un véritable « addict », si ce n’est cette échelle de valeur

Autre trouble étudié et lié aux nouvelles technologie : la nomophobie, ou la peur de ne pas avoir un portable à portée de main. Quels sont les ressorts de cette phobie ? Y a-t-il un lien entre les deux pathologies ?

Les chercheurs se sont amusés à demander à des étudiants d’éteindre leur smartphone pendant 10 minutes et mesurer le délai supportable.

En France, plus de 75% des étudiants parviennent sans difficulté à ne pas rallumer leur portable. En Inde, 70% des étudiants sont incapables de ne pas utiliser leur téléphone dans le délai imparti.

Être « connecté » joue sur notre quotidien, notre façon de vivre, en redéfinissant la relation à autrui, ce qui a forcément une incidence sur nos comportements d’interaction avec l’environnement.

 
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Pascal Neveu

Pascal Neveu est directeur de l'Institut Français de la Psychanalyse Active (IFPA) et secrétaire général du Conseil Supérieur de la Psychanalyse Active (CSDPA). Il est responsable national de la cellule de soutien psychologique au sein de l’Œuvre des Pupilles Orphelins des Sapeurs-Pompiers de France (ODP).

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