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Sondage exclusif : L’effet Macron ? L’enquête qui montre comment 55% des Français ont peur de la pauvreté

Un sondage exclusif Ifop pour Atlantico montre l'évolution chez les Français du regard sur la pauvreté et la responsabilité de l'Etat sur cette question. 55% des Français se sentent plus menacés qu"avant par la pauvreté.

Evolution chez les citoyens

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Info Atlantico
Sondage exclusif : L’effet Macron ? L’enquête qui montre comment 55% des Français ont peur de la pauvreté

 Crédit ludovic MARIN / POOL / AFP

Atlantico: Selon notre sondage 55% des Français se sentent plus menacés qu'avant de tomber dans la pauvreté, parmi eux 43% des cadres, mais seulement 28% des sympathisants LREM. Que nous apprend ce sondage sur le niveau d'angoisse dans la société, et sur cette exception des LREM ?

 
Christophe Boutin : Un taux de personnes craignant de tomber dans la pauvreté qui, très logiquement, est, de toutes les catégories socio-professionnelles interrogées, le plus faible chez les cadres : on monte à 62% chez les ouvriers, à 69% chez les employés et à 57% chez les professions intermédiaires.
Un résultat logique en tenant compte du fait que, si les cadres craignent de perdre du pouvoir d’achat lors d’une crise, ce serait, ils l’espèrent, sans descendre au seuil de pauvreté.
 
L’autre chiffre important est donc que plus d’un Français sur deux se sent directement menacé, avec, vous le signalez, d’importants écarts entre les différentes catégories. Par tranche d’âge, ce sont sans surprise les retraités qui sont le moins inquiet (37%), mais si ce sont les 35-49 ans qui le sont le plus (63%), les moins de 35 ans sont eux aussi inquiets à 58%. En fait, ce sont donc les retraités, avec leur score particulièrement bas, qui amènent ce résultat de 55% pour l’ensemble des Français, alors que les Français qui travaillent seraient plus proches d’une moyenne de 60%. Une crainte également partagée d’ailleurs entre salariés des secteurs privé (60%) et public (58%), avec, bien sûr, un pic de crainte chez les chômeurs (82%).
 
Quant aux autres éléments, il faut noter que, seuls sont vraiment confiants, puisque 35% seulement se disent inquiets, les titulaires d’un 2e cycle (M2, bac plus 5) ou 3e cycle (doctorat, bac plus 8) du supérieur. Pour tous les autres niveaux d’éducation, y compris pour les titulaires d’un premier cycle du supérieur (Licence, bac plus 3), on dépasse les 50% d’inquiets. Dernier élément, il n’y a qu’en région parisienne qu’une minorité (44%) est inquiète, partout ailleurs il s’agit d’une majorité, mais si l’on affinait, on trouverait sans doute une minorité de craintifs dans les métropoles régionales.
 
La conclusion est claire : celui qui n’est pas inquiet, aujourd’hui en France, de tomber dans la pauvreté, est un diplômé des 2e ou 3e cycles du supérieur, cadre, habitant en région parisienne. C’est la confirmation de la thèse de Christophe Guilluy sur la « France périphérique » et la division de la France en deux, avec d’un côté ceux qui sont les bénéficiaires des récentes évolutions et de la mondialisation et de l’autre ceux qui en subissent les conséquences… et le stress.
 
Or, effectivement, on ne peut pas ne pas faire un parallèle avec un autre chiffre, celui de ces 28% seulement d’inquiets dans les rangs de LaREM, - le seul autre parti qui soit en dessous de la moyenne étant le MoDem avec 48%. C’est logique, le parti arrivant en tête dans les métropoles, et notamment Paris, et étant très présent chez les diplômés du supérieur, bref chez les « winners » de la mondialisation, parfaitement à l’aise dans le système actuel.
 
Sans surprise ensuite, plus l’on va vers les extrêmes, vers les anti-système, et plus la crainte s’accroît : on passe ainsi, à gauche, à 51% de crainte (PS), puis 58% (les Verts) pour arriver à 68% à la France Insoumise ; et à droite de 51% (LR) à 53% (DLF) puis 69% (RN). Les exclus de la mondialisation cherchent naturellement un appui dans des partis qui dénoncent le système en place, à droite comme à gauche.
 
Jérôme Fourquet : Un des premiers enseignements de ce sondage est que malgré l'accumulation d'un certain nombre d'indicateurs qui mesurent une amélioration de la situation économique et sociale de la France, il y a un vrai sentiment, une vraie peur du déclassement qui s'exprime chez plus de la moitié des Français qui craignent, un jour, de tomber dans la pauvreté. C'est une réalité subjective qui est intéressante et qui est à prendre en compte car les discours sur l'amélioration de la société française s'heurtent à cette angoisse sociale qui est très répandue. Elle est répandue chez la majorité de la population donc, mais il convient de faire des distinctions en fonction des classes sociales. On note une corrélation très nette entre le niveau de diplôme et l'inquiétude de tomber un jour dans la pauvreté. Ce sentiment est évidemment plus fort dans les catégories les moins diplômées qui sont celles qui, aujourd'hui, sont les plus soumises à pression dans un système où l'on délocalise beaucoup et où le travail peu ou pas qualifié est de plus en plus automatisé.
 
Pour revenir aux cadres, quand on regarde dans le détail, l'on voit que ces derniers sont moins inquiets que la moyenne des Français mais on peut quand même parler de tendance vue que plus de 40% d'entre eux se sentent plus fragiles qu'avant. Une piste explicative à cette tendance pourrait être les débats actuels sur l'âge du départ à la retraite. En prévoyant de faire reculer ce moment, l'on va susciter beaucoup d'inquiétudes, y compris chez les cadres.
 
En comparaison, les sympathisants de LREM sont le groupe sociologique le moins inquiet pour l'avenir. On sait que La République en Marche recrute principalement chez les cadres et il faut maintenant expliquer pourquoi le taux (28%) est encore plus bas que la moyenne des cadres. Une des pistes explicatives pourrait être qu'il y a encore un écart sociologique vis-à-vis des cadres et que les sympathisants LREM ne seraient que des "super cadres" mais cela ne tient pas debout car si c'était le cas le candidat Macron n'aurait pas fait 24% au premier tour de l'élection présidentielle.
 
On l'a vu lors de précédentes études sur l'électorat macronien notamment pendant l'élection de 2017, cette catégorie d'électeur se démarque par son optimisme envers l'avenir. Cela s'explique par des raisons objectives (niveau de diplôme, statut social…) et plus subjectives (psychologie). A l'époque ils étaient 71% à se dire confiants en l'avenir et c'est peut-être là que l'on trouve l'explication la plus tangible pour expliquer cette différence nette avec les cadres.
 
 
 
Commentaires

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  • Par Ganesha - 09/07/2018 - 08:25 - Signaler un abus Catégorie particulière

    En ce qui concerne les ''craintifs'', il faudrait imaginerr une catégorie particulière : les ''papys-capitalistes'' sur Atlantico ! Je suis toujours amusé par le véritable ''vent de panique'' que je crée sur ce site, à chaque fois que j'évoque le caractère inéluctable de l'explosion prochaine de la gigantesque Bulle boursière actuelle ! Ce sera probablement encore plus énorme que celle du 24-29 Octobre 1929. Les niveaux que nous constatons aujourd'hui sont tellement absurdes et irréalistes, qu'une violente purge est indispensable. Verra-t-on des banquiers sauter par les fenêtres des tours de La Défense ? Et leurs corps ensanglantés et désarticulés joncher le marbre du Parvis ? C'est pourquoi, je pense qu'il est urgent de prévoir, dès à présent, un plan de sauvegarde des ''moyennement petits porteurs'' !

  • Par cloette - 09/07/2018 - 10:22 - Signaler un abus Si les Français se sentent menacés

    par la pauvreté, cela prouve à l'évidence que Macron les plonge dans l'angoisse, dans un sentiment d'insécurité qui leur pourrit la vie ,et ce parce qu'à l'évidence Macron n'est pas rassurant, il ne diffuse pas un sentiment de sérénité sur l'avenir qu'il propose . Le ciel se couvre , l'orage arrive et les oiseaux meurent de chaud en plein vol .

  • Par zelectron - 09/07/2018 - 10:26 - Signaler un abus les élus sont coupables collectivement !

    les pauvres résultent indirectement de la dette et surtout du nombre pharaonique des fonctionnaires non-régaliens qui vampirisent les ressources de la nation à une hauteur démentielle.

  • Par guzy1971 - 09/07/2018 - 10:58 - Signaler un abus Et encore !

    35% "seulement" des bac + 4 ou 5 qui se disent inquiets, c'est quand même beaucoup. Je suis sûr que ce % aurait été beaucoup plus faible il y a 25 ans. Pour nos parents et même ma génération avoir un bac + 5 c'était quand même la garantie de rester dans le circuit et de progresser.

  • Par Ganesha - 09/07/2018 - 11:09 - Signaler un abus Question

    En fait, ce genre d'article est un sondage d'opinion au sujet d'une idéologie. Tout comme on pourrait nous demander : êtes vous fan du Coca-Cola ? du Nutella ? du Nazisme ? du Communisme ? Ce soi-disant sondage nous interpelle : êtes-vous absolument convaincus que le Libéralisme va assurer le Bonheur de l'Humanité pendant les Siècles à venir ?

  • Par Ganesha - 09/07/2018 - 11:12 - Signaler un abus Réponse

    De par leur âge (très avancé) et leur situation sociale (retraités aisés), la réponse des abonnés d'Atlantico n'est pas pertinente, ils devraient être exclus de ce sondage. Leur priorité étant que le monde change le moins possible pendant les quelques années qu'il leur reste à vivre, par automatisme, ils vont répondre : oui. Comme la plupart d'entre eux ont voté Fillon au premier tour de la présidentielle, il y aura toujours au minimum un, et même probablement plusieurs, crétins débiles qui vont écrire : ''Il faudrait construire des centres d'accueil fermés, et y enfermer au moins un million de fonctionnaires'' !

  • Par cloette - 09/07/2018 - 11:15 - Signaler un abus Cours d'économie

    à la québécoise : "L'ile aux naufragés" par Louis Even , on la trouve facilement sur le web,

  • Par Ganesha - 09/07/2018 - 12:25 - Signaler un abus Cloette

    Voici l'adresse : === http://www.versdemain.org/articles/credit-social/item/l-ile-des-naufrages

  • Par cloette - 09/07/2018 - 13:54 - Signaler un abus Ganesha

    Elle est très bien cette petite histoire !

  • Par Marc Halévy - 09/07/2018 - 14:07 - Signaler un abus Antilibéralisme viscéral

    Ce n'est pas Macron qui fait peur , mais la réalité et le libéralisme. Depuis 50 ans que les Français sont des assistés de l’État-providence, voici enfin le réveil qui sonne. Cela fait 50 ans que la France prend du retard sur le reste du monde développé (Merci De Gaulle, Mitterrand et Hollande) et trainaille dans des idéologies surannées. Aujourd'hui, la fête est finie. Sans l'Europe, la France disparaît et l'Europe a compris que le social-étatisme est une impasse délétère. Il faudrait qu'Atlantico qui se définit comme périodique "libéral", cesse son Macron bashing systématique et comprenne que Macron est libéral :ni socialo-gauchiste, ni conservato-bourgeois. Les Français doivent réapprendre à travailler plus et à consommer moins. Un pauvre, ce n'est pas quelqu'un qui ne gagne pas assez, c'est quelqu'un qui dépense trop.

  • Par Ganesha - 09/07/2018 - 14:44 - Signaler un abus Cloette

    Si je le comprends bien, ce que ce conte nous propose, c'est un système bancaire nationalisé, qui soit un service public à but non lucratif. Sur le modèle du ''Crédit Mutuel''. Quant à la Bourse, il ne l'évoque même pas : si son principe de base est légitime, elle a connu une dérive tellement épouvantable qu'un anéantissement total par une bombe atomique est indispensable, avant de songer à répartir sur des bases saines !

  • Par Ganesha - 09/07/2018 - 15:12 - Signaler un abus Marc Halévy, Guerre contre les Pauvres

    Durant le 20ème siècle, le monde a été endeuillé par trois monstrueuses idéologies totalitaires. Elles présentaient un point commun : nous proposer un groupe humain comme ''responsables de tous les malheurs'', comme ''boucs émissaires''. En 1917, Lénine a instauré le Communisme et enfermé des millions de ''hooligans'' et des ''Asociaux'' dans le Goulag. En 1933, Adolf Hitler a pris le pouvoir, et vous connaissez la suite. En 1981, le Führer Ronald Reagan est devenu président des USA et y a imposé une idéologie crapuleuse : le Libéralisme. Les boucs émissaires : les ''Pauvres'' ! Ce pays abrite désormais 23% de la population carcérale mondiale, avec le taux par habitant le plus élevé au monde. Depuis bientôt quarante ans, on a instauré la Loi de la Jungle la plus primitive, et un groupe de plus en plus restreint des plus forts, des plus fourbes et des plus cruels s'en met plein les poches. Cher Marc Halévy, en feriez-vous partie ? https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_population_carc%C3%A9rale

  • Par cloette - 09/07/2018 - 17:15 - Signaler un abus Marc Halevy

    non, ce n'est pas le libéralisme qui fait peur, c'est le fait que Macron a été placé à ce poste, qui peut en douter ? Et par qui ? je vous le demande ? devinez et dormez bien braves gens,.... ZZ ZZ ZZ .....

  • Par ciara - 09/07/2018 - 17:30 - Signaler un abus l'avenir incertain ?

    Croyant trouver une réponse à cette question , je me suis "tapé" le discours du Prince . Et bien croyez moi , L'avenir s'assombrit 1H 1/2 de succession de concepts et de déclamation abstraites , ou le mot République et Investissement résonnent sans cesse, comme un mantra ,sans qu'aucune solution concrète aux problèmes qui nous inquiétent ,ne rompe ce rythme . c'est affolant !! et désolant .Je n'ai pas attendu le final , de peur de criser . j'attends les prochains sondages

  • Par cloette - 09/07/2018 - 18:33 - Signaler un abus Il faut voir les commentaires

    des très honorables lecteurs du Figaro au sujet de l'article sur le congrès d eMosier Macron !

  • Par ciara - 09/07/2018 - 18:50 - Signaler un abus avis sur le discours du Prince

    J'y vais ce ce pas avec la ferme intention de donner mon avis personnel . Je prends le risque d'être censurée

  • Par ciara - 09/07/2018 - 18:54 - Signaler un abus avenir incertain ?

    Croyant trouver une réponse à cette question , je me suis "tapé" le discours du Prince . Et bien croyez-moi , L'avenir s'assombrit . 1H 1/2 de succession de concepts et de déclamation abstraites , où les mot Républiques et Investissement résonnent sans cesse, comme un mantra ,sans qu'aucune solution concrète aux problèmes qui nous inquiètent ,ne rompe ce rythme . c'est affolant !! et désolant .Je n'ai pas attendu le final , de peur de « criser « . j'attends les prochains sondages

  • Par Liberte5 - 09/07/2018 - 22:30 - Signaler un abus Enfin les Français comprennent que l'Etat ne peut pas tout.

    Ils ont peur de tomber dans la pauvreté car ils sentent bien que la France a perdu pied dans la compétition internationale.Ils se rendent compte que les élites et la classe politique les ont trahi en les menant sur les chemins du socialisme et que cette voie est maintenant sans issue. Le bilan catastrophique: endettement massif, déficit budgétaire constant depuis 1973,chômage de masse, immigration massive,une éducation nationale à la dérive etc.Une France qui dans tous les classements internationaux et sur tous les sujets est dans le bas du tableau. Les Français comprennent que désormais il vaut mieux compter sur soi-même que sur l’État pour assurer son avenir. Même les fonctionnaires les plus lucides commencent à se dire que les choses ne peuvent durer ainsi. Ils ont raison.

  • Par ajm - 10/07/2018 - 00:09 - Signaler un abus L'économie libérale, la seule qui fonctionne.

    AJM à destination du Grand Vieux Perroquet qui débite des sottises hallucinantes de façon automatique et répétitive, à une cadence digne des canons anti-aeriens modernes de type Boffor made in Sweden. Ronald Reagan n'a pas , contrairement aux grands criminels psychopathes Lénine, Hitler et leurs copains, , tué des dizaines de millions d'êtres humains. Durant ses deux mandats , l'economie US a créé des millions d'emplois et la croissance US était la plus forte dans la sphère occidentale. Reagan n'est pas à l"origine du libéralisme qui fait partie de l'ADN des USA comme de la GB d'Adam Smith et de tous les pays dont l'economie FONCTIONNE, à l'instar notamment des nations de l'Europe du Nord, de l'Europe centrale dirigée par des partis de droite nationale mais qui sont en economie LIBERAUX et aux antipodes de votre socialo-étatisme indéfinissable mais qui ressemble comme un frère à celui de Melanchouille .

  • Par cloette - 10/07/2018 - 06:27 - Signaler un abus ajm

    Vous oubliez que les US ont des ressources diverses et nombreuses, terres fertiles, mines ( gaz métaux pétrole etc ), il n'a guère besoin des autres, le libéralisme n'est pas la raison essentielle de leur indépendance et richesse .Dans un pays qui n'a que des terres arides et rien dans le sous-sol les choses sont plus compliquées !

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Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment  publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009)  et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017).

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Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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