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Le sommet social a-t-il discrètement signé l’un des premiers renoncements majeurs du quinquennat Macron ?

Mardi 17 juillet, Emmanuel Macron recevait les principaux partenaires sociaux à l'Elysée. Et s'il reste beaucoup d'ombre sur le but de cette rencontre, il semblerait que quelques directions aient été envisagées.

En douce

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Le sommet social a-t-il discrètement signé l’un des premiers renoncements majeurs du quinquennat Macron ?

Atlantico : Emmanuel Macron a reçu pour la première fois les huit principaux leaders syndicaux et patronaux l'Elysée. Que peut-on retenir de cette rencontre ?

Le quinquennat d’Emmanuel Macron s’est construit sur l’idée, largement partagée par les membres de LREM, d’une faillite des élites politiques et syndicales et de l’urgence de réformes d’envergure.

Ceci a conduit le président à entreprendre dans l’urgence toute une série de réformes, à commencer par celle du droit du travail. Mais il y a toujours une certaine distance entre l’intention et la réalisation. 

La conduite des réformes a été en partie improvisée, ce qui conduit à certaines incohérences. Par exemple, on a voulu modifier le fonctionnement des instances de représentation du personnel, avec les fameuses ordonnances, avant même de réformer la gouvernance de l’entreprise, ce qui est l’objet du projet de loi PACTE et qui devrait avoir pour effet de redéfinir leur rôle. La réforme de la SNCF, qui était connue de longue date comme étant inévitable, a également été entreprise dans la précipitation, avec les conséquences que l’on sait.

Cette politique un peu précipitée a eu deux conséquences. La première, c’est que les Français ont été pris dans une sorte de vertige de changements, dont certains les affectent directement, sans qu’ils en voient pour l’instant de quelconques effets positifs. La seconde, c’est que les organisations représentatives des différentes parties constitutives du corps social ont eu l’impression d’être négligées, voire prises à rebrousse poil. Il en fallait certainement beaucoup pour que l’ensemble des organisations syndicales et patronales se réunissent à huis clos, voici quelques jours, pour délibérer de ce que devrait être leur attitude commune.

L’exécutif élyséen a compris la menace : une dégringolade de sa côte de popularité et le risque d’une bronca générale. D’où son rétropédalage en ce qui concerne l’assurance chômage et l’initiative consistant pour le président à recevoir les organisations syndicales en réponse à leur délibération à huis clos.

Dans cette rencontre, parle-t-on d'un vrai tournant ou d'un changement de ton ? Ne peut-on pas voir ici une sorte d'acceptation de défaite de la part d'Emmanuel Macron ? Il tente de faire aux syndicats la même chose qu'au PS, mais il se rend bien compte qu'il ne peut pas s'en débarrasser…

Au moment de l’élection d’Emmanuel Macron, les membres de LREM étaient très critiques sur la capacité des interlocuteurs sociaux (patronat et syndicats) à mener à bien les changements qu’ils considéraient comme indispensables. Rien ne dit que cette vision négative ait changé. En revanche, le réalisme prime. Entreprendre de bouleverser la France est plus compliqué qu’il n’y paraît et ne saurait se faire contre le point de vue de tous ceux qui sont concernés d’une façon ou d’une autre. D’où le très récent changement de ton.

 
Commentaires

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  • Par Citoyen-libre - 18/07/2018 - 13:42 - Signaler un abus Le rêve de tout nouveau leader

    Macron est arrivé, sûr de sa jeunesse et de ses certitudes. Comme tout nouveau leader promu à un poste. Il lui a fallu plus d'un an pour comprendre que dans le paquet cadeau qu'on lui avait vendu, tout n'avait pas été dit. Il prend aujourd'hui conscience des vraies forces d'opposition existantes dans ce pays. Or, contrairement à ce qu'on lit dans nos infâmes médias, le peuple, la populasse, la masse, ne se retrouvent pas dans les forces d'opposition, de blocage du pays. Ces forces, sont le syndicalisme, les partis politiques, tous les élus, de tout bord, les lobbys comme la FNSEA, le Medef, et bien d'autres. Et le pire, dans tout ça, au lieu de se révéler, comme le font les vrais leader, les vrais chefs, il est en train de s'écrouler comme le minable Hollande. Il commence à composer, à subir, bref à se coucher, clientélisme oblige. Je faisais partie de ceux qui considéraient qu'il fallait lui donner sa chance. J'ai trop vu dans ma carrière des gens qui se sont révélés, au pied du mur, des génies du management et de la gagne, pendant que d'autres se révélaient des pipoteurs sans rien dans le ventre. Et là, je crois que nous sommes dans le deuxième cas. Hélas pour le pays.

  • Par Patrick LOUVET - 18/07/2018 - 15:19 - Signaler un abus Bravo "citoyen libre"

    Ton analyse est trés pertinente et j'y souscris entiérement.

  • Par Deneziere - 18/07/2018 - 21:31 - Signaler un abus Et pourtant c’était facile...!

    ... il suffisait de leur couper les subventions ! Quelle bande de benêts... Socialo-étatistes un jour, socialo-étatistes toujours. Jamais, même en face du réel, ils ne se débarraseront de leurs tares idéologiques.

  • Par gerint - 19/07/2018 - 08:20 - Signaler un abus Citoyen-libre

    Je ne sais pas quelle carrière vous avez faite mais avoir vu de nombre leaders charismatiques indiquerait plutôt une exception car ces individus me semblent rares. Et encore faut-il qu’ils mènent des actions utiles et pas simplement personnelles. Pour moi les réformes voulues par Macron peuvent en partie faire beaucoup de bruit pour rien et certaines appuyées sur ses idées personnelles ou sur celles de ses commanditaires car il ne faut pas oublier que l’élection a été manipulée longtemps â l’avance sont nuisibles pour moi, au bénéfice de prédateurs, ou d’idéologies hors-sol

  • Par Citoyen-libre - 19/07/2018 - 09:41 - Signaler un abus Gerint

    Les leaders charismatiques sont d'évidence, une exception. C'est ce qu'on attend d'un président de la république. C'est ça être une élite. De fait, ne peut-être considéré comme élite, que celui qui l'a prouvé, par sa réussite. Ce mot élite est galvaudé. Pour moi Hollande n'est pas une élite. C'est un parvenu, comme bien d'autres. Ces gens là, malheureusement sont portés par des médias, sans cesse en quête de sensationnel, de têtes d'affiche : aujourd'hui c'est Mbappé, demain ça sera la Chiappa, ou la Bachelot, etc. En réalité, nos élites d'aujourd'hui, sont les bons "clients" de la télé, avec le corollaire, tout de même, que nos médias, sans éthique, influencent l'inconscient collectif, souvent vers le bas. Ils portent une lourde responsabilité dans l'évolution de ce pays.

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Hubert Landier

Hubert Landier est expert indépendant, vice-président de l’Institut international de l’audit social et professeur émérite à l’Académie du travail et de relations sociales (Moscou).

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