Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Vendredi 19 Octobre 2018 | Créer un compte | Connexion
Extra

Sommet d’Helsinki : pourquoi la double bourde de Trump sur la Russie risque d’être un méchant sparadrap électoral (cette fois-ci...)

Donald Trump a dans un premier temps protégé son allié russe plutôt que de soutenir les services de renseignements américain. Il est finalement revenu sur ses propos assurant qu’il ne fallait pas entendre, « je ne vois aucune raison pour laquelle ce serait la Russie », mais « je ne vois aucune raison pour laquelle ce NE serait PAS la Russie ».

Les pieds dans le tapis ?

Publié le
Sommet d’Helsinki : pourquoi la double bourde de Trump sur la Russie risque d’être un méchant sparadrap électoral (cette fois-ci...)

Atlantico : A quelques mois des élections de mi-mandat, que risque vraiment Donald Trump avec cet écart de conduite dans un premier temps, et cette volte-face dans un second ? 

Jean-Eric Branaa : Donald Trump s'est rendu compte assez rapidement qu'il y avait le feu dans la maison puisqu'il a eu un tsunami de réaction hostile. Il devait regretter ses propos dès son entrée dans l'avion.

Il s'est senti isolé. Beaucoup ont rappelé que l'ingérence russe était prouvée.

Et il est vrai qu'elle l'est même si on a encore du mal à la rattacher au Kremlin. On sait que le hacker a agi depuis la Russie. Donald Trump mais il s'était senti attaqué. Ce qu'il a voulu dire par sa volte-face. Effectivement, le peuple américain pourrait mal réagir comme l'a fait l'ensemble de la case politique. Il y a un vrai risque à quatre mois des élections que les électeurs se retournent.

On peut féliciter l'équipe de communication qui a trouvé cette trouvaille extraordinaire de la double négation. Qui va être vite transformée par les démocrates en slogan "la présidence de Trump s'est toujours une double négation. Cela risque de laisser des traces dans la prochaine campagne. Il voudra tourner cette page le plus rapidement possible. Ses relations avec la Russie sont donc toujours au point mort.

 

Dans un premier temps, sa volonté était bien de nouer des liens avec Vladimir Poutine. La "question russe" a notamment permis de le démarquer d'avec Hillary Clinton pendant la campagne... Les Américains lui seront-ils gré d'avoir initié une nouvelle relation avec la Russie selon vous ? 

Très franchement, il est très difficile aujourd'hui de penser que les Américains ont envie de cette relation avec Vladimir Poutine. Au contraire. Des sondages récents nous indiquaient que 9 % des démocrates faisaient confiance à Poutine et 25 % des républicains. Pour les républicains, c'est déjà pas mal. Donald Trump a quand même bien vendu son affaire. Mais je ne pense pas qu'il y ait une attente particulière dans le fait d'avoir une relation forte avec la Russie. Nous parlons d'un pays qui a vécu avec la haine du communisme. L'URSS est l'ennemi ancestral des Etats Unis. C'est assez biaisé dans la tête des Américains pour ne pas avoir dans l'idée que cet homme la représente l'ami. C'est bien là-dessus que les démocrates ont plongé puisqu'ils ont bien insisté sur le fait que Donald Trump ait préféré écouté le KGB plutôt que la CIA.

Rien qu'avec cette phrase, on se rend compte combien il sera difficile pour Trump de sortir de ce piège. Je précise, que sa côte n'a pas bougé depuis plusieurs semaines, elle est çà 43 % de satisfaits. Nous verrons.

Sur ce sujet comme sur d'autres, la grande force de Donald Trump n'est-il pas précisément d'incarner une présidence d'un autre type, plus imprévisible mais aussi plus cohérente avec ses prises de position passées ?

C'est ce qu'il aimerait que l'on achète. On peut le penser. J'en doute personnellement. Je crois qu'il y a des accords qui ont été passés ou que Donald Trump a tenté de passer avec Poutine. Il semble être clair que sur l'aspect international, il essaie de se servir des alliés les uns contre les autres. Dans son jeu, la Russie lui servirait à contrebalancer avec la Chine. Mais cela voudrait dire qu'il s'imagine que le monde est identique à celui d'avant et que les Russes sont toujours aussi puissants. Ce qui n'est pas forcément le cas. Tous ca me fais dire qu'il y a certainement s'autres choses qui ont été négocié.

 
Commentaires

Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.

  • Par Citoyen-libre - 18/07/2018 - 13:56 - Signaler un abus Et si ?

    Et si TRUMP avait raison ? Et si la réalité était que l'ennemi aujourd'hui, n'est plus la RUSSIE, mais la Chine et tout le continent asiatique, Inde compris ?

  • Par gerint - 18/07/2018 - 13:56 - Signaler un abus Un président ne devrait pas faire ça

    Désavouer ses services secrets

  • Par Klaus02 - 18/07/2018 - 16:23 - Signaler un abus Le Deep State en pâmoison...

    Le microcosme Washingtonien (Démocrates, Nevertrumper républicains et leurs relais médiatiques) connaît une nouvelle crise d'hystérie anti-Trump. Ça leur passera. La rencontre avec W.Putin (contrairement à ce que pense JE Branaa) n'aura aucune incidence sur les Midterms qui vont se jouer sur des thèmes de politique intérieure. Et sur ce terrain, Trump a largement la main...

  • Par Deneziere - 18/07/2018 - 21:51 - Signaler un abus @ Klaus02

    Mmmmmm... ce que vous dites est vrai, mais « enmaimetan », l’électorat « grassroot » américain, celui de Bush, a une opinion de politique extérieure, même si elle est assez primaire et schématique, et elle est très loin d’être pro-russe. Les midterms, il faut voir, mais derrière... Il va falloir qu’il fasse de sérieux numéros de claquettes pour faire oublier ça. Il en est capable, mais justement... n’en a-t-il pas déjà trop fait ?

  • Par philippe de commynes - 19/07/2018 - 12:55 - Signaler un abus Et la question iranienne ?

    A la moindre vélléité de rapprochement avec la Russie on ressort la théorie de la collusion, alors qu'avec un peu de recul on peut voir une théorie plus rationnelle : la question iranienne, ce serait beaucoup plus facile pour Trump d'arriver à ses fins avec une Russie amie, qui en guise de renvoi d'ascenseur lâche son théorique allié iranien plutôt que l'inverse, mais ce recadrage supposerait de aussi critiquer Trump pour sa politique pro-Israël, impossible pour les tenants du politiquement correct américains ...

Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Eric Branaa

Jean-Eric Branaa est spécialiste des Etats-Unis et maître de conférences à l’université Assas-Paris II. Il fait partie de l'IRIS. Il est notamment l'auteur de Hillary, une présidente des Etats-Unis (Eyrolles, 2015), Qui veut la peau du Parti républicain ? L’incroyable Donald Trump (Passy, 2016), et d'American Touch (Parlez-moi de vous), aux éditions de Passy (2016). Il vient de sortir "Trumpland, portrait d'une Amérique divisée" aux éditions Privat (2017).

Son prochain livre, 1968: Quand l'Amérique gronde, Privat (mai 2018).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€