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Sommet européen : créer un euro du Nord est-il le seul moyen de sauver l'Europe de l'austérité ?

Les dirigeants européen se réunissent à Bruxelles les 13 et 14 décembre. Quatre ans après le début de la crise économique et financière, l'Union européenne est désormais aux prises avec une crise budgétaire. A moins que les véritables causes de la crise soient monétaires...

Chacun sa monnaie commune !

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Sommet européen : créer un euro du Nord est-il le seul moyen de sauver l'Europe de l'austérité ?

Et si les véritables causes de la crise en Europe étaient budgétaires ? Crédit Reuters

Atlantico : Les dirigeants européens se réunissent le 13 et 14 décembre alors que la zone euro est toujours en crise. Les politiques d'austérité semblent pour l'instant inefficaces, voire contre-productives et les pays du Sud continuent à s'enfoncer dans la récession. Finalement ne se trompe-t-on pas de diagnostic ? La crise que traverse actuellement la zone euro est-elle budgétaire ou monétaire ? 

Nicolas Goetzmann : C'est tout le problème. Nous vivons une crise de la demande, et la demande est sous la responsabilité de l'autorité monétaire, le pouvoir budgétaire ne peut rien ici. Il faudra bien changer de diagnostic pour s'attaquer à la cause de la crise, plutôt qu'au symptôme qu'est la dette.

Nous avons un problème de doctrine monétaire, c'est ce sujet seul qui devrait être au cœur du débat. 

La difficulté tient au fait que toute révision de notre doctrine monétaire suppose une refonte du traité de Maastricht, et que cela suppose une importante force politique. De nombreuses banques centrales (Japon, Royaume Uni, Etats Unis) sont en train de faire le même constat et s’apprêtent à modifier leur façon d’agir. Cette pression extérieure devrait pouvoir accélérer les choses.

Philippe Herlin : La crise est d'abord monétaire : l'euro ne convient pas à tous les pays européens, il serait temps que les autorités européennes s'en rendent compte ! L'ajustement budgétaire ne peut suffire à lui tout seul. 

Paul Goldschmidt : La politique monétaire n'est pas le problème essentiel. Sans structure fédérale permettant des transferts de ressources pour que la solidarité se manifeste, il est évident que la politique monétaire telle qu'elle est conduite n'est pas adaptée à une telle situation. Une monnaie sans Etat ne peut pas fonctionner à la longue. On arrive très vite au bout des possibilités. Il y a dans le livre de Daniel Cohn Bendit et Guy Verhofstadt Debout l'Europe ! une phrase extrêmement puissante : il est possible d'envisager un État sans monnaie, mais on ne peut pas envisager une monnaie sans État.

George Dorgan : En fait, il n'y a jamais eu de « crise de l'euro », dans le sens d'une crise de tous les pays de la zone. La crise de l'euro est toujours resté une crise de la périphérie, des pays trop faibles pour avoir la même monnaie que l’Allemagne.

Pour la première fois, il semble que l'Allemagne est fortement affectée aussi. Je ne pense pas que cela devrait durer. L'Allemagne et les autres pays du Nord profitent actuellement d'un cours d'échange euro/dollar extrêmement favorable et ont augmenté leurs balances commerciales avec les Etats Unis, l’Asie et la France. Les Américains ne créent pas assez d'emplois car l’incertitude est trop élevée mais aussi parce que le dollar est trop fort par rapport à l’euro.

Les pays faibles se trouvent dans un cercle vicieux : plus d'austérité, moins d'achats, des salaires qui doivent baisser selon la Commission européenne pour augmenter la compétitivité.  Comme cela n’est pas tellement facile, les gens sont licenciés. Il n'y a pas de capitaux étrangers pour financer ni pour innover. Résultat : encore moins d'achats et encore plus d'austérité pour satisfaire le « Fiscal Compact » ... et donc encore plus de chômage. 

A la fin, on arrive éventuellement à réduire les dettes, mais on réduit aussi le ratio produit intérieur/dettes, parce que le produit intérieur diminue. Après quelques années, les leaders vont se rendre compte que le processus des pays faibles pour gagner en compétitivité va durer quinze ou vingt ans ... jusqu'à ce que le coût du travail, en Espagne, passe des 32 euros actuels à 25 de l'heure tandis que ceux des Slovaques passeront sur le même laps de temps de 12 à 25.

Pendant ces 20 ans, l’incertitude va freiner le progrès en Allemagne tout en demandant d'importantes dépenses pour soutenir le Sud.

 

Quels risques courraient les pays les plus fragiles de la zone euro s'ils devaient être amenés à en sortir ? Pourquoi est-ce un scenario que l'Union se refuse à envisager ? 

Nicolas Goetzmann : Toute sortie fragiliserait durablement l’ensemble. L’Europe est une entité qui a plus de crédibilité que la somme de ses parties. L’Union refuse de l’envisager car elle serait tout autant victime. Dans un tel cas, il n’y aura pas de gagnant. Si un pays sort, il fera défaut immédiatement et procèdera à une dévaluation, comme tout Etat se trouvant dans une telle situation. L’Union aura, elle, perdu sa raison d’être, parce qu’une union suppose d’être unis.

La crédibilité de la zone tient de sa cohésion. Pour le moment celle-ci est réelle, mais elle souffre d’une incapacité à résoudre la question monétaire qui est pourtant décisive. La demande est insuffisante en Europe, et la seule autorité capable de répondre à ce problème est la BCE. 

Philippe Herlin : La sortie de la Grèce ou d'autres pays en difficulté de la zone euro se heurte à deux freins. Le premier est politique : ce serait un aveu d'échec de la construction européenne. Le deuxième est comptable : c'est Target 2. L'Allemagne a des excédents commerciaux sur les autres pays européens, mais il se traduisent concrètement par des créances de la Banque centrale allemande sur celle de la Grèce, de l'Italie, de l'Espagne, etc. Si la Grèce sort de la zone euro, cette créance disparaît (ou est remboursée en drachmes, et encore), et donc l'Allemagne a beaucoup à perdre, un tel scénario provoquerait un cataclysme dans ses comptes publics ! Une remarque : cette histoire de Target 2 est lié à la construction bancale de l'euro qui n'est en fait pas une véritable monnaie unique, sinon il n'y aurait qu'une banque centrale et pas de problème de compensation entre des banques centrales nationales (c'est comme si à l'époque du franc il y avait eu des banques centrales régionales avec un système de compensation entre elles !). Regardez un billet, devant le numéro de série, il y a une lettre, certainement U : c'est un billet "français", il figure au bilan de la Banque de France. Et la Banque de France a donc une position comptable vis-à-vis de ses congénères. Target 2 est le miroir inversé des balances des paiements : cela rend le système inextricable et explosif en cas de déséquilibres prononcés. C'est n'importe quoi.

Paul Goldschmidt : Les enjeux de la zone euro restent les mêmes à 7 ou à 17. S'il n'y avait que quelques pays du Nord qui gardaient l'euro, ils seraient soumis à la même pression visaant créer une structure étatique de type fédéral que la zone euro l'est aujourd'hui à 17. C'est pour cela que tant d'efforts ont été faits pour éviter que la Grèce reste dans la zone euro.

George Dorgan : Les leaders européens ont peur du fameux « bank run ». Si on laisse aller la Grèce, les gens vont retirer leur argent des banques de l'Europe périphérique et le déposer dans une banque allemande. Un scenario catastrophique pour les leaders.

 

Dans ces conditions, le scénario d'une Union monétaire à deux vitesses vous semble-t-il  davantage acceptable et réalisable ? Les pays du Nord pourraient-ils ainsi faire en quelque sorte sécession ? Faudrait-il envisager d'abandonner la monnaie unique pour sauver la monnaie commune ?

Nicolas Goetzmann : Cette idée ne me convient pas. Si sécession il y a, combien d’années devront nous attendre avant une seconde, puis une troisième, pour en arriver au point de départ ?

La monnaie unique peut être sauvée si nous le voulons. Cela suppose un transfert de souveraineté du pouvoir budgétaire, pour rejoindre le pouvoir monétaire qui doit lui être modifié. Plus nous attendons, moins les peuples européens auront confiance dans ce schéma. Si la politique menée offrait croissance et plein emploi, elle aurait peut-être plus de chance de susciter l’adhésion. Sur cette question, l’économie n’est que secondaire à mon sens, c’est une question éminemment politique. Les peuples européens sont-ils prêts à devenir le peuple Européen ? Le reste est accessoire, les solutions économiques existent.

Philippe Herlin : Je ne crois pas à une zone euro à deux vitesses, avec un euro fort et un euro faible pour le Sud, car l'euro faible ne serait absolument pas viable. Nous sommes actuellement prisonniers d'une alternative : soit les pays en difficulté restent dans la zone euro, et il faut leur verser toujours plus d'aides, sans espoir de redressement. Soit ils sortent et c'est le cataclysme assuré, en tout cas un risque extrêmement dangereux à prendre. Je propose une solution pour sortir de ce dilemme : passer (pour les pays en difficulté) de l'euro comme monnaie unique à l'euro comme monnaie commune. C'est à dire permettre à la Grèce de réintroduire la drachme, mais laisser l'euro circuler librement, et chaque acteur économique choisira la proportion des deux monnaies qu'il utilisera. Beaucoup de pays fonctionnent avec le dollar en plus de leur monnaie : c'est la même idée, une liberté qui confère de la résilience et de l'adaptabilité au système monétaire.

En ce qui concerne la France, je ne préconise pas ce scénario, car nos problèmes économiques proviennent d'une dépense publique excessive, ce sont des réformes structurelles dont nous avons besoin. Ceci dit, comme l'euro devient de plus en plus une planche pourrie (à cause de la monétisation de la BCE et des multiples plans d'aide), il faut sans doute y penser...

Paul Goldschmidt : La réponse à l'idée de résoudre la crise, en imaginant que la zone euro soit scindée en deux zones est: no n! Cela signifierait qu'il faudrait créer deux Etats : un avec "l'euro un", et l'autre avec "l'euro deux", alors qu'on n'est même pas capable aujourd'hui de créer un Etat pour l'eurozone dans son entier. Il ne sera pas plus facile de créer deux Etats, qui vont s'opposer par définition puisqu'ils seront différents. Cette idée de vouloir résoudre le problème de la crise avec deux eurozones est vouée à l'échec depuis le départ.

Dans le scénario où l'eurozone se révèlerait incapable de se pérenniser dans sa forme actuelle avec ses 17 membres, et l'eurozone imploserait, il est tout à fait concevable qu' une partie de l'eurozone resterait dans une construction d'union monétaire. L'autre partie retomberait à des formes de monnaie nationale. Cependant, il est totalement exclu que l'eurozone se divise en deux : l'euro survivra peut-être sur une échelle plus restreinte, avec éventuellement plus de pays du nord, mais la "partie sud" ne va pas créer sa zone euro. Elle va se désintégrer au plan monétaire, en pays autonomes. Les secousses qui suivraient un démantèlement de l'eurozone à 17 serait telles qu'elles rendraient très, très difficile la création d'une "zone euro nord" avec des pays dits plus ou moins forts. La nécessité de créer un Etat pour cette monnaie serait la même qu'aujourd'hui. Comme dit précédemment, on retourne à la phrase de Cohn-Bendit et Verhofstadt.

Au plan théorique, il est tout à fait concevable qu'après la catastrophe que constituerait l'implosion de la zone euro (elle impliquerait certainement l'implosion de l'Union européenne toute entière) une union renaisse de ces cendres. Elle serait plus restreinte, et on corrigerait les erreurs du passé. On adopterait aussi des structures institutionnelles de type étatiques permettant une gestion d'une monnaie commune.

George Dorgan : L'Europe à deux vitesses est déjà une réalité : il suffit de comparer la hausse de la bourse ou des prix immobiliers allemands par rapport aux baissesespagnoles. Il faut que les responsables politiques européens l'admettent et reconnaissent que l'euro, tel qu'il est conçu actuellement, était une erreur.

Accepter cette Europe à deux vitesses, c'est tout simplement accepter que l'Allemagne et les autres pays nordiques aient une monnaie propre, un "euro du nord", qui vaudrait 20% plus cher que l'euro des pays du sud, l'euro actuel. Cette opération est réalisable, du jour au lendemain, en évitant le risque catastrophique de l'expulsion simple d'un pays trop faible. On pourrait commencer par l'appliquer aux paiements par carte de crédit. L'achat de devises sous tutelle d'une banque nordique permettrait de tranquilliser les marchés. Il y aura un contrôle des virements transfrontaliers pour une courte période.

 
Commentaires

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  • Par jlbaty - 13/12/2012 - 05:51 - Signaler un abus dsk

    La solution de dsk c'etait de sortir la grec de l'euro et d'effacer la dette .Ceci il y a 3 ans et aujourd'hui la grec redeviendrait competitive Ce qu'on fait les islandais par eu même au moment de la crise( en envoyant se faire voire toutes les banques) et aujourd'hui il ont une economie saine et peuvent commencer a rembourser sans avoir ete plombé par la pourriture financiere internationale

  • Par Gégé Foufou - 13/12/2012 - 07:18 - Signaler un abus L'€uro

    Quelle ratatouille. Plus personne n'y comprend rien, tout le monde donne son avis et ses solutions et MOI JE CASQUE Jusqu'à quand ?????

  • Par guy bernard - 13/12/2012 - 08:00 - Signaler un abus aujourd'hui, oui, mais demain ?

    tout ce que vous dites est pertinent pour une situation qui serait statique. or cette situation d'excedents du nord et de deficits du sud n'est pas durable compte tenu par exemple de la demographie du nord et de ses consequences budgetaires, ainsi que des efforts d'ajustement faits par le sud. la convergence s'impose par un alignement strategique qui seul, dans le temps permettra de conserver la puissance europeenne. cependant, le chemin est particulierement aventureux en France compte tenu des rentes du public et du welfaire state.

  • Par rudi11 - 13/12/2012 - 08:41 - Signaler un abus 80 millions de pauvres

    en europe, c est donc le 28ème etat europeen et que chante le president de la commission? nous allons sauver l euro..ben si une monnaie de singe est plus importante que les citoyens, alors tirons le rideau, l europe est déjà une colonie americaine, au service de goldman sachs et compagnie.....

  • Par Gringo Nedromi - 13/12/2012 - 09:06 - Signaler un abus Si je comprends bien:

    Rester dans l'Euro tel qu'il est c'est mourir à petit feu sur 15 à 20 ans. En sortir, c'est payer le prix fort tout de suite et avoir une chance de s'en sortir dans 3 ou 4 ans? Je vote pour sortir de cette pétaudière et rapidement! Je crois que le vrai problème est qu'un gouvernement qui nous sortirait de l'Euro, un, ne serait pas relu, deux, passerait pour l'histoire comme un fossoyeur de cette merveilleuse réussite (humour) qu'est l'Euro. Conclusion: on n'est pas sorti de l'auberge (Allemande , pas Espagnole...)

  • Par HR - 13/12/2012 - 09:30 - Signaler un abus Merkel présidente de l'Union Européenne

    Angela Merkel a pris le leadership de l'Union Européenne en octobre 2010. Sa politique avance. Avec le leadership de Berlin sur l'Europe, le pouvoir de Francfort et de la Bundesbank Centrale Européenne sur toute la zone euromark se renforce.

  • Par ZOEDUBATO - 13/12/2012 - 09:48 - Signaler un abus Austérité ou économie structurelle

    Il y a confusion (volontaire ?) entre ces 2 termes : - l’austérité consiste à réduire volontairement son train de vie lorsque les rentrées d’argent diminuent. C’est le cas actuellement en France car le matraquage fiscal aggravé par la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires et celle de la TVA anti-délocalisation ont cassé tout espoir de compétitivité. Ce coup d’arrêt (qui ne sera pas amoindri par l’usine à gaz du crédit d’impôts) a provoqué la mise en œuvre des plans sociaux latents et connus de tous apportant chômages et baisse du pouvoir d’achat. Cette austérité voulue a frappée le secteur de l’industrie manufacturière créateur de richesses et provoque l'austérité par la baisse du niveau de vie de la France entière - les économies structurelles consistent à réduire au strict minimum indispensable les services non marchands, les postes de dépenses et faire la chasse aux gaspillages (voir le rapport de l’Institut Montaigne de ce jour)

  • Par pemmore - 13/12/2012 - 09:52 - Signaler un abus Une monnaie dépendante d'autant de critères divergeants,

    nécessite une forte inflation d'ou création monétaire répartie selon les états jusqu'à l'équilibre et déflation de l'euro , ce qui a toujours éxisté, contrairement à ce qu'on pense, il faudrait éjecter l'Allemagne qui ne joue pas le jeu.

  • Par Rémi57 - 13/12/2012 - 09:54 - Signaler un abus Une vieille sagesse populaire

    par voie de dicton disait : il ne faut pas courir deux lièvres à la fois ! Evitons donc de faire deux monnaies uniques (ça sonne faux, non ?). Un autre dicton dit : tu ne finira jamais ton pull en le détricotant chaque fois que tu as monté deux rangs. il est temps de réapprendre à tricoter correctement.

  • Par Aswan - 13/12/2012 - 10:03 - Signaler un abus Il faut être réaliste, l'euro est invivable dans sa forme actuel

    Il y a 2 ans déjà que je prêche (mais dans le désert) que le Sud de l'Europe ne peut pas partager la même monnaie que le Nord de l'Europe. En 1976 1 BEF = 1 drachme. En 2003 1 drachme ne valait plus que 0,11 franc belge! Le manque de compétitivité du Sud par rapport au Nord oblige les pays du Sud à dévaluer par rapport aux devises du Nord. De plus le DEM était parfois réévalué. L'euro empêche les dévaluations et après 1 certain temps, le différentiel Nord/ Sud est tellement important que tout doit craquer. Nous y sommes et cela craque. Les économistes manquent cruellement d'humilité en pensant pouvoir dire que ceci ou cela ne peut pas se faire. Le Titanic a coulé, alors que tous les "spécialistes" prétendaient que cela était impossible. L'euro croulera inévitablement dans sa forme actuelle. Je pense qu'un euro Nord serait la moins mauvaise solution, comme était jadis la zone Mark

  • Par cvoboda - 13/12/2012 - 10:53 - Signaler un abus au delà de l'euro

    Si je me souviens bien alors que le plus débile des paysans incultes pouvait voir avec son réalisme que la Grèce était en faillite depuis longtemps et n'avait ni les moyens, ni la volonté politique d'assainir ses comptes, ils ont continué à lui ouvrir d'importantes lignes de crédit. On a vu le résultat. Si je désirais racheter un débiteur ou m'assurer le contrôle, quel que puisse être son management je continuerai à prêter pour l'enfoncer davantage. Technique classique des grand groupes. Que se passe t'il aujourd'hui sous des formes diverses? le schéma et le même pour pratiquement tous les pâys de l'Euro, car ils ont continué à fonctionner avec des lignes de crédit qui jointes à l'irresponsabilité de leurs dirigeants n'ont fait que les enfoncer davantage. Peut-etre pourrait -on remonter de la politique monétaire jugée responsable à la politique tout court. L'un des premiers Rotshild ou Rockfeller a dit en substance: "Donnez moi le contrôle de la monnaie d'un État et peu importe qui est à sa tête" De quoi parle-t-on en Europe du matin au soir? De la Dette. Pour chaque personne recensée en France elle est actuellement d'environ 140.000€ soit 420.000€ pour une famille de 3 personnes!

  • Par Equilibre - 13/12/2012 - 11:19 - Signaler un abus Interressant

    Le neuro était condamné dès sa création, jamais personne n'ayant réussi (voire créé ?) à maintenir une monnaie fiduciaire avec des membres trop divergeant économiquement parlant, sans parler des contraintes fiscales, sociales... C'est bien une monnaie idéologique, tout comme l'est l'UE et la fédéralisation, vendue comme la solution à nos problèmes. Nous voyons bien là le totalitarisme des "experts", tout à leur idéologie, s’exprimé. QUI annoncera à l'Allemagne qu'elle doit se priver de 10% de son budget pour soutenir l'europe du sud. Et nous, combien? Stop aux délires constructivistes de l'UE et du neuro. Cette petite expérience totalitaire a suffisamment duré. Veni, vidi et pas vici. Ce machin est contraire à toutes les lois économiques connues à ce jour.

  • Par Gringo Nedromi - 13/12/2012 - 12:25 - Signaler un abus On est censé se réjouir?

    Quand on apprend qu'on crée l'union bancaire en préambule à l'union politique... Moi ça me fait froid dans le dos. Un clou de plus dans le cercueil de la démocratie en Europe, une porte de plus ouverte aux spéculateurs et autres requins de la finance. Une marche de plus pour mener Angela au pinacle de l'Europe. C'est triste et très inquiétant pour nous et les générations a venir.

  • Par altona - 13/12/2012 - 12:40 - Signaler un abus une Europe fédérale et centralisée à Bruxelles?

    Cela sera ainsi plus facile à l'oligarchie mondialiste et sioniste nord américaine de nous asservir et nous contrôler ; Une zone Euro à 2 vitesses (zone nord = euro fort , zone sud = euro faible) n'est pas inimaginable , les Allemands exportaient trés bien avec 1 Mark = 3,28 FF. Et les Français exportaient trés bien aussi vers l'Allemagne.

  • Par laurentso - 13/12/2012 - 13:12 - Signaler un abus Il existe une autre voie, préconisée par certains,

    mais elle comporte un mot tabou : l'inflation. Les pays du Nord ainsi que la France et l'Allemagne pourraient supporter une inflation plus forte, tandis que la récession tempère la hausse des prix dans les pays en retard. Ces derniers pourraient accroître leur compétitivité. Pas simple à décréter, à organiser, mais plusieurs économistes de tous bords y songent.

  • Par rasbora - 13/12/2012 - 13:28 - Signaler un abus Super Marine avait raison .

    on sort la france de l'euro fort nous serons riche chez les pauvres et on comprend bien mieux le depart des fortunes vers la belgique .

  • Par Equilibre - 13/12/2012 - 13:48 - Signaler un abus @laurentso

    L'inflation est aussi en partie à l'origine des déboires de cette zone neuro. Si cette solution pourrait temporairement marcher dans un pays hors zone neuro, comment pourrait-elle marcher correctement dans la zone neuro? Chacun des pays risque d'inflater à des vitesses différentes, accroissant les écarts entre chacun, raison pour laquelle le traité de Maastricht et ses critères l'encadrait. D'où perte de compétitivité par rapport au neuro-mark, rendant caduque les efforts du Sud, en parti anti-économique suivant mon humble avis, de déflation salariale pratiquée.

  • Par laurentso - 13/12/2012 - 14:28 - Signaler un abus La sortie de l'euro

    serait pour la France une bêtise sans nom ! On ne ferait qu'importer de l'inflation (pétrole), aider les industries exportatrices qui n'ont pas spécialement besoin d'être aidées (luxe, agro-alimentaire, etc.) et obliger les rares entreprises qui investissent à acheter plus cher leurs machines en Allemagne. La priorité est de renforcer le tissu industriel français, lui donner un coup de pouce à l'exportation, et la valeur de l'euro n'est en rien un obstacle à tout cela. Sauf sur un point évidemment, la sous évaluation du yuan chinois. En ce sens, des taxes -à l'échelon européen- sur les importations chinoises seraient justifiées. Gare aux représailles...

  • Par Equilibre - 13/12/2012 - 16:29 - Signaler un abus @ laurentso, jolie non-réponse, bravo!

    Vu la nature libre-fairiste de l'UE, il faudra que tu m'expliques comment faire cela... Ce que tu admets, de manière indirecte, toi-même, en ayant le réflexe Chine, en appelant des droits de douane, qui n'existeront jamais... Et s'il n'y avait que la Chine...

  • Par laurentso - 13/12/2012 - 17:06 - Signaler un abus Des droits de douane

    à l'échelle de l'Europe ne relèvent pas de l'utopie ! Moi qu'à l'échelle de la seule France, paradoxalement... C'est une question de volonté politique, comme toute chose d'ailleurs. Cela dit, il est clair qu'ils n'iraient pas dans le sens de l'histoire libre-affairistes, sous la bienveillante férule de l'OMC. Mais le sens de l'histoire, cela se bouscule, camarade prolétaire...

  • Par CyrilDLR - 13/12/2012 - 17:39 - Signaler un abus Pourquoi couper les cheveux en quatre ?

    Effectivement un tel scénario a les faveurs de certains observateurs, néanmoins on peut se demander pourquoi faire compliqué alors qu'il serait simple de liquider la monnaie unique et revenir à la monnaie commune ? C'est faisable, a été étudié et proposé par des économistes éminents mais qui prêchent dans le désert, et relayé par des partis qui avaient prédit l'impasse à laquelle se trouve confrontée l'UE, tels Debout la République et le Mouvement Républicain et Citoyen. Pourquoi ne pas écouter ces voix alternatives qui avaient raison plus tôt, plutôt que s'entêter dans une erreur qui a des conséquences dramatiques ? On peut avoir de saines lectures en suivant les liens ci-dessous http://www.observatoiredeleurope.com/Pour-un-demontage-concerte-de-l-euro_a1717.html http://www.marianne2.fr/Un-appel-franco-allemand-d-economistes-pour-une-sortie-paisible-de-l-euro_a217204.html

  • Par EOLE - 13/12/2012 - 18:27 - Signaler un abus Chacun doit reconnaitre puis corriger ses faiblesses

    Personne n'a un intérêt quelconque à cette idiotie de deux Euros différents. Elle ne résoudrait aucun des problèmes nationaux auxquels les pays européens ont à faire face et pénaliserait les pays les plus forts par un handicap à l'exportation. Chaque pays doit résoudre ses propres problèmes indépendamment des autres; les plus forts devant se montrer plus patients et surtout ne pas forcer les autres à plus que nécessaire sur l'austérité ce qui, là aussi pénaliserait tout le monde dans l'UE. Si les crises successives depuis 2007 constituent le décor où s’inscrivent les difficultés de chaque pays "faible", elles ne font que faire ressortir les faiblesses inscrites de longue date dans leur gouvernance. Ce sont ces faiblesses que chacun doit reconnaitre puis corriger. Les états doivent être forts en interne comme à l’extérieur pour se lancer dans des alliances comme l’UE voire dans le fédéralisme. Les faiblesses de chaque état américain ne les empêchent pas de former une fédération qui est le plus puissant état depuis près d’un siècle…

  • Par sianabog - 13/12/2012 - 20:04 - Signaler un abus Commencer par le commencement

    Tant qu"ils" ne comprendont pas que que, parmi d'autres, PIB et croissance sont des concepts trompeurs, limite débilitants . Si vous n'en êtes pas conscient, vous non plus, alors passez une heure au moins sur le site du FAIR. Oui, vraiment, ne serait-ce par respect pour votre image, sinon de votre intelligence, faut l'faire. http://www.idies.org/index.php?category/FAIR Bon courage PS. J'allais oublier : FAIR Forum pour d'Autres Indicateurs de Richesse. Allez un petit dernier pour la route  et pour me faire pardonner cet « oubli »: http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2012/10/21/croissance-richesse-bien-etre-indicateurs-une-video-de-8-minutes/

  • Par ZOEDUBATO - 13/12/2012 - 21:05 - Signaler un abus Une nationalisation larvée est-elle en route ?

    Le matraquage fiscal des entreprises, des investisseurs et de entrepreneurs aggravés par la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires et celle de la TVA anti-délocalisation ont cassé tout espoir de compétitivité. Ce coup d’arrêt (qui ne sera pas amoindri par l’usine à gaz du crédit d’impôts) a provoqué la mise en œuvre des plans sociaux latents et connus de tous apportant chômages et baisse du pouvoir d’achat qui provoque la colère. Cette casse camouflée de l’industrie manufacturière s’accompagne d’une ostracisassions des « patrons » et des « riches » Pendant ce temps l’Etat accentue l’assistanat et le clientélisme pour essayer de se positionner en chevalier blanc luttant contre les « méchants industriels » La porte de la désignation de l’économie de marché et des entreprises privées comme bouc émissaire des maux des Français est en train de s’entre-ouvrir Ayant « coulé » par la fiscalité et la propagande les entreprises privées le chef de clan et les syndicats espèrent pouvoir effectuer des nationalisations « sanctions » à bon compte et préjustifiées

  • Par CyrilDLR - 13/12/2012 - 21:44 - Signaler un abus Compétitivité

    Mais de quelle compétitivité parle-t-on ?? Vis à vis de la Chine, de la Bulgarie ? Je suis d'accord pour dire que les entreprises, tout du moins les PME et les artisans, doivent se voir singulièrement facilité la vie dans ce pays, ce qui n'est malheureusement pas le cas. Mais ne soyons pas aveugles ! La concurrence totale avec des pays à très bas niveaux de salaires, de protection sociale et de critères environnementaux inexistants va nous conduire dans le mur avec violence, il faut savoir se protéger intelligemment. D'accord avec Sianabog qui souligne que le PNB n'est pas un indicateur absolu mais une astuce comptable comme beaucoup d'autres (n'apprend-on pas à l'école qu'on n'additionne pas des choux et des carottes, contrairement au PNB !!) Parlons d'éducation, de santé publique,de qualité de vie; on peut facilement remettre en cause les classements officiels des pays où en apparence il ferait bon vivre selon des critères quantitatifs dépassés....

  • Par Ludo1963 - 13/12/2012 - 23:38 - Signaler un abus le vrai problème c'est la responsabilité des peuples

    les pays du Nord de l'Europe ont su élire des hommes politiques responsables, qui ont fait les réformes à un moment où elles étaient supportables. Ils ont aussi été élus grâce à l'absence de partis, médias et syndicats démagogues (tout le contraire de la France). Pourquoi Delors a-t-il refusé de se présenter aux présidentielles ? en europe du Nord il y serait allé... en Europe du Sud on a attendu le plus mauvais moment, quasiment sous la contrainte, pour entamer ces réformes... doit on s'étonner de leur échec ? pour autant ces pays peuvent ils continuer à vivre à vrédit ? non. c'est là toute la différence C'est comme si on comparait un homme sain qui accomplit un travail, avec un homme qui attend d'être très malade pour accomplir ce même travail.. Notez qu'en France on attend encore... alors que nous vivons en direct les drames grecs ou espagnols... on élit un piniouf qui ne ferait pas 5% avec son programme en europe du Nord...la chute sera plus dure encore

  • Par jirem - 14/12/2012 - 07:17 - Signaler un abus tout est dit

    D’après l’économiste François Ecalle, de la fin des années quatre-vingt à 2012, le déficit structurel a augmenté d’environ 2 points de PIB. Les gouvernements de gauche ont contribué à l’aggraver à hauteur de 4,7 points, du fait d’une très forte croissance des dépenses publiques dans les années 1989-1993 et d’importantes baisses des prélèvements obligatoires dans les années 1999-2002. Les gouvernements de droite l’ont globalement réduit de presque 3 points de PIB, avec notamment des mesures de redressement de 2011 et 2012. La gauche a-t-elle naturellement tendance à dépenser plus que la droite ??

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Goetzmann - Goldschmidt - Herlin - Dorgan

Nicolas Goetzmann est gérant de fortune privée, ancien gérant de portefeuilles. Diplômé du Master Finance Banque de la Luxembourg School of Finance, et d'une Maîtrise en droit des affaires de l'Université Robert Schuman de Strasbourg. En 2012, il a crée le site contrintuitif.com.

Paul Goldschmit est membre de l'Advisory Board de l'Institut Thomas More. Il a également été directeur du service "Opérations Financières" au sein de la Direction Générale "Affaires Économiques et Financières" de la Commission Européenne.

Philippe Herlin est chercheur en finance, chargé de cours au CNAM. Il est l'auteur de L'or, un placement d'avenir (Eyrolles, 2012), de Repenser l'économie (Eyrolles, 2012) et de France, la faillite ? : Après la perte du AAA (Eyrolles 2012). Il tient le site www.philippeherlin.com

George Dorgan est un ancien analyste d'UBS et de Reuters. Il travaille actuellement comme consultant financier en Suisse. Il est également le rédacteur principal du blog snbchf.com.

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