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SNCF, RATP, EDF, France Télévisions : les présidents des grandes entreprises publiques ne pourront pas faire de miracle. C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités

Guillaume Pepy n’a aucune raison de démissionner de la présidence de la SNCF, pas davantage que ses collègues des autres entreprises publiques. Le problème est ailleurs. Plus haut.

Atlantico Business

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SNCF, RATP, EDF, France Télévisions : les présidents des grandes entreprises publiques ne pourront pas faire de miracle. C’est au gouvernement de prendre ses responsabilités

Arrêtons le massacre ! Il faut sauver le soldat Pepy, tout comme il faudra sauver le soldat Jean- Bernard Lévy, l’électricien en chef. Et même la présidente de France Télévisions sur laquelle tout le monde tire à boulet rouge. A la SNCF, chez EDF ou France télévisions, à la Ratp, n’importe quel incident, du plus petit à la plus grave des catastrophes, n’importe quel dysfonctionnement perturbe les français dans leur vie quotidienne et personnelle.

Et il faut reconnaître que les incidents se sont multipliés depuis quelques années au point de provoquer un réel ras le bol et même de la colère dans l’opinion contre ce qu’on appelait autrefois les services publics.

Pour une raison très simple, le client ou l’usager n’a pas le choix du prestataire. Coincé dans un train en retard ou en panne d’électricité en plein hiver, il n’y a guère de plan B. Il doit supporter. Au mieux, il prend son mal en patience. Au pire, il panse ses plaies.

Et cette colère des clients retombe le plus souvent directement sur le gouvernement et même sur le président de la République. Une catastrophe ferroviaire ou la paralysie d’un réseau EDF pour cause de tempête ont vite fait de devenir un problème politique.

Dans une entreprise privée, normal, quand le client n’est pas satisfait, il peut changer de fournisseur et si l’entreprise en souffre, en général, les actionnaires de l‘entreprise démissionnent les responsables et les remplacent. La sanction est immédiate.

Dans les grands services publics, le pouvoir politique est coincé. Il est pris en otage. Il ne peut pas changer le responsable à chaque incident grave, sinon il aurait changé le président de la SNCF dix fois dans l’année. Il faut d’abord dégager les responsabilités, elles sont souvent collectives, et surtout ensuite il n’a pas sous la main des candidats compétents pour prendre la place. Il y a bien des fusibles pour calmer la fièvre, mais il faut les remplacer et ça n’est pas évident.

Et tous les grands services publics sont logés à la même enseigne. La SNCF est la plus exposée, mais EDF et France télévisions en prennent régulièrement pour leur compte.

Une seule exception, la Poste qui a réussi une mutation inespérée et qui a échappé à la mort par asphyxie sous le poids du digital. Mais il a fallu la force d’un président déterminé (Jean-Claude Bailly), l’aval de l’Etat et l’accord des syndicats.

Mais dans la majorité du secteur public, les conditions de la transformation sont rarement réunies et il existe assez peu d’homme miracle. Avec le président Macron comme avec ses prédécesseurs. On essaie parfois des présidents techniques, et on regrette très vite un déficit de qualité politique. L’inverse est vrai également.

En l’état, il n’y a pas de solutions évidentes. Alors pourquoi ?

Tout simplement parce que les vraies causes de dysfonctionnement sont multiples.

Il peut s’agir d’une catastrophe naturelle qui va stopper les trains en rase campagne en pleine période de vacances. Le public est capable de comprendre ce type d’aléa, sauf qu‘il supporte très mal l’absence rapide d’informations ou la lenteur de la remise en ordre.

 
Commentaires

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  • Par Philippe du Penhoat - 03/01/2018 - 08:55 - Signaler un abus Rendons à Pompidou ce qui est à Pompidou !

    Non, de Gaulle n'avait pas une stratégie si claire pour EDF. Avec lui, on aurait opté pour les centrales nucléaire graphite-gaz (la "filière française" qui se sont révélées non compétitives. Rendons à Pompidou ce qui lui est dû ! C'est sous sa présidence et avec son appui qu'à été lancé le programme nucléaire français, fondé sur la technologie REP américaine, francisée depuis.

  • Par Dorine - 03/01/2018 - 10:02 - Signaler un abus Abolition des privilèges

    Si les privilèges de la SNCF étaient ramenés à ceux du privé, on pourrait mieux entretenir le réseau. J'en ai assez d'être coincée avec leurs grèves et que mes impôts et ma caisse de retraite renfloue les déficits de ce service public.

  • Par vangog - 03/01/2018 - 18:30 - Signaler un abus Des dépenses contraintes, aucune liberté de mouvement, et

    un quasi monopole...et ils sont en faillite! Si ce n'est pas un système purement gauchiste, dites-moi ce que c'est?...

  • Par Liberte5 - 03/01/2018 - 22:41 - Signaler un abus @vangog: c'est un système communiste.

    Ces monopoles ont vu leur statut créé après la libération par les ministres communistes. Ils ne sont pas réformables ou transformables.

  • Par DANIEL74000 - 04/01/2018 - 07:24 - Signaler un abus cause et conséquence

    Le Général de Gaulle avait pressenti la faillite prochaine de notre pays, lui qui venait de le relever et avait confié à son ami Alain Peyrrefite : "Il va falloir mettre fin à l'absurdité qui veut que ceux qui devraient servir notre Pays sont ceux qui le menacent le plus" et depuis le coup d'Etat de l'énarchie en 1974 l'oligarchie a remplacé la démocratie et nous sommes gouvernés ou mieux pillés par l'administration

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Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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