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Lundi 29 Mai 2017 | Créer un compte | Connexion
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Signature biométrique : notre voix nous servira-t-elle demain de mot de passe quasi universel ?

La reconnaissance vocale permet de faciliter de nombreux processus. C'est ce qu'a compris Citibank, qui a installé un système de reconnaissance de la voix très perfectionné pour ses clients asiatiques. Si cette tendance devait se développer, elle devra aussi se perfectionner pour éviter les risques d'effraction.

Password vocal

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Les mots de passe, on le sait disparaîtront progressivement d’ici 2025 et pour sécuriser l'authentification totalement il faudrait, rappelons le, faire appel à deux sources d'identification. C’est dans ce sens que la technologie de biométrie comportementale et d’authentification à deux facteurs sont à la hausse comme des alternatives plus sûres, selon une étude de 600 professionnels en sécurité de l’opérateur de téléphonie mobile ID TeleSign.

La société Nuance est assez catégorique sur la fiabilité de la technologie "Nous analysons une centaine de caractéristiques dans la voix.

Certaines sont physiques, comme la fréquence d'un son. D'autres sont comportementales, comme le débit ou l'accent. Nous sommes donc capables de nous adapter aux variations résultant, par exemple, d'un rhume ou du vieillissement", explique Joël Drakes responsable avant-vente.

Tout le monde n'est pas de cet avis. L'Association Francophone de la Communication Parlée, par exemple, va jusqu'à dénoncer le "mythe de l'empreinte vocale". Pour ces scientifiques, les variations de la voix dépendent de beaucoup trop de facteurs - l'émotion notamment - pour pouvoir être mises en équation. Plusieurs de leurs travaux ont montré la sensibilité des extraits choisis sur la pertinence de la reconnaissance. Sans compter que la voix peut être modifiée volontairement et même falsifiée par un imitateur ou avec des enregistrements.

Peut-on considérer que ce genre de technologies vont se développer par la suite ?

A terme la biométrie vocale sera à mon sens le moyen le plus sûr de s'identifier à distance et d'ici trois ou quatre ans, l'authentification vocale pourrait même devenir une fonction standard dans le secteur.

L'inconvénient de ce système pour une banque comme pour une entreprise d’ailleurs est qu’elles auront besoin d'obtenir la permission des clients avant l'enregistrement des empreintes vocales.

En effet, dès 2018, un règlement sur la protection des données générales de l'Union Européenne exigera des organisations de dire quelles sont les données qu'elles recueillent sur vous, pour quelles fins, et d'obtenir votre consentement explicite.

Les banques ont bien sûr commencé à s'intéresser à cette technologie. Alors que Banque Accord avec BNP Paribas, Crédit Agricole et Crédit Mutuel, se sont associées pour tester la solution de paiement par authentification des empreintes digitales de Natural Security, La Banque Postale de son côté expérimente depuis 2 ans un système d'authentification par la voix qu'elle souhaitait généraliser en 2015.

Ainsi on peut citer l’exemple de l'application "Talk to Pay", qui se déclenche dès qu'elle détecte une page de paiement. Le client reçoit alors un coup de téléphone pour s'authentifier vocalement. Cette étape permet au système de générer un code à trois chiffres à usage unique (le CVV) et de remplir automatiquement les données cartes sur la page paiement de l'e-commerçant.

D’autres banques comme Atom Bank au Royaume-Uni et aux États-Unis, par exemple - demandent de nouveaux clients d'enregistrer leur voix, le visage et le code d'accès, et leur laisse lequel choisir. 

La technologie est aujourd'hui mature avec une vingtaine de fournisseurs reconnus comme Agnitio, Nuance, ValidSoft, VoiceVault, VoiceTrust ou encore Verint.

Les idées ne manquent pas pour implanter cette technologie dans nos sociétés ne serait-ce qu'en pensant aux paramètres vocaux, aux distributeurs de boissons et à toute notre administration, notre industrie automobile et hôtelière, par exemple, dont les services ont de quoi innover avec la biométrie vocale.

 

 
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Jean-Paul Pinte

Jean-Paul Pinte est docteur en information scientifique et technique.

Maître de conférences à l'Université Catholique de Lille, il est expert en cybercriminalité.

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