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Séminaire de rentrée LREM : qui est encore capable d’audace au sein de la macronie ?

A Tours, près de 230 députés sont en séminaires avant l'arrivée des ministres. Il doivent désigner le Président de l'Assemblée national qui remplacera François de Rugy.

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Séminaire de rentrée LREM : qui est encore capable d’audace au sein de la macronie ?

 Crédit LUDOVIC MARIN / AFP

Atlantico : De la nomination de François de Rugy en remplacement de Nicolas Hulot, à l'élection de Richard Ferrand à la présidence de l'Assemblée, la macronie semble se recroqueviller sur ses bases, par opposition à son expansion des débuts qui se caractérisait par des "prises de guerre" au sein d'autres partis. Ne peut-on pas y voir un signe d'une normalisation de LREM, ou même d'une attitude défensive de la majorité ?

Christophe Boutin : La situation n’est pas la même et, effectivement, on peut penser à des réflexes défensifs, dus en partie à la situation actuelle et en partie à une estimation assez juste des combats à mener.

 La situation actuelle d’abord.

Un peu plus d’une année après le début de son mandat, Emmanuel Macron fait moins rêver en France, où il est qualifié de « Président des riches » par la gauche – ce qui n’empêche pas d’amicales retrouvailles sur le Vieux Port –, et où la droite n’a guère de peine à relever, par exemple, les dysfonctionnements en termes de politique sécuritaire, quand bien même les médias rendraient-ils compte avec une pudeur de vierge des quelques excès commis par des « déséquilibrés ».

L’image du leader s’est brouillée : est-il le « maître des horloges », restaurant la verticalité du pouvoir, ou le « teufeur » des backstages élyséens ? De plus, comme le sparadrap du capitaine Haddock, l’affaire Benalla risque de lui coller quelque temps à la peau. Mais l’image des disciples n’est pas plus claire : cette société civile qui allait révolutionner le parlement semble se transformer bien vite en parti de godillots menée par des politiciens retors, et ses représentants accumulent les bourdes tandis que la République paraît de moins en moins « exemplaire ».

Dans ce cadre, on comprend que les potentielles « prises de guerre » soient moins enclines à sauter le pas. Mais Emmanuel Macron en a-t-il vraiment besoin aujourd’hui ? C’est une autre question. Son positionnement sur l’échiquier politique est en effet clair : parti du centre-gauche, contribuant à l’effondrement du PS, il s’est ensuite étendu au centre-droit, non seulement par captation du MoDem, mais aussi par débauchage de quelques produits LR.

Peut-il encore progresser ? Ce n’est pas évident à gauche, où Mélenchon fédère les principaux opposants et est à même, au vu des sondages, de leur proposer des points de chute électoraux. Intégrer les ultimes débris du PS ? À quoi bon ? Les écologistes ? Ils manquent cruellement de figures identifiables. Ce n’est pas le cas à droite, qui fait au contraire le plein avec Raffarin, Juppé, Bertrand ou Pécresse, mais ces figures sont peut-être cette fois trop identifiables. S’ils se ralliaient, apporteraient-ils vraiment un plus en termes d’image à la macronie, ou ne s’agirait-il pas seulement d’autant d’egos difficiles à gérer, ce qu’Emmanuel Macron ne souhaite pas ? Quant à piocher dans la liste des « personnalités préférées des Français », ce marronnier des rédactions, pour rejouer l’ouverture au monde réel, les tentatives passées n’ont pas été probantes. Autant d’éléments qui expliquent donc partiellement la volonté actuelle de renforcer la colonne vertébrale de LaREM plutôt que de s’étendre encore.

 
Commentaires

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  • Par Vincennes - 11/09/2018 - 19:35 - Signaler un abus QUELLE AUTORITE.......ce qu'on sait :

    *que Benalla ne veut pas se présenter à la "Commission des SENATEURS. Or, ils ne lui demandent pas son avis MAIS, ils le convoquent !!! sous peine de sanctions importantes. * que FERRAND a dit qu'il ne démissionnerait pas MEME s'il est mis en "EXAMEN" !!!! une impression qu'il a le "feu aux fesses" le copain de Macron …….comme Macron d'ailleurs!!!

  • Par vangog - 11/09/2018 - 21:36 - Signaler un abus Ils distribuent les postes avant le naufrage...

    parce que -croyez-en un patriote qui avait prévu toutes les augmentations d’impôts, du chômage et de la dette- Le naufrage de la Macronie surviendra très rapidement, dans quelques mois....un an au pire!

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Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment  publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009)  et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017).

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